Main Messages of UNDP Poverty Report 2000 - French
.

VAINCRE LA PAUVRETÉ HUMAINE:
Rapport du PNUD sur la pauvreté 2000 Principaux messages du rapport

Les engagements pris en matière de réduction de la pauvreté

  • Il est nécessaire d'élaborer une nouvelle stratégie mondiale de lutte contre la pauvreté - disposant de ressources accrues, mieux axée et bénéficiant d'une plus grande détermination - sur la base des engagements pris lors du Sommet mondial pour le développement social de 1995.
  • Les pays donateurs réduisent l'aide et ne consacrent pas ce qu'il en reste à la lutte contre la pauvreté.
  • Le PNUD doit fournir une meilleure assistance, qui vise beaucoup plus à contribuer à l'amélioration du processus décisionnel et des institutions au niveau national.
  • Pour de nombreux pays, c'est pour améliorer la gouvernance qu'une assistance extérieure est nécessaire - mais pas pour assurer une nouvelle forme de conditionnalité.
  • Une grave déficience des plans actuels de lutte contre la pauvreté est le fait qu'ils ne comprennent pas de buts et objectifs réalisables dans des délais précis.
  • Moins d'un tiers des pays ont fixé des objectifs pour ce qui est d'éradiquer la pauvreté extrême ou de réduire substantiellement la pauvreté générale.
  • Les pays doivent également incorporer des objectifs explicites en matière de pauvreté humaine dans leurs plans.

Élaboration de plans nationaux de lutte contre la pauvreté

  • Les plans de lutte contre la pauvreté doivent être globaux et ne pas se limiter à quelques projets ciblant les pauvres.
  • Ils doivent bénéficier de ressources suffisantes et être coordonnés par un service ou une commission gouvernementale ayant une véritable influence.
  • Un fonds spécial pour la réduction de la pauvreté peut permettre d'améliorer la responsabilité financière, la coordination et la mobilisation des ressources.
  • Pour faire face à la pauvreté, problème multidimensionnel, il faudrait utiliser une approche multisectorielle qui mobilise les différents ministères et administrations.
  • Les plans de lutte contre la pauvreté devraient être maîtrisés et définis par les pays et non par les donateurs.
  • Les programmes de lutte contre la pauvreté sont souvent mal articulés car les donateurs extérieurs fournissent une grande partie du financement des divers projets, les fonds n'étant pas acheminés par le biais des mécanismes gouvernementaux habituels.

Établissement de liens entre la pauvreté et les politiques nationales

  • Il faut élaborer une nouvelle génération de programmes de lutte contre la pauvreté qui permettent aux pauvres de tirer plus d'avantages de la croissance, qui ciblent les inégalités et qui mettent l'accent sur le renforcement des moyens d'action des pauvres.
  • Les anciennes prescriptions visant à traiter le problème en complétant une croissance rapide par des dépenses sociales et des filets de sécurité sociale se sont révélées vaines.
  • Il faut réformer les programmes d'ajustement structurel classiques qui abordaient la question de la pauvreté après coup ou en tant que question sociale en suspens.
  • Les politiques visant à assurer une croissance favorable aux pauvres devraient faire partie intégrante de tout plan national de lutte contre la pauvreté.
  • Il faut faire face sans détour aux sources des inégalités telles que la répartition des terres.

Établissement de liens entre les politiques internationales des pays et la pauvreté

  • Les pays devraient lier leurs programmes de lutte contre la pauvreté non seulement à leurs politiques nationales mais aussi à leurs politiques économiques et financières internationales - ce qu'ils font rarement.
  • Le lien est clairement établi à présent entre la dette extérieure et la pauvreté - à travers l'Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés - mais les pays endettés continuent de douter que ces mesures aillent suffisamment loin et craignent d'être soumis à de nouvelles conditionnalités.
  • A la différence de la dette, les politiques commerciales ne sont pas liées à la pauvreté, comme l'a montré la réunion de l'OMC à Seattle.
  • Pour que l'expansion du commerce puisse être bénéfique aux pauvres, il faut rendre les règles du jeu internationales plus équitables, en commençant par mettre fin au protectionnisme des pays riches à l'encontre des pays en développement.
  • L'aide publique au développement - censée renforcer les moyens des pays en développement - a considérablement baissé et reste mal orientée.
  • De nombreux donateurs continuent de recourir à une approche fondée sur des projets empiriques, ce qui a pour effet de court-circuiter le gouvernement, de disperser les efforts et de porter atteinte à la durabilité.

La gouvernance: le chaînon manquant

  • Des institutions de gouvernance adaptées et responsables sont souvent le chaînon manquant entre les efforts de lutte contre la pauvreté et la réduction de la pauvreté.
  • Obliger les gouvernements à rendre des comptes est une condition indispensable de la bonne gouvernance.
  • Tenir périodiquement des élections - libres et régulières - est souhaitable mais de tels attributs de la démocratie ne sont pas des garanties contre la pauvreté.
  • La justification de l'emploi des fonds publics est cruciale pour les efforts de réduction de la pauvreté.
  • Rapprocher le pouvoir décisionnel des communautés pauvres en déléguant des pouvoirs et des ressources aux collectivités locales peut également contribuer à réduire la pauvreté.
  • Pour assurer l'obligation de rendre des comptes et la démocratie, les communautés pauvres doivent s'organiser en vue de défendre leurs intérêts.
  • Si l'on se débarrassait de la corruption alors que les pauvres s'organisent, de nombreux programmes nationaux de lutte contre la pauvreté obtiendraient de meilleurs résultats en dirigeant leurs ressources vers les gens qui en ont besoin.

La gouvernance locale en faveur des pauvres: les réformes négligées

  • Les campagnes de lutte contre la pauvreté ont souvent contourné les autorités locales ou s'en sont désintéressées, ce qui a entravé la capacité d'en faire bénéficier les pauvres.
  • Il faut renforcer les collectivités locales et faire en sorte qu'elles rendent des comptes à la fois au gouvernement sur la gestion des fonds qui leur ont été alloués et à leurs mandants sur l'usage qu'elles en font.
  • Bien que cette approche nécessite du temps, des ressources et le renforcement des capacités, les avantages durables pour les pauvres primeront sur les coûts immédiats.

Les pauvres s'organisent: le fondement de la réussite

  • Le fondement de la réduction de la pauvreté est le fait que les pauvres s'organisent au niveau communautaire.
  • C'est le meilleur antidote contre l'impuissance, cause centrale de la pauvreté.
  • Ce dont les pauvres ont le plus besoin, ce ne sont pas des ressources qui constituent des filets de sécurité mais des ressources qui leur servent à mettre en place leur propre capacité de s'organiser.
  • Une fois que la possibilité leur a été donnée, les communautés peuvent rapidement créer leurs propres organisations et se trouver elles-mêmes des dirigeants.
  • Les pauvres peuvent ainsi regrouper leurs associations communautaires en institutions de zone élargies visant à exercer une influence sur les collectivités locales et le secteur privé.
  • Les organisations de la société civile hors des communautés pauvres peuvent jouer un rôle utile en menant des activités de sensibilisation au nom des pauvres et en influençant le processus décisionnel national.
  • A long terme, il est déconseillé de recourir à ces organisations de la société civile pour fournir des biens et services aux communautés pauvres car cela relève plus de la responsabilité des pouvoirs publics.
  • L'objectif n'est pas pour les organisations de la société civile d'assumer les fonctions normalement dévolues à l'État mais plutôt de former une alliance entre l'État et la société civile pour lutter contre la pauvreté.

Concentrer les ressources sur les pauvres

  • Le ciblage efficace suit le renforcement des moyens d'action.
  • Si les pauvres manquent d'organisation ou de moyens d'action, on peut s'attendre à ce que les avantages que procurent les programmes de lutte contre la pauvreté aient du mal à les atteindre - ou, s'ils les atteignent, qu'ils n'aient pas des effets durables.
  • La plupart des programmes nationaux de lutte contre la pauvreté s'appuient sur le ciblage des avantages dont bénéficient les pauvres, mais ils continuent de considérer que des agents extérieurs sont à l'origine de ces avantages et que les pauvres sont des bénéficiaires passifs.
  • Le terme même de ciblage obscurcit sans doute la question et il serait préférable de parler d'une façon plus générale de concentrer les ressources sur la réduction de la pauvreté.
  • Si les interventions ciblées peuvent souvent être efficaces pour atteindre les pauvres, elles sont trop souvent considérées comme le noyau des programmes nationaux de lutte contre la pauvreté - et comme une solution de rechange à la réforme des politiques économiques nationales ou des institutions de la gouvernance.

Intégration des programmes de lutte contre la pauvreté

  • Un point faible général des programmes de lutte contre la pauvreté est leur manque d'intégration, qui est dû en grande partie au fait qu'ils sont organisés comme un ensemble d'interventions ciblées n'ayant aucun lien avec les politiques nationales.
  • Le manque d'intégration tient aussi à l'habitude de penser en termes sectoriels et d'organiser les services gouvernementaux en conséquence.
  • La pauvreté, problème intersectoriel, ne peut s'inscrire parfaitement dans le domaine de compétence d'un des ministères ou services gouvernementaux.
  • Le problème est particulièrement délicat lorsqu'il s'agit de questions telles que la problématique hommes-femmes et l'environnement.
  • Des initiatives visant à promouvoir une éducation et des soins de santé de base - en particulier pour combattre les grandes épidémies - doivent également être mieux intégrées aux programmes nationaux de lutte contre la pauvreté.

Suivre les progrès accomplis contre la pauvreté

  • Les pays ont besoin d'un système de suivi global mais gérable pour mesurer les progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté.
  • Des objectifs en matière de revenu et de pauvreté humaine devraient guider ce système.
  • Pour mettre en lumière les causes de la pauvreté ou produire des informations concernant les politiques, il faut compléter les grandes enquêtes sur les revenus et les dépenses par des études de suivi rapides portant sur la pauvreté humaine et par des évaluations participatives.
  • Une faiblesse générale des systèmes de suivi de la pauvreté est qu'ils ne sont pas conçus pour fournir aussi des évaluations des politiques et programmes de lutte contre la pauvreté. Ainsi, il n'y a guère de vérification systématique des approches qui donnent de bons résultats et de celles qui en donnent de mauvais.

This site is maintained by the United Nations Development Programme (UNDP).
Last updated April 3, 2000