En Centrafrique, les femmes ont tendance à être plus pauvres que les hommes, surtout dans les zones rurales ( 81% contre 69% pour les hommes ) et le pays a le deuxième taux de mortalité maternelle le plus élevé au monde. Photo: PNUD RCA


Bangui —
La République centrafricaine (RCA) connaît une recrudescence de la violence basée sur le genre (VBG) depuis le début de la pandémie de COVID-19, avec des traumatismes signalés en hausse de 69%, selon une nouvelle étude du PNUD (PDF, 875kB).

Bien qu'une stratégie nationale vise à réduire la VBG, le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines, la situation était déjà préoccupante avant le début de la pandémie avec 11 777 cas identifiés en 2019, soit une hausse de 174% par rapport à 2014.

Pays enclavé et appauvri, la RCA est également classée deuxième à l'indice 2019 des inégalités entre les sexes (GIN) du PNUD - les femmes ont tendance à être plus pauvres que les hommes, surtout dans les zones rurales ( 81% contre 69% pour les hommes ) et a le deuxième taux de mortalité maternelle le plus élevé au monde.

Malgré ses vastes ressources naturelles, la RCA est régulièrement classée parmi les pays les moins sains du monde, avec l'un des niveaux de développement humain les plus bas sur des indicateurs tels que l'accès à l'éducation, aux opportunités, aux emplois, aux services essentiels, aux soins de santé et à la technologie. Environ 2,6 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d'aide humanitaire et de protection, selon des responsables de l'ONU, tandis qu'une fermeture partielle des frontières avec le Cameroun et la République démocratique du Congo a fait augmenter le coût des produits importés, y compris les produits alimentaires de base .

Les mesures d'atténuation du COVID-19, telles que les fermetures d'écoles et d'entreprises, ont alourdi les charges domestiques des femmes et les filles et considérablement réduit leurs revenus. Pour les plus vulnérables aux VBG, le confinement dans des maisons qu'elles partagent souvent avec leurs agresseurs et l'accès limité aux services de soutien et de santé aggravent encore les choses.

Depuis avril, les crimes et délits sexuels commis sur les femmes ont augmenté d'environ 10%, tandis que les cas de coups et blessures volontaires commis sur les femmes et les enfants ont augmenté de 69%, les viols de 27% et les autres voies de fait de 45%, selon un rapport de la Section analyse criminelle de la Police des Nations Unies (MINUSCA) de juin 2020. Depuis que le premier cas de COVID-19 a été signalé dans le pays, 97% des victimes de VBG sont des femmes et 76% sont mineures.

« Même avant la pandémie, les femmes étaient confrontées à d'importantes inégalités fondées sur le sexe, telles que l'accès à l'éducation ou aux opportunités d'emploi, et la possibilité de participer à la vie économique et politique », déclare Natalie Boucly, Représentante Résidente du PNUD en RCA. « Nous savons que les crises peuvent aggraver la violence au foyer ainsi que d'autres violences contre les femmes et les filles. C'est un moment critique pour prioriser les systèmes de soutien et l'accès à la justice. »

Avec plus de personnes confinées à la maison et passant plus de temps en ligne, la cyber-violence est également en augmentation, selon le rapport qui appelle à des efforts accrus pour protéger les femmes et les filles dans ce domaine également.

Les recommandations du PNUD pour lutter contre la VBG comprennent:

  • l'intensification des campagnes de sensibilisation pour promouvoir l'égalité des sexes
  • la sensibilisation de la police et des services juridiques
  • le renforcement des capacités des organisations de la société civile pour soutenir les survivantes et suivre les cas
  • l'éducation des femmes et des filles à se protéger contre la violence et le harcèlement en ligne
  • le renforcement de la capacité du gouvernement à traiter et poursuivre les affaires
  • le lancement d'un fonds d'urgence pour accroître les protections sociales, ciblant notamment les travailleurs informels durement touchés par la pandémie et les mesures pour y faire face
  • l'utilisation de mesures économiques et financières pour soutenir les entreprises, les micro-entreprises et les individus souffrant économiquement de la crise

Activités du PNUD sur le terrain

En juin, le PNUD a lancé une campagne avec les organisations de la société civile et le Gouvernement pour informer le public sur le risque accru de violence résultant de la pandémie. Il a créé des panneaux d'affichage, des messages radio communautaires et des publications sur les réseaux sociaux sur la reconnaissance, la prévention et la réponse à la VBG.

Le PNUD plaide également pour une plus grande participation des femmes à la gestion de la pandémie et veille à ce que la collecte et l'analyse des données sur l'impact de COVID-19 incluent les dimensions sexospécifiques et que les programmes de soutien social et économique ciblent les jeunes, les femmes et d'autres personnes vulnérables.

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