Autonomiser les femmes pour relancer le développement de lAfrique
14 avr. 2010
![]() Le Botswana et le Rwanda ont atteint leurs objectifs en matière de scolarisation. |
Le fait que le débat sur le genre ait pris une dimension nationale compte parmi les réussites les plus remarquables. Ainsi, des pays comme le Sénégal, le Bénin, le Burkina Faso ou le Liberia ont intégré les questions de genre dans leurs plans de développement national et leurs stratégies de réduction de la pauvreté.
Les progrès en termes de représentation politique des femmes ont dans certains cas été remarquables. Lors des élections sud-africaines d’avril 2009, la représentation féminine au Parlement est passée de 34 pour cent avant l’élection à 45 pour cent. Le parlement ougandais comprend à présent 30,9 pour cent de femmes et au Rwanda, les femmes parlementaires sont à présent 56 pour cent, ce qui représente le pourcentage le plus élevé au monde.
En ce qui concerne l’égalité des sexes dans le secteur de l’éducation, des pays comme le Botswana et le Rwanda ont atteint leurs objectifs en matière de scolarisation, à savoir arriver avant 2016 à l’accès universel à 10 ans d’éducation de base pour les garçons et les filles et veiller à ce que les enfants des deux sexes achèvent le cycle primaire d’ici 2015.
Au niveau régional, les institutions ont fait plus d’efforts. Ainsi, la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies, en partenariat avec le PNUD, a adopté un outil de mesure de l’égalité des sexes, l’Indicateur de développement et des inégalités entre les sexes en Afrique, et a créé l’Observatoire des droits de la femme africaine pour surveiller les droits des femmes, faire œuvre de sensibilisation et créer un forum pour le partage des connaissances et des expériences entre pays.
Répondre aux besoins des femmes africaines
En dépit de ces développements encourageants, il reste beaucoup à faire pour arriver à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes dans la région.
- Éducation – À 57 pour cent, le taux d’achèvement de l’école primaire pour les filles reste l’un des plus bas du monde en développement (10 pour cent de moins que les garçons) et la proportion de filles scolarisées par rapport aux garçons est passée de 82 pour cent en 1999 à 79 pour cent en 2007.
- Emploi – La participation des femmes à la force de travail reste aussi un sujet de préoccupation. On ne trouve qu’à peine 25 pour cent de femmes dans le secteur agricole en Afrique, contre 70 pour cent dans le secteur non structuré, précaire et informel.
- Droits de propriété – Les engagements politiques en faveur du droit de propriété des femmes, en particulier ses droits fonciers, restent sans effet à ce jour, car des inégalités considérables persistent entre hommes et femmes en ce qui concerne l’accès à la terre et à la propriété.
- Mortalité maternelle – La réduction de la mortalité maternelle dans la région reste aussi un défi, car les progrès accomplis sont négligeables. Les décès maternels (pour 100 000 naissances vivantes) étaient de 920 en 1990 et ils ne sont passés qu’à 900 en 2005 (d’après le rapport 2009 de l’ONU sur les OMD).
- VIH/sida – Contrairement à d’autres régions, près de 60 pour cent des personnes qui vivent avec le VIH en Afrique sont de sexe féminin, et les femmes et les filles se voient confier de façon disproportionnée la responsabilité de s’occuper des familles et communautés touchées par le sida.
La violence sexiste est aussi un sujet de préoccupation dans de nombreux pays. Elle est particulièrement inquiétante dans des États en crise ou sortant d’un conflit comme la République démocratique du Congo et la Sierra Leone.
Dans la plupart des pays, les capacités techniques dans le domaine des questions de genre sont relativement faibles au niveau gouvernemental, ce qui ralentit la formulation et l’application de programmes sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ainsi que la possibilité de mobiliser des ressources pour ceux-ci.
L’appui du PNUD aux femmes d’Afrique
Le PNUD a collaboré avec des pays africains pour formuler des plans et stratégies nationaux qui tiennent pleinement compte des questions de genre, y compris dans les pays en crise ou sortant d’un conflit. Au Bénin, par exemple, le PNUD a appuyé la formulation d’un plan national sur l’égalité des sexes avec la participation de nombreux secteurs différents, dont les organisations de la société civile, le secteur privé et les organisations religieuses. L’une de ses principales priorités était d’inclure un plus grand nombre de femmes à des postes de décision.
Des programmes de réduction de la pauvreté visant plus particulièrement les femmes ont aussi été lancés. Au Burkina Faso, l’achat de 750 plateformes multifonctionnelles, un moteur au diesel qui fait fonctionner de nombreux outils allant du moulin à céréales au matériel de menuiserie, a permis l’accès à l’énergie dans des zones rurales tout en autonomisant les associations féminines. Le temps que les femmes et les filles consacraient aux tâches domestiques a connu une réduction de deux à quatre heures par jour, permettant à celles-ci d’aller à l’école ou de tirer des revenus d’autres activités.
Le PNUD a également collaboré avec les pouvoirs publics pour aider les femmes par le biais de réformes législatives, de plaidoyers en faveur des droits de l’homme et du renforcement des capacités, à savoir l’amélioration des capacités des institutions gouvernementales pour qu’elles puissent fournir des services performants qui répondent aussi aux besoins des femmes. Ainsi, au Burkina Faso, le PNUD a appuyé une proposition de loi sur les quotas au Parlement qui stipule que toute élection municipale ou parlementaire doit comprendre au moins 30 pour cent de candidats de l’un ou l’autre sexe. Au Togo et au Malawi, les candidates ont reçu une formation sur la façon de faire campagne et les techniques de financement. Au Malawi, cet appui a permis aux parlementaires de sexe féminin de voir leur nombre passer de 11 en 2004 à 42 en 2009. L’une des 43 femmes qui ont été élues au parlement après une campagne 50-50 soutenue est devenue vice-présidente de la République du Malawi, une autre est vice-présidente du Parlement et 10 d’entre elles ont obtenu un portefeuille ministériel.
Le Liberia, qui a élu la première femme présidente de la région, a adopté un Plan d’action national avec l’aide du PNUD afin de prévenir la violence sexuelle et sexiste. Le pays a aussi créé une force de police au sein de du ministère de la Justice afin de combattre ce fléau. Cette force a commencé à enquêter sur certains cas et à entamer des poursuites judiciaires.
Pour de plus amples informations sur le PNUD en Afrique, veuillez consulter le site suivant : www.undp.org/french/africa.
