La
sexualité chez les adolescents, la problématique
homme-femme et l'épidémie du VIH
1. INTRODUCTION Un tiers environ de la population mondiale a entre 10 et 24 ans, et quatre jeunes sur cinq vivent dans des pays en développement, chiffre qui devrait atteindre 87 % en 2020 (Friedman, 1993 ; Ainsworth et Over, 1997). Dans beaucoup de pays, la majorité des jeunes ont des expériences sexuelles avant 20 ans, et les relations sexuelles avant le mariage sont communes chez les 15-19 ans. Des enquêtes récentes révèlent que 73 % des jeunes hommes et 28 % des jeunes femmes de ce groupe d'âge à Rio de Janeiro ont eu des relations sexuelles avant le mariage, contre 59 % et 12 % respectivement à Quito, et 31 % et 47 % respectivement au Ghana (Conseil de la population, 1996). Les infections sexuellement transmissibles notamment le VIH sont très fréquentes chez les 15-24 ans et plus de la moitié des infections au VIH dans le monde touchent des jeunes de moins de 25 ans (Organisation mondiale de la santé, 1995). Dans certains pays en développement, jusqu'à 60 % des nouvelles infections au VIH touchent les 15-24 ans. Pourtant, la vulnérabilité à ces infections notamment au VIH suit un schéma systématique qui fait que certains jeunes sont plus exposés que d'autres. Le sexe, la condition socio-économique, la sexualité et l'âge sont des facteurs importants. L'inégalité des relations homme-femme, par exemple, fait que certaines jeunes femmes sont plus susceptibles d'être forcées à avoir des relations sexuelles et qu'elles sont moins à même de décider quand, où et comment des relations sexuelles devraient avoir lieu (Rivers et Aggleton, 1998). Vu le nombre important de jeunes dans les pays en développement qui sont affectés par l'épidémie, des efforts doivent être faits pour s'assurer qu'ils se protègent. Il faut leur fournir un accès à l'information et aux ressources et favoriser un climat de compréhension à l'égard des jeunes et de leur hygiène sexuelle et comportement procréateur. Reconnaissant les grands risques que courent les jeunes, l'ONUSIDA et les organisations affiliées, y compris le PNUD, a déterminé que les jeunes constituent un groupe clé pour les activités de prévention du VIH. La journée mondiale du SIDA 1998 met l'accent sur le fait que les jeunes sont un groupe clé avec lequel travailler. Les conséquences du VIH/SIDA peuvent être profondes pour les jeunes. Le VIH a non seulement de terribles conséquences pour l'individu chez qui il provoque de graves maladies et parfois la mort, mais il peut aussi provoquer des réactions sociales négatives. Partout dans le monde, les porteurs du VIH/SIDA sont souvent victimes de la discrimination, sont stigmatisés et mis au ban de la société (Auer, 1996 ; Malcolm et divers collaborateurs., 1998). Les enfants et les jeunes dont l'épidémie fait des orphelins et qui peuvent eux-mêmes être infectés, se retrouvent parfois sans l'aide d'aucun adulte (Levine, Michaels et Back, 1996). Pour les femmes et les adolescentes, les conséquences du SIDA peuvent être particulièrement difficiles. Il semble bien que dans certains pays les femmes se voient imputer le VIH même quand elles ont été elles-mêmes infectées alors qu'elles étaient fidèles à leur mari ou à leur compagnon (Bharat et Aggleton, sous presse). Il semble aussi que les femmes sont moins à même de bénéficier des soins et de l'appui que l'on réserve aux hommes du foyer (Warwick et divers collaborateurs., 1998). En outre, quand l'homme chef de famille est mort, les jeunes femmes souffrent parfois de la perte de l'appui social, elles peuvent être mises au ban de la société, et ne jouissent pas d'une protection juridique leur permettant d'hériter de la terre et des biens. Certaines jeunes femmes ne sont parfois pas les bienvenues dans la famille étendue et sont parfois contraintes à devenir des travailleuses sexuelles (Levine, Michaels et Back, 1996). Une vulnérabilité systématique Les études d'épidémiologie dans les pays en développement indiquent que les jeunes ne sont pas également affectés par le VIH/SIDA. Les couches les plus défavorisées sur le plan social et économique sont les plus à risque (Elford, 1997). Les risques d'infection chez les jeunes des pays en développement sont accrus par les forces socioculturelles, politiques et économiques telles la pauvreté, la migration, la guerre et les désordres civils (Sweat et Denison, 1995). Les jeunes ont aussi parfois plus de risques d'être infectés de part leur position sociale, l'inégalité, les rôles sexuels rigides et stéréotypés, et un mauvais accès à l'éducation et aux services de santé. Les grands changements survenus ces dernières décennies ont affecté la santé sexuelle et génésique des jeunes dans les pays en développement. L'urbanisation rapide et l'exode rural font qu'un grand nombre de jeunes vivent dans des conditions précaires de pauvreté. Les familles traditionnelles étendues et multi-générationnelles ont été de plus en plus remplacées par les familles nucléaires, les familles monoparentales et parfois l'absence totale de parent (Fuglesang, 1997). Les pressions poussant les jeunes à être sexuellement actifs ne cessent de croître et les garçons sont incités à avoir eu de nombreuses partenaires. (Rivers et Aggleton, 1998). Il semble que l'âge auquel les jeunes deviennent sexuellement actifs ne cesse de baisser (Fee et Yousef, 1993). Dans de nombreux pays, les jeunes deviennent sexuellement actifs à un âge précoce. En Ouganda, près de 50 % des jeunes gens et près de 40 % des jeunes femmes rapportent avoir eu des relations sexuelles avant l'âge de 15 ans (Konde-Lule et divers collaborateurs., 1997). A Dar es Salam (Tanzanie) 60 % des garçons de 14 ans et 35 % des filles disent être sexuellement actifs (Fuglesang, 1997). Dans une récente étude faite dans des écoles au Brésil, 36 % des filles rapportent avoir eu des relations sexuelles avant l'âge de 13 ans (Weiss, Whelan et Gupta, 1996). Dans certaines parties du monde comme en Inde par exemple où l'on dispose de peu de preuve de l'activité sexuelle des jeunes et où l'initiation sexuelle est censée avoir lieu dans le contexte du mariage, des études récentes indiquent qu'environ 1 adolescent non marié sur 4 rapporte avoir eu une expérience sexuelle (Jejeebhoy, 1998). Les jeunes ont souvent moins accès à l'information, aux services et aux ressources que les personnes plus âgées (Friedman, 1993 ; Aggleton et Rivers, 1999). Les services de santé sont rarement axés sur la satisfaction de leurs besoins, et les travailleurs sanitaires n'ont que rarement une formation se rapportant aux questions sexuelles concernant les adolescents (Friedman, 1993 ; Zelaya et divers collaborateurs., 1997 ; OMS, 1998). Il n'est donc pas surprenant que les jeunes se préoccupent peu de leur santé. Par exemple, même quand ils peuvent reconnaître les signes et symptômes de maladies sexuellement transmissibles, des jeunes interviewés en Tanzanie ont dit qu'ils hésitaient à se rendre dans des hôpitaux publics mais qu'ils étaient plus à même de se soigner avec des médicaments achetés sans ordonnance (Fuglesang, 1997). De même, des jeunes ont rapporté qu'il est difficile d'avoir accès à la contraception et à des préservatifs (Zelaya et divers collaborateurs., 1997). Mais surtout, la législation et les mesures qui interdisent l'éducation sexuelle ou qui en limitent le contenu, empêchent de nombreux jeunes de protéger leur santé sexuelle et génésique. Dans les pays développés et en développement, un certain nombre d'obstacles empêchent les jeunes de bien protéger leur santé sexuelle et génésique. L'image de l'adolescence Une des raisons principales qui fait que les jeunes n'ont pas accès de manière adéquate à l'information, aux services de santé sexuelle et à des modes de protection comme les préservatifs, vient de l'image stéréotypée et souvent contradictoire que l'on a d'eux. Le sentiment général est que les jeunes ne vivant que pour le présent, sont prêts à prendre des risques en quête de plaisir. Ces opinions sont renforcées par l'usage abusif du terme ''adolescent'' (avec ses connotations d'agitation et de stress) par les psychologues aussi bien que par le public. Ce terme a non seulement tendance à rendre homogène et pathologique notre compréhension des jeunes et de leurs besoins, il nous pousse à considérer que les jeunes souffrent d'une série de manques (de connaissance, d'attitudes et d'aptitudes) qui doivent être corrigés par les interventions des adultes (Aggleton et Warwick, 1997). Selon Hoffman et Futterman (1996), les adultes ont des attitudes ambivalentes à l'égard des jeunes qu'ils considèrent à la fois comme ''de petits adultes et des enfants immatures, sans expérience et indignes de confiance'' (ibid, page 236). Beaucoup d'adultes ont du mal à reconnaître que les adolescents sont des êtres sexuels, de ce fait la sexualité adolescente est considérée comme une chose qui doit être contrôlée et limitée. Ces stéréotypes ont également déterminé une grande partie de la recherche et des pratiques liées au VIH. Warwick et Aggleton (1990) ont expliqué comment les jeunes étaient décrits dans les publications sur le SIDA. L'adolescent, écrit-on, est mal informé, il prend de gros risques, il subit la pression de ses pairs ; on lui trouve aussi le portrait de l'adolescent tragique mais innocent qui est infecté par inadvertance. Ces images et ces hypothèses influencent les politiques et les pratiques relatives aux jeunes et à leur santé sexuelle. Certains adultes pensent que les jeunes sont par nature en quête de nombreux partenaires et que l'éducation sexuelle ne ferait que les rendre plus actifs (Friedman, 1993). De ce fait, l'éducation sexuelle dans les écoles est inexistante ou ne fait que proposer des mesures de réduction des risques (en général l'abstinence). Pourtant, tout indique que de bons programmes d'éducation sexuelle qui incluent des messages sur les rapports sexuels sûrs ainsi que sur l'abstinence peuvent retarder le début de l'activité sexuelle, et réduire le nombre de partenaires, et augmenter l'usage des contraceptifs pour ceux qui sont déjà actifs sexuellement (Grunseit et divers collaborateurs., 1997 ; Grunseit, 1997). Alors que l'on a souvent décrit les jeunes comme étant tous hédonistes et irresponsables, ils constituent en fait un groupe remarquablement hétérogène. Leurs expériences varient selon leur culture, leur sexe, leur sexualité et leurs conditions socio-économiques. Bien que certains jeunes prennent des risques, la plupart sont au moins aussi responsables que leurs parents et certains même plus. En outre, il faut reconnaître que dans nombre de pays en développement, le début de la puberté est synonyme d'une plus grande responsabilité économique et familiale, plutôt qu'une recherche accrue du plaisir et des risques que cela entraîne (Aggleton et Rivers, 1998). Ceci dit, il existe un certain nombre de facteurs structuraux et individuels susceptibles d'accroître la vulnérabilité des jeunes au VIH et au SIDA. Alors que les programmes structurés d'éducation de la santé ont été influencés par des attitudes stéréotypées à l'égard de la sexualité des jeunes dans de nombreuses cultures, les parents et les familles ont tenté de refuser aux jeunes l'accès à l'information sur la sexualité et la reproduction. Dans des pays aussi différents que l'Inde et le Nicaragua, parents et enfants rapportent ne pas discuter de la sexualité entre eux (George et Jaswal, 1995 ; Zalaya et divers collaborateurs., 1997). Souvent, les parents et la famille pensent ainsi protéger les jeunes d'une information qui, pensent-ils, les pousserait à chercher une activité sexuelle. Mais tout indique que les jeunes qui parlent ouvertement des questions sexuelles à leurs parents, en particulier aux mères, sont moins à même d'être sexuellement actifs ou (dans le cas des filles) devenir enceintes avant le mariage (Gupta, Weiss et Mane, 1996).
2. Inégalité des chances et l'infection au VIH Alors que la culture, la religion et les facteurs socio-économiques des pays en développement en Asie, en Afrique et en Amérique centrale et du Sud varient, les jeunes de ces pays ont des expériences communes qui les rendent particulièrement vulnérables aux VIH. L'accès à l'éducation et à l'information est souvent limité, les niveaux d'alphabétisation plus bas et la pauvreté plus fréquente. Les jeunes vivant dans la pauvreté, ou menacés par la pauvreté, sont vulnérables à l'exploitation sexuelle et sont incités à échanger ou à vendre des faveurs sexuelles afin de survivre (Organisation mondiale de la santé, 1998). 100 millions de mineurs vivraient ou travailleraient dans les rues des zones urbaines de par le monde (Connolly et Franchet, 1993). Beaucoup ont plus de risques d'attraper des infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH. Plus de la moitié de 141 enfants des rues interviewés en Afrique du Sud ont déclaré avoir échangé des faveurs sexuelles contre de l'argent, des biens ou une protection, et plusieurs ont indiqué avoir été violés (Swart-Kruger et Richter, 1997). Les enfants des rues de Jakarta (Indonésie) rapportent qu'être contraints à avoir des relations sexuelles est un des plus gros problèmes qu'ils ont quand ils vivent dans la rue (Black et Farrington, 1997). Au Brésil, où il y aurait 7 millions de jeunes vivant dans la rue, 1,5 à 7,5 % de ceux qui ont été testés sont infectés au VIH (Filgueiras, 1993). En plus des risques associés à une activité sexuelle sans protection, au viol et aux relations sexuelles forcées, la toxicomanie dans les rues du Brésil et d'autres pays augmenterait la vulnérabilité des jeunes au VIH (Filgueiras, 1993). Il faut cependant reconnaître que les enfants et les jeunes qui vivent et travaillent dans les rues des zones urbaines ne considèrent pas que le VIH/SIDA les inquiètent outre mesure. Par contre, le besoin quotidien de se loger, de s'alimenter et de s'habiller prévaut (Swart-Kruger et Richter, 1997). Pour les jeunes qui luttent pour survivre, une maladie comme le SIDA, qui risque ou non de les tuer dans les années à venir, peut ne pas sembler importante (Finger, 1993). Les enfants et les jeunes défavorisés des pays en développement ne sont pas les seuls à être exposés à l'exploitation sexuelle. D'autres jeunes vivant dans des conditions économiques précaires rapportent avoir été contraints d'échanger des faveurs sexuelles pour des biens matériels. Deux tiers de 168 jeunes femmes interviewées au Malawi rapportent avoir échangé des faveurs sexuelles contre de l'argent ou des cadeaux (Helitzer-Allen, 1994), et 18 % de 274 étudiantes nigérianes rapportent en avoir fait autant pour des faveurs, de l'argent ou des cadeaux (Uwakwe et divers collaborateurs., 1994). Parfois, l'échange de faveurs sexuelles contre des biens et de l'argent est régularisé. En Tanzanie par exemple des jeunes filles rapportent qu'il n'est pas rare que des hommes plus âgés ou Mshefas (ceux qui donnent) soient leurs partenaires sexuels (Fuglesang, 1997). Au Kenya, des jeunes filles disent être courtisées par des hommes plus âgés en quête de faveurs sexuelles, et elles se trouvent parfois dans des situations dont elles ont du mal à sortir (Balmer et divers collaborateurs., 1997). Les rôles sexuels et la vulnérabilité Les rôles sexuels stéréotypés font que les jeunes femmes et dans une mesure moindre les jeunes gens sont plus exposés au VIH. Dans de nombreux pays en développement, les jeunes femmes ont peu de contrôle sur les relations sexuelles (Gupta, Weiss et Mane, 1996). Dans beaucoup de pays, on préfère que les jeunes femmes non mariées soient vierges (Weiss, Whelan et Gupta, 1996 ; Petchesky et Judd, 1998). Mais la pression sociale en faveur de la virginité accroît parfois les risques de maladies sexuellement transmissibles et de VIH. Parfois, les jeunes femmes s'adonnent à des pratiques sexuelles risquées, telles les rapports anaux, afin de protéger leur virginité (Gupta, Weiss et Mane, 1996). La valeur sociale de la virginité des filles non mariées font que parfois les parents et la collectivité préfèrent maintenir les jeunes femmes dans l'ignorance des questions sexuelles. Cette ignorance est souvent considérée comme un signe de pureté et d'innocence, le contraire étant les signes d'une fille facile (Gupta, Weiss et Mane, 1996). Des jeunes femmes de Thaïlande et du Guatemala rapportent qu'une connaissance des choses sexuelles compromettrait leur réputation (Weiss, Whelan et Gupta, 1996). Cette insistance sur l'innocence empêche les jeunes femmes de se renseigner sur la sexualité et les services relatifs à la santé sexuelle. Les jeunes femmes sexuellement actives ne sont pas encouragées à parler de sexualité avec leurs partenaires car les femmes sont encouragées à être ignorantes et inexpérimentées. De ce fait, elles ne peuvent pas indiquer à leurs partenaires qu'il faut se protéger. Au Kenya par exemple, une enquête a révélé que les jeunes femmes n'avaient pas l'impression de contrôler leur sexualité, mais plutôt que les rapports sexuels étaient une chose qui leur arrivait. Elles ne pouvaient pas les initier ou y participer activement (Balmer et divers collaborateurs., 1997). Outre l'insistance placée sur la chasteté, on apprend aux filles à être soumises aux hommes (Zelaya et divers collaborateurs., 1997). Les garçons insistent souvent pour que les filles aient des rapports sexuels comme preuve de leur amour et de leur obéissance. Soumises à ces pressions contradictoires, les filles ont peu d'influence sur les prises de décision ou l'utilisation de la contraception (Zelaya et divers collaborateurs., 1997). Dans une enquête menée dans sept pays, y compris au Nigeria, en Egypte, au Mexique et aux Philippines, Petchesky et Judd (1998) ont conclu que même quand les jeunes femmes sont conscientes du VIH/SIDA et des mesures de protection, elles ont rarement le pouvoir de s'assurer que des préservatifs sont utilisés. Alors que l'idéologie dominante relative à la féminité encourage l'ignorance, l'innocence et la virginité, les versions dominantes de la masculinité encouragent les jeunes hommes à avoir de nombreuses expériences sexuelles. Dans certaines cultures, les garçons sont encouragés par leurs pairs et leurs familles à rechercher des expériences sexuelles (Weiss, Whelan et Gupta, 1996). Au Nicaragua par exemple où la virginité des jeunes filles a une grande valeur, un grand nombre de partenaires sexuels est un signe de virilité chez les hommes (Zelaya et divers collaborateurs., 1997). Les adolescents subissent les pressions des hommes plus âgés (notamment les pères, les grands frères et les oncles). Il y a encore peu, il n'était pas rare qu'un père arrange l'initiation sexuelle de son fils avec une prostituée (Zelaya et divers collaborateurs., 1997). Ainsi, alors que pour les filles la révélation publique d'une activité sexuelle est déshonorante, les garçons se vantent de leurs expériences. Berglund et divers collaborateurs (1997) notent que les jeunes Nicaraguayens sont tellement poussés à être actifs sexuellement et avoir de nombreuses partenaires que si ce n'est pas le cas, ils sont ridiculisés par leurs pairs. On retrouve la même situation ailleurs dans le monde. En Afrique du Sud, avoir de nombreuses partenaires sexuelles est synonyme de popularité et d'importance pour les jeunes hommes (Abdool Karim et Morar, 1995). Des entretiens avec des lycéens au Zimbabwe indiquent que, alors que les garçons peuvent avoir (devraient avoir) beaucoup de petites amies, les filles devraient se limiter à un seul partenaire (Bassett et Mhloyi, 1991). Bien que tous les jeunes gens ne se conforment pas à la version dominante de la masculinité, ceux qui ne s'y plient pas sont souvent ridiculisés et subissent les pressions de leurs pairs. Une des tactiques employées consiste à impliquer que celui qui ne se conforme pas aux stéréotypes sexuels dominants doit être ''homosexuel''. Un tel comportement stigmatise les minorités sexuelles mais sert également à définir les limites de la masculinité hétérosexuelle en vertu de laquelle la norme est d'avoir de nombreuses partenaires sexuelles. Alors que le critère sexuel exige que les filles et les femmes soient mal informées sur la sexualité et la reproduction, les jeunes gens sont censés être plus avertis, signe de leur expérience sexuelle. Mais les recherches indiquent qu'ils sont souvent mal informés, comme l'ignorance sexuelle n'est pas spécialement acceptable chez les jeunes gens, ils hésitent à l'admettre (Weiss, Whelan et Gupta, 1996). Ainsi, alors que les jeunes femmes s'exposent à des risques car elles doivent sembler ignorantes et ne peuvent donc pas solliciter des renseignements, les jeunes gens s'exposent aussi car ils doivent sembler informés et ne veulent pas non plus solliciter des renseignements. L'épidémie du VIH/SIDA a renforcé certaines inégalités sexuelles et a accru les risques de VIH pour les jeunes femmes, car certains hommes plus âgés recherchent parfois des partenaires moins expérimentées et donc moins susceptibles d'être infectées (Petchesky et Judd, 1998). De ce fait, les jeunes filles risquent davantage d'être infectées par des hommes plus âgés qui ont une grande expérience sexuelle (Panos, 1996). Il faut savoir que de nombreuses jeunes femmes infectées au VIH n'ont eu qu'un seul partenaire, à savoir leur mari (PNUD, 1993). En outre, les familles affectées par le VIH/SIDA peuvent rechercher la sécurité économique en mariant leurs filles jeunes à des hommes plus âgés. Cela a non seulement des conséquences graves pour la santé sexuelle et génésique des jeunes filles en question, mais leur éducation peut s'en trouver écourtée et leur développement social limité. Sexualité et vulnérabilité Alors que toutes les cultures connaissent les rapports sexuels entre hommes, ces activités sont rarement décrites comme homosexuelles, et encore moins ''gay'' (McKenna, 1996). La plupart du temps on n'en parle pas, ou alors dans un vernaculaire inaccessible aux étrangers (Aggleton, Khan et Parker, 1998). Ceci dit, dans de nombreux pays un nombre considérable de jeunes gens ont leur première expérience sexuelle avec d'autres hommes, pour certains cela marque le début d'un long comportement bisexuel. Par exemple, 50 % des étudiants au Sri Lanka rapportent avoir eu leur première expérience sexuelle avec un autre homme (Silva et divers collaborateurs., 1997), et il existe des études sur les comportements bisexuels entre hommes dans des pays aussi divers que les Philippines (Tan, 1996), l'Inde (Khan, 1996), le Maroc (Bourshaba et divers collaborateurs., 1998), le Brésil (Parker, 1996), la République dominicaine (de Moya et Garcia, 1996) et le Pérou (Caceres, 1998). Alors qu'il serait erroné de considérer la bisexualité masculine comme un phénomène purement adolescent ou déclenché par le manque d'accès des hommes aux femmes, les restrictions que de nombreuses cultures placent sur les rapports sociaux entre les sexes faciliteraient en grande partie cette autre forme d'expression sexuelle. Pour quelques jeunes gens, les rapports sexuels avec d'autres hommes sont un moyen de survie dans des circonstances difficiles. Au Sri Lanka (Ratnapala, 1998), en Thaïlande (McCamish et Sittitrai, 1997), au Mexique (Liguori et Aggleton, 1998) et au Pérou (Caceres, 1998), des jeunes hommes se prostituent parfois pour se nourrir et nourrir leur famille. Bien que tous les prostitués ne soient pas ignorants des risques de maladies sexuelles et de VIH, et que certains soient mieux informés que d'autres jeunes gens de leur âge, les risques associés à la prostitution sont bien réels. Non seulement ce comportement est illégal et/ou stigmatisé dans de nombreuses sociétés, et la capacité de ces jeunes gens à réclamer à leurs clients plus âgés qu'ils prennent des protections, est limitée par les inégalités de condition et de pouvoir (Fordham, 1998). Quand il s'agit de rapports anaux, la non disponibilité de préservatifs et de lubrifiant peut aggraver les risques (Khan, 1998). On sait peu de choses sur le comportement homosexuel et bisexuel des jeunes femmes, bien qu'il soit certain que ce comportement ait lieu au cours de l'adolescence et pour certaines femmes durant toute leur vie. Le rôle de ce comportement par rapport aux risques liés au VIH doit faire l'objet d'enquêtes ultérieures. Mais il semble raisonnable de supposer que la qualité marginale de leurs comportements rend difficile pour les jeunes femmes homosexuelles des pays en développement l'accès à l'information et aux ressources pour protéger leur santé sexuelle. Age et vulnérabilité Les différences d'âge associées aux inégalités socio-économiques et sexuelles déterminent la vulnérabilité des jeunes aux maladies sexuelles dont le VIH. C'est le cas des jeunes femmes recherchées comme partenaires sexuelles par des hommes plus âgés pensant être ainsi moins à même d'être infectés. Mais l'âge et la génération ont tout autant d'influence sur la vulnérabilité des jeunes gens, ceux qui se prostituent comme ceux qui sont sexuellement actifs afin d'accéder au statut d'adulte et aux privilèges y relatifs. Les recherches en Tanzanie indiquent que des jeunes gens pour remédier aux inégalités entre les générations, ont des relations sexuelles, symbole de l'âge adulte et d'un meilleur statut social (Seel, 1996). Outre ces comportements à risques, il y en a d'autres fermement ancrés dans les cultures et les traditions locales, notamment la mutilation génitale féminine (MGF) et la circoncision, perpétrées sur les jeunes par des personnes plus âgées. Quand ces cérémonies sont faites dans le cadre d'initiations de groupe et qu'elles impliquent le partage de rasoirs, de couteaux ou autres instruments coupants, les risques de transmission de l'infection au VIH sont considérables (voir Petchesky et Judd, 1998). L'OMS et d'autres organisations ont condamné la MGF pour des raisons médicales et humanitaires et, en 1993, ont adopté une résolution à la 46ème Assemblée mondiale de la santé demandant aux Etats membres d'éliminer ces pratiques traditionnelles nocives (OMS, 1993). La circoncision, quand elle continue d'être pratiquée, devrait l'être de manière à empêcher les infections au VIH et autres et les jeunes gens concernés devraient avoir droit à la parole pour ce qui concerne leur corps.
3. L'EDUCATION SEXUELLE AU SEIN DE LA FAMILLE ET DE LA COLLECTIVITE Dans de nombreuses sociétés, la famille et la communauté immédiate avaient coutume d'informer les jeunes à propos de la sexualité. Dans certaines sociétés notamment en Afrique, cette information faisait partie intégrante de l'initiation à l'âge adulte. Ailleurs, cette information se faisait par le biais de la famille de manière moins structurée, tandis que dans certaines cultures, les discussions franches des questions sexuelles entre parents et enfants sont en fait rares. Il faut reconnaître les diversités relatives à l'information sexuelle et comment cela affecte les croyances et comportements sexuels des jeunes. Dans beaucoup de pays en développement, l'urbanisation et la migration récente et rapide ont dispersé les réseaux familiaux et communautaires. Cela a pu avoir un impact sur la socialisation et l'éducation sexuelle ainsi que sur le comportement sexuel et la sexualité des jeunes. Dans certaines parties de l'Afrique orientale et centrale, les rituels initiatiques préparaient les jeunes à leur rôle d'adulte, notamment les responsabilités relatives à la sexualité, au mariage et à l'éducation des enfants. Dans ce contexte, la sexualité est une ''source de relations, de parenté et d'affinité, et donc la base de la solidarité, de la réciprocité et de la coopération'' (Fuglesang, 1997 : 1248). La sexualité contribuant à la cohésion sociale, les communautés avaient élaboré des règles relatives à l'expression de la sexualité ainsi qu'aux mécanismes de contrôle du comportement sexuel (Fuglesang, 1997). Le potentiel négatif du comportement sexuel - jalousie, problèmes émotionnels et affection - et positif est largement reconnu. Les communautés ont donc élaboré des codes de conduite définissant les modalités du comportement sexuel. Afin de communiquer ces principes aux jeunes, des cérémonies d'initiation avaient lieu, souvent séparément pour les garçons et pour les filles. En Tanzanie par exemple, les rites d'initiation pour les filles (Unyago) étaient dirigés par un chef cérémonial ou Somo (Fuglesang, 1997). Le Somo n'était pas un parent, mais une femme plus âgée dont l'expérience en matière familiale était reconnue. Elle conseillait les jeunes femmes au moment où elles atteignaient la puberté et quand elles étaient mariées. Elle leur expliquait les menstruations et les codes de conduite y afférents ainsi que la grossesse et la contraception. L'éducation sexuelle faisait partie de la préparation à la vie adulte (Fuglesang, 1997). Au Kenya, les rituels de transition de l'enfance à l'âge adulte incluant une éducation sexuelle ont également été documentés (Balmer et divers collaborateurs., 1997). Récemment encore, le passage de l'enfance à l'âge adulte qui ne constituait pas une période d'adolescence comme aujourd'hui, était plus rapide. Mais avec l'urbanisation rapide, ces rituels ont perdu de leur importance et le passage à l'âge adulte a été compliqué par ''le développement de la phase d'adolescence... [ainsi que] par le déclin de l'autorité traditionnelle, telle la famille étendue'' (Balmer et divers collaborateurs., 1997 : 34). L'activité sexuelle note Balmer et divers collaborateurs., 1997, a lieu plutôt que par le passé, les jeunes ont plus de partenaires sexuels et pourtant n'ont pas accès à la contraception. On a relevé le même type de transition à la socialisation sexuelle au Zimbabwe où, à la suite de l'exode rural et de l'urbanisation, les membres de la famille étendue y compris les ''tetes'' ou tantes paternelles, ne sont plus là pour conseiller les jeunes femmes et les jeunes gens ne bénéficient plus de l'aide des anciens du village dont beaucoup ont un style de vie différent de celui du passé (Runganga et Aggleton, 1998). Au Zimbabwe, les modes traditionnels de communication sur la sexualité et le mariage ont perdu de leur importance en raison de facteurs socio-économiques. De récentes interviews avec 80 jeunes de 14 à 18 ans ont confirmé qu'aujourd'hui l'information sexuelle ne vient pas des membres de la famille mais des média, de l'école et des amis. Par contre, les informations données par les tantes et les oncles étaient décrites par les jeunes comme étant généralisées, partiales et autoritaires (Wilson et divers collaborateurs., 1994). Examinant les transformations de la société Shona au Zimbabwe, Runganga et Aggleton (1998) soulignent les processus de tutelle des adultes qui à l'époque pré-coloniale assuraient un certain degré de conformité aux normes sexuelles prescrites. Même si ces normes n'étaient pas observées par tous, un système de sanctions permettait de maintenir un certain comportement sexuel : par exemple, les hommes qui avaient des relations hors du mariage devaient payer des amendes. Le colonialisme a modifié les critères sexuels en encourageant la migration des hommes vers les villes sans qu'ils puissent emmener leurs femmes avec eux. Les familles étaient divisées pendant longtemps, les rapports sexuels hors mariage ont augmenté et la prostitution également. Aujourd'hui, les enfants dont les parents travaillent en ville sont élevés par des membres de la famille et reçoivent parfois des messages sexuels contradictoires. Certains enfants sont confiés à des frères et soeurs sans la supervision d'un adulte, et ont donc plus d'opportunité d'avoir une activité sexuelle. Le rôle de la structure traditionnelle de la famille vis-à-vis du comportement sexuel semble avoir été très affaibli par les mouvements de population. Le manque de continuité en matière d'éducation sexuelle au sein de la famille fait que les jeunes rapportent qu'ils comptent davantage sur leurs amis pour s'informer (Runganga et Aggleton, 1998). Il semble aussi qu'ailleurs en Afrique les pairs soient devenus une source importante de connaissance, de conseils et d'aide. Au Malawi par exemple, 60 % des filles disent avoir été informées de la menstruation par leurs amies et non par leurs grands-mères ou autres conseillères traditionnelles (Helitzer-Allen, 1997). On compte davantage sur les média que par le passé pour se renseigner sur les questions sexuelles. Partout dans le monde, il semble que les jeunes et les adultes ne parlent que rarement de sexualité. En Inde, les jeunes et surtout les jeunes filles sont mal informés sur la sexualité et la reproduction, y compris les modes de transmission du VIH et l'utilisation des préservatifs. Les parents et les membres de la famille hésitent à discuter des problèmes sexuels avec les jeunes. Les femmes interviewées rapportent avoir été peu informées des rapports sexuels et de la reproduction avant le mariage (Bang et divers collaborateurs., 1989). Dans les zones rurales et urbaines, les jeunes, en particulier les filles, ne sont pas informés car la sexualité et la reproduction sont considérées comme des sujets embarrassants (Jejeebhoy, 1998). Dans une enquête faite à Mumbai, une mère a déclaré que les adultes ne veulent pas effrayer les jeunes filles en leur parlant de sexualité (George et Jaswal, 1995). Par contre et comme beaucoup de leurs homologues ailleurs dans le monde, on encourage les jeunes gens à avoir une expérience sexuelle, mais les sources d'information sont rares et peu fiables. Le groupe constitue donc une source importante d'information ainsi que les média (Jejeebhoy, 1998). En Thaïlande, où beaucoup de jeunes émigrent vers les villes pour travailler dans des usines, le groupe est parfois le seul moyen de se renseigner sur la sexualité et il aurait un rôle essentiel pour déterminer les convictions et le comportement sexuel (Cash et divers collaborateurs., 1997). Des recherches au Brésil indiquent que les discussions sur la sexualité seraient découragées pour les filles car on croit que les informer revient à les encourager à avoir une activité sexuelle (Vasconcelos et divers collaborateurs., 1997). En générale, les mères tentent de retarder la découverte et l'exploration par les filles de la sexualité en les empêchant d'avoir accès à ce type d'information. En conséquence, les filles évitent de parler à leurs mères des questions sexuelles par crainte de révéler une curiosité qui pourrait provoquer des doutes quant à leur comportement (Vasconcelos et divers collaborateurs., 1997). Cette réticence des temps modernes à parler aux jeunes femmes de la sexualité est généralisée et a été rapportée dans de nombreux contextes. Pour beaucoup de jeunes femmes, les discussions sur la sexualité sont souvent limitées à des avertissements et à l'importance de préserver leur ''honneur''. Les recherches dans des pays aussi différents que le Nigeria, les Philippines, l'Egypte et le Mexique indiquent que par peur d'encourager l'activité sexuelle, les mères n'informent pas leurs filles de la sexualité et de la reproduction ''...leur communiquant au contraire un sens de danger, de crainte et de honte'' (Petchesky et Judd, 1998 : 305). Mais il semble que le VIH entraîne certains changements, surtout dans les grandes villes où le VIH/SIDA est très visible. A San Paulo (Brésil) où le SIDA est la cause principale des décès chez les femmes de 20 à 35 ans, le tabou qui interdit que l'on parle aux jeunes femmes de la sexualité et de la reproduction serait en voie de disparition. Dans cette ville, des mères ont dit qu'elles commençaient à exhorter leurs filles à être prudentes, plutôt qu'à être pures (Grilo Diniz, de Mello E Souza et Portella, 1998). Mais des recherches récentes menées chez des jeunes au Costa Rica, au Chili, Cameroun, Zimbabwe, Cambodge, Philippines et Papouasie Nouvelle Guinée indiquent que bien que les jeunes femmes attendent une éducation sexuelle de la part de la famille axée essentiellement sur la reproduction et la menstruation, les jeunes gens ne sont pas informés des changements physiologiques associés à la puberté ou à la sexualité, et aux responsabilités d'une vie adulte sexuellement active. L'information vient surtout des média, des amis et des frères et soeurs dont beaucoup ont eux-mêmes été privés de conseils d'adultes (Dowsett et Aggleton, 1997). Alors que dans certains pays, il y a eu des changements importants quant au rôle des adultes en matière de socialisation sexuelle des jeunes, il ne faut pas pour autant idéaliser le passé. Premièrement, les informations jadis fournies par les adultes et les autres membres de la collectivité ne seraient pas considérées aujourd'hui comme précises, ou utiles pour la promotion de la santé sexuelle et génésique. Deuxièmement, les jeunes n'étaient pas tous convaincus de l'éducation qu'ils recevaient. Des enfants étaient conçus hors mariage, il existait des maladies sexuellement transmissibles et des infections du système reproductif, et certaines pratiques initiatiques (par exemple les circoncisions de groupe) étaient risquées. Il ne faut pas non plus adopter une vision trop simplifiée des changements en matière de socialisation et de comportement sexuel résultant de l'exode rural. Il est probable que les pratiques sexuelles urbaines soient une adaptation des règles culturelles à un nouvel environnement, et l'abandon des coutumes traditionnelles. Comme l'a suggéré Caraël (1997), les citadins adaptent parfois les pratiques et croyances traditionnelles à leur nouvel environnement. Par exemple, la longue période d'abstinence sexuelle des femmes après un accouchement qui dans certaines zones rurales d'Afrique sont possibles du fait de la polygamie, peut dans certains milieux urbains donner lieu à des relations sexuelles de l'homme avec des femmes ''libres'' en dehors du mariage (ibid, 113). Cela dit, les communications entre adultes et jeunes quand elles continuent, sont trop rares, insuffisantes et faites par des adultes moins sûrs de leur rôle que par le passé (Weiss, Wheland et Gupta, 1996). Cela est aussi vrai pour les enseignants que pour les adultes de la famille. Dans beaucoup de pays, les enseignants disent être embarrassés par la sexualité et mal préparés à l'enseigner (par exemple Jejeebhoy, 1998). Ils ont besoin d'une formation et d'un appui pour entreprendre ce type de travail, et être à même de collaborer avec les parents et les chefs de la communauté. Les défis relatifs à la promotion sexuelle et génésique des jeunes restent donc importants d'un point de vue social et culturel.
4. LES TRAVAUX AYANT TRAIT AU VIH CONCERNANT LES JEUNES Tout indique qu'une communication ouverte sur la sexualité entre les membres de la famille et les jeunes est l'exception plutôt que la règle. Dans les cultures où existaient des systèmes traditionnels permettant aux jeunes d'apprendre leur rôle et leurs responsabilités, les changements sociaux et familiaux ont affecté ces voies de communication. En l'absence de communication franche sur la sexualité au sein de la famille ou de la communauté et comme les jeunes ont besoin d'une information qui leur permette de protéger leur santé sexuelle, un certain nombre de programme sanitaire ayant trait au VIH et incluant l'éducation sexuelle ont été mis en place dans les pays en développement. Les travaux de prévention du SIDA destinés aux jeunes ont changé au cours des ans. Au début de l'épidémie, des approches individualistes fondées sur des cadres de travail théorique tels que le Health Belief Model et la Social Learning Theory étaient assez fréquentes (Aggleton, 1996). Il s'agissait d'aider les jeunes à s'informer sur les méthodes de prévention du VIH/SIDA. On pensait alors que si les jeunes avaient les connaissances et les aptitudes requises, ils modifieraient leurs comportements afin de protéger leur santé sexuelle. Mais on a reproché à ces approches trop simplistes de ne pas prendre en considération les facteurs contextuels, environnementaux et structuraux influençant les choix des jeunes, leurs actes et leurs comportements. Cela inclut les problèmes économiques, les effets des migrations et des guerres, les rapports de force entre femmes et hommes, les inégalités entre jeunes et vieux, et les rapports entre les groupes ethniques dominants et les minorités. Dans certaines circonstances, les jeunes en situation difficile peuvent s'adonner à une ''sexualité de survie'' afin de pouvoir se loger, s'alimenter et bénéficier de la protection d'un adulte (Rotheram-Borus, Mahler et Rosario, 1995). Dans de telles circonstances, les jeunes sont mal placés pour prendre des décisions rationnelles basées sur de nouvelles informations ou pour pratiquer de nouvelles aptitudes, mais ils se trouvent souvent limités par les circonstances qui les entourent. Au milieu de l'épidémie, il y a eu un accroissement des programmes de prévention du VIH au niveau communautaire (Aggleton, 1996). Ces programmes convenaient que les décisions concernant le comportement, y compris sexuel, sont prises dans le contexte d'expériences sociales communes. Les programmes éducatifs ont tenté d'aborder les processus sociaux qui influencent les critères sexuels des jeunes. Plusieurs études indiquent que les pairs jouent un rôle important dans la formation de l'identité, des rôles et des attitudes sexuelles des jeunes (Svenson, Hanson et Johnson, 1995). Les programmes qui tentent de fonctionner au niveau communautaire reconnaissent en partie la structure sociale des rôles, des attitudes et du comportement sexuel. Mais récemment des chercheurs et praticiens travaillant avec les jeunes pour la prévention du VIH/SIDA ont manifesté un plus grand intérêt à l'introduction de changements structuraux et environnementaux. De nouvelles recherches indiquent que le comportement des jeunes est limité par les facteurs socio-économiques, législatifs et autres qu'ils ne contrôlent pas. En raison des inégalités sexuelles par exemple, beaucoup de jeunes femmes ne participent pas de manière égale aux prises de décisions sexuelles, et ne peuvent donc pas contrôler leur santé sexuelle. Il est généralement reconnu que les programmes de prévention du VIH doivent prendre en compte les préoccupations du public afin de permettre aux jeunes de protéger leur santé sexuelle tout en les persuadant de prendre des mesures qui les protègent du VIH (Tawil, O'Reilly et Vester, 1995). Dans des pays en développement, de nombreux programmes de prévention ont pour but de réduire les risques de VIH chez les jeunes. Certains ont été évalués officiellement pour déterminer s'ils ont influencé le comportement des jeunes, mais la plupart ne l'ont pas encore été. En général, il y a quatre types de programmes : (i) des programmes qui aident les adultes à améliorer leurs aptitudes et leur niveau de communication sur la sexualité avec les jeunes, (ii) travailler avec les jeunes dans les écoles, (iii) travailler avec les jeunes à l'extérieur des écoles, et (iv) travailler avec les jeunes plus à risque. Nous proposons ici quelques exemples de programmes correspondant à ces catégories, et examinons leurs points forts et faibles. Aider les adultes à améliorer leurs aptitudes Reconnaissant que les jeunes ont besoin de parler de sexualité avec les adultes et la rupture de certains mécanismes traditionnels, un certain nombre de programmes et projets s'attachent à améliorer la communication sexuelle entre adultes et jeunes. A Dar es Salam (Tanzanie) par exemple, les guérisseuses traditionnelles ont mis en place des clubs Unyago pour les filles vivant en ville. Les parents peuvent inscrire leurs filles dans un club où elles reçoivent une instruction correspondant à leur propre tradition. Bien que les clubs Unyago n'aient pas encore été évalués, Fuglesang (1997) affirme que l'éducation sexuelle contemporaine a beaucoup à apprendre des rites de passage traditionnels. Par exemple, alors que l'éducation sexuelle moderne est trop technique et médicale, et parfois sans rapport avec le contexte socioculturel, l'approche traditionnelle est parfois plus globale et plus communautaire. Il faut cependant noter que souvent l'éducation sexuelle traditionnelle ne tient pas compte des inégalités sexuelles et au contraire les exacerbe. Les recherches au Mexique indiquent que beaucoup de parents veulent parler aux jeunes de la sexualité, mais ils ne pensent pas être à même de le faire (Givaudan et divers collaborateurs., 1997). Après une formation à l'aide de vidéos et de discussions de groupe, les parents se sentaient mieux équipés pour parler avec leurs enfants. Mais il a été difficile de recruter des pères pour ce projet, et comme il est difficile de parler à quelqu'un du sexe opposé, il s'est donc avéré que les adolescents étaient évidemment désavantagés (Givaudan et divers collaborateurs., 1997). Au Kenya, où 70 à 80 % de la population est chrétienne, les messages à propos du VIH et du SIDA ont ciblé les pasteurs et les prêtres (Black, 1997). Une formation intensive a été offerte à 160 pasteurs, prêtres et autres membres du clergé. Un guide a été préparé pour améliorer la communication entre parents et enfants et 5 000 exemplaires ont été distribués par le biais des églises. Le clergé s'en est servi pour conseiller les parents sur la façon d'améliorer la communication avec leurs enfants. Preuve du succès de ce projet, l'église méthodiste a lancé un programme de prévention du VIH pour les jeunes à Nairobi avec un directeur à plein temps à la suite de la participation des dirigeants de l'église à un programme de sensibilisation (Black, 1997). Il faut cependant reconnaître que les enseignants comme beaucoup d'autres adultes ont du mal à discuter de la sexualité avec les jeunes (Jejeebhoy, 1998). Mais un bon environnement scolaire peut aider les enseignants à surmonter cet obstacle. Un programme de formation des enseignants en matière de prévention du VIH/SIDA au Zimbabwe a permis d'établir que les enseignants désiraient parler du VIH/SIDA mais que l'expérience leur avait prouvé que l'appui des professeurs principaux et du personnel des départements de pédagogie était essentiel au succès du programme (Woelk et divers collaborateurs., 1997). Travailler avec des jeunes dans les écoles Quand de nombreux jeunes vont à l'école, les programmes axés sur l'école peuvent être propices à une éducation liée au VIH. En Tanzanie, par exemple, un programme scolaire appelé Ngao (bouclier) a été mis au point pour réduire les risques du VIH ainsi que la discrimination envers les victimes du SIDA. Ce programme consistait en informations, affiches, chansons, poésies et représentations à l'intention des jeunes. Des tables rondes ont eu lieu avec les anciens et les parents. Six mois plus tard, les enfants ayant eu des contacts avec Ngao étaient bien plus au courant des problèmes du SIDA et avaient des attitudes plus positives envers les malades (Klepp et divers collaborateurs., 1994). Mais les forces politiques et religieuses peuvent parfois limiter les travaux qui ont lieu dans les écoles. En Tanzanie et en Afrique du Sud par exemple, on a interdit à ces programmes de parler aux jeunes des préservatifs (Klepp et divers collaborateurs., 1994 ; Matthews et divers collaborateurs., 1995). La législation et l'opinion publique font que souvent il est impossible d'enseigner aux jeunes la sexualité et la reproduction jusqu'à l'école secondaire. Cela prive les jeunes qui ne vont pas au-delà de l'école primaire. Par ailleurs, comme tout indique que les jeunes deviennent sexuellement actifs plus tôt que par le passé, l'éducation sexuelle est peut-être nécessaire avant l'école secondaire. En examinant un certain nombre de programmes d'éducation sexuelle pour les jeunes, Grunseit (1997) a noté que les programmes d'éducation sexuelle ont le plus d'impact s'ils ont lieu avant le début de l'activité sexuelle. Bien que les programmes axés sur les écoles soient utiles, il faut noter que dans beaucoup de pays en développement certains des jeunes les plus vulnérables ne vont pas à l'école. Ceci dit, ces programmes peuvent aider à atteindre les jeunes qui ne vont pas à l'école grâce aux messages communiqués à leurs camarades qui vont à l'école (Blake et divers collaborateurs., 1996). Travailler avec les jeunes en dehors de l'école Dans les pays en développement beaucoup de jeunes ne vont pas régulièrement à l'école et ceci est particulièrement vrai dans les communautés où sévissent la guerre, la famine et autres catastrophes dont le VIH et le SIDA. Dans beaucoup de parties du monde, notamment en Asie du Sud, les jeunes femmes passent beaucoup de temps à la maison et il est difficile de les atteindre (Weiss, Whelan, Gupta, 1996). A Mumbai ceux qui mettent au point un programme de prévention du VIH pour les filles ont constaté qu'il fallait d'abord rallier l'appui des parents et d'autres membres de la communauté (Bhende, 1993). Un programme de sensibilisation au VIH/SIDA visant les dirigeants locaux, les parents et les jeunes hommes a donc été lancé avant le programme ciblant les filles. Les responsables du programme ont aussi appris que les jeunes femmes et filles avaient de grosses tâches ménagères et étaient responsables de leurs jeunes frères et soeurs. Il était donc important de fournir des crèches pour s'assurer que les jeunes femmes pourraient assister au programme. Au lieu de les intéresser qu'au VIH et au SIDA, les responsables ont inclus toute une gamme de sujets sur la santé génésique et sexuelle, ainsi que des discussions sur la problématique homme-femme. Parmi les méthodes utilisées : histoires, jeux de rôle et jeux. L'âge moyen des filles étaient 14 ans. Le programme a été très populaire et la participation a augmenté à chaque session. Après sept sessions, les jeunes filles en ont demandé d'autres. Un suivi a permis de constater que 62 % des filles qui ont participé au programme rapporte ensuite en avoir discuté avec d'autres. Des initiatives visant à empêcher le VIH chez les jeunes ont porté sur la pression du groupe. Des programmes d'éducation tentent de cibler des jeunes afin d'influencer les normes, valeurs et comportements établis (Svenson, Hanson et Johnson, 1995). On apprend aux jeunes qui semblent être les plus influents dans le groupe à disséminer le message sur la prévention du VIH à leurs pairs. Ces éducateurs peuvent utiliser toute une série de méthodes, y compris des discussions informelles avec des individus ou des groupes, et l'utilisation de vidéos ou de spectacles. Ils peuvent aussi travailler dans des lieux différents y compris les écoles et les universités, les terrains de jeux, de sport, la rue et les lieux de travail (Williams, 1996). Certains programmes d'éducation visant les jeunes en dehors de l'école disent avoir favorisé la réduction des comportements à risque. Dans le district de Rakai en Ouganda, où on a rapporté des taux élevés d'infection au VIH parmi les jeunes, des chercheurs ont constaté que des jeunes sexuellement actifs participant à des programmes d'éducation étaient cinq fois plus à même d'utiliser des préservatifs que les autres. Le chiffre pour ceux qui ont reçu une formation d'éducateur était encore plus élevé - six fois plus (Kelly et divers collaborateurs., 1995). Un autre programme d'éducation portait sur les besoins des jeunes travailleurs migrants dans les usines en Thaïlande. Avant de participer à un programme d'éducation, les jeunes femmes ont dit qu'elles ne pensaient pas risquer une infection au VIH, qui leur semblait être associée au travail sexuel. Bien que beaucoup d'entre elles aient été sexuellement actives, elles ne pensaient pas que l'usage d'un préservatif était justifié avec leurs partenaires. Un programme d'éducation fut mis en place et les jeunes femmes furent informées sur le SIDA, encouragées à discuter la façon dont les images de masculinité et de féminité empêchent les relations sexuelles sans risque, et suivirent une formation pour inciter les hommes à mettre un préservatif. Les jeunes femmes formées à des rôles de responsabilité étaient beaucoup plus informées, et très conscientes des risques d'infection au VIH. Les jeunes femmes qui auparavant avaient craint qu'une trop grande connaissance des questions sexuelles compromette leur réputation, ont rapporté que le certificat d'achèvement du cours leur a permis de discuter du VIH plus ouvertement sans crainte de représailles (Cash et divers collaborateurs., 1997). Travailler avec des jeunes à risque Certains jeunes ont plus de risques d'être infectés au VIH. Ce sont les jeunes vivant dans une extrême pauvreté, ceux qui ne bénéficient pas de l'aide d'un adulte, et ceux qui sont rejetés et souffrent de discrimination. Les jeunes ainsi marginalisés sont plus susceptibles d'être violés et contraints à des relations sexuelles, qu'ils échangent contre de la nourriture et un logement, et ils n'ont pas accès à l'éducation, à l'information et aux services de santé. Les programmes de VIH/SIDA ont du mal à atteindre les jeunes vivant dans des situations très précaires car ils se préoccupent davantage de leur survie au quotidien. Des programmes novateurs ont tenté d'atteindre les jeunes particulièrement à risque. En raison des troubles et des guerres, certains jeunes des pays développés vivent dans des camps de réfugiés où le risque d'infection au VIH augmente. Les réfugiés rwandais sont particulièrement exposés en raison de la destruction des familles, de la détérioration des structures sociales, de la perte de revenus et de mauvais services de santé. Un programme a tenté d'atteindre les réfugiés adolescents vivant dans des camps en Tanzanie (Benjamin, 1996). Outre les ''journées de santé pour adolescents'', des épreuves sportives très populaires parmi les jeunes gens ont permis de diffuser les messages sur l'infection au VIH. Les filles dans les camps de réfugiés sont très exposées car elles sont contraintes d'échanger des faveurs sexuelles pour des biens matériels ou une protection. Le même programme met au point des activités de production de revenus afin de permettre aux jeunes filles de gagner de l'argent sans mettre leur santé en danger. Les enfants et les jeunes des rues sont particulièrement vulnérables à l'infection au VIH. Ces jeunes ont beaucoup d'autres problèmes pressants, y compris le besoin de se loger, de se nourrir, trouver de l'argent, une protection, de l'amour et de l'affection. Les jeunes des rues de Rio de Janeiro par exemple rapportent qu'ils seront les victimes de la faim et de la violence plutôt que du SIDA (Mann, Tarantola et Netter, 1992). En plus de cela, les jeunes des rues n'ont en général pas accès aux services de santé. Pour arriver à de bons résultats, les programmes liés au VIH doivent donc aborder les questions qui concernent les jeunes des rues et doivent les aider à satisfaire leurs besoins de base. Des programmes fournissant nourriture, services de santé, abris et éducation ont été mis en place pour les enfants des rues au Brésil (Vasconceles et divers collaborateurs., 1993). On s'attache à développer chez les jeunes une estime de soi et à accorder de l'importance à leurs besoins tels la santé sexuelle, avant le travail. Satisfaire les besoins immédiats, développer l'estime de soi devraient aider les enfants des rues à se protéger contre les risques d'infection au VIH (Vasconceles et divers collaborateurs., 1993). Les relations homosexuelles sont stigmatisées dans beaucoup de pays en développement et développés et les jeunes homosexuels peuvent être les victimes d'une marginalisation et de sanctions sociales. Quand l'homosexualité est ainsi stigmatisée, on ne dispose pas d'informations précises sur les risques d'infection au VIH. Bien que l'homosexualité masculine existe dans toutes les cultures, le déni officiel rend les homosexuels socialement invisibles. En conséquence, ils sont plus exposés aux risques d'infection au VIH et autres maladies sexuelles car leur sexualité doit se faire sous couvert. Peu de programme ont ciblé les homosexuels mâles dans les pays en développement et encore moins ont ciblé précisément les besoins des hommes plus jeunes (Parker, Khan et Aggleton, 1998).
5. LES CONSEQUENCES DU PROGRAMME La prévention du VIH chez les jeunes doit rester prioritaire dans les pays développés, car cela permettra d'avoir un impact sur l'avenir de l'épidémie. Ceux qui travaillent avec les jeunes voient quelles sont les meilleures méthodes à utiliser. Les programmes les plus efficaces portent sur les aspects positifs de la santé sexuelle ainsi que sur les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles ;
On sait de plus en plus quels types de travaux marchent moins bien. Les programmes qui ne reconnaissent pas la diversité des jeunes et qui ne donnent pas la possibilité de réfléchir et de parler de la sexualité sont rarement efficaces. Il est important pour les adultes d'abandonner leurs stéréotypes sur les jeunes, d'écouter les besoins des jeunes filles et des jeunes gens. En plus, les jeunes doivent vraiment participer au dialogue, aux prises de décisions (Hoffman et Futterman, 1996). Bien que l'importance de la participation des intéressés soient de plus en plus reconnue, les jeunes sont rarement inclus dans la conception et l'élaboration de programmes destinés à protéger leur santé sexuelle. Les futurs programmes doivent encourager une plus grande confiance et une plus grande communication entre les jeunes et les adultes. Sans communication, ou si les mobiles des adultes semblent suspects, les jeunes risquent de ne pas se protéger de l'infection au VIH. Des jeunes interviewés au Kenya ont laissé entendre que le SIDA était une campagne perpétrée par les personnes plus âgées pour empêcher les jeunes d'avoir des relations sexuelles (Balmer et divers collaborateurs., 1997). Il y a encore peu, une grande partie du travail fait avec les jeunes dans les pays en développement portait sur la prévention de la grossesse et des maladies sexuelles dont le VIH et le SIDA, plutôt que sur la promotion de la santé sexuelle. Les programmes ont rarement porté sur les aspects positifs de la sexualité humaine y compris le plaisir sexuel. Il faut donc passer de l'accent mis sur la grossesse et la maladie à des conceptions multidimensionnelles et axées sur les droits de la santé sexuelle (Dixon-Mueller, 1993). Les programmes qui ne donnent pas une vue réaliste de la sexualité ne vont pas être bien accueillis par les jeunes. Les variations des taux d'infection au VIH chez les jeunes ne s'expliquent pas par les différences de niveaux de connaissance et d'aptitude. Certains groupes de jeunes sont plus à risque en raison de leur position sociale. Des facteurs structuraux tels que les relations entre les sexes, la répartition des revenus et de la richesse et les rapports entre jeunes et vieux, font que certains sont plus vulnérables que d'autres (Piot et Aggleton, 1998). Dans beaucoup de pays en développement, le contexte social, économique et politique où vivent les jeunes limite leur capacité à se protéger. Les jeunes marginalisés n'ont pas toujours accès aux services de santé et aux ressources qui leur permettraient de se protéger. Il faut donc s'attacher à promouvoir l'inclusion sociale de ces jeunes. Les inégalités sexuelles ont de graves conséquences pour la santé sexuelle des adolescents. Dans beaucoup de régions du monde, les femmes et les filles dépendent économiquement des hommes, elles peuvent être exposées à la violence domestique et à des rapports sexuels forcés, et sont encouragées à rester ignorantes et passives. Tant que les femmes et les filles n'ont pas accès à l'information et à l'éducation, aux ressources économiques et aux services de santé, elles seront plus exposées aux risques d'infection au VIH. Jusqu'à présent, les programmes ont relativement ignoré les besoins des jeunes gens, ce qui a des conséquences pour la santé de ces derniers et celle de leurs partenaires sexuels. Il est improbable que les jeunes puissent protéger au maximum leur santé sexuelle et génésique sans des changements majeurs dans les relations entre les sexes et les autres inégalités qui facilitent la transmission du VIH. Les responsables des programmes de prévention du VIH et de la santé des adolescents doivent influencer les programmes politiques afin de favoriser pour l'avenir une plus grande équité.
6. LES PRINCIPES DE LA REUSSITE On peut identifier un certain nombre de principes à mettre en oeuvre pour les programmes de prévention du VIH chez les jeunes des pays en développement.
1. Le terme homosexuel est rarement utilisé. On lui préfère des descriptions dans la langue locale qui connotent parfois une passivité dans les relations sexuelles (avec d'autres hommes), ou qui suggèrent simplement que l'individu en question n'est pas entièrement hétérosexuel. REFERENCES Abdool Karim Q. and Morar, N. (1995). Determinants of a Woman's Ability to Adopt HIV Protective Behaviour in Natal/Kwazulu, South Africa: A Community Based Approach. Women and AIDS Program Research Report Series. Washington DC: International Center for Research on Women. Aggleton, P. (1996) Global Priorities for HIV/AIDS Intervention Research. International Journal of STD & AIDS, 7(Suppl. 2): 13-16. Aggleton, P. (1997). Success in HIV Prevention. Horsham, England: AVERT. Aggleton, P. and Rivers, K. (1998) 'Behavioural Interventions for Adolescents' in L.Gibney, R. DiClemente and S. Vermund (eds.) Preventing HIV Infection in Developing Countries, New York: Plenum Publications. Aggleton, P. & Warwick, I. (1997). 'Young People, Sexuality, HIV and AIDS Education'. In L.Sherr (ed.) AIDS and Adolescents. Amsterdam, Netherlands: Harwood Academic Publishers Ainsworth, M. and Over, M. (1994) AIDS and African Development. World Bank Research Observer, 9(2): 203-40. Auer, C. (1996). Women, Children and HIV/AIDS. In L.D. Long & E.M. Ankrah (eds.) Women's Experiences with HIV/AIDS: An International Perspective. New York: Columbia University Press. Balmer, D.H., Gikundi, E., Billengsley, M.C., Kihuho, F.G., Kimani, M., Wang'ondu, J., & Njoroge, H. (1997). Adolescent Knowledge, Values, and Coping Strategies: Implications for health in Sub-Saharan Africa. Journal of Adolescent Health, 21:33-38. Bang, R.A., Bang, A.T., Baitule, M., Choudhary, Y., Sarmukaddam, S., & Tale, O. (1989). High prevalence of gynaecological diseases in rural Indian women. Lancet, 1(8629): 8-88. Bassett, M., & Mhloyi, M. 1991. Women and AIDS in Zimbabwe: The making of an epidemic. International Journal of Health Services, 21(1): 143-56. Benjamin, J.A. (1996). Prevention for Refugees: the case of Rwandans in Tanzania. AIDS Captions, 3(2): 4-9. Berglund, S., Liljestrand, J., Marin, F. D. M., Salgado, N., & Zelaya, E. (1997). The background of adolescent pregnancies in Nicaragua: A qualitative approach. Social Science and Medicine, 44(1): 1-12. Bharat, S. and Aggleton, P. (1999) Facing the Challenge: Household responses to AIDS in India. AIDS Care, 11, 33-49. Bhende, A. (1993). Evolving a Model for AIDS Prevention Education Among low-Income Adolescent Girls in Urban India. Women and AIDS Research Program Report-in-Brief. Washington, DC: International Center for Research on Women. Black, B. (1997). HIV/AIDS and the Church: Kenyan Religious Leaders Become Partners in Prevention. AIDS Captions, 4(1):23-26. Black, B., & Farrington, A.P. (1997). Preventing HIV/AIDS by Promoting Life for Indonesian Street Children. AIDS Captions, 4(1):14-17. Blake, S.M., Middlestadt, S., Lohrmann, D., Lathen, L., Rosdosh. A., Simkin., L., Jimerson, A., McDonald, G., & Smith, B. (1995). School-based Programs to Prevent HIV/AIDS: An Overview of Strategies Used and Lesson Learned. Paper presented at the XIth International Conference on AIDS, Vancouver. Boushaba, A., Tawil, O., Imane, L and Himmich, H. (1998) Marginalisation and Vulnerability: Male Sex Work in Morocco. In P. Aggleton (ed.) Men Who Sell Sex: International Perspectives on Male Prostitution and HIV/AIDS. London: UCL Press. Cáceres, C. and Jiménez, O. (1998) Fletes in Parque Kennedy: Sexual Cultures Among Young Men Who Sell Sex to Other Men in Lima. In P. Aggleton (ed.) Men Who Sell Sex: International Perspectives on Male Prostitution and HIV/AIDS. London: UCL Press. Caraël, M. (1997) Urban-Rural Differentials in HIV/STDs and Sexual Behaviour. In G. Herdt (ed.) Sexual Cultures and Migration in the Era of AIDS. Oxford, Oxford University Press. Cash, K., Sanguansermsri, J., Bussayawong, W., & Chuamanochan, P. (1997) AIDS Prevention Through Peer Education for Northern Thai Single Migratory Factory Workers, Women and AIDS Research Program Report-in-Brief. Washington, DC: International Center for Research on Women. Connolly, M., & Franchet, C.N. (1993). Manila Street Children Face Many Sexual Risks. Network, 14(2): 4-5. Dixon-Mueller, R. (1993). The Sexuality Connection in Reproductive Health. Studies in Family Planning, 24(5), 269-282. Dowsett, G., & Aggleton, P. (1997). Multi-site Studies of the Contextual Factors Affecting Risk-related Sexual Behaviour Among Young People in Developing Countries, Geneva: UNAIDS. Elford, J. (1997). 'HIV and AIDS in Adolescence: Epidemiology' in L.Sherr (ed.) AIDS and Adolescence, Amsterdam: Harwood Academic Publishers. Fee, N., & Yousef, M. (1993). Young People, AIDS and STD Prevention: Peer Approaches in Developing Countries. Unpublished paper prepared for the World Health Organisation Global Programme in AIDS, Geneva, Switzerland. Feldman, D.A., O'Hara, P., Baboo, K.S., Chitalu, N.W., & Lu, Y. (1997). HIV Prevention Among Zambian Adolescents: Developing a Value Utilization/Norm Change Model. Social Science and Medicine, 44(4): 455-468. Filgueiras, A. 1993. Defending Children's Rights: An AIDS Prevention Strategy. AIDS Captions, 1(1): 10-13. Finger, W.R. (1993). Seeking Better ways to Teach Youth About AIDS. Network, 14(2): 4-5. Friedman, H.L. (1993). Overcoming Obstacles to Good Adolescent Health. Network, 14(2): 4-5. Fuglesang, M. (1997). Lessons for Life - Past and Present Modes of Sexuality Education in Tanzanian Society. Social Science and Medicine, 44(8): 1245-1254. George, A. and Jaswal, S. (1995) 'Understanding Sexuality: Ethnographic Study of Poor Women in Bombay'. Women and AIDS Program Research Report Series. Washington DC: International Center for Research on Women. Givaudan, M., Pick, S., & Proctor, L. (1997). Strengthening Parent/Child Communication: An AIDS Prevention Strategy for Adolescents in Mexico City. Women and AIDS Program Research Report Series. Washington DC: International Center for Research on Women. Grilo Diniz, S., de Mello E Souza, C., & Portella, P. (1998). 'Not Like Our Mothers'. In R. P. Petchesky & K. Judd (eds.) Negotiating Reproductive Rights: Women's Perspectives Across Countries and Cultures. New York: Zed Books Ltd. Grunseit, A. (1997). Impact of HIV and Sexual Health Education on the Sexual Behavior of Young People: A Review Update. Geneva, Switzerland: UNAIDS. Grunseit, A., Kippax, S., Aggleton, P., Baldo, M., & Slutkin, G. (1997). Sexuality Education and Young People's Sexual Behaviour: a Review of Studies. Journal of Adolescent Research, 12(4): 421-453. Gupta, G.R., Weiss, E., & Mane, P. (1996). 'Talking About sex: a Prerequisite for AIDS Prevention'. In L.D. Long & E.M. Ankrah (eds.). Women's Experiences: an International Perspective. Columbia University Press: New York. Helitzer-Allen, D. (1994). An Investigation of Community-Based Communication Networks of Adolescent Girls in Rural Malawi for HIV/STD Prevention Messages. Women and AIDS Program Research Report Series. Washington DC: International Center for Research on Women. Hoffman, N.D. & Futterman, M.D. (1996). 'Youth and HIV/AIDS' in J.Mann & D. Tarantola (eds.) AIDS in the World II: Global Dimensions, Social Roots and Responses. New York: Oxford University Press. Jejeebhoy, S.J. (1998). Adolescent Sexual and Reproduction Behavior: a Review of Evidence from India. Social Science and Medicine, 46(10): 1275-1290. Khan, S. (1998) Through a Window Darkly: Men who sell sex to men in India and Bangladesh. In P. Aggleton (ed.) Men Who Sell Sex: International Perspectives on Male Prostitution and HIV/AIDS. London: UCL Press. Kelly, R., Coghlan, A., Dombo, E., & Ssembatya, J. (1995). Youth Peer Education: An HIV Intervention Strategy in Rakai District. Paper presented at the third USAID HIV/AIDS Prevention Conference, Washington DC. Klepp, K.I., Ndeki, S.N., Seha, A.M., Hannan, P., Lyimo, B.A., Msuya, M.H., Irema, M.N., & Schreiner, A. (1994). AIDS education among primary school children in Tanzania: an evaluation study. AIDS, 8: 1157-1162. Konde-Lule, J.K., Wawer, M.J., Sewankambo, N.K., Serwadda, D., Kelly, R., Li, C., Gray, R.H., & Kigongo, D. (1997) Adolescents, Sexual Behaviour and HIV-1 in Rural Rakai distinct, Uganda. AIDS, 11, 791-799. Levine, C., Michaels, D., Back, S.D. (1996). Orphans of the HIV/AIDS pandemic. In J. Mann & D Tarantola. (eds.) AIDS in the World II. Oxford University Press. New York. Ligouri, A-L. and Aggleton, P. (1998) Aspects of Male Sex Work in Mexico City. In P. Aggleton (ed.) Men Who Sell Sex: International Perspectives on Male Prostitution and HIV/AIDS. London: UCL Press. Malcolm, A., et divers collaborateurs. (1998) HIV-Related Stigmatization and Discrimination: Its forms and contexts, Critical Public Health, 8, 4, 347-370. Mann, J., Tarantola, D.J.M., & Netter, T.W. (eds.) (1992). AIDS in the World. Cambridge, MA: Harvard University Press. Matthews, C., Everett, K., Binedell, J., & Steinberg, M. (1995). Learning to Listen: Formative Research in the Development of AIDS Education for Secondary School Students. Social Science and Medicine, 41(12): 1715-1724. McCamish, M. and Sittitrai, W. (1997) The Context of Safety: Life Stories of Male Sex Workers in Pattaya, Thai Red Cross Society, Bangkok: Program on AIDS, Research Report No. 19. McKenna, N. (1996). On the Margins: Men who have Sex with Men and HIV in the Developing World. London: Panos Institute. Ministry of Education and Culture Zimbabwe. 1993. A Report on Focus Group Discussions with out of School Youth on Perceptions and Strategies for Communicating about AIDS. Harare, Zimbabwe: UNICEF. Panos. (1996). AIDS and Young People. AIDS Briefing 4. London: Author. Parker, R. (1996) Bisexuality and HIV/AIDS in Brazil. In P. Aggleton (ed.) Bisexualities and AIDS: International Perspectives. London: Taylor and Francis. Parker, R., Khan, S. and Aggleton, P. (1998) Conspicuous By Their Absence? Men Who Have Sex With Men (MSM) in Developing Countries - Implications for HIV Prevention, Critical Public Health, 8, 4, 329-346. Pattullo, A.L.S., Malonza, M., Kimani, G.G., Muthee, A., Otieno, P.A.O., Odhiambo, K., Moses, S., & Plummer, F.A. (1994). Survey of Knowledge, Behaviour and Attitudes Relating to HIV Infection and AIDS Among Kenyan Secondary School Students. AIDS Care, 6: 173-181. Petchesky, R.P., & Judd, K. (eds.) (1998). Negotiating Reproductive Rights: Women's Perspectives Across Countries and Cultures. New York: Zed Books Ltd. Piot, P. & Aggleton, P. (1998). The Global Epidemic, AIDS Care, 10, Supple 12, S200-S208. Population Council (1996), Take Back Young Lives. New York: Author Ratnapala, N. (1998) Male Sex Work in Sri Lanka. In P. Aggleton (ed.) Men Who Sell Sex: International Perspectives on Male Prostitution and HIV/AIDS. London: UCL Press. Rotheram-Borus, M.J., Mahler, K.A., & Rosario, M. 1995. AIDS prevention with adolescents. AIDS Education and Prevention, 7(3): 320-336. Runganga, A.O., & Aggleton, P. (1998). Migration, the family and the transformation of a sexual culture. Sexualities, 1(1): 63-81. Seel, P. (1996) 'AIDS as a Paradox of Manhood and Development in Kilimanjaro, Tanzania', Social Science and Medicine, 43, 8, 1169-1178. Silva, K.T., Schensul, S.L., Schensul, J.J., Nastasi, B., Amarasiri de Silva, M.W., Sivayoganathan, C., Ratnayake, P., Wedsinghe, P., Lewis, J., Eisenberg, M., & Aponso, H. (1997). Youth and Sexual Risk in Sri Lanka. Women and AIDS Research Program. Washington DC: International Center for Research on Women. Storer, G. (1998) Bar Talk: Thai Male Sex Workers And Their Customers. In P. Aggleton (ed.) Men Who Sell Sex: International Perspectives on Male Prostitution and HIV/AIDS. London: UCL Press. Svenson, G.R., Hanson, B.S., & Johnsson, K. (1995). Including Social-Peer Influences in HIV Prevention: Results of a Model Utilised at Lund, Sweden. In D. Fredrich & W. Heckmann (eds.) AIDS in Europe - The Behavioural Aspect, Berlin: Sigma. Svenson, G.R., & Hanson, B.S. (1996). Are Peer and Social Influences Important Components to Include in HIV-STD Prevention Models? European Journal of Public Health, 6: 203-211. Swart-Kruger, J. & Richer, L.M. (1997). AIDS-related knowledge, attitudes and behaviour among South African street youth: reflections on power, sexuality and the autonomous self. Social Science and Medicine, 45(6): 957-966. Sweat, M.D. and Denison, J. (1995). HIV Incidence in Developing Countries with Structural and Environmental Interventions, AIDS, 9 (Suppl A): S251-57. Tan, M. (1996) Silahis: Looking for the Missing Filipino Bisexual Male. In P. Aggleton (ed.) Bisexualities and AIDS: International Perspectives, London: Taylor and Francis. Tawil, O., Vester, A., & OReilly, K.R. 1995. Enabling Approaches for HIV/AIDS Prevention: can we Modify the Environment and Minimize the Risk? AIDS , 9: 1299-1306. United Nations. (1994). The Age and Sex Distribution of the World's Population: the 1994 Edition. New York: Author. UNDP. (1993). Silence, Susceptibility and the HIV Epidemic. New York: UNDP HIV and Development Programme. Uwakwe, C.B.U., Mansaray, A.A., & Onwa, G.O.M. (1994). A Psycho-educational Program to Motivate and Foster AIDS Preventive Behaviors Among Female Nigerian University Students. Women and AIDS Research Program Reports-in-Brief. Washington DC: International Center for Research on Women. Vasconcelos, A., Neto, A., Valença, A., Braga, C., Pacheco, M., Dantas, S., Simonetti, V., & Garcia, V. (1993). Sexuality and AIDS Prevention Among Adolescents from low-income Communities in Recife, Brazil. Women and AIDS Research Program Reports-in-Brief, Washington, DC: International Center for Research on Women. Vasconcelos, A., Garcia, V., Mendonca, M. C., Pacheco, M., das Gracas Braga Pires, M., Tassitano, C., & Garcia, C. (1997). Sexuality and AIDS prevention among adolescents in Recife, Brazil. Women and AIDS Research Program. Washington DC: International Center for Research on Women. Warwick, I., & Aggleton, P. (1990). 'Adolescents, young people and AIDS research'. In P.Aggleton, P.Davies & G. Hart (eds.) AIDS: individual, cultural and policy dimensions. Basingstoke, England: Falmer Press. Warwick, I. et divers collaborateurs. (1998) Household and Community Responses to AIDS in Developing Countries, Critical Public Health Weiss, E., Whelan, D., Gupta, G.R. (1996). Vulnerability and Opportunity: Adolescents and HIV/AIDS in the Developing World. Washington DC: International Center for Research on Women. Williams, C. (1996). HIV/AIDS Peer Education: Evolving with the Epidemic. AIDS Captions, 3(3): 12-15. Wilson, D., McMaster, J., Armstrong, M., Magunjem, N., Chimhina, T., Weiss, E., & Gupta, G.R. (1994). Intergenerational Communication Within the Family: Implications for Developing STD/HIV Prevention Strategies for Adolescents in Zimbabwe. Women and AIDS Research Program. Washington DC: International Center for Research on Women. Woelk, G., Tromp, M., & Mataure, P. (1997). Training teachers to lead discussion groups on HIV/AIDS prevention with adolescents in Zimbabwe. Women and AIDS Research Program Report-in-Brief. Washington DC: International Center for Research on Women. World Health Organisation (1993). Maternal and Child and Family Planning for Health. Agenda Item 18.2 at 46th World Health Assembly, May 12. Geneva: WHA 46-18. World Health Organisation (1995). Women and AIDS: an agenda for action. Geneva: Author. World Health Organisation (1998). Coming of Age: from facts to action for adolescent sexual and reproductive health. Geneva: Author. Zelaya, E., Marín, F.M., García, J., Berglund, S., Liljestrand, J., & Persson, L.A. (1997). Gender and Social Differences in Adolescent Sexuality and Reproduction in Nicaragua. Journal of Adolescent Health, 21: 39-46. Citation recommandée : Rivers, K., Aggleton, P. , La sexualité chez les adolescents, la problématique homme-femme et l'épidémie du VIH, New York : Le programme VIH e développement du PNUD NOTE SUR LES AUTEURS Kim Rivers est chercheur au groupe de recherche Thomas Coram à l'Institut d'éducation de l'Université de Londres. Elle a une grande expérience internationale dans les domaines de la santé sexuelle et génésique. Peter Aggleton est directeur du groupe de recherche Thomas Coram. Il est l'éditeur d'une série de livres publiés par UCL Press/Taylor and Francis, ''The Social Aspects of AIDS'', et du journal ''Culture, Health and Sexuality''. Il a une expérience internationale depuis quinze ans dans le domaine de la prévention du VIH. Adresser toute correspondance au groupe de recherche Thomas Coram, 27-28 Woburn Square, London, WC1H 0AA, Royaume-Uni. |