Une mondialisation inclusive

L’économie mondiale s’est avérée particulièrement robuste ces dernières années, le revenu mondial moyen par habitant progressant à une vitesse record. Nous avons également assisté à des améliorations significatives de la santé mondiale et d’autres indicateurs généraux du bien-être, notamment de l’espérance de vie. 

Un groupe de pays en développement, représentant une forte part de la population du globe, se situe à l’avant-garde de la croissance mondiale. Ces pays, dont l’économie progresse plus rapidement que celle des pays développés, accèdent aux marchés des biens, des capitaux et des technologies; ils font commerce de plus en plus entre eux, ainsi qu’avec les pays riches. Ils commencent également à rattraper les pays riches en matière de développement humain. Des millions de leurs ressortissants s’extirpent chaque année de la pauvreté et leur espérance de vie, leur taux de mortalité infantile et leur taux d’alphabétisation s’approchent de ceux des pays développés.

Un autre groupe de pays en développement, en nombre plus grand mais globalement moins peuplé, accuse par rapport aux pays riches un retard qui se creuse plus que jamais, notamment sur le plan économique. Certains ont également vu chuter leur espérance de vie, souvent sous l’effet de l’épidémie de VIH/sida. Les pays pauvres tendent également à être les plus vulnérables aux effets des changements climatiques et les moins prêts à atténuer leurs impacts.

L’écart qui sépare les gens riches des gens pauvres, dans les pays en développement tout comme dans les pays développés, se creuse lui aussi. Les 2 % les plus riches de la population adulte du monde possèdent aujourd’hui plus de la moitié de la richesse des ménages du monde alors que les 50 % les plus pauvres n’en possèdent qu’à peine 1 %. Les bénéfices de la croissance mondiale sont donc très inégalement répartis.

Quelles sont les conséquences de cet état de choses pour les défavorisés ? En 2007, plus d’un milliard de gens avaient des revenus pratiquement nuls (l’équivalent d’un dollar par jour ou moins par personne). Plus de la moitié de leurs dépenses était allouée à l’alimentation familiale, le reste servant au logement, à l’eau, à l’éducation et aux soins de santé. La plupart d’entre eux se procuraient leurs revenus par des emplois instables, sous rémunérés et parfois dangereux.

Durant les dernières décennies du XXe siècle, il était considéré, cette opinion étant largement répandue, qu’une marée montante d’intégration économique mondiale bénéficierait à tous. Il en a été ainsi effectivement pour certains pays en développement qui progressent aujourd’hui à une vitesse telle qu’ils commencent à rattraper les pays développés. Mais de nombreux autres pays pauvres n’ont pas été portés par la vague et ne sont toujours pas intégrés dans l’économie mondiale. On assiste de même à un phénomène analogue au sein de la plupart des pays, où de vastes segments de la population ne profitent pas des bienfaits de la croissance.

L’élimination de ces inégalités est le plus grand défi de développement de notre temps et ceci explique la place centrale occupée par le développement inclusif dans la mission des Nations Unies et du PNUD. En coopération avec d’autres organismes onusiens, le PNUD rassemble les instances gouvernementales, les organisations internationales, le secteur privé et les groupes de la société civile pour appuyer les efforts visant à instaurer les politiques et les institutions publiques dont les pays ont besoin pour réduire les disparités en matière de développement. Le PNUD est un partenaire multilatéral de confiance, à l’œuvre dans 166 pays qu’il aide à se doter des capacités requises pour mettre en œuvre un développement inclusif, contribuant ainsi à la réalisation des promesses de l’économie mondiale.


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Raisons de l’importance des disparités
mixed picture of global progress

Les raisons justifiant les interventions face aux disparités croissantes entre les gens sont aujourd’hui d’une clarté limpide, abstraction faite même des principes largement acceptés de la justice et des droits de l’homme. Tout d’abord, plus les écarts se creusent et plus ils sont difficiles à combler. Il est amplement démontré, par exemple, qu’un niveau d’inégalité élevé réduit la vitesse à laquelle une croissance économique même rapide a des incidences sur l’atténuation de la pauvreté. Selon une estimation, il faut une croissance économique trois fois plus grande pour obtenir aujourd’hui les mêmes taux de réduction de la pauvreté que ce que l’on observait avant 1990 dans les pays à revenu intermédiaire. 

Les disparités sont également source d’inefficacités dans les systèmes économiques et elles empêchent l’économie nationale et mondiale de recueillir toute la gamme des bénéfices à échoir de l’intégration économique. Les gens ne peuvent pas, par exemple, tirer parti des investissements consentis dans l’éducation et la formation. Les États ne recueillent pas la même quantité de recettes fiscales et autres que fournirait une population plus productive. Et si un agriculteur, faute d’autres moyens d’existence, abat un arbre dans une forêt ombrophile, son acte contribue dans le long terme aux changements climatiques dont les répercussions se font sentir dans le pays concerné et au-delà.

L’une des disparités mondiales les plus importantes est celle qui concerne le manque d’emplois décents et la faiblesse des revenus. Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), quelque 200 millions de personnes de par le monde sont au chômage. Des millions d’autres, dont certains sont raisonnablement éduqués, n’ont pas d’emploi à la hauteur de leurs compétences. Le boom de l’économie mondiale n’a pas encore donné lieu à une création appréciable d’emplois décents : pour chaque point de pourcentage de la croissance mondiale, l’emploi dans le secteur formel n’a progressé que de 0,3 %.

Un autre domaine d’action prioritaire est celui de l’autonomisation et des droits des femmes. La discrimination envers les femmes est une ligne de faille qui traverse toutes les sociétés de par le monde, les différences n’étant qu’une question de degré. Les femmes sont invariablement moins payées que les hommes, ont souvent accès à moins de possibilités d’éducation et bénéficient généralement moins de l’utilisation des ressources naturelles. Bien que 200 millions d’entre elles soient entrées dans la population active au cours de la décennie qui s’est achevée en 2003, 60 % du milliard d’habitants les plus pauvres de notre planète sont des femmes. Les femmes occupent 60 % des emplois informels sous-protégés et sous-rémunérés, alors que leur taux d’emploi global est plus faible que celui des hommes.

Les disparités actuelles sont aussi étroitement liées aux impacts humains sur l’environnement. Les ressources naturelles dont disposent les pauvres, terre, eau, combustible et autres, sont souvent de qualité inférieure, ce qui limite leur productivité. Dans leurs efforts visant à s’assurer des moyens d’existence, les pauvres peuvent aggraver la dégradation de leur environnement immédiat, ce qui les engage dans un cercle vicieux. À l’autre extrémité de la gamme se trouvent les gens et les pays riches, qui sont les plus gros consommateurs de ressources naturelles et qui disposent de moyens considérablement plus grands pour se protéger des impacts environnementaux tels que la pollution, les pénuries et les changements climatiques.


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Ce que nous devons faire

asia on the rise

Il faut, pour recueillir les promesses d’un monde intégré et plus sûr, susciter la volonté politique de réduire les disparités et mettre en œuvre des actions nationales et internationales concertées. Il ne s’agit essentiellement pas de faire la charité mais d’aider les gens à se doter de capacités et à tirer parti des possibilités qui s’offrent à eux d’améliorer leurs conditions de vie et leurs communautés de manière durable.

Il n’existe pas à ces fins de formule taille unique : chaque pays doit définir ses priorités et formuler des solutions adaptées au contexte national. Mais il existe un certain nombre de mesures fondamentales communes. Les pays ont besoin d’institutions capables de pratiquer une saine gouvernance économique. La participation démocratique peut assurer la prise en compte des réalités de la vie de toutes les classes sociales, pas seulement des riches et des puissants, dans les décisions économiques et les politiques publiques. La communauté internationale peut soutenir les efforts nationaux (notamment par la coopération Sud-Sud) et favoriser l’adoption de mesures visant à l’inclusivité en matière de commerce et d’investissement au niveau mondial.

Les Nations Unies, conformément aux valeurs universelles énoncées dans la Charte de l’Organisation, appuient les efforts collectifs déployés dans pratiquement tous les pays en développement. Les recherches qu’elles mènent, fondées sur des données et des analyses du monde entier, peuvent définir les problèmes et repérer les possibilités d’action. Les activités de plaidoyer et de coordination des Nations Unies peuvent rassembler les gens et les institutions en vue d’élaborer des solutions. Collectivement, les différents organismes du système ont apporté leur soutien aux pays à tous les stades du développement, depuis les pays à revenu intermédiaire jusqu’aux pays les moins avancés (PMA), et dans tous les grands secteurs d’activité, depuis l’agriculture et l’environnement jusqu’à la santé, l’éducation et l’emploi.

Le PNUD aide à intégrer et à coordonner les ressources des Nations Unies de manière à en assurer l’accessibilité, tout en exécutant ses propres programmes dans les domaines où son expertise est reconnue. En tant que partenaire au développement de confiance, il s’emploie à l’avènement d’un monde où la paix et la prospérité ne seront plus réservées à quelques privilégiés mais où tous les gens pourront en jouir et en bénéficier.


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