Le Dr Ongbit a traité et soutenu près de 900 victimes d'agression sexuelle depuis 2012. Photo: PNUD Fidji


Une femme sur trois dans le monde est victime de violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie – le plus souvent par un partenaire intime. Mais aux Fidji ce chiffre s'élève à deux sur trois (64,1% selon l'ONU), soit le deuxième taux le plus élevé au monde.

À Suva, la capitale fidjienne, la clinique Medical Services Pacific (MSP) est devenu un havre de sécurité et de protection pour les victimes d’agression.

« Habituellement, les patients ou les victimes nous viennent de l'unité des délits sexuels de la police », explique le Dr Elvira Ongbit. « Ils viennent au MSP pour un examen parce que nous prenons immédiatement soin des patients. »

Avant de passer un examen médical, les femmes rencontrent d'abord un thérapeute au cours d'une séance confidentielle.

« Parfois, au début, certains patients sont toujours sous état de choc et ont l’impression qu’ils ne peuvent faire confiance à personne », explique Jacinta Robert, thérapeute au MSP. « C'est donc mon travail de créer un environnement sûr est chaleureux où ils se sentent à l’aise. »

Alors qu’augmente le nombre d'agressions sexuelles signalées à la police et portées devant les tribunaux, la procédure judiciaire reste un vrai calvaire pour les victimes. La plupart du temps, les médecins des hôpitaux généraux ne sont pas formés pour gérer les affaires de viol. Ils manquent d'expérience pour récolter les preuves de manière légalement acceptable, conserver et organiser les dossiers, maintenir la confidentialité et communiquer avec les victimes de façon à ne pas les traumatiser davantage.

En présence du thérapeute, le Dr Ongbit procède à un examen médico-légal complet en s’assurant que toutes les procédures et documents sont conformes aux normes juridiques et aideront ensuite les patientes lorsque leur affaire sera portée devant les tribunaux.

« J'insiste toujours sur le fait que le formulaire d'examen médical est un document public qui appartient au gouvernement fidjien, donc tout ce qui doit être écrit ici doit être vrai, car cela servira plus tard au tribunal », explique-t-elle. « Les conclusions médicales auront un poids important dans le résultat de la procédure judiciaire, qu'il s'agisse d'une condamnation ou d'un acquittement. En général, les procureurs se fient davantage à mes conclusions médicales. »

La MSP est un partenaire du projet Fiji Access to Justice (l’accès à la justice aux îles Fidji) mis en œuvre par le PNUD et financé par l'Union européenne. L'initiative subventionne des organisations de la société civile pour les aider à travailler plus efficacement avec le système de justice, en particulier sur les questions d'agression sexuelle et d’handicap. Elle soutient aussi les plus démunis en les habilitant à exercer leurs droits légaux ainsi qu’en renforçant les institutions judiciaires et la société civile fidjienne.

Dr Ongit a apporté une réelle différence dans la vie de 900 victimes d'agression sexuelle depuis 2012, ce qui la rend fière de son travail et de son succès. « Je suis vraiment heureuse qu'il y a de réelles condamnations lorsque que je comparais devant le tribunal », dit-elle.

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