Eclairage No. 32Le
secteur éducatif face à lépidémie du VIH en
Afrique subsaharienne
Il existe de nombreuses interactions entre lépidémie du VIH et le secteur éducatif et ce qui suit nest quune représentation schématique de certains des aspects les plus importants de cette relation. On sait relativement peu de choses sur ces questions qui souffrent dune absence criante de recherche systématique. Comme pour tout travail concernant lépidémie du VIH/SIDA, il est essentiel que les actions entreprises se réfèrent à certains critères. Notamment :
1. Ressources humaines et système éducatif1 Nous disposons de peu dinformations directes au sujet de limpact de lépidémie du VIH sur la main-duvre employée directement par le secteur éducatif dans les pays en voie de développement. Il est probable que le taux de contamination par le VIH est au moins aussi élevé voire plus élevé- parmi les employés du secteur éducatif que dans le reste de la population adulte. Il sensuit que dans les pays à haute prévalence (avec des taux de contamination par le VIH de 15-25% de la population adulte), la morbidité et la mortalité réduisent les capacités humaines et institutionnelles dans des proportions alarmantes. La situation est pire dans les zones urbaines où le taux de contamination par le VIH est bien plus élevé que dans les zones rurales un taux de VIH proche de 50% à Francistown (Botswana), et un tiers des femmes enceintes déjà atteintes par le virus, en 1995, à Harare (Zimbabwe). Le taux de contamination par le VIH est sensiblement le même pour les hommes que pour les femmes en Afrique subsaharienne, même sil est légèrement supérieur pour les femmes. Il existe cependant des différences significatives dans la répartition par âges, les filles et les femmes étant contaminées bien plus jeunes que les garçons et les hommes. Les risques affectant les ressources humaines ne sont pas limités aux enseignants mais concernent tous ceux qui ont un rôle touchant aux services éducatifs, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, y compris ceux qui ont des fonctions importantes au sein de ladministration publique, comme le ministère de léducation, tant au niveau central que local, et ceux qui ont en charge la formation des enseignants (dans les lycées, les universités, etc.). Léducation a un rôle fondamental dans la transformation des pays en voie de développement, même si la situation dans les pays les plus pauvres est telle quil subsiste un gouffre entre espoir et réalité. On estime que le secteur a une importance critique en termes de développement humain. En effet, lamélioration des qualifications et de léducation est considérée à la fois comme un but en soi, mais aussi comme un moyen permettant délever le niveau de vie de lensemble du pays. Léducation est, dans une certaine mesure, un exemple de " bien public " alliant intérêts sociaux et intérêts individuels. Cela est largement admis et reflété par la communauté internationale qui compte léducation de base (primaire), parmi les droits fondamentaux. Le droit à léducation est une chose et laccès à léducation en est une autre. Parmi les enfants en âge de rentrer à lécole primaire en Afrique subsaharienne, un sur deux ne la fréquente pas. Il y a une énorme variation des taux de fréquentation, tant bruts que nets, dans les écoles primaires africaines. Par ailleurs, il subsiste dimportantes inégalités daccès aux enseignements de base, en termes de sexe et de revenus et les écarts entre les taux de fréquention des hommes et des femmes restent obstinément élevés. Les différences liées au sexe sont particulièrement importantes aux niveaux secondaire et supérieur, où les proportions de filles par groupe dâge inscrit continuent dêtre insignifiantes. Il convient également de noter, pour chaque pays, des variations régionales et interrégionales significatives dans la prise des dispositions nécessaires pour assurer une éducation de base encore une fois en relation avec les différences de revenus et de sexe. De considérables investissements publics et privés destinés au secteur éducatif ont été réalisés pour atteindre ces objectifs de développement. Ces investissements servent en majorité à payer le personnel employé directement et indirectement par les services éducatifs. Mais ces investissements sont maintenant menacés par lépidémie du VIH qui, dans les pays à forte prévalence, et particulièrement en Afrique, érode les ressources humaines de base du système éducatif, dans des conditions qui ne sont ni mesurées, ni évaluées et sans que des dispositions ne soient prises pour y remédier. Limpact du VIH et du SIDA sur le secteur éducatif Il nexiste pas de données densemble sur limpact en Afrique subsaharienne de lépidémie sur les capacités humaines et institutionnelles dans le domaine de léducation. Mais nous disposons dinformations partielles qui confortent lidée que ces capacités sont entamées par lépidémie du VIH avec de potentielles conséquences dévastatrices. Les exemples qui suivent concernent la situation de trois pays dans lesquels lépidémie est répandue :
Evaluer la situation Un premier pas, préalable à létablissement des coûts pour le secteur, et plus généralement pour le développement, consiste à évaluer rapidement limpact de lépidémie du VIH sur la main-duvre et les institutions du secteur éducatif (telles que définies plus haut) dans un certain nombre de pays dAfrique subsaharienne à haute prévalence.
2. Services éducatifs - évaluation du fonctionnement et des besoins Il y a au moins trois aspects de la question du fonctionnement et des besoins éducatifs qui méritent dêtre examinés en détail :
Tout ce qui précède peut concrètement faire lobjet dune étude, même si certains éléments sont plus faciles à étudier que dautres. Il est ainsi possible, à laide danalyses quantitatives et qualitatives, dévaluer la capacité de changement du secteur éducatif au sens large, et de tenter une explication à partir des observations réalisées. Cette étude pourrait se limiter à des secteurs particuliers, ou être plus globale en couvrant la totalité du secteur éducatif. Il devrait être plus facile, pour le moment, de se concentrer sur ce qui se passe au niveau de lécole publique primaire et secondaire. Ce sont, en effet, les segments de réponse aux besoins les plus importants pour la plupart des enfants et des familles. Cette analyse pourrait, par la suite, être étendue à lenseignement supérieur, y compris à la formation des enseignants, et peut-être, à tous les niveaux du secteur privé. Comment les familles et les communautés réagissent-elles ? Lanalyse des effets de lépidémie du VIH sur lévolution de la demande en éducation, aussi bien en termes de quantité que de type déducation, pourrait savérer plus problématique. Ce domaine peut cependant faire lobjet dune étude. Ainsi, dans de nombreux pays, il apparaît de plus en plus comme une évidence que les familles affectées par le VIH et le SIDA réagissent à la pression exercée sur leurs revenus en réduisant leur demande en éducation. La forme la plus typique consiste à retirer les filles de lécole, mais on constate aussi, pour les garçons comme pour les filles, des décisions relatives à lâge dentrée à lécole et à la durée de scolarisation (en raison des différents types de travaux indispensables aux ménages et des contraintes qui pèsent sur leurs revenus). Les changements constatés sur léquilibre entre garçons et filles à lécole primaire auront des effets en cascade sur les niveaux ultérieurs déducation. Il est nécessaire de comprendre ces effets et dy apporter une réponse. Mais les conséquences sociales et économiques sont aussi importantes dans la perspective du développement humain durable, et de façon évidente, en termes de réduction des inégalités entre hommes et femmes. Comme indiqué plus haut, de nombreux enfants ont vécu lexpérience traumatisante de voir lun de leurs parents ou leurs deux parents, mourir du VIH et du SIDA. Les conséquences, pour ces enfants, sont claires et dune grande ampleur en termes de besoins en soutien psychologique, social et économique, pour eux et leur famille. Lun des effets directs du VIH et du SIDA sur les familles est laggravation de la pauvreté. Cela a des conséquences sur léducation des enfants par le biais deffets sur la nutrition, limpossibilité de sacquitter des frais de scolarité, le coût des uniformes, des transports, etc. Par ailleurs, il apparaît de plus en plus comme une évidence que le système familial étendu existant en Afrique est incapable de faire face à cette situation et que les enfants placés dans des familles adoptives ainsi que les familles qui les élèvent sont confrontés à des problèmes qui ont des conséquences sur lassiduité des enfants et sur leurs résultats lorsquils sont scolarisés et assidus. La situation dun nombre croissant denfants ayant perdu leurs deux parents à cause du VIH et du SIDA est encore plus préoccupante. Ils survivent dans des familles uniquement constituées denfants, sont souvent exclus socialement et souffrent dune profonde pauvreté. Parmi les questions urgentes qui réclament une meilleure compréhension et des réponses en termes de politiques et de programmes, on peut citer les suivantes :
Prévisions de limpact sur le système éducatif Lun des effets évidents de lépidémie, a trait à la croissance de la population et à sa répartition en âges. Il existe déjà des modèles et des projections de limpact de la mortalité liée au VIH sur les variables démographiques notamment, sur la mortalité des moins de cinq ans, sur celle des adultes et sur la fertilité- et ces projections ont été réalisées vraisemblablement à la demande des services éducatifs. A titre dexemple dévaluation prenant en compte le VIH et le SIDA, on peut citer : Révision des évaluations et projections de la population mondiale SIDA, mortalité et changement de la population (ONU, novembre 1998). Comme linfection par le VIH nest pas répandue de façon uniforme à lintérieur des pays mais est souvent concentrée localement et répartie différemment selon les catégories sociales il y aura dimportantes conséquences pour les groupes en demande déducation, non seulement en termes de taille et dâge, mais aussi en termes de répartition géographique et socio-économique.
La politique de développement dans léducation et les autres secteurs Les Ministères de lEducation ainsi que les autres organisations concernées, gouvernementales et privées, se doivent de revoir leurs politiques et programmes de développement pour léducation. De laide doit être apportée à la réévaluation du secteur de léducation à la lumière de lévidence croissante de limpact de lépidémie du VIH sur les capacités et les besoins. Ceci, dune part, pour être capable de répondre aux effets du VIH sur le secteur éducatif lui-même, et dautre part, afin que ce secteur puisse répondre avec une plus grande efficacité aux besoins de léconomie et de la société. Il sensuit que : Il est urgent de faire linventaire des politiques de léducation, afin de sassurer quelles sont en accord avec les capacités et les besoins éducatifs. Cest ainsi que des décisions sont nécessaires en ce qui concerne les questions relatives au remplacement des enseignants, là où apparaissent des questions essentielles au sujet des pertes en compétences et sur la façon de les remplacer (en réformant la formation des enseignants), mais aussi en ce qui concerne une multitude de questions relatives au financement de léducation (en particulier la question des frais de scolarité, quune population toujours plus appauvrie ne peut plus assumer).
3. La restructuration des institutions éducatives - les urgences de lépidémie De nombreux facteurs internes sont susceptibles de générer un élan vers le changement selon la façon dont ils interviennent dans le fonctionnement des institutions éducatives. Ils sont, en partie, endogènes telles la morbidité et la mortalité des effectifs qui entraîneront inévitablement un changement à ce qui est fait à lécole et à la manière dont cela est fait. Des ajustements vont, par exemple, savérer nécessaires pour prendre en considération les charges nouvelles supportées par les femmes, dont on attend partout quelles endossent ces responsabilités supplémentaires (telles que les soins apportés aux personnes atteintes par le VIH et le SIDA). Il en résulte que les institutions vont mettre en place des ajustements relatifs aux conditions de répartition des lieux de travail, en réponse, dune part, à lévolution de loffre sur le marché du travail, mais aussi, dans une certaine mesure, en réponse aux demandes qui leur sont adressées (par les parents et autres). Lun des changements importants attendus des institutions éducatives dans de nombreux pays, a été lintroduction de léducation sexuelle, sous quelque forme que ce soit, dans le cursus scolaire. Cest la reconnaissance du rôle que linformation peut jouer dans la prévention de la transmission du VIH, une fois admis que les écoles et les collèges peuvent avoir une influence sur le comportement sexuel des jeunes. Dans quelle mesure les institutions ont-elles été capables, en réalité, de modifier les comportements reste sujet à controverse et de nombreux témoignages indiquent que le fait de fournir des informations est insuffisant en soi, pour parvenir à un changement de comportement durable. Pour plus de détails sur quelques-uns de ces témoignages, voir Impact of HIV and Sexual Health Education on the Sexual Behaviour of Young People : A review update (UNAIDS, 1997). Les témoignages sur la contamination des jeunes par le VIH sont profondément préoccupants. Les chiffres montrent que, sur lensemble des nouvelles contaminations, la moitié environ concerne les jeunes de moins de 25 ans cest-à-dire, justement la clientèle du système éducatif. Encore plus préoccupant est le fait, quen Afrique subsaharienne, le taux de contamination par le VIH est considérablement plus élevé pour les filles et les jeunes femmes quil ne lest pour les garçons du même âge (dans un rapport de 5 ou 6 et même davantage dans certains pays). Nous disposons également dindices clairs et sans ambiguïté que lactivité sexuelle commence très jeune souvent aussi jeune que 10 ans, si bien que proposer des cours déducation sexuelle à des élèves plus âgés, cest tout simplement arriver trop tard pour un grand nombre dentre eux. Il faut aussi prendre en considération le fait quenviron la moitié de chaque groupe dâge est exclue de toute éducation primaire et ne pourra jamais être atteinte. De même, de nombreux garçons et filles naccèdent pas à léducation secondaire, et repousser linstruction sexuelle à ce niveau revient à en détourner complètement le sens. (cela est particulièrement préoccupant pour les filles, étant données les inégalités sexuelles relatives à linscription dans le secondaire). Quest-ce qui découle de ce qui précède ? Il est clair que les institutions éducatives ont un rôle important à jouer dans la prévention du VIH, les soins et le soutien moral. La question posée est : " Quel est exactement leur rôle et comment peut-on être certain que les activités entreprises par les écoles et les collèges constituent vraiment une différence en matière de prévention du VIH (et, de manière croissante, en matière de soins et de soutien) ?
Les conséquences de ce qui précède sont claires et visibles par tout un chacun. Si un comportement sexuel responsable est un élément essentiel pour freiner la propagation de lépidémie parmi les jeunes, alors cest tout le contexte de leurs vies qui doit être radicalement changé. Le système éducatif est un microcosme de la société dans son ensemble et reflète le noyau de ses valeurs y compris les structures hiérarchiques fondées sur le sexe et sur lâge. Il en découle que les changements touchant aux caractéristiques et aux valeurs structurelles à lécole et au collège - et qui sont indispensables pour constituer une réponse efficace à lépidémie du VIH - doivent être soutenus par des conditions semblables dans lensemble de la société. Cela est aussi vrai pour les conditions à lintérieur des familles, que pour les écoles et les collèges. En ce qui concerne les établissements scolaires, des changements dorganisation et de culture sont nécessaires afin de permettre aux jeunes de sinvestir activement dans leur éducation et ce, dans tous les domaines où ils peuvent apporter leur contribution (y compris ladministration des institutions). Ce qui est nécessaire, ce nest rien moins quun changement révolutionnaire dans le mode de fonctionnement des écoles et des collèges. Pour la plupart des pays, cela signifie des changements prioritaires dans la façon dadministrer léducation, tant au niveau central du ministère de léducation que pour les autorités locales, sans oublier ceux qui ont des fonctions similaires (comme dans les institutions religieuses). Cela signifie, par exemple, la révision de la politique dexpulsion des jeunes femmes enceintes (alors que les garçons nencourent aucune sanction). Mais tant que ces changements du " lieu " de la responsabilité nauront pas été accomplis, il y a peu de chances pour que le comportement sexuel des jeunes puisse changer. Cette absence de changement dans la réalité des vies des jeunes dans les écoles et les collèges comporte une conséquence inévitable : les taux de contamination par le VIH vont encore augmenter. La question est de savoir comment réaliser un pareil changement dans le fonctionnement des institutions éducatives il faut réadapter la culture éducative aux besoins des jeunes vivant dans un monde de VIH et de SIDA. Définir le problème comme étant celui de faire de léducation sexuelle une partie intégrante du programme scolaire constitue une erreur de taille. La question est plutôt de sassurer que les jeunes ont les moyens dagir de façon responsable " tout court ", et pas simplement dans la conduite de leur vie sexuelle. Cela veut dire aussi quil faut donner du sens à leurs vies pas seulement dans un contexte éducatif. Ce qui manque à un grand nombre de jeunes, tant à ceux qui sont scolarisés quaux autres, cest une structure de soutien économique et social qui sattaque à la pauvreté et fasse en sorte que les jeunes puissent avoir accès à lemploi et à des moyens dexistence durables. Il faut maintenant procéder à lévaluation des quelques cas dans lesquels des responsabilités ont été données aux jeunes dans des clubs sportifs, des associations contre le SIDA, etc., et identifier les conditions qui paraissent déterminer leur succès. Il faut faire linventaire et lévaluation des pays dans lesquels lincidence du VIH sur les jeunes a diminué, comme lOuganda et la Thaïlande. Il faut ensuite expérimenter dimportants changements des conditions institutionnelles dans les écoles et les collèges, afin dopérer un renversement de la localisation des responsabilités selon des modalités qui font vraiment la différence dans le contexte de lexpérience vécue des jeunes. Ces changements de valeurs et dorganisation dans la structure éducative doivent se faire dans un environnement économique et social favorable. Ensuite, et seulement ensuite, il sera possible de faire évoluer le comportement sexuel des jeunes hommes et femmes vers des pratiques permettant une réduction durable de la transmission du VIH.
Conclusions Un système éducatif en état de marche et efficace est considéré comme un élément central pour atteindre les buts dun développement humain durable. Dune part, parce quune population éduquée, qui incarne les compétences indispensables au développement, est un élément essentiel sil faut augmenter les niveaux de production, et dautre part, parce que lun des bénéfices du développement et peut-être le plus important- est précisément une société éduquée. Pour parvenir à ces objectifs, les pays ont, partout, investi dans léducation investissement en enseignants, en personnels administratifs et autres personnels de service, et en enfants. Même dans la région la plus pauvre du monde - lAfrique subsaharienne dimportants investissements en termes de capital humain ont été réalisés depuis plusieurs décennies. Cette réalité peut être mesurée de plusieurs façons ; quelque 20% du total des dépenses publiques concernent léducation. Cela représente presque 6% du PNB de la région dans son ensemble - année après année. Cest un énorme investissement institutionnel et humain cumulé sur plusieurs années. Ces investissements réalisés par les pays, par les citoyens souvent très pauvres de nombreux pays dAfrique, sont maintenant et de plus en plus menacés par lépidémie du VIH. Ce nest pas seulement la plus grande partie de linvestissement réalisé précédemment dans léducation en termes de degré dinstruction et de qualification professionnelle qui est en danger, mais aussi linvestissement en cours et celui à venir. Les pertes en ressources humaines atteignent des taux inquiétants dans de nombreux pays dAfrique et représentent des pertes en investissements que des pays pauvres peuvent difficilement se permettre de supporter. Il sensuit que, dans un monde où les ressources (financières et humaines) sont rares, et où lépidémie du VIH érode systématiquement les capacités de développement, des actions urgentes sont indispensables pour éviter lécroulement de secteurs socio-économiques entiers. Le secteur éducatif nest pas le moins menacé, puisquil doit faire face à des facteurs qui détruisent systématiquement tout ce qui peut être accompli. Pourtant, un secteur éducatif est indispensable, tant à la réalisation dun développement durable et à léradication de la pauvreté, que pour constituer une réponse efficace à lépidémie de VIH. Dans ce qui précède, nous avons identifié quelques-unes des actions les plus importantes et les plus urgentes que réclame la situation et il nous paraît inutile de les résumer. Dun autre côté, il nest pas inutile dinsister sur ce qui est nécessaire à la mise en place de politiques et de programmes daction efficaces. Il faut, pour cela, penser en termes de systèmes, analyser et proposer des réponses qui soient elles-mêmes systémiques. Comprendre que le secteur éducatif constitue un processus intégré pour garantir que les citoyens possèdent les aptitudes appropriées englobant les qualités humaines requises par le développement durable. Mais, à moins de protéger lensemble de la capacité sectorielle, il est difficile de voir de quelle manière les objectifs de développement pourraient être atteints. 1. Une précédente revue de ces questions a été faite : The Impact of HIV/AIDS on Education : A review of Literature and experience, par Sheldon Shaeffer, UNESCO, Institut International pour lEducation et le Planning (IIEP), Paris, décembre 1993 |