Un homme se tient devant les juges du tribunal pénal spécial en RCA
La Cour pénale spéciale a pour mandat de poursuivre les auteurs de crimes graves commis pendant le conflit en République centrafricaine. Photo: PNUD RCA


Quelque 2,4 millions de Centrafricains ont un besoin urgent d'assistance. Plus d'un demi-million sont des réfugiés et 601 000 sont déplacés, selon les chiffres d'OCHA. Plus de 500 violations graves des droits de l'homme ont été commises au plus fort du conflit et de l'instabilité politique qui règne dans le pays depui plus d'une décennie. L'ONU a régulièrement alerté la communauté internationale sur les premiers signes de génocide.

Cette année marque le début de la campagne célébrant le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Le préambule stipule que « la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.

Les Centrafricains continuent d'être privés de cette aspiration. Si la situation dans la capitale s'est considérablement améliorée depuis 2015, l'insécurité règne toujours dans de nombreuses zones rurales. Au fil des années, les combats qui avaient eu lieu autrefois entre groupes armés se sont transformés en affrontements communautaires, en particulier entre communautés pastorales et agricoles. En raison du manque de présence et d'autorité de l'État, la population se tourne vers des acteurs non étatiques tels que des groupes armés, des institutions religieuses et des organisations humanitaires et de maintien de la paix pour les protéger.

Aucun pays ou organisation ne peut s'attaquer seul à de tels défis. Coopération et partenariats solides sont essentiels - entre les personnes, les pays et les institutions - et la Cour pénale spéciale en est un excellent exemple.

Le PNUD, avec la MINUSCA, le HCDH et ONU Femmes, aide la République centrafricaine à rétablir l'état de droit au travers de programmes conjoints depuis 2014. La Cour pénale spéciale, créée en 2015 pour poursuivre les crimes graves commis depuis 2005, est maintenant opérationnelle.

Les pays partenaires ont joué un rôle essentiel et déployé un Procureur spécial et des juges internationaux pour appuyer le personnel judiciaire local dans la lutte contre l'impunité et pour rendre justice au peuple de la République centrafricaine.

Au-delà des violations graves des droits de l'homme dans le passé, l'impunité demeure une préoccupation actuelle pour les Centrafricains, y compris la violence contre les femmes, le vol et d'autres crimes. Beaucoup manquent aussi d'accès à l'enregistrement civil, aux services de base et à la propriété foncière.

La promesse d'une paix et d'un état de droit durables en République centrafricaine dépend de la capacité de l'État, avec le soutien de la communauté internationale, à fournir des services juridiques et sécuritaires concrets à la population. En cela, continuons à nous baser sur les principes de la Déclaration universelle des droits de l'homme, car nous sommes tous nés égaux en dignité et en droits.

A propos de l'auteur
Antje Kraft est spécialiste dans le domaine de l’État de Droit, de la Justice et des Droits de l’Homme au PNUD. Suivez-la sur Twitter: @antjekraft

Voir le site de la Cour pénale spéciale.

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