Gérer les sécheresses et les inondations en Azerbaïdjan

Vallée en Azerbaidjan
De nombreuses communautés de la région du Grand Caucase, en particulier dans les zones montagneuses, sont exposées à des risques accrus dûs au changement climatique. Photo : PNUD/Azerbaidjan

Mehemmed Veliyev, un agriculteur de 45 ans vivant dans le village d’Abrikh en Azerbaïdjan, a connu des jours plus heureux : il possédait des hectares de terres sur lesquels il cultivait des fruits et des noisettes. Mais en 2008, une crue éclair venant des montagnes a détruit ses terres. Pour Veliyev, gagner sa vie est désormais un combat.  

Dans la région du Grand Caucase, les conditions météorologiques extrêmes sont assez fréquentes, et  encore exacerbées par les changements climatiques. Les dégâts annuels liés aux inondations représentent en moyenne entre 18 et 25 millions de dollars juste pour les infrastructures. D’autre part, l’Azerbaïdjan sort d’une sécheresse prolongée aux conséquences graves: les cultures et les pâturages sont endommagés de façon irrémédiable, et des dizaines de milliers de têtes de bétail en souffrent encore. Selon la Convention-cadre sur les changements climatiques, les sécheresses pourraient réduire l’approvisionnement en eau de 23 % entre 2021 et 2050 dans le pays.

Améliorer la résilience des communautés aux inondations ou au manque d’eau nécessite une adaptation proactive aux conséquences des changements climatiques. Mais les politiques actuelles de gestion et prévention des crises environnementales en Azerbaïdjan sont insuffisantes pour faire face aux dégâts et dangers croissants liés au climat. Par ailleurs, les communautés locales ne participent pas activement aux décisions relatives à la gestion de l’eau et des inondations.

A retenir

  • Les ressources hydriques en Azerbaïdjan risquent de baisser de 23% au cours des trois prochaines décennies à cause du changement climatique
  • Financé par le FEM, les fonds de base du PNUD et le Gouvernement, le projet vise à améliorer des capacités institutionnelles pour la gestion de l'eau et à autonomiser les communautés
  • Le projet pilote met l’accent sur trois zones vulnérables où vivent 650 000 personnes, et sera reproduit dans toute la région du Grand Caucase

Avec l’appui du Fonds Spécial pour les Changements Climatiques (FSCC) et des ressources de base du PNUD, le Gouvernement a lancé un projet visant à intégrer l’adaptation aux changements climatiques aux niveaux législatif et politique tout en tenant compte des risques de crues éclairs, de coulées de boue et d’éboulements qui touchent les communautés montagnardes déjà vulnérables.

L’un des principaux objectifs du projet est de faire en sorte que les institutions clefs puissent mettre en œuvre les techniques de pointe de gestion des risques climatiques. Pour ce faire, les techniciens du Ministère chargé des situations d’urgence ont été formés aux différentes méthodes et instruments pour établir une cartographie des risques d’inondation, et évaluer et répartir les ressources hydriques.

“Dans le passé, nous utilisions des méthodes archaïques et souvent peu fiables. Nous sommes désormais formés à l’utilisation d’outils modernes et nous sommes bien plus confiants dans nos estimations. Les résultats sont souvent rapides et efficaces,” constate Samir Abbasov, Conseiller en chef de l’Agence nationale des ressources hydriques.  

Outre le fait qu’il améliore les capacités institutionnelles de gestion de l’eau, le projet met aussi l’accent sur la mise à niveau et la modernisation des stations météorologiques afin de lancer des alertes précoces aux inondations. Dotées d’un système automatique, les stations vont alerter  la Centrale lorsque l’eau atteint son niveau critique. Les données ainsi recueillies et analysées vont permettre de prévoir les inondations saisonnières.  

Dans la même veine, les communautés montagnardes vont bénéficier d’une formation à la gestion hydrique et des inondations. A Turyanchay, Kischay et Tilachay, où vivent 650 000 personnes, pour la plupart des agriculteurs et des nomades, des associations d’utilisateurs d’eau et des comités locaux de parties prenantes sont formés pour tester et mettre en place des approches participatives de l’aménagement du territoire et des bassins versants. Des campagnes d’informations publiques adaptées au niveau local ciblent les communautés situées dans des zones inondables et les sensibilisent aux risques d’inondations et aux manières d’y faire face.

Il est prévu de déployer le projet pilote dans toute la région du Grand Caucase.

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