Au Laos, le soutien aux fermiers aide à combattre la pauvreté
3 juin 2010Saravane, Laos — Oudone Vongkham, 60 ans, vit à Naxay Noi, un village à quelque 22 kilomètres du district de Saravane, dans la pointe sud du Laos. Il passe ses journées à travailler aux champs. Depuis qu'un nouveau marché a été construit au village, avec une route macadamisée le reliant à son exploitation, il lui est devenu possible de transporter les produits de sa ferme et de les vendre. .
« On comprend mieux comment faire des affaires maintenant qu’on a un marché au village », explique Vongkham.
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| Grâce à un appui local à la réduction de la pauvreté, Oudone Vongkham est à présent en mesure de transporter et vendre les produits de sa ferme et ses enfants peuvent aller à l’école. (Photo : PNUD Laos) |
La construction de marchés communautaires et de routes les reliant aux exploitations agricoles a aidé beaucoup d’agriculteurs comme Vongkham dans 35 des 42 districts « les plus pauvres ». (Il y a aussi 25 districts « pauvres » sur les 140 entités administratives du pays.)
En 2005, le PNUD et le Fonds d’équipement des Nations Unies ont imaginé un mécanisme d’investissement pour financer des travaux publics à petite échelle au niveau des districts. Le Luxembourg et la Suisse ont donné leur appui financier à cette initiative, qui est devenue le Fonds de développement des districts. C’est grâce à celui-ci, conçu pour arriver à une réelle réduction de la pauvreté dans tout le pays en répondant aux besoins des communautés pauvres, que le marché communautaire et la route macadamisée si utiles à la famille de Vongkham ont vu le jour.
De plus, avec la construction d’écoles primaires financées par le Fonds de développement des districts, les neuf enfants de Vongkham sont scolarisés, à présent.
« En 2005, nous avions 27 villages très pauvres au sein du district. Grâce au Fonds, ils ne sont plus que deux, soit 600 ménages », se réjouit Siheng Homsombath, gouverneur de district de Saravane. Leur objectif est d’améliorer l’infrastructure pour avoir une eau salubre, de meilleurs services de santé et plus d’opportunités commerciales dans le secteur agricole, ajoute-t-il.
« Nous avons aussi besoin que les fonctionnaires de l’administration locale améliorent leurs compétences et leurs connaissances, afin de mieux gérer le fonds », explique-t-il.
Le Fonds de développement des districts a ceci d’original qu’il a confié la planification et le contrôle des dépenses aux districts, ce qui leur permet d’agir en fonction des besoins locaux, par le biais d’un processus de planification participatif. Ce mécanisme permet aux autorités du district de répondre aux défis les plus urgents des OMD en proposant leurs propres solutions. Cela a donné aux communautés les moyens de poursuivre leurs propres activités de développement.
De 1992 à 2008, la pauvreté a baissé peu à peu pour passer de 46 à 26,9 pour cent, selon les dernières statistiques nationales, et cela grâce à des politiques et interventions en faveur des pauvres telles que le Fonds de développement des districts. Quelque 950 000 personnes sont sorties de la pauvreté absolue au Laos, qui compte 6,2 millions d’habitants. Le pays est sur le point d’atteindre la première cible de l’Objectif du Millénaire pour le développement qui vise à réduire la pauvreté de moitié au cours des cinq prochaines années.
Au plan national, le gouvernement laotien est en train de préparer le septième plan national de développement socioéconomique, qui couvrira la période 2011-2015, en s’attachant plus particulièrement à la promotion de l’appropriation locale et à l’allocation de ressources destinées à obtenir des résultats au niveau local. L’expansion du projet de Fonds de développement des districts et la préparation d’une centaine de plans de Kumban (« ensemble de villages ») dans les 42 districts les plus pauvres et les 25 districts pauvres constituent deux des outils par lesquels le PNUD contribue aux réalisations des pouvoirs publics en matière d’OMD.
« Avant, c’était l’administration provinciale qui devait tout organiser et ces projets ne donnaient pas de très bons résultats, explique le gouverneur de district. À présent, les projets sont stables. »
Reportage de Katrin Park et Inka Leisma
