Habiliter les femmes pour transformer la société


En décembre 2005, en République démocratique du Congo (RDC), le PNUD, UNIFEM et la Mission des Nations Unies en RDC ont fourni une assistance technique et financière à la Commission électorale indépendante pour assurer la participation des femmes au référendum constitutionnel. Grâce à ces efforts, plus de 50 % des électeurs votants ont été des femmes

L’habilitation et l’autonomisation des femmes sont essentielles pour le développement humain et pour la réalisation des OMD. L’égalité des sexes est et sera toujours une fin en soi, mais nous devons également reconnaître que lorsque les femmes sont victimes d’abus et de discrimination, lorsqu’elles ne jouent pas un rôle actif dans l’élaboration du monde qui les entoure, ce sont tous les membres de la société qui y perdent. Les progrès en matière d’atténuation de la pauvreté et la promotion d’une croissance équitable sont indissociablement liés à l’amélioration de l’existence des femmes et à l’accroissement de leur participation au processus décisionnel. L’habilitation des femmes accroît la productivité économique et réduit la mortalité infantile. Elle contribue à l’amélioration de la santé et de la nutrition et favorise les progrès en matière d’édu- cation pour la génération montante.

Les 12 mois écoulés ont été marqués par des changements notables sur le front politique, avec l’élection de la première présidente d’un pays africain, Ellen Johnson-Sirleaf au Libéria, et celle de la première présidente du Chili, Michelle Bachelet. Il y a donc actuellement 11 femmes chefs d’État ou de gouvernement de par le monde, sur tous les continents. Mais malgré ces accomplissements, les progrès sur la voie de l’égalité des sexes restent extraordinairement lents. Soixante-dix pour cent des 130 millions d’enfants non scolarisés sont des filles. Les femmes représentent les deux tiers des 960 millions d’adultes de par le monde qui ne savent pas lire. Soixante pour cent du milliard de pauvres parmi les pauvres du monde sont des femmes et des filles. À quelques notables exceptions près, telles que le Rwanda et les pays nordiques, les femmes sont remarquablement absentes des assemblées parlementaires où, en moyenne, elles ne comptent que pour 16 % des représentants.

L’habilitation des femmes doit impérativement être prise au sérieux, ce qui exige que l’égalité des sexes figure au centre de l’équation du développement humain. En Ukraine, dans le cadre du Programme d’égalité des chances du PNUD, des hauts fonctionnaires et des parlementaires ont appris à concevoir des programmes et des budgets qui autonomisent les femmes, et des représentants des forces de l’ordre ont été sensibilisés à la violence à l’égard des femmes. Ces initiatives, ainsi que d’autres, ont amené les pouvoirs publics ukrainiens à reconnaître l’importance de l’habilitation des femmes. En 2005, le parlement ukrainien a adopté la Loi sur l’égalité des droits et des chances pour les femmes et les hommes, et trois femmes ont été nommées à la tête d’administrations régionales. Le PNUD met en œuvre des projets analogues avec d’autres parlementaires et responsables gouvernementaux de la région, en faveur de la participation des femmes à la vie politique.

UNIFEM : Pour la sécurité économique des femmes


La majorité des femmes des pays en développement sont employées dans le secteur informel. Dans les pays développés, l’emploi à temps partiel et l’emploi autonome sont des sources de revenu plus importantes pour les femmes que pour les hommes. Pour en savoir plus...

L’inégalité des sexes est un obstacle majeur qui s’oppose à l’éradication de la pauvreté et à la réalisation des cibles des OMD. Un moyen efficace d’y remédier consiste à aider les gouvernements à établir des budgets qui tiennent compte des besoins et des intérêts spécifiques des femmes. L’analyse des budgets nationaux pour déterminer leur impact sur les femmes et les hommes, les garçons et les filles, favorise l’instauration de l’équité dans tous les secteurs du développement en faisant apparaître les allocations attribuées dans les divers domaines, notamment l’éducation, la santé et l’emploi, qui sont d’une importance primordiale pour habiliter les gens et réduire la pauvreté. En partenariat avec le Women-in-Development Fund du Japon, le PNUD a parrainé la formation de praticiens du développement, d’économistes et de représentants du ministère des finances de plus de 50 pays à la budgétisation sexospécifique. Aujourd’hui, plus de 90 spécialistes diffusent dans leurs pays respectifs les connaissances qu’ils ont acquises et fournissent une assistance technique pour mener des audits budgétaires sexospécifiques.