Syrie : des emplois d'urgence pour améliorer les conditions de vie

Eboueur en Syrie
Un éboueur employé par le projet d'aide d'urgence à Aleppo, Syrie. Photo: PNUD en Syrie

Originaire de la région d’Alep, Mohammad faisait partie des Syriens qui n’auraient jamais pensé devoir quitter leur maison. Mais, avec l'escalade des hostilités, sa famille a connu des conditions extrêmement difficiles, marquées par la précarité, la violence et la détérioration du système de santé.

« Ma fille de 3 ans a le cancer. Elle doit suivre un traitement à Damas, et je n'en ai pas les moyens », explique-t-il.

A retenir

  • Près de 400 petites entreprises ont été soutenues, avec comme conséquence 18 100 nouveaux emplois et la remise en état de l’infrastructure publique desservant 2,3 millions de personnes
  • Près de 155 000 tonnes de déchets solides ont été collectées dans plus de 250 quartiers et refuges
  • Des ateliers sur l'hygiène ont été organisés au profit de près de 5 000 participants.

Comme beaucoup de leurs voisins, Mohammad, sa femme et leurs six enfants ont dû tout abandonner pour trouver refuge dans une zone plus sûre. Le conflit ayant fait 2,67 millions de chômeurs, Mohammad est resté sans emploi pendant 2 ans. « Ce n'était pas possible de trouver un emploi décent dans cette situation difficile », confie -t-il. La famille a connu l'extrême pauvreté, sans lits ni couvertures pour se protéger du froid de l'hiver.

Mohammad a alors pris contact avec le projet de gestion des déchets solides, piloté par le PNUD à Alep. Ce projet, qui entre dans le cadre du programme « Aide d'urgence pour la restauration/stabilisation des sources de revenus », fait partie des nombreuses initiatives de relèvement au profit des résidents des zones de conflit.

L'afflux de déplacés ayant accéléré l’accumulation de déchets et entraîné une forte pollution environnementale, le PNUD a ciblé les quartiers les plus touchés pour proposer aux réfugiés et aux communautés hôtes des emplois dans la collecte de déchets solides. Leur tâche consiste à collecter les ordures dans les rues et les quartiers difficilement accessibles et à les déposer dans les points de collecte des éboueurs municipaux.

Grâce à son salaire, Mohammad a pu améliorer ses conditions de vie et satisfaire les besoins essentiels de sa famille. « Ce projet m’a permis d’amener ma fille à Damas pour ses séances de radiothérapie. Cela lui sauvera la vie, » dit-il.

Le projet a permis de créer près de 3 000 emplois mensuels, d’enlever 36 207 tonnes d'ordures et d’améliorer le cadre de vie de 16 quartiers. Les employés travaillent quatre mois au total en raison de la spécificité de l’emploi d'urgence. Toutefois, une prolongation à six ou neuf mois est possible selon les besoins de la communauté locale.

« Nous espérons que ce projet se poursuivra », ajoute Mohammad. « Il nous a permis d’améliorer notre vie quotidienne ».

Des projets similaires ont été initiés dans d'autres régions de Syrie, pour un total de 13 770 emplois mensuels (dont 788 pour les femmes). Ils ont permis de collecter 154 806 tonnes de déchets solides dans plus de 250 quartiers et refuges et de réduire la pollution environnementale et la propagation des épidémies et des maladies. Par ailleurs, des ateliers sur l'hygiène ont été organisés au profit de près de 5 000 participants.

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