Installation de panneaux solaires dans un hôpital au Yémen. Le projet de protection sociale pour la résilience du PNUD fournit aux centres d'isolement COVID-19 avec des équipements essentiels tels que des panneaux solaires. Cela permet aux principaux établissements de santé de fonctionner même avec le manque chronique d'électricité dans le pays. Photo : PNUD Yémen

 

Les combustibles fossiles gardent une place prépondérante pour le secteur de l’énergie, qui contribue le plus largement aux émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Nous savons que les gens et les pays ont besoin de sources d’énergie fiables et sûres, à la fois pour permettre aux hôpitaux de tourner, d’éclairer des écoles, de cuisiner et de chauffer ou bien de climatiser son logement. Nous savons également que nous devons opérer une transition vers une énergie durable. Pourtant, au rythme des progrès actuels, nous ne parviendrons pas à atteindre nos objectifs climatiques, ni l’objectif de développement durable (ODD) nº 7 − l’accès de tous à une énergie fiable, abordable et durable.

Si beaucoup reste à faire pour y arriver, des solutions existent déjà, et on voit une dynamique grandissante se mettre en place pour faire des sources d’énergie propre une priorité politique et d’investissement. Voici les cinq raisons d’être optimiste :

1) L’énergie propre est un investissement judicieux 

Les combustibles fossiles étaient jusque-là moins coûteux que les énergies propres, mais cela est en train de changer. Chaque année, les énergies renouvelables deviennent de plus en plus abordables, et certaines options reviennent désormais moins cher que le recours aux combustibles fossiles. Depuis 2010, le prix de l’énergie solaire a diminué de 89 %. D’après le World Energy Outlook 2020 (en anglais) de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans la plupart des pays, il est maintenant moins onéreux d’utiliser l’énergie solaire que de construire de nouvelles centrales au charbon, et l’électricité d’origine solaire est devenue la moins chère de tous les temps. Malgré des revers et une année particulièrement difficile, le secteur des énergies renouvelables a fait preuve d’une certaine résilience.

Grâce à cette baisse des prix, conjuguée au progrès technologiques et à l’introduction de modèles économiques novateurs, nous sommes maintenant à un tournant. Les technologies d’efficacité énergétique peuvent également avoir des effets bénéfiques sur le climat. Des politiques adaptées dans ce domaine pourraient à elles seules permettre au monde de réaliser plus de 40 % de l’objectif nécessaire de réduction des émissions, même en l’absence de nouvelles technologies.  

Ce dont nous avons maintenant besoin, ce sont des investissements massifs, à la fois publics et privés. Pour accélérer une mobilisation en ce sens, le PNUD a mis au point un cadre pour atténuer les risques des investissements dans les énergies renouvelables (DREI) et aide les pays à mettre en place un environnement propice aux investissements à grande échelle dans les énergies propres.

 

2) Le mouvement en faveur de la neutralité carbone prend de l’ampleur

Tout au long de l’année 2020, des pays se sont engagés à reconstruire en mieux, plus vert et plus juste. Avec le soutien apporté par le PNUD dans le cadre de son initiative Promesse climatique, 115 pays se sont engagés à présenter des CDN (contributions déterminées au niveau national) plus exigeantes.

Des économies très émettrices − Chine, Japon, Corée du Sud, Royaume-Uni, Union européenne − se sont ainsi engagées à atteindre la neutralité climatique. Les annonces faites lors du sommet Ambition climat ou peu de temps avant, plus les annonces attendues début 2021, signifient que les pays qui représentent environ 65 % des émissions mondiales de CO2 et près de 70 % de l’économie mondiale vont s’engager sur l’objectif d’un bilan neutre de leurs émissions de gaz à effet de serre ou de la neutralité carbone. Le président élu américain Joe Biden a annoncé que les États-Unis demanderaient à réintégrer l’Accord de Paris dès le début de son mandat.

Ces engagements doivent maintenant se traduire par des mesures concrètes. Pourtant, à l’heure où cet article est rédigé, plus de la moitié des fonds publics alloués au secteur de l’énergie dans le cadre des plans de relance adoptés par les pays du G20 suite à la pandémie de COVID-19 sont consacrés aux combustibles fossiles. En 2019, ce secteur des combustibles fossiles a été subventionné à hauteur de 500 milliards de dollars. Des engagements ambitieux sont un signal fort et une première étape nécessaire pour atteindre la neutralité climatique. Il reste maintenant à les concrétiser.

3) Les énergies propres peuvent favoriser une relance verte respectueuse de l’Accord de Paris et qui ne laisse personne de côté

Les énergies propres sont une solution gagnant-gagnant pour relancer l’économie après la crise de la COVID-19. Elles peuvent aider à améliorer les services de santé pour les plus pauvres sur la planète. Pour fonctionner normalement, un centre de santé a absolument besoin d’un approvisionnement fiable en électricité. Notre programme « Solaire et santé » permet à 900 établissements de santé dans 13 pays d’être alimentés de manière fiable par une électricité propre et abordable. À mesure que les vaccins contre la COVID-19, dont certains doivent être conservés à -70°C, vont être déployés, il sera indispensable de pouvoir maintenir une chaîne du froid durable et fiable.

Les énergies propres sont aussi un moteur de la création d’emplois. La transition énergétique pourrait ainsi créer 18 millions de postes d’ici 2030, même si l’on tient compte des inévitables suppressions d’emplois dans le secteur des combustibles fossiles. Des investissements dans les énergies renouvelables pourraient permettre de créer presque trois fois plus d’emplois que des investissements dans les combustibles fossiles.

La crise de la COVID-19 a accéléré un mouvement en faveur de villes plus saines et plus écologiques. Alors que le monde s’urbanise rapidement, l’efficacité énergétique des bâtiments, des modes de chauffage et de climatisation durables, une planification urbaine intelligente et des modes de déplacement durables − véhicules électriques, voies piétonnes, pistes cyclables − sont autant d’éléments essentiels pour l’avenir des villes.

4) Chaque année, des dizaines de millions de personnes accèdent à des énergies propres

Entre 2010 et 2018, 411 millions de personnes ont eu accès à une électricité propre, et 200 millions de personnes ont pu bénéficier de technologies et de combustibles propres pour cuisiner. Cet énorme avancée vers la réalisation de l’ODD nº 7 change la vie de nombreux individus. La réalisation de presque tous les autres ODD nécessite une transition vers une énergie durable. Les systèmes basés sur des énergies renouvelables, tels que les mini-réseaux solaires, sont une solution fiable qui permet, pour un prix accessible, de fournir à des communautés l’électricité dont elles ont besoin pour alimenter des écoles et des centres de santé, et favoriser le développement de petites entreprises, une agriculture durable et la sécurité alimentaire. Au-delà de l’aspect écologique, les technologies et combustibles propres pour la cuisine peuvent en outre avoir comme effet de faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes.

Toutefois, la croissance démographique observée dans certaines parties du monde vient contrebalancer certains progrès réalisés. En Afrique subsaharienne, le nombre de personnes sans accès à l’électricité devrait passer d’environ 580 millions en 2018 à près de 680 millions en 2030. Afin d’accélérer les actions entreprises dans le domaine de l’énergie, une nouvelle coalition, lancée par la Fondation Rockefeller avec le PNUD en tant que membre fondateur, s’est engagée à mettre fin à la pauvreté énergétique en approvisionnant un milliard de personnes en énergie durable d’ici 2030.

5) 2021 sera l’année de l’action en faveur de l’énergie durable à l’échelle mondiale

En septembre 2021, pour la première fois en 40 ans, l’ONU accueillera un débat de haut niveau sur l’énergie. Organisé par ONU-Énergie, cet événement permettra aux pays, aux entreprises, à la société civile et aux institutions internationales d’intensifier leur action en faveur de l’énergie durable. Achim Steiner, l’Administrateur du PNUD et coprésident d’ONU-Énergie, a récemment appelé à un renforcement de la gouvernance mondiale de l’énergie en déclarant : « Nous savons que l’énergie propre peut à la fois offrir un accès universel à l’énergie et contribuer à la lutte contre la crise climatique. Nous savons qu’elle peut favoriser une relance verte et la transition vers un avenir durable. Il nous faut toutefois travailler davantage, plus vite et ensemble − nous devons intensifier notre action en unissant nos forces. »

L’abandon progressif des combustibles fossiles et la transition vers des économies vertes constituent un défi monumental. Cependant, les solutions existent. Il nous faut maintenant les financer, les mettre en œuvre à grande échelle et accélérer le rythme. Pour y parvenir, de nouvelles initiatives seront lancées début 2021, en plus des partenariats existants tels que la plateforme d’investissement pour le climat. Nous sommes prêts à relever ce défi. Rejoignez-nous pour faire de 2021 l’année de l’action en faveur de l’énergie durable à l’échelle mondiale.

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