Les dernières données du PNUD et de l’Université d’Oxford montrent que des progrès sont possibles : 33 pays ont réduit de moitié au moins la valeur de leur indice de pauvreté multidimensionnelle en moins de 15 ans.
La pauvreté multidimensionnelle dans le monde augmente pour la première fois depuis 2010
12 octobre 2026
Le Nigeria illustre à quel point les progrès peuvent être fragiles. Après une baisse significative de la pauvreté multidimensionnelle au cours des années 2010, cette tendance s'est inversée dans les années 2020, avec une augmentation tant du taux de pauvreté que du nombre de personnes vivant dans la pauvreté.
New York – Le nombre de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle a augmenté pour la première fois depuis la création de l’indice en 2010, atteignant 1,2 milliard, selon l’édition 2026 de l’Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle (IPM), publiée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Initiative Oxford Pauvreté et Développement Humain (OPHI), basée à l’Université d’Oxford. Cela représente 51,5 millions de personnes supplémentaires par rapport à la précédente mise à jour.
Cette nouvelle édition révèle que plus de la moitié de ces 1,2 milliard de personnes, soit 617 millions, sont des enfants, et que 83 % vivent en milieu rural. Elle montre toutefois que de nombreux pays continuent de progresser, certains parvenant même à réduire la pauvreté rapidement et à grande échelle. Pris dans leur ensemble, ces résultats soulignent à la fois l’urgence de renouveler les efforts et la possibilité de réussir.
L’Administrateur du PNUD, Alexander De Croo, a déclaré : « La hausse de la pauvreté devrait être un signal d’alarme pour le monde entier. Derrière ces chiffres se trouvent 1,2 milliard de personnes confrontées à des difficultés qui se renforcent mutuellement : la faim, la non-scolarisation et le manque d’accès à l’eau potable ou à l’électricité. Cette situation est inacceptable. Mais elle n’est pas une fatalité. Nous savons que des progrès sont possibles. Les pays qui ont relevé ces défis ensemble, plutôt que séparément, ont montré ce qu’une action déterminée peut accomplir. »
L’IPM mondial prend en compte des aspects qui vont au-delà du revenu afin de rendre compte des différentes manifestations de la pauvreté dans la vie quotidienne. Une personne est considérée comme vivant dans la pauvreté multidimensionnelle lorsque les privations qu’elle subit représentent au moins un tiers du total pondéré des dix indicateurs de l’IPM, répartis entre la santé, l’éducation et le niveau de vie. Portant sur 108 pays des régions en développement, qui représentent 78 % de la population mondiale, la mise à jour de 2026 apporte un aperçu de l’ampleur et de la gravité de la pauvreté multidimensionnelle.
Le nombre de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle augmente
La dernière mise à jour de l’Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle révèle que 1,2 milliard de personnes vivent dans une situation de pauvreté multidimensionnelle aiguë. Cela représente une augmentation de 51,5 millions de personnes par rapport à la précédente mise à jour, à périmètre comparable, soit la première hausse enregistrée depuis la création de l’indice en 2010.
Cette hausse s’explique en partie par la croissance démographique. Dans les 95 pays pour lesquels aucune nouvelle donnée d’enquête sur la pauvreté n’était disponible cette année, les estimations démographiques actualisées ont entraîné une augmentation de 15,8 millions du nombre de personnes considérées comme pauvres. La différence résiduelle reflète les effets combinés des évolutions démographiques, des variations de l’incidence de la pauvreté et des différences de couverture des indicateurs d’une série d’enquêtes à l’autre.
Dans les 13 pays dont les estimations de l’IPM ont été actualisées cette année, le bilan est contrasté. Cinq pays ont enregistré une baisse significative de la proportion de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle. En Égypte, au Népal et au Tadjikistan, le taux de pauvreté et le nombre de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle ont tous deux diminué de manière significative. En Angola et en Zambie, la proportion de personnes vivant dans la pauvreté a également reculé, mais la croissance démographique a été plus rapide que la réduction de la pauvreté, si bien que le nombre total de personnes concernées a tout de même augmenté.
Le Nigéria illustre à quel point le progrès peut être fragile. Après un recul significatif de la pauvreté multidimensionnelle au cours des années 2010, la tendance s’est inversée dans les années 2020 : le taux de pauvreté et le nombre de personnes vivant dans la pauvreté ont tous deux augmenté.
Des exemples de réussite
La cible 1.2 des objectifs de développement durable appelle les pays à réduire de moitié au moins, d’ici à 2030, la proportion d’hommes, de femmes et d’enfants vivant dans la pauvreté sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions. L’édition 2026 de l’IPM montre que cette cible reste ambitieuse, mais atteignable.
Parmi les 89 pays disposant de données permettant de suivre l’évolution de l’IPM, 33 ont réduit de moitié la valeur de leur indice en moins de 15 ans, dont six en Afrique subsaharienne. L’Eswatini a enregistré une avancée particulièrement importante en 15 ans : la proportion de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle y est passée de 38,7 % à 8,0 %.
Parmi les pays pour lesquels des données sont disponibles, la Chine a enregistré la baisse la plus rapide, réduisant de moitié la valeur de son IPM en seulement quatre ans. La proportion de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle y est passée de 9,5 % à 4,2 % entre 2010 et 2014. Le Viet Nam a lui aussi progressé rapidement, réduisant de moitié la valeur de son IPM en sept ans.
Consultez le rapport (en anglais) https://hdr.undp.org/content/2026-global-multidimensional-poverty-index#/indicies/MPI
Contacts presse
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À Bonn : Victor Garrido Delgado, victor.garrido.delgado@undp.org, et Zhamila Tampayeva, zhamila.tampayeva@undp.org
À Oxford : Maya Evans, maya.evans@qeh.ox.ac.uk
À propos du PNUD
Le PNUD est la principale organisation des Nations Unies qui lutte pour mettre fin à l’injustice de la pauvreté, des inégalités et du changement climatique. En collaboration avec notre vaste réseau d’experts et de partenaires dans 170 pays, nous aidons les nations à élaborer des solutions intégrées et durables pour les personnes et la planète.
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À propos de l’OPHI
L’Initiative Oxford Pauvreté et Développement Humain (OPHI) est un centre de recherche basé à l’Université d’Oxford qui travaille sur la mesure multidimensionnelle de la pauvreté et du bien-être afin d’éclairer l’élaboration de politiques efficaces dans le monde.