Le PNUD aide les réfugiés syriens et leurs communautés d'accueil à travers une variété de programmes, qui génèrent des revenus et renforcent les compétences et les relations. Photo: PNUD Jordanie / Lianne Manna

 

Bruxelles – La quatrième conférence de Bruxelles en soutien à la Syrie a réuni des engagements à hauteur de 5,5 milliards de dollars pour protéger et renforcer la résilience des communautés à travers le pays et la région.

S'exprimant lors d'une session sur les impacts de la COVID-19 sur la région, l'administrateur du PNUD, Achim Steiner, a souligné la nécessité cette année de marquer un « tournant » dans le soutien aux pays touchés par la crise, et dont l’économie menace de décrocher davantage du fait de la pandémie.

Réunissant des délégués des pays hôtes, des institutions spécialisées des Nations Unies et des organisations non gouvernementales, « Bruxelles IV » était centré sur le financement du Plan de réponse humanitaire en Syrie ainsi que celui du Plan régional pour les réfugiés et la résilience.

Sous la coordination des agences humanitaires et de développement des Nations Unies, ces deux plans visent à atteindre 11 millions de personnes en besoin d'aide humanitaire dans le pays, 5,5 millions de réfugiés dans les pays voisins et 4,5 millions de membres vulnérables des communautés d’accueil.

« La crise économique qui frappe la région exerce une pression insupportable sur les gouvernements et les communautés hôtes, et fait reculer les progrès de développement », a déclaré M. Steiner. « Des millions de personnes qui luttaient pour échapper à la pauvreté il y a quelques mois à peine, se retrouvent dorénavant sans le moindre gagne-pain. La communauté internationale se doit d’envoyer un signal fort de solidarité en accentuant le soutien aux pays voisins de la Syrie accueillant les réfugiés. »

Un montant supplémentaire de 2,1 milliards de dollars a également été promis à la fin de la conférence pour les activités des programmes humanitaires, de résilience et de développement en 2021 et au-delà.

La crise syrienne est la plus grande crise de déplacement au monde, poussant des millions de personnes à l'intérieur du pays à rechercher protection et aide humanitaire depuis près d’une décennie. Dans une région confrontée à des problèmes économiques, sociaux et de développement de plus en plus importants, le conflit continue aussi de provoquer la plus grande crise de réfugiés au monde avec plus de 5,5 millions de réfugiés syriens enregistrés, dont 2,6 millions d’enfants.

La pandémie complique ces problèmes, avec des impacts allant au-delà de la crise sanitaire – jusqu’à affecter l’autonomie des communautés de la région.

En Syrie, 90 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté. Au Liban, c’est 45 % et les licenciements et réductions de salaires dus à la COVID-19 mettent à mal les mécanismes de survie des populations. Dans une enquête récente en Jordanie voisine, deux tiers des familles déclaraient qu'elles disposaient de moins d'une semaine de ressources financières sur lesquelles s’appuyer au plus fort du confinement. Ailleurs, en Turquie, le chômage devrait augmenter et en Irak, l’économie devrait encaisser la baisse récente du prix du baril du pétrole dans le monde.

En tant que chef de fil de la réponse socioéconomique des Nations Unies au COVID-19, le PNUD aide les pays à saisir l’opportunité de rebondir pour un avenir plus inclusif et durable – y compris dans le contexte de la réponse à la crise syrienne.

Pour Achim Steiner, « L’accumulation de ces crises souligne la nécessité de revoir nos stratégies collectives pour soutenir les pays de la région, non seulement à faire face mais aussi amorcer une voie plus durable vers le développement, la stabilité et le relèvement ». Faisant allusion aux manifestations précédant la COVID-19 en Irak et au Liban, M. Steiner ajoute que « les contrats sociaux existants dans certains pays sont désormais près du point de rupture, précisément au moment où les réformes et la confiance sont les plus vitales. »

Face aux demandes d'un développement plus inclusif et aux réformes nécessaires pour y répondre, M. Steiner a déclaré : « nous devons être pleinement conscients de ce nouveau monde et de notre responsabilité – ainsi que de l’occasion – en tant que communauté internationale de veiller à soutenir les efforts abordant des réformes de manière holistique et réaliste. » Et de conclure que, « compte tenu des défis croissants dans la région, il est maintenant plus important que jamais de continuer à miser sur résilience de ces sociétés ».

L'ONU et l'Union européenne ont coopéré étroitement à la préparation de la conférence virtuelle et l’ont coprésidée, réaffirmant que seule une solution politique inclusive, globale et authentique garantira une issue durable au conflit en Syrie.

 

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