Alphabétiser les femmes pour les rendre autonomes

8 sept. 2010

Photo: UNESCO, Bakary Emmanuel Daou

Son histoire ressemble à celle de quelque 800 millions de personnes. Il y est question de manuels scolaires et d’enseignants qui n’ont jamais existé. En fait, les écoles étaient bien là pour Lourença de Brito. Elle ne pouvait tout simplement pas y aller.

Habitante de l’archipel-nation du Cap-Vert, elle a dû dès son jeune âge travailler dans l’agriculture de subsistance. « Si j’avais pu aller en classe quand j’étais petite, j’aurais certainement été quelqu’un aujourd’hui, car je suis curieuse de nature, » déclare-t-elle . «Mais l’on ne m’a pas envoyée à l’école parce que j’avais à travailler sur la ferme, à m’occuper des animaux et à aller chercher du bois ».

D’habitude, l’histoire se termine là. À travers le monde, 796 millions d’adultes (de 15 ans et plus) sont analphabètes. Deux-tiers d’entre eux sont des femmes – des femmes qui, tout comme Lourença de Brito, sont écartées de la lecture et de l’écriture, souvent pour des raisons d’ordre familial ou économique.

Le 8 septembre, Journée internationale de l’alphabétisation, l’UNESCO et le PNUD unissent leurs forces pour mettre en évidence les efforts déployés pour accroître l’alphabétisation, particulièrement en Asie du Sud (où 412 millions d’adultes ne peuvent pas lire et écrire) et l’Afrique subsaharienne (où 176 millions de personnes ne peuvent pas lire et écrire). Dans ces deux régions se trouvent 74 pour cent des adultes analphabètes du monde.

Lourença de Brito représente un nouvel exemple de réussite. Dans le cadre du programme d’alphabétisation du Gouvernement du Cap-Vert, elle apprend à lire et écrire. « Je suis vraiment heureuse maintenant, » dit-elle.

L’UNESCO va décerner un Prix international d’alphabétisation 2010 à la Direction générale pour l’alphabétisation et l’éducation des adultes du Cap-Vert – le département du ministère de l’Éducation et des Études supérieures qui a mis en œuvre le programme aidant Lourença de Brito et de nombreuses autres femmes à s’alphabétiser.

D’autres prix internationaux d’alphabétisation 2010 de l’UNESCO sont décernés au Centre d’éducation non formelle du Népal, au Gouvernorat d’Ismaïlia en Égypte et à l’Institut d’État pour la formation des enseignants et le développement scolaire de l’Allemagne – qui ont chacun utilisé des programmes innovants pour augmenter les taux d’alphabétisation au sein de communautés marginalisées.

La Journée internationale de l’alphabétisation est l’un des nombreux projets que l’UNESCO gère en parallèle pour faire accroître les taux d’alphabétisation de 50 pour cent d’ici 2015 – l’année cible des objectifs du Millénaire pour le développement.
« Tous ces objectifs, éducation comprise, sont liés », explique M. Olav Kjørven, Directeur du Bureau des politiques de développement du PNUD.

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