Cambodge: une subvention permet d'établir un site éco-touristique

26 août 2010

Sam Doeun, un villageois de 39 ans de Romcheck montre le poisson qu’il a pêché dans le lac Choam Prei. Photo : PNUD

Une communauté autochtone de l’une des provinces les plus pauvres du Cambodge vient de recevoir un financement destiné à lui permettre de mettre en place un site d'éco-tourisme sur un lac qui vient d’être restitué aux villageois par un propriétaire privé, qui s'était arrogé le droit d'exploitation exclusive du cours d'eau.

Les habitants de la communauté autochtone des Kuoy, résidant au village de Romchek, dans la province Nord-Est du Preah Vihear, devraient bientôt recevoir une subvention de près de 20 000 dollars pour investir dans l’aménagement d’un site éco-touristique situé en plein cœur de la forêt vierge qui entoure le lac de Choam Prei.

Utilisé de longue date par les Kuoy pour leurs besoins en eau et en nourriture et comme aire de pâturage pour leurs troupeaux, le site de Choam Prei vient d'être restitué aux 213 familles de Romcheck par un propriétaire privé, à l’issue d’un processus ayant impliqué les autorités aux échelons local, provincial et central.
En juin 2010, un plan visant à aménager le lac de 70 hectares en un site destiné à accueillir des touristes a été approuvé par le Programme de microfinancements du Fonds pour l'environnement mondial, qui est mis en œuvre au niveau mondial par le Programme de développement des Nations Unies (PNUD).

« Le site représente un enjeu très prometteur pour le village tout entier », a expliqué Ly Setha, responsable du projet au sein de Ponlok Khmer, une organisation de la société civile qui distribue les fonds au titre des subventions de microfinancements affectés aux projets d'écotourisme dans la région.

« Les villageois comptent sur les retombées économiques occasionnées par les visites régulières de touristes, tous les ans. Ils espèrent ainsi vendre leurs produits locaux et en tirer un revenu supplémentaire pour les aider à améliorer leurs moyens de subsistance », a-t-il précisé.

Étalé sur deux ans, de 2010 à 2012, le projet vise à accueillir des touristes intéressés par les recherches en matière de conservation ou tout simplement désireux d’approcher de près la faune et la flore sauvages dans la région du lac. Les activités proposées dans le cadre du programme incluent la production de matériaux publicitaires, la construction de campements, et la formation des membres de la communauté au métier de guide accompagnateur.

Ponlok Khmer a déjà mis en œuvre un programme destiné à employer les villageois pour réparer le réseau d’évacuation et de drainage des eaux du lac afin d’y aménager une frayère.

Avant le mois de janvier de cette année, le lac faisait partie d’une entreprise de pisciculture appartenant à la famille d’un entrepreneur local, Bin Nhep, qui avait reçu, en 1998, l'autorisation d'un chef de village pour exploiter cette région dans le cadre d’une entreprise privée.

Les villageois avaient accusé M. Nhep de bloquer l’accès au lac Choam Prei, dont les habitants tirent une part essentielle de leur nourriture. Ils se sont alors mobilisés et ont présenté une pétition au bureau du gouvernement local, au bas de laquelle 86 d’entre eux avaient apposé leur empreinte de pouce en guise de signature.

Le chef du bureau de la commune de Romney, Seng Chheang, a réceptionné la plainte en 2008 et a voulu lui assurer une diffusion élargie par l’intermédiaire de l'antenne locale d'une association gouvernementale implantée à travers tout le pays. Cette association appelée la Ligue nationale des communes possède une branche locale à Sangkat et reçoit une assistance technique et financière du PNUD dans le cadre d’un projet pour la mise en œuvre de réformes démocratiques au niveau local.

Il a fallu deux ans pour que le différend lié au lac de Choam Prei commence à susciter l’intérêt et le soutien des autorités, via l’association, et qu’il finisse par être examiné par le Ministère de l’environnement cambodgien, implanté à Phnom Penh, la capitale du pays. C’est en début d’année que le lac a été finalement restitué au village de Romchek et reconnu comme un bien communal.

« La Ligue nationale m’a beaucoup encouragé pour mener cette lutte en faveur de la restitution du lac », a expliqué M. Chheang. « C'est un bien public qui ne peut être la propriété d’aucune famille. Le lac appartient aux villageois, je leur avais assuré que nous allions nous battre pour reprendre le droit d’utiliser le lac au bénéfice de notre communauté, et j’ai tenu promesse », a-t-il ajouté.

Le litige concernant le village de Romchek est l'un des nombreux cas portés à l’attention des autorités locales et provinciales ces dernières années, au fur et à mesure que les investissements et les entreprises privées, nationales et étrangères, exploitent de plus en plus les ressources du pays.

En 2004, le Cambodge a été l’un des premiers parmi les 49 pays les moins avancés à être admis à l’Organisation Mondiale du commerce (OMC), dont les règles exigent des Membres qu’ils ouvrent leurs marchés nationaux et établissent de solides relations commerciales avec d’autres nations.
À la suite des effets de la crise économique régionale dans la seconde moitié des années 1990, la croissance économique a été spectaculaire au Cambodge, atteignant des niveaux de 10 pour cent entre 2004 et 2007.

Parallèlement aux secteurs de l’agriculture, du textile et de la construction, le tourisme est devenu l’une des industries du Cambodge les plus prospères

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