Une femme travaillant à la reconstruction en Dominique
Notre programme d'emploi d'urgence aide à jeter les bases d'un développement à long terme tout en offrant aux populations touchées par les ouragans la possibilité de gagner un revenu immédiat. Photo: Zaimis Olmos/PNUD

Le 18 septembre 2017, un ouragan de catégorie 5 frappait la Dominique et y faisait des dégâts considérables.

Cinq jours après l’ouragan, j’assistais au discours du Premier ministre Roosevelt Skerrit à l'Assemblée générale de l’ONU: « J’arrive directement de la ligne de front de la guerre contre le changement climatique ». « Nier le changement climatique, c'est nier ce que nous venons de vivre », a-t-il ajouté. Je me souviens m’être dit alors : ce discours devrait être montré dans chaque salle de classe, de conférence, et aux parlements du monde entier !

À ma grande surprise, le lendemain, mon chef me demandait si je pouvais me rendre en Dominique pour y diriger l'unité de gestion de crises (CMU) chargée de coordonner les efforts de secours et de relèvement sur le terrain. J'avais 24 heures pour donner ma réponse. Les mots du premier ministre Skerrit résonnaient dans ma tête : « C’est pour ces situations que l'ONU existe ! ». J’ai donc accepté.

La CMU a une approche innovante en termes de réponse aux crises, inspirée par notre nouvelle façon de travailler (New Way of Working, NWOW) qui incite les acteurs humanitaires et de développement à communiquer dès le début d'une opération de secours pour s'assurer que les besoins sur le long terme soient pris en compte le plus tôt possible. J'ai eu le privilège de rencontrer sur le terrain des collègues exceptionnels du système des Nations Unies, d'ONG et d’institutions régionales, des homologues gouvernementaux, qui exerçaient admirablement leurs fonctions malgré la difficulté de la situation, et des Dominicains déterminés à reconstruire leur vie.

Peu de temps après mon arrivée, le Secrétaire général de l'ONU António Guterres s’est rendu sur le terrain pour faire état de la solidarité et de l'engagement de l'ONU au plus haut niveau. Dans les jours et semaines qui ont suivi, grâce au généreux soutien de donateurs, l'ONU et ses partenaires ont pu distribuer de la nourriture, de l'eau, des bâches et du matériel de secours en Dominique. Nous avons mis en place des infrastructures pour la logistique et la communication, aidé les autorités à rouvrir des écoles et des hôpitaux, soutenu l'emploi d'urgence pour l'enlèvement des débris et fourni des conseils et un soutien financier aux personnes vulnérables.

Le NWOW nous a permis de créer des partenariats solides basés sur une division claire du travail au sein de la CMU. Tandis que mes collègues d'OCHA se concentraient sur la coordination d'urgence, faisant un travail phénoménal, l’ équipe du PNUD travaillait avec le gouvernement pour poser les bases d'un redressement sur le long terme.

À peine un mois après l'ouragan, malgré des difficultés logistiques, une mission d'évaluation des besoins d’après-désastre a été entreprise, en partenariat avec la Banque mondiale et l'Union européenne. Cette évaluation a servi de base à la stratégie pour le relèvement présentée à la Conférence de haut niveau PNUD-CARICOM pour les Caraïbes en novembre, qui a permis de recueillir plus de 2,5 milliards de dollars américains en promesses internationales.

L'innovation était un des éléments clé de notre réponse. Avec le ministère du Logement et Microsoft, nous avons entrepris une évaluation des dégâts pour plus de 29 000 infrastructures sur l'île, et obtenu des données indispensables à un plan de reconstruction.

Grâce à des subventions provenant de Chine et d'Inde, nous avons lancé des programmes de reconstruction, tandis que l'UE et le Royaume-Uni ont soutenu notre initiative d'enlèvement des débris, qui a fourni des emplois temporaires à des centaines de Dominicains. Nous avons apporté notre expertise au gouvernement quant à la planification du relèvement et à la création d'une agence nationale de reconstruction pour la résilience climatique s’inspirant des pratiques internationales les plus efficaces.

Ce ne sont pas, à proprement parler, des activités humanitaires, mais elles tiennent compte du besoin d’un redressement sur le long terme à la suite d'une crise. Le sentiment d'urgence des autorités nationales était palpable, et nous avons été en mesure d’y répondre rapidement parce que nous étions sur place dès le début.

Mais, pour faire face à la prochaine saison des ouragans et pour que les Dominicains puissent retrouver une vie normale, il reste beaucoup à faire.  

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