New York, le 18 septembre 2019Les pays en développement prennent les devants dans la lutte contre le changement climatique, selon un nouveau rapport rendu public ce jour.

Ce rapport révèle qu’au moins 112 pays, dont beaucoup parmi les plus vulnérables au changement climatique et les moins responsables de ses causes, souhaitent, d’ici 2020, actualiser leurs politiques de lutte contre le changement climatique – appelées « contributions déterminées au niveau national » ou « CDN ».

Pour l’Administrateur du PNUD, Achim Steiner, c'est un constat encourageant. « À Paris, en 2015, les pays du monde entier ont marqué leur adhésion à un avenir résilient, durable et sobre en carbone pour notre planète », a-t-il rappelé. Et d’ajouter : « Le rapport montre que les gouvernements ont pris des mesures audacieuses pour réduire les émissions et renforcer leur résilience aux effets climatiques. L’Accord de Paris peut fonctionner, et il fonctionne. »

Pour autant, ce rapport indique aussi que l'ambition climatique de ces pays doit contourner de nombreux freins : le manque d'informations, le peu de fiabilité des données et le plus impactant de tous, le manque de moyens financiers. Bien que les flux financiers mondiaux liés au climat aient augmenté de 17 %  entre 2015 et 2016 par rapport à 2013-2014, atteignant 681 milliards de dollars en 2016, cela reste un montant inférieur aux besoins.

Lors de la cérémonie de lancement du rapport, la Vice-secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, a qualifié ce dernier de « tableau instantané le plus complet à ce jour permettant de déterminer si le monde est sur la bonne voie », et a appelé à redoubler d’efforts pour le climat : « Nous devons aller plus loin, nous devons en faire beaucoup plus », a-t-elle martelé.

Publié conjointement par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et les instances de la Convention-cadre des Nations Unies pour les changements climatiques (CCNUCC), le rapport tombe moins d’une semaine avant le Sommet sur le climat convoqué le 23 septembre prochain à l’initiative du Secrétaire général de l’ONU.

Grandes sont les attentes à l’égard de ce sommet, où l’accent sera mis sur les engagements nationaux – le Secrétaire général ayant appelé les dirigeants du monde à présenter des « plans concrets et réalistes » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % au cours de la prochaine décennie et parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050.

En réponse à cet appel, le PNUD a saisi l’occasion du lancement du rapport pour annoncer une nouvelle initiative de grande envergure visant à relever le défi climatique en intensifiant son appui aux pays dans la révision à la hausse de leurs engagements, d’ici 2020.

« Il ne s’agit pas de théorie ; il ne s’agit pas d’un avenir lointain ; il s’agit de survie », a prévenu M. Steiner alors qu’il annonçait la Promesse climatique du PNUD. « Le PNUD s'appuie sur le travail qu’il réalise sur le front du climat. Nous avons pris la résolution d’aider 100 pays à atteindre les objectifs plus ambitieux dont le monde a besoin pour assurer notre avenir et celui de nos enfants et de toutes les générations futures. Grâce à cette initiative, le PNUD se tiendra aux côtés des pays au moment où ceux-ci prendront des mesures audacieuses », a-t-il ajouté.

Le PNUD élargira par ailleurs son portefeuille consacré au changement climatique — déjà le plus important du système des Nations Unies — afin d’intensifier son action mondiale, qui couvre déjà quelque 140 pays. D’ici 2030, il aidera 100 millions de personnes à accéder à une énergie propre, contribuera à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées, œuvrera à la conservation de 500 millions d’hectares supplémentaires, et mobilisera trois milliards de dollars en plus pour financer l’action climatique dans 100 pays.

 

Les autres constatations se dégageant du rapport :

  •  75 pays, représentant 37 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), montrent la voie en envisageant de revoir à la hausse leur ambition dans le cadre de leurs prochaines CDN – en réduisant les émissions de GES ou en prévoyant des mesures pour rendre les sociétés plus résilientes au changement climatique, ou encore en appliquant ces deux options. Plus de 40 de ces pays comptent parmi les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID). Près des trois quarts d’entre eux ont indiqué que leurs CDN comprendraient un renforcement de l’action pour l’adaptation, dans des secteurs tels que l’eau, l’agriculture, la santé, les écosystèmes et la foresterie.
  • 37 autres pays, qui représentent 16 % des émissions mondiales de GES, ont l’intention de « mettre à jour » leurs plans actuels. Une mise à jour peut prendre en compte les données scientifiques ou les tendances les plus récentes en matière d’émissions. Ce processus d’actualisation peut déboucher sur des mesures plus audacieuses.
  • 14 pays seulement ont fait savoir qu’ils n’envisageaient pas de soumettre de plans climatiques révisés.
  • 71 pays – dont des pays parmi les plus développés – réfléchissent encore à comment aborder la question de la révision de leurs CDN. Certains pays s’étaient déjà fixé des objectifs très ambitieux en 2015 et pourraient donc avoir du mal à aller plus loin. En outre, de nombreux pays en développement veulent en faire plus, mais ont besoin de financements à la hauteur de leurs ambitions.
  • 67 pays ont l’intention d’intégrer les considérations relatives à l’égalité des sexes et à l’émancipation des femmes dans leurs plans révisés.

Téléchargez le rapport intégral ici (en anglais) ou prenez connaissance des chiffres cléfs ici (en anglais).

Contact : Dylan Lowthian, PNUD, +1 212 906 5516 dylan.lowthian@undp.org

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