L'Éthiopie lance une stratégie de développement face au changement climatique

8 déc. 2011

La sécurité alimentaire est un élément clé de la résilience à long terme en Ethiopie. Photo: OCHA

Durban, Afrique du Sud –  L'Éthiopie s'engage à mettre en œuvre un plan national destiné à renforcer son développement sur les vingt prochaines années, tout en garantissant le maintien de ses émissions de gaz à effet de serre à leurs niveaux actuels.

Révélée à Durban par Meles Zenawi, le premier ministre éthiopien, la Stratégie pour une économie verte résiliente face au changement climatique (Climate Resilient Green Economy Strategy) vise à créer des emplois par le biais du développement et de l'écologisation de sept branches de l'économie nationale, à savoir : l'alimentation en énergie, les villes et les bâtiments, la foresterie, l'élevage de bétail, l'agriculture, l'industrie et le transport.

Le gouvernement éthiopien estime que ces mesures nécessiteront un investissement de 150 milliards de dollars USD étalé sur les deux prochaines décennies.

« Le changement climatique est aujourd'hui une réalité vécue. Bien que n'ayant pas été à l'origine de ce phénomène, nous devons néanmoins nous protéger contre son impact. Nous avons à présent l'opportunité de démontrer que durant ce 21ème siècle, une nouvelle forme de croissance verte est possible, qui permet d'éviter les erreurs commises par les pays développés et trace le chemin vers la croissance verte », a déclaré M. Zenawi.

Selon les pratiques et les prévisions actuelles, l'Éthiopie, qui connaît une des croissances les plus rapides au monde, pourrait voir ses émissions de gaz à effet de serre doubler entre 2010 et 2030, y compris du fait de l'exploitation des terres, de la déforestation et de l'élevage intensif de bétail.

Tout en contribuant aux efforts d'atténuation des émissions de gaz carbonique sur le plan mondial, cette initiative devrait avoir un large impact sur le développement humain en Éthiopie, en stimulant la croissance et la création d'emplois à l'échelle du pays, et en généralisant l'accès à l'énergie pour tous, notamment en privilégiant les sources d'énergie renouvelables les moins onéreuses.

Cette stratégie vise également à renforcer le développement économique rural et la sécurité alimentaire grâce à la gestion durable des terres, des forêts et des écosystèmes dont la population dépend pour sa survie.

Par exemple, la préservation de la qualité du sol et l'accroissement du rendement des cultures sont susceptibles de contribuer à l'augmentation de la production agricole et à l'amélioration des moyens de subsistance, dans un pays où les épisodes de sécheresse sont de plus en plus récurrents.

D'autres retombées majeures sont escomptées, telles que l'amélioration de la qualité de l'air et de l'eau, qui auront d'importantes implications sur la santé publique et les niveaux de vie.

La stratégie annoncée ambitionne également de réaliser des économies substantielles et de multiplier les revenus dans les régions actuellement dominées par les combustibles d'origine fossile. Par exemple, l'adoption d'énergies renouvelables pourrait représenter, pour les régions rurales, des économies annuelles d'un milliard de dollars USD par rapport aux dépenses actuelles affectées au bois de chauffage. Cela permettrait aussi de décupler le potentiel du pays, qui vise à devenir un exportateur majeur d'énergie.

« Pour aller de l'avant, le monde a besoin que les pays en développement et les pays avancés mettent en œuvre des stratégies de croissance résilientes face au changement climatique, à faibles émissions de carbone », a déclaré Helen Clark, l'Administrateur du PNUD. « Cette stratégie lancée ici à Durban place l'Éthiopie à l'avant-garde des pays qui planifient leur transition vers une économie verte. Nous constatons que l'Éthiopie joue un rôle de leadership notable en Afrique et à l'échelle mondiale en ce qui concerne les questions liées au changement climatique », a-t-elle ajouté.

Cette stratégie a été appuyée par une coalition de partenaires, dont le PNUD, le gouvernement de Corée, le Ministère du développement international du Royaume-Uni (DFID), le gouvernement allemand, la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) ainsi que le secteur privé, notamment McKinsey & Company, cabinet de conseil auprès des directions générales.

Le PNUD a financé l'élaboration de la stratégie verte d'Éthiopie, en soutenant la composante de résilience au changement climatique, et en contribuant à la réalisation d'études sur les stocks de carbone des forêts éthiopiennes.

En outre, en 2012, le PNUD devrait administrer un fonds d’affectation spéciale multidonateurs, destiné à recueillir les financements nationaux et internationaux en faveur de la lutte contre le changement climatique, notamment de la part du secteur privé, de sorte à ce que cette stratégie puisse se traduire concrètement par des mesures pratiques sur le terrain.

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