Environment et énergie: accès et sècuritè

Les pauvres sont affectés de manière disproportionnée par la dégradation de l’environnement et le manque d’accès à des services énergétiques propres et d’un coût abordable. Les Nations Unies œuvrent à l’avant-garde des efforts déployés pour intégrer l’environnement et le développement, conscientes de ce que les problèmes tels que les changements climatiques, la perte de biodiversité et la destruction de l’ozone stratosphérique ne sauraient être résolus par les pays agissant isolément. 

La dégradation de l’environnement et la rareté des ressources font basculer les gens dans la pauvreté et les y maintiennent, renforçant ainsi les inégalités. Aujourd’hui, l’érosion des sols, les inondations, les sécheresses et la pollution font peser des menaces directes sur les moyens d’existence de 2,6 milliards de personnes. Plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Chaque année, les pertes de productivité de l’Afrique subsaharienne du fait de déficiences de la gestion de l’eau dépassent les apports de l’aide au développement et de l’allègement de la dette, soit la somme pharamineuse de 30 milliards de dollars EU.

Les changements climatiques, la chose est claire, sont appelés à avoir des incidences particulièrement graves sur les pays pauvres, tant en raison des réalités géographiques que des difficultés d’adaptation résultant de la faiblesse de leurs revenus. La vulnérabilité de nombreux pays en développement est due à leur situation géographique. Pays de la zone tropicale ou petits États insulaires, ils sont exposés à des extrêmes climatiques, à d’amples variations pluviométriques, à l’élévation du niveau des mers et aux fortes températures. Étant donné la place dominante de l’agriculture dans l’économie d’un grand nombre de ces pays, il leur est difficile de s’orienter vers des activités moins sensibles aux aléas climatiques dans le secteur manufacturier ou tertiaire. Pour certains d’entre eux, en Afrique, aux Caraïbes et sur les côtes de l’Asie du Sud et du Sud-Est, ces menaces ne se profilent pas à l’horizon d’un lointain avenir, mais risquent de se matérialiser d’ici quelques décennies.

 

des politiques intÉgrÉes

Le PNUD gère le plus grand portefeuille de projets opérationnels du système des Nations Unies dans le domaine de l’environnement et de l’énergie, de plus en plus en collaboration avec le PNUE qui apporte son expertise technique et ses activités de plaidoyer. Il fait fond sur ses connaissances spécialisées en matière de réduction de la pauvreté et de gouvernance pour aider les pays à appliquer des politiques publiques qui font de la bonne gestion des ressources environnementales une composante intégrale du développement humain.

La prise en compte des problèmes environnementaux dans les plans de développement nationaux et locaux présente pour les pays en développement un certain nombre de difficultés. Le PNUD appuie ses partenaires nationaux pour évaluer leurs nouvelles options de politique, renforcer leurs capacités institutionnelles, accroître la fourniture de services énergétiques et autres et mobiliser des ressources financières. Son assistance porte également sur les préparatifs visant à parer aux risques potentiels dont sont porteurs les changements climatiques. Au niveau local, le PNUD aide les communautés à déterminer comment elles peuvent procéder à l’expansion des services énergétiques et mieux gérer leurs ressources naturelles, en particulier dans l’optique d’une amélioration des moyens d’existence.

Le PNUD appuie le plan de la Chine visant à accroître considérablement l’emploi des énergies renouvelables. Ici, au Xinjiang, des aérogénérateurs

Dans son assistance aux pays en matière de politiques environnementales, le PNUD met l’accent sur l’adaptation des cibles des OMD aux spécificités nationales et sur la mesure des progrès en vue de la réalisation des objectifs, ainsi que sur l’orientation générale des politiques en faveur de l’équité et du développement humain. En 2006, avec l’appui du PNUD, 85 pays avaient adapté leurs cibles des OMD sur la durabilité environnementale; plus de 150 avaient effectué des évaluations et produit des rapports sur les cibles mondiales, notamment celles concernant l’eau, l’assainissement et le logement urbain. De nombreux pays ont inclus des cibles environnementales dans leurs plans nationaux de développement et quelques-uns ont prévu des budgets pour les nouvelles mesures environnementales. Le Cambodge, par exemple, s’est fixé pour cibles de doubler la superficie des zones de pêche interdite et de réduire de près de moitié la consommation de bois de feu des ménages. Des efforts analogues soutenus par le PNUD ont été axés sur les politiques énergétiques. L’Albanie a adopté pour cible l’alimentation universelle en électricité grâce à une augmentation de la production de sources renouvelables et à la réduction des pertes de transmission et de distribution.

L’expertise du PNUD a aidé la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, qui regroupe 15 pays de la sous-région, à adopter un ambitieux programme énergétique ayant pour objectif de quadrupler l’alimentation en énergie moderne dans les zones rurales et urbaines à l’horizon de 2015. Le Burkina Faso, membre de la Communauté, a employé l’assistance du PNUD pour accorder à l’énergie une place prioritaire dans sa stratégie de réduction de la pauvreté et son budget national. Le PNUD s’est également employé avec les autorités rurales à fournir des services énergétiques afin de favoriser la croissance économique locale.

En Chine, des années de croissance rapide ont libéré quelque 400 millions d’habitants de la pauvreté, mais au coût de pressions sur l’environnement. La dégradation environnementale est aujourd’hui un facteur qui contribue à creuser l’écart entre les bénéficiaires de la nouvelle prospérité et ceux qui ont été laissés sur la touche. Le PNUD collabore étroitement avec les autorités pour formuler des politiques environnementales et énergétiques appropriées favorables à la réduction de la pauvreté dans le long terme, ainsi que pour mettre en œuvre des programmes conçus pour atténuer certaines des disparités les plus graves.

Le projet de réduction écologique de la pauvreté, par exemple, contribue à accroître les revenus et à fournir des sources d’énergie propre dans les provinces de Yunan, de Guizhou et de Sichuan. Il a adopté à titre pilote une stratégie consistant à fournir des appuis aux agriculteurs pauvres pour pratiquer la culture du Jatropha curcas, espèce d’arbres poussant à l’état sauvage et prévenant naturellement la désertification, selon des techniques écologiquement durables et assurant de hauts rendements. Le marché national et international du biocarburant produit au moyen des graines de ces arbres se développe et, pour en tirer parti, le projet aide aussi les agriculteurs à établir des mécanismes de commercialisation et des filières d’alimentation des producteurs de carburant. Il collabore également avec les pouvoirs publics pour adopter des politiques visant à amplifier ces efforts initiaux, notamment par des subventions à l’agriculture écologiquement rationnelle. Le projet chinois de réduction écologique de la pauvreté devrait parvenir à son plein régime en 2009, atteignant alors 200 000 agriculteurs et apportant à la moitié d’entre eux une augmentation de revenus d’au moins 15 %. Le gouvernement prévoit déjà d’appliquer les leçons tirées du projet en vue d’un accroissement d’échelle qui portera les superficies cultivées de 2 500 hectares aujourd’hui à 1,2 million d’hectares d’ici 2009.

Le PNUD a également établi un partenariat avec Arcelor Mittal, numéro un mondial de la sidérurgie, en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la Chine. Un projet appuie la formulation et l’application de politiques de conservation énergétique et aide les entreprises chinoises de produits métallurgiques, pétrochimiques et de construction à adopter des méthodes de production à meilleur rendement énergétique, dont beaucoup ont été développées par Arcelor Mittal.

Les disparités en matière de ressources peuvent parfois être éliminées en encourageant la participation du public aux décisions relatives à l’emploi de celles-ci. Cette approche va dans le sens d’une amélioration des processus démocratiques et peut déboucher sur un large consensus sur l’allocation des ressources, qui sont alors réparties de manière plus égalitaire. En Crimée, république autonome d’Ukraine, le PNUD a apporté son concours à des projets communautaires d’adduction d’eau qui contribuent aussi à réduire les tensions entre les divers groupes ethniques. Après la dissolution de l’Union soviétique, 250 000 habitants de la Crimée qui avaient été déportés sont rentrés au pays, ce qui a souvent donné lieu à des conflits, les ressources naturelles étant rares et l’égalité d’accès à l’eau potable étant l’un de plusieurs points sujets à controverse. Dans toute la Crimée rurale, le PNUD a aidé à constituer plus de 500 groupes d’entraide communautaires de composition ethnique mixte, qui ont entrepris de collaborer avec les administrations locales pour définir les priorités de développement, calculer les coûts des projets et les mettre en œuvre, ce qui vient renforcer le sentiment de participation et de coopération locales. Ces groupes ont mobilisé des fonds pour améliorer les systèmes d’adduction d’eau et, en 2006, 150 000 personnes de plus avaient accès à l’eau potable. Les habitants exercent à présent un strict contrôle de la gestion des ressources en eau et ont établi des fonds communautaires pour l’entretien et la réparation des installations. Pour 2007, les collectivités et les autorités ont mobilisé 4,3 millions de dollars EU pour de nouveaux projets et le Gouvernement de la Crimée a sollicité l’appui du PNUD pour adapter les cadres juridiques et institutionnels afin de reproduire le système de prestations de services du projet dans l’ensemble du pays.

Le PNUD a attiré une attention sans précédent sur la crise mondiale de l’eau et de l’assainissement par la publication de son Rapport mondial sur le développement humain 2006, Au-delà de la pénurie : Pouvoir, pauvreté et la crise mondiale de l’eau. Au moyen d’exemples de pays en développement, le rapport met en relief les incidences qu’ont les carences en matière de services d’alimentation en eau et d’assainissement sur la vie et les moyens d’existence des gens. L’élargissement de l’accès à l’eau et à l’assainissement améliore la santé et l’éducation et favorise les progrès en matière d’égalité des sexes. Le rapport recommande que tous les pays fassent de l’accès à l’eau potable un droit de l’homme et lance un appel à l’adoption d’un plan d’action mondial. Divers pays ont intensifié leurs efforts dans ce domaine. Le Royaume-Uni a reconnu le droit à l’eau comme un droit de l’homme; les Pays-Bas se sont engagés à agir résolument dans ce sens; et le Japon a prévu d’accueillir un sommet qui réunira 47 pays pour traiter des questions relatives à l’eau dans la région Asie et Pacifique. Le Rapport mondial sur le développement humain 2007 aura pour thème les changements climatiques.

L’année 2007 marque le 20e anniversaire du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Avec l’appui du Fonds multilatéral du Protocole, du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et de donateurs bilatéraux, le PNUD a mobilisé 496 millions de dollars EU au cours des 15 années écoulées pour fournir des conseils de politique, une assistance technique et des transferts de technologie afin d’aider les pays à réduire l’emploi de substances nocives pour l’ozone. Par l’entremise de toute une gamme de partenariats associant notamment des petites et moyennes entreprises, des agriculteurs et des praticiens de la santé, le PNUD a équilibré la protection de la couche d’ozone et les impératifs économiques selon des modalités qui maintiennent la compétitivité locale, protègent les emplois existants et créent de nouvelles formes d’emploi.

Avec la Banque mondiale et le PNUE, le PNUD est l’un des trois Agents d’exécution du FEM, le plus grand fonds mondial pour la protection de l’environnement. En 2006, lors de la quatrième reconstitution de ses ressources, le FEM s’est vu allouer 3 milliards de dollars EU par 32 pays donateurs pour la période 2006-2010. Ces fonds permettront de financer des projets dans les domaines de la biodiversité, des changements climatiques, des eaux internationales, de la dégradation des sols, des polluants organiques persistants  et de la protection de la couche d’ozone.

Les projets du PNUD-FEM s’attachent à renforcer les capacités nationales en matière de protection de l’environnement et de développement durable, souvent en rapport avec la réduction de la pauvreté et la création de moyens d’existence. Le PNUD-FEM administre cinq programmes centraux au nom du Fonds : le Programme de microfinancements, l’Initiative des dialogues nationaux du FEM, le Programme d’appui aux communications nationales sur les changements climatiques, le Programme d’appui des autoévaluations nationales des capacités à renforcer et le Programme d’appui aux pays à l’intention des points focaux du FEM.

Les projets standard et de moyenne envergure bénéficiant de financements initiaux du FEM peuvent attirer des investissements complémentaires d’autres partenaires. En 2006, le Conseil du FEM a approuvé l’octroi de subventions d’un montant de 203 millions de dollars EU aux projets du PNUD, pour lesquels celui-ci a mobilisé 500 millions de dollars EU au titre du cofinancement, fournis par les gouvernements concernés et d’autres partenaires. C’est ainsi que pour un projet de promotion de la culture du café respectueuse de l’environnement, le concours du FEM s’élève à un peu moins de 12 millions de dollars EU et les apports au titre du cofinancement à plus de 70 millions de dollars EU provenant principalement du secteur privé. Le café est la plus grande culture de base du monde, mais les méthodes de culture traditionnelles et écologiquement durables disparaissent rapidement. Le projet du PNUD-FEM met en œuvre des activités pilotes avec les entreprises caféières du monde entier et les grands producteurs d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Il vise à porter le volume annuel de café produit par des pratiques durables, certifiées par la Rainforest Alliance qui est l’un des partenaires du projet, de 30 000 à 500 000 tonnes, soit 10 % du marché mondial. McDonald’s a déjà convenu de ne vendre que du café certifié dans ses restaurants du Royaume-Uni, et la société prévoit d’étendre cette pratique à tous ses établissements européens en 2007. Kraft, l’un des plus grands torréfacteurs du monde, a augmenté ses achats de café certifié qui sont passés de 2 250 tonnes à 13 000 tonnes en l’espace de deux ans.

Le Programme de microfinancements du FEM administré par le PNUD a financé plus de 8 400 projets d’organisations non gouvernementales et communautaires de par le monde. Ces projets sont bénéfiques pour l’environnement, accroissent les moyens d’existence locaux et ont également des retombées sociales. Dans la ville industrielle de Pune (Inde) en pleine expansion, grâce à une subvention de 15 000 dollars EU du FEM, une ONG environnementale locale a organisé le Forum de la circulation et des transports de Pune et elle plaide en faveur d’une amélioration de la gestion de la circulation dans les rues congestionnées de la localité. En partenariat avec la ville, elle a cité les expériences de Singapour, Bogotá, Londa et Curitiba pour persuader les responsables municipaux qu’une meilleure planification des transports faciliterait la circulation, accroîtrait la sécurité routière, réduirait la pollution et augmenterait la mobilité des pauvres et des défavorisés. En conséquence, dans son budget 2006, la municipalité a alloué plusieurs millions de dollars EU à la construction d’un système d’autobus express, l’amélioration des pistes cyclables et l’aménagement de voies piétonnières dans toute la ville. Le projet de Pune est un exemple classique de l’impact que peut avoir un projet doté d’un petit capital de lancement judicieusement employé. Le PNUD, avec son accès aux connaissances spécialisées de pays développés ainsi que de pays en développement aide les gens à tirer parti de possibilités telles que celles-là.