Magdy Martinez-Soliman : Le financement des Objectifs mondiaux dans les PMA

12 juil. 2016

Merci Monsieur le Président, merci Monsieur l’Ambassadeur.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je suis ravi d’être parmi vous ce soir et de partager quelques réflexions sur le financement pour le développement dans les Pays les Moins Avancés (PMA).

Le mois dernier à Antalya, lors de l’examen à mi-parcours du Programme d'action en faveur des PMA, l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le Développement, Mme Helen Clark, lançait avec nos collègues de l’Agence Française de Développement un rapport intitulé Financement des Objectifs de développement durable (ODD) dans les Pays les moins avancés (PMA) : Diversification de la boîte à outils financière et gestion de la vulnérabilité ”.

Ces travaux couronnent six mois d’excellente collaboration entre nos deux organisations.

Ils font suite à la troisième Conférence des Nations Unies sur le financement du développement qui s’est tenue l’an dernier à Addis Abeba, et à l’issue de laquelle la communauté internationale a adopté un programme d’action en faveur du financement du développement durable. Les Etats membres ont annoncé à Addis des centaines d’actions individuelles et collectives visant à mobiliser davantage de ressources pour le développement, à s’engager dans de nouvelles initiatives de partenariat, à dépenser leurs ressources de manière plus efficace et à partager les leçons de leurs succès.

Nous publions ce rapport au moment où le monde entre dans la phase de mise en oeuvre de l’Agenda 2030.

Nous savons tous que la mise en oeuvre de cet agenda nécessitera un changement de cap ; pour concrétiser notre ambition de “ne laisser personne de côté”, nous devrons forger de nouveaux partenariats, innover, rassembler davantage de données, et chose peut-être plus importante encore, permettre à nos citoyens de s’autonomiser et de responsabiliser leurs dirigeants. Ce nouvel agenda pour le développement durable exige aussi que tous les pays, quel que soit leur niveau de revenu, puissent utiliser et optimiser une vaste gamme d’instruments financiers pour développer leurs stratégies de développement nationales.

On entend souvent dire, à propos du financement du développement, que nous vivons dans une “nouvelle ère : celle du choix”. Ces quinze dernières années, de nouveaux bailleurs de fonds publics et privés ont fait leur apparition sur la scène de la coopération internationale pour le développement ; de nouveaux instruments financiers ont été développés, testés et ont prouvé leur maturité, et davantage de partenariats innovateurs entre entités publiques et privées ont été établis.

Des instruments financiers tels que les mixages prêts/dons, les obligations vertes, les mécanismes de financement par la diaspora, les financements en monnaie locale, le financement basé sur la performance et l’investissement d’impact ont fait leur apparition et gagnent en popularité. Les instruments de mitigation des risques, tels que les garanties et les mécanismes d’assurance contre les catastrophes naturelles, sont de plus en plus courants, notamment en Afrique. Des instruments de prêt permettant de réduire ou d’annuler le service de dette ont également été mis au point pour aider les pays à mieux faire face aux chocs et à l’instabilité.

Si ces évolutions sont positives, cette “nouvelle ère” ne signifie pas nécessairement que leurs retombées profitent à tous.

Le rapport souligne ainsi qu’il reste dificile pour les PMA de tirer profit des opportunités amenées par la diversification et la sophistication du paysage de la finance pour le développement ; leur propre manque de capacités, liée à la perception par les bailleurs de fonds de risques élevés, expliquent notamment ces difficultés.

De nombreux PMA dependent donc toujours fortement de l’Aide officielle au développement (AOD). Et pourtant, nous savons que les ressources domestiques combinées à l’AOD suffiraient à financer les ambitions de l’Agenda 2030. Nous savons aussi que certains PMA sortiront de leur catégorie dans les années qui viennent, et ouvriront la voie à de nouvelles formes de financement du développement.

Il est donc aujourd’hui particulièrement important et opportun d’étudier les moyens dont disposent les PMA – accompagnés dans cette démarche par leurs partenaires au développement – pour exploiter ces nouvelles opportunités de financement et optimiser leur application, renforcer leurs capacités, et minimiser leurs risques de surendettement.

Le rapport que nous lançons aujourd’hui étudie en particulier l’opportunité pour les PMA d’utiliser de récentes innovations, déjà citées ; mais aussi, puisque leurs économies sont vulnérables, les bénéfices que ces pays pourraient tirer d’instruments financiers permettant la diminution – ou l’annulation – du service de dette en cas de choc majeur ou de récession.

Ces outils sont utilisés comme leviers pour récolter des ressources supplémentaires dans le cas d’investissements coûteux tels que les infrastructures ; mais aussi pour répartir les risques financiers entre les différents acteurs d’un même projet. Du Bénin à la Côte d’Ivoire en passant par le Niger, le Sénégal ou le Togo, ces mixages soutiennent par exemple des investissements dans l’énergie durable, et le rapport souligne le potentiel d’intensification de ces succès.

Les financements en monnaie locale, qui permettent à la fois de gérer les risques monétaires et de renforcer le secteur privé local, ont aussi gagné du terrain ces dernières années. Le rapport se penche ainsi sur de nouveaux établissements de prêt en monnaie locale qui, en Afrique, aident à développer le crédit et fournissent une éducation financière aux petits producteurs et agriculteurs dans la zone sub-saharienne. Les donateurs appuient ces efforts en apportant des garanties aux institutions financières locales afin de les prémunir contre les défauts de paiement.

De nombreux PMA ambitionnent de sortir de leur catégorie dans les années à venir. Nous savons cependant que leurs économies resteront vulnérables aux chocs et aux tensions pendant un certain temps. L’un des principaux champs d’action du PNUD consiste à investir dans la réduction des risques et le renforcement des capacités d’adaptation, car tout pays peut être touché à un moment ou à un autre par ces chocs et ces tensions – avec des conséquences parfois graves.

Ma collègue Gail Hurley, qui a participé à la rédaction de ce rapport, évoquera plus en détails tout à l’heure certaines innovations financières mises au point pour réduire les risques, et nous expliquera leur potentiel pour les PMA.

Permettez-moi enfin d’insister sur ce point capital: malgré les opportunités qu’offre la diversification de la finance, il demeure crucial que les PMA poursuivent leurs efforts de mobilisation de ressources domestiques (ainsi que leur utilisation à bon escient), et que les donateurs maintiennent leur engagement d’allouer de 0,15 à 0,2% de leur Revenu National Brut à l’Aide officielle au développement pour les PMA.

Je voudrais remercier pour terminer les équipes du PNUD et de l’AFD pour le travail qu’elles ont investi dans cette importante publication, ainsi que l’Institut du développement durable et des relations internationales à Paris pour ses contributions. Nous espérons que ce rapport continuera d’alimenter les discussions sur les solutions de financement pour les PMA, et nous nous réjouissons à la perspective d’échanger avec vous sur ce sujet vital pour nos partenaires.

Je vous remercie.

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