Au Niger, les femmes luttent contre l’ensablement

Des femmes pépiniéristes participent à un vaste programme de lutte contre l'ensablement au Niger.
Des femmes pépiniéristes participent à un vaste programme de lutte contre l'ensablement au Niger. Photo: PLECO/ PNUD Niger

Accroupie parmi une quinzaine de femmes, Bintou Bira récupère des poignées de sable et les plonge dans des sachets en plastique contenant des plants de prosopis, une plante locale à profondes racines permettant de fixer les dunes.

Le groupement de femmes pépiniéristes auquel Bintou appartient travaille avec les autorités de Mainé Soroa, dans le sud-est du Niger, pour lutter contre l’ensablement et la dégradation des terres cultivables de la région.

A retenir

  • L’initiative a contribué à désensabler 29 500 hectares de terres et restauré 61 oasis
  • Près de 7 000 personnes ont été sensibilisées et formées aux techniques de protection des cuvettes contre l’ensablement
  • 42 comités locaux de gestion des ressources naturelles ont été installés

Soutenues par le PNUD et le Fonds pour l’environnement mondial, ces femmes sont payées au plant et gagnent environ US 800 dollars sur une période de cinq mois : « Le projet nous fait vivre ; grâce à lui, nous avons de la nourriture et un peu d’argent. Nous n’avons plus besoin d’aller ailleurs, » dit Bintou.

Les sécheresses successives ayant décimé leur cheptel, Bintou et les autres femmes de son village s’étaient d’abord reconverties dans l’extraction de pulpe de palmier qu’elles échangeaient au Nigéria voisin contre certains produits de première nécessité.

Mais avec l’insécurité engendrée dans le Nord du Nigéria par l’insurrection islamiste de Boko Haram, Bintou a dû abandonner cette activité : « nous n’avons plus envie de passer la frontière. C’est trop dangereux ».

Grâce au programme mené dans les villes de Diffa, Zinder, et de Korsorom où habite Bintou, les dunes ont reculé de plus de 4 000 hectares. Sur tout le territoire national, l’initiative a contribué à désensabler 29 500 hectares de terres et restauré 61 oasis.

Plus de 300 000 de plants ont été produits, 251 pépiniéristes formés et 80 sites de démonstration installés. Près de 7 000 personnes parmi les populations des 61 villages ont été sensibilisées et formées aux techniques de protection des cuvettes contre l’ensablement.

En matière de renforcement des capacités techniques, 42 comités locaux de gestion des ressources naturelles ont été installés, et un manuel de fixation de dunes et lutte contre l’ensablement au Niger élaboré.

Selon Yagana, exploitante d'une pépinière : « Ce projet nous a montré ce qu’est l’émancipation de la femme. Grâce au produit de la vente de nos plants, nous nous habillons, achetons du cheptel et avec le reste de l’argent, nous aidons nos maris dans les charges de fonctionnement de nos ménages ».

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