Dans l’Est du Cameroun, la digitalisation de l’état civil transforme progressivement l’accès à l’identité légale Bertoua, Cameroun — Août 2026

August 25, 2026

Dans les centres d’état civil de la Région de l’Est du Cameroun, une transformation est en cours. Derrière les serveurs, les ordinateurs et les nouveaux outils numériques, c’est une nouvelle manière de délivrer les actes de naissance, de mariage et de décès qui prend progressivement forme.

Quelques semaines après la production du premier acte de naissance digitalisé dans la région, plusieurs communes poursuivent leur transition du système manuel vers un système d’état civil numérisé. À Bertoua, Bertoua II, Batouri, Abong-Mbang, Bétaré-Oya et Garoua-Boulaï, les agents se familiarisent avec les nouveaux outils et les nouvelles procédures.

Portée par le Projet Legal Identity II du PNUD, en partenariat avec le Bureau National de l’État Civil (BUNEC), cette transformation vise à améliorer l’accès des populations à une identité légale fiable, sécurisée et durable.

Group of people in a conference room around tables, a speaker gestures toward a screen.

Formation des secretaires d'Etat-Civil à la Communauté Urbaine de Bertoua - PNUDCameroun

@UNDPCameroon

Une nouvelle façon de gérer l’état civil

La transition commence par l’installation des équipements, le déploiement du Système Intégré de Gestion de l’État Civil (SIGEC) et la formation des officiers et secrétaires d’état civil.

À Bertoua II, six postes de travail ont été installés et cinq des six agents prévus avaient été formés, notamment sur l’enregistrement et la production des actes de naissance et de mariage, ainsi que sur l’interfaçage entre le SIGEC et le système d’archivage numérique SANEC.

À Batouri, huit agents sur onze avaient été formés au moment du suivi, tandis qu’à Abong-Mbang, cinq agents sur les six prévus avaient déjà bénéficié de la formation.

À Bétaré-Oya, les huit agents prévus avaient été formés. L’expérience montre toutefois que l’appropriation des outils numériques nécessite du temps et un accompagnement continu, notamment pour les agents ayant une maîtrise limitée de l’informatique.

Des résultats déjà visibles

Dans les communes déjà passées en production, les premiers résultats permettent de mesurer concrètement les changements.

À Bertoua 1er, environ 10 actes sont traités chaque jour, soit près de 50 par semaine. Le temps moyen de traitement est désormais estimé à 15 minutes, contre environ 45 minutes avec l’ancienne méthode manuelle, lorsque toutes les conditions sont réunies.

« Le temps de traitement est passé d’environ 45 minutes avec l’ancienne méthode à 15 minutes aujourd’hui, lorsque toutes les conditions sont réunies. »
Ondoua Ela, Secrétaire d’état civil et Point focal BUNEC, Commune de Bertoua 1er.

À la Communauté Urbaine de Bertoua, les agents traitent entre 10 et 15 actes par jour et constatent également un accueil positif du nouveau système par les populations.

« La digitalisation a suscité une satisfaction générale et un véritable engouement des usagers. Les sollicitations pour les demandes d’actes sont en augmentation. »
Florence DOUDANE, Chef Service de l’État-Civil, Communauté Urbaine de Bertoua.

Ces premiers résultats montrent que la digitalisation transforme non seulement le travail des agents, mais aussi l’expérience des citoyens face au service public.

Small classroom meeting with a presenter near a projector screen and seated attendees.

Membre de l'equipe de Projet Legal Identity PNUD Cameroun en plein suivi de la formation des secretaires d'Etat-Civil à Batouri

@PNUDCameroun

Une réforme qui va au-delà de la technologie

Les bénéfices attendus dépassent la seule réduction des délais. Les agents de Bertoua II soulignent notamment le renforcement de la sécurité des actes, la préservation durable des registres et l’amélioration attendue du taux d’enregistrement des naissances.

« La digitalisation de l’état civil constitue une réforme majeure pour améliorer la qualité des services rendus aux citoyens. »
Agents d’état civil, Commune de Bertoua II.

À Bertoua 1er, les statistiques peuvent désormais être produites de manière désagrégée et transmises au BUNEC. Les sauvegardes sont également automatisées via le serveur, avec une copie conservée sur un support externe.

Des défis à relever pour pérenniser les acquis

La transformation numérique reste toutefois confrontée à plusieurs défis. Dans certaines communes, l’instabilité de l’électricité et de la connexion internet perturbe encore les opérations. À Abong-Mbang, la commune recommande notamment l’acquisition d’une solution solaire et la finalisation de la connectivité.

À Bertoua II, les agents soulignent également la nécessité d’un accompagnement post-formation afin de consolider les acquis et faciliter la transition vers un système entièrement numérisé.

La pérennisation repose ainsi sur plusieurs conditions : le renforcement continu des compétences, la maintenance des équipements, une alimentation électrique fiable et une connectivité stable. Les communes commencent d’ailleurs à prendre davantage en charge ces aspects. À Bertoua 1er, une ligne budgétaire existe déjà pour la maintenance et la connexion internet, tandis que la Communauté Urbaine de Bertoua prévoit un budget dédié à travers son service d’état civil érigé en sous-direction.

Echange entre les formateurs du BUNEC et l'equipe Legal Identity dans la Commune de Garoua Boulai - PNUD Cameroun

@PNUDCameroun

Vers une identité légale accessible à tous

Les premières expériences montrent que la digitalisation de l’état civil est désormais une réalité dans plusieurs communes de l’Est du Cameroun. Les gains sont déjà visibles : des délais réduits, des usagers plus satisfaits, des données mieux structurées et des archives mieux sécurisées.

La prochaine étape consiste à consolider ces acquis et à étendre progressivement la digitalisation à davantage de communes afin de garantir un accès plus équitable aux services d’identité légale sur l’ensemble du territoire.

Dans l’Est du Cameroun, la digitalisation de l’état civil est donc bien plus qu’une modernisation des équipements. Elle contribue à rapprocher le service public des citoyens et à renforcer leur capacité à exercer pleinement leurs droits.

Commune après commune, l’identité légale devient ainsi plus accessible, plus sûre et plus durable.

Equipe de Projet Legal Identity en audience avec le Maire de la Ville de Bertoua dans le cadre du suivi de la digitalisation- PNUD Cameroun

@PNUDCameroun