| Les
catastrophes naturelles exercent une pression considérable
sur le développement. Ce faisant, elles réduisent
considérablement les chances de réalisation
des Objectifs de développement du Millénaire,
et en particulier celui de réduire de moitié
la pauvreté extrême, d’ici à 2015.
Les pertes économiques annuelles associées
à ces catastrophes se sont élevées
en moyenne à 75,5 milliards de dollars dans les années
60, à 213,9 milliards de dollars dans les années
80 et à 659,9 milliards de dollars dans les années
90. La plus grande partie de ces pertes est concentrée
dans le monde en développement et ne reflète
pas de manière appropriée l’impact des
catastrophes sur les populations pauvres, qui supportent
souvent les coûts les plus importants en terme de
vie humaines et en terme de pertes de revenus, de capacités
de reconstruction de leurs communautés et des infrastructures
ayant subi des destructions. Aujourd’hui, 85% de la
population exposée aux tremblements de terre, aux
cyclones tropicaux, aux inondations et à la sécheresse
vit dans des pays qui connaissent un taux de développement
humain faible ou moyen.
Ce
rapport est fondé sur la conviction que dans de nombreux
pays le processus de développement lui-même
a un impact considérable – tant positif que
négatif – sur le risque de catastrophe. Il
montre comment les pays faisant face aux mêmes schémas
de risque naturel – des inondations aux sécheresses
– subissent souvent des conséquences très
différentes lorsque se produisent des catastrophes.
L’impact dépend en grande partie des choix
de développement opérés en amont. A
mesure que leur prospérité s’accroît,
par exemple, ils sont souvent mieux capables de faire face
aux investissements nécessaires pour construire des
habitations plus à même de résister
aux tremblements de terre. Parallèlement, la course
à la croissance peut déclencher un développement
urbain aléatoire qui accroît le risque que
des dommages à grande échelle soient infligés
aux victimes au cours d’une catastrophe. Cela est
vrai dans de nombreux autres domaines. Bien que les actions
humanitaires visant à réduire l’impact
des catastrophes soient d’une importance vitale, la
communauté mondiale doit faire face à un défi
de taille : comment est-il possible de mieux anticiper –
et donc de gérer et de réduire – le
risque de catastrophe en intégrant le risque potentiel
dans la planification et dans les politiques adoptées.
Afin
de contribuer à soutenir ces mesures, ce rapport
introduit un Indice de risque de catastrophe (IRC) faisant
œuvre de pionnier en la matière, mesurant la
vulnérabilité relative des pays au regard
de trois risques de catastrophes naturelles – les
tremblements de terre, les cyclones tropicaux et les inondations
– qui identifie les facteurs de développement
contribuant au risque et qui montre en termes quantitatifs
comment les conséquences des catastrophes peuvent
être soit réduits soit exacerbés par
le choix des politiques adoptées. Notre espoir est
que l’indice permettra à la fois de générer
un intérêt nouveau pour cette question critique
en matière de développement, et qu’il
permettra de rapprocher les parties prenantes autour d’une
planification plus détaillée et plus cohérente
afin d’atténuer à l’avenir l’impact
des catastrophes.
Copyright
© 2004
Programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD)
Bureau pour la prevention des crises et le relèvement
One United Nations Plaza, New York, NY 10017, USA
www.undp.org/bcpr
Les analyses et les recommandations exprimées dans
ce rapport ne reflètent pas nécessairement
les opinions du Programme des Nations Unies pour le développement
ou de ses États membres. Il est une publication indépendante
réalisée pour le compte du PNUD. Il est le
fruit de la collaboration entre des consultants et des conseillers
éminents.
ISBN 92-1-126160-0 |