Instaurer une croissance équitable


Nombre de pays d’Asie, dont les Philippines, ont accompli des progrès réguliers qui ont réduit les taux de pauvreté, mais la montée de la pauvreté urbaine menace d’inverser certains de ces accomplissements.

Notre monde est marqué par les extrêmes. Les 40 % les plus pauvres de la population mondiale, à savoir les 2,5 milliards de gens qui ont moins de 2 dollars par jour pour vivre, disposent de 5 % du revenu mondial alors que les 10 % les plus riches disposent de 54 % du revenu mondial. Jamais auparavant l’éradication de la pauvreté n’a-t-elle été un objectif aussi réalisable : il n’est plus d’obstacle insurmontable, qu’il soit technique, logistique ou lié aux ressources. Et cependant, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim et de la malnutrition, 1,1 milliard n’ont pas accès à l’eau potable propre et 1 200 enfants meurent chaque heure de maladies évitables. Malgré la croissance de l’économie mondiale et de remarquables progrès en médecine et en technologie, nombreux sont les habitants des pays en développement qui ne recueillent pas les avantages que pourrait leur apporter la mondialisation.

Le PNUD collabore avec les autorités des pays en développement pour concevoir et mettre en œuvre des politiques et des initiatives qui répondent aux besoins des pauvres. Nous aidons les pays à jeter les fondations d’une croissance économique pro-pauvres et soutenons les efforts d’acquisition des connaissances théoriques et pratiques et des ressources qui permettront de réaliser des progrès soutenus dans la lutte contre la pauvreté.

Le commerce peut être l’un des moteurs les plus efficaces de la croissance économique. Nombre de producteurs des pays pauvres restent cependant en marge des marchés internationaux parce que leurs produits ne sont pas concurrentiels par rapport aux produits fortement subventionnés du monde développé ou parce qu’ils ne disposent pas de l’infrastructure et des savoirs de base qu’exige la participation à l’économie mondiale. L’ouverture des marchés des pays riches aux pays pauvres pourrait aider des millions de gens à s’extirper de la pauvreté. Mais le seul accès aux marchés ne suffit pas : il faut faire davantage pour appuyer les pays et pour renforcer leurs capacités commerciales.

Le PNUD s’attache à aider les pays à participer plus efficacement au système d’échanges multilatéraux par l’entremise du Cadre intégré pour l’assistance technique liée au commerce. De concert avec d’autres partenaires internationaux, dont la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce, le PNUD aide les pays les moins avancés (PMA) à relever certains des défis auxquels ils sont confrontés, et notamment le manque d’infrastructure adéquate, les goulets d’étranglement institutionnels et les lourdeurs administratives et réglementaires. Il apporte également son concours aux pays pour négocier et mettre en œuvre des accords commerciaux compatibles avec les principes du développement humain. Enfin, il seconde les efforts des autorités visant à intégrer des politiques commerciales pro-pauvres dans les stratégies de développement nationales.

En 2005, par exemple, le PNUD a fait équipe avec la Fondation de promotion des exportations et de l’investissement de l’Azerbaïdjan en vue de renforcer la capacité du pays à promouvoir les exportations. Dans le cadre de ce partenariat, il a aidé le gouvernement à formuler sa stratégie d’exportation pour le développement du secteur non pétrolier et à établir un Centre d’information sur les exportations qui conseille les exportateurs locaux potentiels. Au Yémen, le PNUD appuie le gouvernement dans ses efforts de développement des exportations de fruits et de produits de la pêche. Un projet de 1 million de dollars dispense des conseils techniques aux producteurs de fruits et de légumes sur le bon usage des pesticides ainsi que sur le conditionnement et le transport. Il vise également à accroître la compétitivité du pays dans le domaine des pêcheries par l’établissement de procédures de contrôle de la qualité et par la formation des pêcheurs.

De grands progrès sont possibles en matière d’atténuation de la pauvreté par le soutien de l’entreprenariat et des initiatives commerciales et industrielles locales. Dans le sud-est de l’Anatolie, l’une des régions les plus défavorisées de la Turquie, le PNUD est intervenu en partenariat avec l’Administration régionale de développement pour accroître la compétitivité des petites et moyennes entreprises (PME). Nous avons ouvert des Centres de développement des affaires dans quatre villes (Adiyaman, Diyarbakir, Mardin, Sanliurfa) pour aider les PME à accroître leurs capacités managériales, opérationnelles et administratives. Nous avons également conseillé et formé des entrepreneurs débutants auxquels manquaient souvent les aptitudes, les connaissances et les réseaux nécessaires pour mettre leurs idées en application. Les efforts visant à réduire les disparités économiques dans le sud-est de l’Anatolie ont également été axés sur les jeunes. Le PNUD a appuyé le lancement d’un Programme national d’apprentissage qui offre aux jeunes de la région la possibilité de faire des stages dans diverses entreprises du pays. Les stagiaires, par l’expérience professionnelle qu’ils acquerront dans les domaines de la comptabilité, de la vente et du marketing, apporteront des connaissances théoriques et pratiques très nécessaires dans la région. Et certaines composantes de l’initiative pourront être reprises en tant que modèles et reproduites par d’autres administration régionales, en Turquie et ailleurs.

« La pauvreté massive et l’inégalité obscène sont des fléaux de notre temps
si abominables … qu’ils sont à classer parmi les maux sociaux au même titre que l’esclavage et l’apartheid. »


Nelson Mandela, ancien Président de l’Afrique du Sud

En Moldova, le PNUD contribue à l’habilitation économique des collectivités dans le cadre de son Plan d’action 21 local. En associant les gens au processus décisionnel au niveau local et en forgeant des partenariats entre le secteur public et le secteur privé, cette initiative vise à intégrer les principes du développement durable dans les politiques locales. Le PNUD a aidé à la création d’une zone franche économique en Moldova, dans la région d’Ungheni, ancienne zone industrielle, où sont implantées aujourd’hui 33 entreprises de divers pays. Il a également favorisé le développement de nouvelles entreprises dans la région, telles que des usines de conteneurs en plastique et des fabriques de meubles de luxe, ainsi que des unités de production de jus de fruits et de légumes. Outre l’apport d’investissements de 15,8 millions de dollars, la zone économique d’Ungheni a créé 1 250 emplois et accru les exportations de la région. Elle constitue un autre exemple de modèle efficace susceptible d’être reproduit ailleurs.

Certains petits projets peuvent produire des résultats de grande envergure. À Gaza, le PNUD a aidé les femmes horticultrices à obtenir de petits financements pour accroître leur production. Les femmes font traditionnellement sécher les fruits et certaines plantes au soleil, mais ce processus peut affecter la qualité des produits. Grâce au concours du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), administré conjointement par la Banque mondiale, le PNUD et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les productrices de Gaza ont pu acheter du matériel à énergie solaire qui sèche les fruits et les plantes plus rapidement et plus efficacement. Cette initiative respectueuse de l’environnement leur a permis de développer leurs entreprises et de commercialiser leurs produits sur les marchés locaux de Gaza. Ce n’est là que l’un des nombreux projets financés par l’entremise du FEM pour améliorer les conditions de vie des pauvres tout en contribuant à la protection de l’environnement.