Femmes et enfants font les frais de la crise économique mondiale

Faits et chiffres

  • Le Fonds monétaire international prévoit une baisse de croissance mondiale de 0,5 pour cent en 2009.
  • L’Organisation internationale du Travail estime que plus de 50 millions de personnes pourraient perdre leur emploi en 2009. Quant aux travailleurs pauvres, dont le revenu est inférieur à 2 dollars des États-Unis par jour, leur nombre pourrait augmenter de plus de 200 millions.
  • Le syndicat des mineurs de Zambie estime que 10 000 mineurs sur les 23 000 inscrits se retrouveront au chômage.
  • Dans la communauté de Gandasari, en zone périurbaine de Jakarta, en Indonésie, on estime que 10 pour cent des salariés permanents et 40 pour cent des contractuels ont déjà été licenciés.
  • Deux cent mille indonésiens qui travaillaient en Malaisie sont retournés chez eux en 2008 en raison de la récession qui a sévi dans ce pays, des femmes originaires des zones rurales, pour la plupart.
  • En Chine, plus de 20 millions de travailleurs migrants chinois ont été licenciés début 2009.
  • Au Ghana, le Ministère des finances estime que les transferts de fonds provenant des travailleurs nationaux à l’étranger ont chuté de plus de 50 millions de dollars des États-Unis en janvier 2009.

Au fur et à mesure que la récession mondiale marque le pas, l’impact de la crise économique et financière sur les plus pauvres commence à se manifester. À quelques rares exceptions près, l’incidence du phénomène sur bon nombre de pays en développement se fait sérieusement sentir. Retirer un enfant de l’école ou disposer de moins de nourriture en raison d’une perte d'emploi et de revenu induisent des conséquences qui continueront à peser lourd bien après la fin annoncée de la récession économique et le début de la relance attendue. Par conséquent, il est critique, pour la communauté internationale, de prendre, sans plus tarder, la mesure des implications de cette crise en termes de développement humain potentiel, afin d’y remédier. Hélas, un recul semble inévitable à cet égard, à moins que des mesures significatives et décisives ne soient prises dès à présent.

Les familles pauvres et à faible revenu continuent manifestement à « tirer le diable par la queue ». La Banque mondiale signale déjà que 55 à 90 millions de personnes pourraient être propulsées dans la pauvreté extrême à la suite de la crise, et venir grossir les rangs des 160 à 200 millions d’individus dont on estime qu’ils ont sombré dans la misère à la suite de la hausse des prix des denrées alimentaires entre 2005 et 2008. 

Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables. L’impact de la crise ne se limite pas seulement à l’aggravation de l’état de pauvreté et des privations actuelles. En effet, il est susceptible d’entraîner de terribles implications au long cours en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de croissance. Au fur et à mesure que leurs revenus s’amenuisent, les pauvres se retrouveront dans l’impossibilité de se procurer les denrées alimentaires de base, d'accéder aux soins de santé élémentaires et d’envoyer leurs enfants à l’école. Entretemps, les budgets gouvernementaux se rétrécissent comme peau de chagrin, notamment avec la diminution des recettes fiscales, des exportations, des investissements étrangers et d’autres sources de revenus qui menacent de se volatiliser à tout moment. Ceci se produira fatalement lorsque les besoins en dépenses accrues pour financer les services publiques essentiels se feront le plus sentir.

Au-delà de la perte de revenus 

Les résultats annoncés risquent d’être catastrophiques, en particulier pour les groupes de population les plus vulnérables. Une diminution du PIB dans un pays en développement se traduit par une grave détérioration de la santé de ses enfants, puisque l’eau potable, les aliments nutritifs et les soins de santé prénatals et postnatals deviennent de plus en plus difficiles d’accès. La malnutrition infantile menace de se répandre et les enfants risquent d’être amenés à abandonner l’école en grand nombre. Des rapports issus de Zambie, de Bangladesh et du Kenya tirent déjà la sonnette d’alarme en indiquant que la faim commence à empêcher les enfants d'aller en classe, spécialement ceux qui doivent marcher de longues distances pour se rendre à l’école.

De plus en plus de parents retirent leurs enfants de l’école pour les forcer à travailler. Le PNUD a constaté ce phénomène au Pakistan, où près de la moitié des enfants du pays travaillent, et ce depuis la crise alimentaire de 2008. Pendant ce temps, de plus en plus d’enfants, de fillettes et de jeunes femmes deviennent des victimes de la traite des êtres humains et des travailleurs forcés de l'industrie du sexe à la suite de la précarité de la nourriture et du travail. Ainsi, un nombre croissant de filles et de jeunes femmes dans certaines communautés au Kenya et en Zambie se tournent-elles vers l'industrie du sexe par désespoir économique et les enseignants de Nairobi font état d’une augmentation du nombre de fillettes enceintes dans leurs établissements, ayant été obligées d’échanger des faveurs sexuelles contre la nourriture.

Transmettre la pauvreté aux générations futures

Des enfants qui grandissent sans éducation, en souffrant des effets de la malnutrition subissent indubitablement des déficiences physiques et cognitives irréversibles au niveau de leur développement. La pauvreté, même passagère, peut avoir des conséquences néfastes à long terme. En retour, ceci affecte les perspectives de développement économique et humain d’un pays au long cours, ce qui signifie que les pertes d’aujourd’hui se traduisent en pertes pour des générations à venir. Cependant, des interventions immédiates visant à améliorer la nutrition des enfants peuvent générer des gains en productivité pour l’individu, toute sa vie durant.

Il est impératif que tous les partenaires du développement humain agissent maintenant, sans plus tarder, pour remplir leurs engagements à l’égard des plus pauvres et des plus vulnérables. Il est essentiel de mettre en place des mesures d’aide et de libre échange ainsi que des politiques adéquates pour éviter que la crise mondiale d’aujourd’hui ne sonne le glas des perspectives de développement de demain.

Le PNUD appuie les pays en développement par les actions suivantes :

  • Conception de programmes de protection sociale et de filets de sécurité sociale.
  • Création d’emplois par le biais d’investissements dans les infrastructures nécessitant une main d'œuvre importante.
  • Augmentation des revenus et de la productivité des petits agriculteurs.
  • Amélioration de la surveillance des impacts de la crise sur le développement humain.

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