Il y a cinq ans, une épidémie d’Ebola a ravagé l’Afrique de l’Ouest et causé la mort de 11 000 personnes. Photo: Lesley Wright/PNUDSierra Leone

Il y a cinq ans, une épidémie d’Ebola a ravagé l’Afrique de l’Ouest et causé la mort de 11 000 personnes. Lors de l’épidémie de 2014, aucun vaccin ou traitement efficace n’était à disposition et la réponse de la communauté internationale a souvent été critiquée pour son manque d’anticipation.

En 2018, Ebola a frappé une nouvelle fois la République démocratique du Congo (RDC) et a entraîné depuis la perte de 1 800 vies humaines. Mais la situation est différente cette fois : nous disposons d’un vaccin expérimental qui peut sauver des vies.

Pourquoi alors cette épidémie s’avère-t-elle aussi difficile à endiguer ? La réponse est complexe et tient aux nombreux défis que pose la prestation de soins de santé essentiels aux populations qui en ont le plus besoin et dans les délais impartis.

Dans les régions rurales de l’Est de la RDC, de nombreuses personnes vivent à des distances considérables de la clinique la plus proche et n’ont pas de contacts réguliers avec les agents de santé. D’autres populations sont déplacées par le conflit en cours, ce qui rend difficile l’identification de ceux qui ont besoin d’être vaccinés ou de recevoir un traitement.

La situation en RDC montre qu’il est tout aussi essentiel de mettre en place des systèmes de santé résilients que de développer de nouvelles technologies pour relever les défis auxquels font face les populations les plus vulnérables du monde. Des innovations telles que le vaccin contre Ebola ne seront efficaces que si nous parvenons à les rendre accessibles aux communautés qui en ont le plus besoin.

Lors de la septième édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 7), les dirigeants du Japon et de 53 pays africains se sont engagés à prendre des mesures pour encourager l’innovation et le développement des technologies en Afrique, notamment dans le domaine de la santé.

Le Japon a démontré que les investissements en faveur de la couverture sanitaire universelle (CSU) peuvent avoir de multiples retombées positives et que, pour faire de la CSU une réalité, les  gouvernements, le secteur privé et la société civile doivent toutes travailler en étroite collaboration.

Prenons l’exemple de la tuberculose (TB), qui est la principale cause infectieuse de décès dans le monde. Chaque année, près de 10 millions de personnes tombent malades et plus de 95 % d’entre elles vivent dans des pays en développement. Les outils de diagnostic disponibles manquent parfois de précision ou requièrent l’utilisation d’un matériel spécialisé, ce qui signifie que de nombreuses personnes atteintes de TB dans les pays à faibles revenus sont rarement bien diagnostiquées ou, lorsqu’elles le sont, ne reçoivent pas un traitement adapté.

Des partenariats public-privé tels que le Fonds pour les innovations technologiques en matière de santé mondiale (Fonds GHIT), financé par le gouvernement du Japon, la Fondation Bill et Melinda Gates, le Wellcome Trust et plusieurs entreprises biomédicales privées du Japon, contribuent à stimuler le processus de recherche et développement en proposant des avantages financiers pour inciter à l’investissement dans les technologies de la santé visant les maladies tropicales négligées, la TB et le paludisme.

Depuis 2013, le Fonds GHIT a soutenu le développement de technologies qui pourraient être révolutionnaires pour la TB, le paludisme et les maladies tropicales négligées. L’une d’elles, un outil de diagnostic développé en collaboration avec Fujifilm et la Fondation pour l’innovation en matière de nouveaux diagnostics (FIND), utilise la technologie pour aider à diagnostiquer la TB chez les patients séropositifs sans recourir à des équipements spécialisés.

Cependant, si ces innovations en matière de diagnostic sont susceptibles de réduire considérablement le poids de la maladie dans les régions pauvres et reculées, il est encore plus nécessaire d’investir dans des systèmes de santé résilients pour permettre à ces technologies révolutionnaires de réaliser leur potentiel.

Le Japon joue actuellement un rôle majeur dans ce domaine. L’ADP (Access and Delivery Partnership) – une collaboration entre le gouvernement du Japon, le Programme des Nations Unies pour le développement, l’Organisation mondiale de la Santé, le Programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales et PATH – aide les pays en développement à renforcer leurs systèmes de santé, notamment en relevant les défis qui se posent en matière de politique générale et de réglementation.

Garantir l’accès aux innovations essentielles en matière de santé qui peuvent bénéficier aux populations pauvres et vulnérables exige un investissement conséquent et de nouveaux partenariats. Cela implique de puiser dans les compétences variées que peuvent offrir toutes sortes d’acteurs tels que les gouvernements, la société civile, le système des Nations Unies et notamment l’OMS, les partenaires comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, mais aussi les agences bilatérales de développement, les bailleurs de fonds et le secteur privé.

Le 23 septembre, les gouvernements du monde entier auront la possibilité de renouveler leur engagement à garantir la santé pour tous lors de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la CSU.  

Dans ce monde interconnecté qui est le nôtre aujourd’hui, les épidémies n’ont pas de frontières. Nous devons tous travailler ensemble pour veiller à ce que toute personne, quel que soit l’endroit où elle vit, ait accès aux soins de santé de qualité dont elle a besoin non seulement pour survivre, mais aussi pour mener une vie saine – l’une des principales cibles exposées dans les 17 Objectifs de développement durable.

Si nous parvenons à garantir cet accès équitable aux soins de santé, nous aurons alors de réelles chances de neutraliser la prochaine épidémie mortelle avant qu’elle ne se déclare.

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