Allocution de Madame Violette Kakyomya, Représentant résident à l’occasion du lancement du RNDH

30 avril 2018

C’est un réel plaisir, d’être parmi vous pour le lancement du Rapport National sur le Développement Humain, 2018

Le thème de ce rapport, Développement humain et mobilisation des ressources intérieures, est d’une importance cruciale pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable à Madagascar. Cette présente édition est la première publiée à Madagascar depuis l’adoption, en 2015, de l’Agenda 2030 du développement durable qui a pour objectif de « ne laisser personne de côté ».

Je saisis cette occasion, Monsieur le Ministre, pour vous féliciter et remercier votre équipe pour leur engagement dans l’accomplissement de cet ouvrage.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Le concept de développement humain, tel que défini par le PNUD depuis 1990, place les populations au centre des préoccupations en appréciant leurs besoins et droits de base à toutes les étapes de leurs vies. En somme, cela nous permet d’apprécier le bien-être des humains au-delà des critères économiques et de revenus, mais plutôt en élargissant les possibilités offertes à chacun tout au long de sa vie telles que l’instruction, la santé, la longévité ou encore l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, entre les filles et les garçons.

Madagascar se classe parmi les Pays à développement humain faible et se trouve au 158ème rang sur 188 pays.

Cette performance illustre le manque d’accès aux services sociaux de base pour de nombreux malagasy, ainsi qu’une pauvreté humaine couplée à une forte disparité économique entre les régions de Madagascar.

Mesdames et Messieurs,

Les efforts consentis pour lutter contre l’injustice, la mauvaise gouvernance, la pauvreté et les inégalités, exigent, pour réussir, des engagements politiques, des actions stratégiques, une décentralisation effective, et des investissements efficients. Il est du mandat des partenaires au développement, dont le PNUD, de soutenir les efforts des pays dans les changements qu’ils souhaitent apporter à la vie des populations, mais le financement du développement demeure la responsabilité première de chaque pays.

Le programme d’actions d’Addis Abeba, issue de la troisième conférence internationale pour le financement du développement en 2015, a fait un de ses points clés pour la réalisation des ODD, la mobilisation des ressources internes.  La lutte contre les flux financiers illicites qui coûtent près de 60 milliards de dollars par an à l’Afrique, et les investissements privés sont parmi les pistes les plus prometteuses pour financer l’agenda de développement 2030. L’aide au développement ne saurait y suffire.

Dans cette perspective, le RNDH 2018 révèle les performances appréciables de Madagascar, en matière d’éducation par exemple, mais surtout les atouts que possède les institutions et les systèmes du pays pour améliorer le financement du développement, et dans la même mesure les composantes de l’indice de développement humain.

Parmi ces atouts, le modèle d’administration fiscale, l’attractivité fiscale de Madagascar pour les importations et les investissements étrangers, l’importance des recettes douanières, notamment celles perçues au port de Toamasina qui est en cours d’extension, ou encore les marges de progression du taux de pression fiscale.

Ce rapport plaide également pour un renforcement de l’impôt direct domestique qui n’est payé que par 5% de la population, la mobilisation de l’épargne pour financer le développement, mais aussi la mise en œuvre d’approches permettant de capter et de gérer de manière efficiente et efficace les flux économiques internes et internationaux.

Il s’agit là d’efforts judicieux à fournir par le pays qui pérenniseront les acquis du développement et, favoriseront la paix et la cohésion sociale. Ces efforts ne peuvent être efficaces que si Madagascar lutte efficacement contre la corruption et la fuite des capitaux, prône la redevabilité des institutions démocratiques, et améliore la résilience des communautés et des collectivités face aux chocs et aux catastrophes.

Mesdames et Messieurs,

Le PNUD se tiendra aux côtés de l’Etat, de la société civile, des institutions, et de tous les acteurs qui souhaitent contribuer au développement de Madagascar, et cela dans l’intérêt premier du peuple malgache.

Nous accompagnons déjà Madagascar à améliorer sa gestion des finances publiques, notamment l’articulation entre la planification et la budgétisation, la mobilisation des ressources fiscales et la budgétisation des investissements publics.

A cet égard, permettez-moi de saluer les efforts fournis par le peuple Malagasy et son gouvernement ainsi que l’accompagnement de la communauté internationale pour la transformation économique et sociale du pays.

Je reste persuadée que si les recommandations de ce rapport sont prises en compte, que des mesures sont mise en œuvre pour traiter à la base les facteurs de vulnérabilités structurelles, et que les collectivités décentralisées arrivent à mobiliser les ressources locales pour être au cœur de leur propre développement, alors une grande partie des menaces retardant actuellement le développement humain de Madagascar pourront être évitées ou contenues.

Le Rapport sur le développement humain est l’occasion d’initier des débats, discussions et réflexions sur les aspects essentiels qui bloquent le développement humain durable de Madagascar.

C’est à ce débat que nous vous invitons aujourd’hui.

Je vous remercie de votre attention.