Rapport annuel en: English | Español

UNIFEM : une budgétisation sensible aux sexospécificités


À Cochabamba, en Bolivie, beaucoup d’hommes ont quitté la ville et sont partis à l’étranger en quête de meilleures possibilités d’avenir. Il en est résulté des pénuries de main-d’œuvre dans certains emplois traditionnellement masculins et les femmes de Cochabamba se sont vues forcées d’acquérir les compétences requises pour combler les manques. Grâce à des financements de l’administration municipale, elles apprennent la charpenterie et la maçonnerie et se procurent ce faisant des revenus décents pour elles-mêmes et leurs enfants. Pendant que les femmes travaillent, leurs enfants participent à un programme d’activités sportives conçu pour les filles comme pour les garçons, également financé par la municipalité. Ces deux initiatives sont le résultat des nouvelles pratiques qui accordent une place importante à la budgétisation sensible aux sexospécificités à Cochabamba. 

UNIFEM and UNDP

Femmes des Îles Uros (Pérou), rassemblées sur les rives du lac Titicaca. Le tourisme est la principale source de revenus de la région.naire en Afrique. (Photo: Xabier Llamosas Doval/Espagne)

En Bolivie, au titre de la loi de 1994 sur la participation populaire, il a été prévu d’assurer l’élaboration participative des plans de développement locaux et d’instituer des comités de vigilance, qui constituent deux des principaux mécanismes de participation du public au niveau local. Avec l’appui d’UNIFEM, l’Instituto de Formación Femenina Integral (IFFI) de Cochabamba a mobilisé et formé les membres des organisations féminines locales pour les aider à tirer parti des possibilités offertes par la loi de prendre en compte le point de vue des femmes dans les politiques publiques locales. Grâce à la campagne de plaidoyer de l’IFFI, les directives budgétaires municipales exigent à présent que des ressources budgétaires soient allouées à des programmes qui promeuvent l’égalité des sexes et dispensent des services aux victimes de la violence.

Au cours des huit dernières années, UNIFEM, qui est administré par le PNUD, a contribué au renforcement des capacités des instances gouvernementales et des organisations féminines à intégrer l’égalité des sexes dans les processus budgétaires dans plus de 30 pays, parfois en collaboration avec le PNUD. Dans une première phase, les efforts d’UNIFEM étaient axés sur la mise à disposition d’instruments et de méthodes de budgétisation sensibles aux sexospécificités, ainsi que sur l’accroissement des aptitudes et des connaissances des parties prenantes pour les aider à militer en faveur d’une telle budgétisation et à mener des analyses budgétaires sexospécifiques. Depuis 2005, l’accent a été mis sur les mesures visant à ce que les priorités des femmes pauvres soient dûment prises en considération dans les processus de budgétisation nationaux.

Diverses initiatives mises en œuvre en Équateur, au Maroc, au Mozambique et au Sénégal ont pour objet de veiller à ce que les processus et politiques budgétaires soient plus sensibles aux principes de l’égalité des sexes et à ce que les priorités des femmes pauvres soient prises en compte dans l’allocation des ressources. Au Maroc, ceci a mené à la production d’un rapport annuel sur l’égalité des sexes qui accompagne le budget national et qui précise comment les services gouvernementaux tiendront compte des priorités en matière d’égalité des sexes dans l’allocation des deniers de l’État. En 2007, 19 entités distinctes ont exposé leurs plans en détail dans ce rapport.

Étant donné que la décentralisation accroît le rôle des administrations locales dans la prestation de services à la population, UNIFEM soutient diverses initiatives de budgétisation sensible à l’égalité des sexes au niveau local. Des initiatives dans ce sens ont été menées dans six pays d’Amérique latine, à savoir en Argentine, au Brésil, en Bolivie, en Équateur, au Mexique et au Pérou, ainsi qu’en Inde, au Maroc, en Ouganda et aux Philippines.