Rapport Annuel PNUD 2009
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Aide à la sécurité alimentaire auprès des indigènes paraguayens

Derrière la caméra: Respecter les traditions

Paraguay UNDP auteur

Christian Mejía-Acosta est un producteur de vidéos indépendant, établi à Quito (Équateur), qui a couvert un grand nombre d’événements, notamment un tremblement de terre au Pérou et les lendemains du génocide au Rwanda. Il a parlé au PNUD de ses expériences lors du tournage d’une vidéo d’un projet du PNUD, mis en œuvre avec les Mbaya Guaraní du Paraguay.

"Je suis venu au Paraguay pour faire un reportage sur la sécurité alimentaire et la culture autochtone pour le PNUD. Les communautés autochtones se trouvent prises dans des situations très complexes; elles vivent dans une extrême pauvreté et assistent chaque jour à des empiètements sur leurs terres et à l’érosion de leur culture par le monde extérieur. Le PNUD les aide à formuler des stratégies et leur offre une assistance technique pour leur permettre d’améliorer leurs pratiques agricoles, notamment en diversifiant leur production, mais selon des modalités qui restent fidèles à leurs traditions culturelles. Un autre objectif est de permettre à ces groupes de produire suffisamment de nourriture non seulement pour leur consommation quotidienne, mais aussi pour se procurer des revenus.

Nous avons mis six heures en jeep, depuis la capitale, pour atteindre le territoire de cette communauté, ce qui ne nous laissait que deux jours pour le tournage. Au cours du trajet, les responsables du programme du PNUD ont insisté sur l’importance de se conformer aux règles sociales de la communauté. À proximité du village, nous avons constaté que quelqu’un avait abattu un arbre pour barrer la route, de manière à ce que l’on ne puisse pas arriver sans prévenir dans la communauté et déranger les gens. Nous avons donc abandonné la jeep, avec tout le matériel vidéo, parce qu’il fallait d’abord que j’aille saluer tout le monde. Nous nous sommes assis en cercle avec les anciens du village et nous avons passé deux heures à déguster du yerba maté (boisson paraguayenne traditionnelle) et à palabrer, avant que l’on me donne l’autorisation de filmer. Je m’inquiétais de ne pas avoir suffisamment de temps pour le tournage, mais une fois que j’ai eu cette autorisation, tout le monde s’est montré particulièrement coopératif. J’ai pu aller partout et parler à tout le monde, aux vieillards, aux enfants. On m’a laissé fureter dans tous les coins et entrer dans toutes les maisons. La réunion s’est donc avérée un excellent investissement de temps.

Cette communauté pratique traditionnellement le minga, forme de travail collectif auquel tout le monde participe et dont tout le monde bénéficie. Je me rappelle que, pendant mon interview du chef de la communauté, il parlait constamment des enfants et disait que les meilleures cultures et les meilleurs champs étaient tous pour les enfants. Tout ce que ces gens voulaient, c’était un peu de paix sur le territoire qui leur restait, ce qui fait que j’ai trouvé un peu difficile d’aller les déranger avec ma caméra. Mais ce qui les a convaincus de se laisser filmer, c’est que nous leur avons expliqué que nous voulions montrer au monde comment ils s’adaptaient à leur situation au lieu de prendre la fuite, parce qu’ils voulaient assurer à leurs enfants, ainsi qu’à eux-mêmes, une vie meilleure."

 

 

 


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