Avenir incertain pour les îles du Pacifique comme les Kiribati

10 déc. 2009

Boobu Tioram, un habitant des îles Kiribati, dans le Pacifique,  s'est arrêté de renforcer son mur de protection devant la maison qu’il vient de bâtir afin de s’entretenir avec le PNUD sur l’incidence du changement climatique sur son mode de vie.

« J’ai déménagé trois fois. Tous les trois ans, je déménageais ! », dit-il, debout sur la plage, à quelques mètres de sa maison.  Tioram montre du doigt un point à une vingtaine de mètres de là, au milieu des flots, et explique que sa première demeure se trouvait jadis à cet endroit, à présent recouvert par les vagues. Chaque fois, il a déménagé plus à l’intérieur des terres, et chaque fois, l’océan l’a suivi.

« Je ne sais pas combien de temps je vais rester [dans cette maison]. Continue-t-il. Ca dépend de la façon dont mon mur va résister aux marées hautes. »

Le PNUD est convaincu que c’est le monde en développement qui a le plus à perdre, et qui est déjà en train de perdre pied, car les effets du changement climatique commencent à se faire sentir de façon catastrophique. Alors que les négociations sur le climat s’ouvrent à Copenhague, à des milliers de lieues de cette minuscule nation du Pacifique comportant 33 atolls juste au-dessus du niveau de la mer, il est important de se rappeler que pour les habitants des Kiribati et d’autres îles et zones côtières pauvres,  des fonds non seulement pour la prévention mais aussi pour l’adaptation doivent figurer au sommet de la liste des choses à faire pour la communauté internationale.

« Le marché des crédits carbone ne nous servira à rien, il faudra donc prendre des dispositions spéciales pour les victimes, avertit le président des Kiribati, Anote Tong.  Non pas les victimes éventuelles, mais les victimes ! Nous le sommes déjà et dès lors, il faut bien réfléchir à notre sort. »

À leur point le plus élevé, les Kiribati ne dépassent pas 4 mètres au-dessus du niveau de la mer et la population tout entière vit à moins d’un km de la côte. Il s’agit donc d’une des nations les vulnérables aux effets du réchauffement mondial. Son avenir est incertain, elle se pose même la question de savoir si elle a un avenir.

« La recherche scientifique montre qu’en 2010, il est quasi certain que le niveau de la mer aura augmenté d’un mètre, dit Karen Bernard, chargée de programme du PNUD et spécialiste de la prévention des catastrophes et de la transition. Dans une île sans relief comme Kiribati, la mer pénétrera loin à l’intérieur. »

« La situation est très grave, continue Mme Bernard. C’est pourquoi le gouvernement envisage de délocaliser la population. »

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