Les relations Japon-Afrique essentielles pour préserver le développement alors que les retombées de la guerre en Ukraine s'étendent sur le continent

Posted 31 mai 2022
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Tokyo, le 31 mai - La Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice régionale pour l'Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mme Ahunna Eziakonwa, a souligné le rôle unique que le gouvernement et les partenaires du secteur privé au Japon pourraient jouer pour soutenir les pays africains alors que la guerre en Ukraine génère de nouveaux chocs économiques sur le continent.

« Nous n'avons jamais connu de plus grand défi, ni de plus grande pression sur notre capacité à soutenir le développement en Afrique. Un multilatéralisme renforcé et des partenariats solides, y compris avec les entités gouvernementales et le secteur privé japonais, seront décisifs pour soutenir l'aptitude des pays africains à répondre aux nouveaux chocs économiques causés par la guerre en Ukraine, à un moment où ces pays tentaient de recouvrer du choc de la pandémie de COVID-19 », a déclaré Mme Eziakonwa. « Cette nouvelle crise a des implications directes, notamment des hausses des prix des denrées alimentaires et du carburant, des perturbations commerciales et une instabilité macroéconomique globale, qui conduiront indirectement à des tensions économiques susceptibles de déclencher des manifestations violentes et des transferts anticonstitutionnels de pouvoir politique, en particulier dans des régions déjà fragiles. »

Les remarques de la Directrice régionale viennent à l'issue d'une mission de cinq jours au Japon au cours de laquelle elle a exploré des partenariats plus forts et plus innovants entre le PNUD et le gouvernement japonais, les agences de développement et le secteur privé du pays, ainsi qu'avec la société civile et divers groupes de jeunes.

Mme Eziakonwa a souligné que, compte tenu de la forte dépendance de l'Afrique à l'égard des importations de denrées alimentaires en provenance de Russie et d'Ukraine, la prolongation du conflit a de graves répercussions sur la sécurité alimentaire en Afrique et risque d'éroder les acquis du développement et les progrès réalisés au cours des dernières décennies.

En 2020, les pays africains ont importé pour 4 milliards de dollars de produits agricoles en provenance de Russie, dont 90 pourcents de blé. La Russie et l'Ukraine représentent 30 pourcents de la production mondiale de blé et 80 pourcents de la production mondiale d'huile de tournesol.

Elle a noté qu'alors que plusieurs pays africains figuraient parmi les économies les plus performantes avant les impacts cumulés de la pandémie COVID-19 et de la guerre en Ukraine, la croissance des exportations africaines devrait maintenant diminuer de moitié. "Nous prévoyons désormais une croissance des exportations de 4,1 % en 2022, contre 8,3 % si la guerre n'avait pas eu lieu. Les entreprises africaines subiront les coûts de la hausse des prix de l'énergie et pourraient connaître de graves difficultés. La hausse des prix du carburant augmente également les coûts de transport pour les fabricants", a-t-elle déclaré.

En outre, l'impact de la guerre pourrait plonger l'Afrique dans une situation de surendettement grave, ce qui signifierait des difficultés accrues pour certains pays d'honorer leurs obligations en matière de dette, et des ressources budgétaires déjà réduites seraient détournées pour payer les dettes au lieu de financer des actions de développement indispensables.

"Des mesures décisives sont nécessaires pour atténuer l'impact négatif sur les économies africaines. Accélérer la productivité agricole par la modernisation, par exemple, est une priorité. En outre, la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre une plateforme pour relever la faible productivité de l'Afrique, accélérer l'industrialisation et promouvoir des investissements plus élevés sur le continent. Par ailleurs, l'exploitation des technologies numériques et la promotion d'une concurrence libre et équitable seront également fondamentales pour revitaliser les économies africaines", a déclaré Mme Eziakonwa.

Elle a ajouté que la communauté internationale, y compris le Japon, peut soutenir les priorités clés pour faire avancer l'Afrique, en commençant par intensifier les efforts pour recadrer le financement du développement. L'engagement de la communauté internationale à combler le déficit de financement de 2,5 milliards de dollars par an pour atteindre les ODD est un impératif.

"Les partenariats sont essentiels pour renforcer la résilience des pays africains, notamment en transformant les riches ressources de l'Afrique et en tirant parti des marchés du carbone bleu et des mécanismes de financement vert. Parmi les autres domaines critiques figurent les investissements sensibles aux risques climatiques, les projets durables sur le plan environnemental et les investissements dans l'énergie durable", a-t-elle déclaré.

La mission de Mme Eziakonwa au Japon est une autre étape importante avant la 8e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD), qui doit se tenir en Tunisie les 27 et 28 août 2022.

En mars, les ministres africains et leurs homologues japonais ont tenu une réunion ministérielle qui a permis d'identifier certains des principaux défis de développement auxquels le continent est confronté, alors que les préparatifs de la réunion au sommet sont en cours.

Depuis sa création en 1993, l'un des principaux objectifs de la TICAD est de faciliter les partenariats mondiaux entre le secteur public et le secteur privé. En tant que co-organisateur, le PNUD a soutenu la TICAD en tant que leader d'opinion, en fournissant une expertise sur les questions conceptuelles et régionales. En outre, le PNUD a contribué à faciliter la coordination et les partenariats, le plaidoyer pour le développement durable, et a fait appel à son vaste réseau en Afrique afin de fournir un soutien logistique et opérationnel.

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