Helen Clark : première session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD

27 janv. 2014

Déclaration de Mme Helen Clark, Administrateur du PNUD, à la première session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD de 2014 tenue aux Nations Unies, à New York, le 27 janvier 2014 à 10 heures.

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les membres du Conseil d’administration,

Chers collègues et amis,

J’ai le plaisir de vous accueillir à cette première session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD de l’année 2014 et de vous présenter mes vœux pour une bonne et heureuse année.

Je commencerai par féliciter Son Excellence Monsieur Peter Thomson, Représentant permanent de la République des Fidji, de son élection à la présidence du Conseil d’administration du PNUD/UNFPA/UNOPS.

Je féliciterai également de leur élection les Vice-Présidents : pour le groupe des États africains, Son Excellence Monsieur Tuvako Nathaniel Manongi, Ambassadeur, Représentant permanent de la République-Unie de Tanzanie auprès des Nations Unies, pour le groupe des États de l’Europe de l’Est, Monsieur Boyan Belev, Représentant permanent adjoint de la République de Bulgarie, pour le groupe de l’Europe de l’Ouest et des autres États, Monsieur Vincent Herlihy, Premier secrétaire de la Mission permanente de l’Irlande, et pour le groupe des États de l’Amérique latine et des Caraïbes, Monsieur Jonathan Viera, Troisième secrétaire de la Mission permanente de l’Équateur.

Je tiens également à remercier très sincèrement le Président sortant, le Représentant permanent de Djibouti, Son Excellence Monsieur Roble Olhaye, des services dévoués qu’il a rendus au PNUD au cours de l’année écoulée.

Je remercie aussi de leur appui les Vice-Présidents de l’an dernier : Monsieur Eduardo Porretti, ministre, de la Mission permanente de l’Argentine, Monsieur Boyan Belev, Représentant permanent adjoint, de la Mission permanente de la Bulgarie, Monsieur Andy Rachmianto, Ministre-conseiller, de la Mission permanente de l’Indonésie, et Mme Merete Dyrud, Conseillère, de la Mission permanente de la Norvège.

2014 marque la première année de la mise en œuvre du nouveau Plan stratégique du PNUD, qui établit les bases sur lesquelles le Programme deviendra une organisation encore plus focalisée, axée sur les résultats, efficace et efficiente. Je sais gré au Conseil de l’engagement résolu qu’il a manifesté durant l’élaboration du Plan stratégique et je puis l’assurer à présent que nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir pour répondre à vos attentes et en assurer la bonne mise en œuvre.

Nous entreprenons activement des changements structurels, à notre siège de New York ainsi que dans nos centres de services régionaux pour faire en sorte que le PNUD soit à la hauteur de la tâche et en mesure d’appliquer le Plan stratégique et à ce qu’il fasse un usage optimal des ressources qui lui sont confiées. Car ce qui compte, en dernière analyse, c’est la réalisation et l’impact sur le développement au niveau des pays et notre aptitude à apporter une contribution de premier plan au discours du développement mondial. Les changements que nous entreprenons appuieront cette visée, de même que la série d’autres initiatives menées dans le cadre de l’Ordre du jour pour le changement organisationnel, qui ont pour but d’accroître l’efficacité et l’efficience des bureaux de pays.

Nous continuons, par exemple, à nous employer à regrouper les fonctions des services d’appui des bureaux de pays lorsque les circonstances le justifient et à renforcer ces fonctions par l’apport d’appuis accrus des centres régionaux et des sièges. Nous nous attachons également à renforcer les capacités des bureaux de pays en matière de conception, de suivi et d’évaluation des programmes. Je reviendrai plus tard dans mon propos sur la question de l’alignement des programmes de pays sur notre Plan stratégique.

Au cœur de nos travaux de cette année, se situe aussi le soutien que nous apportons à la conception du Programme de développement pour l’après-2015 et à l’organisation du sommet mondial sur les changements climatiques, convoqué par le Secrétaire général pour le mois de septembre.

Dans ma déclaration d’aujourd’hui, je traiterai de ces processus mondiaux, de la mise en œuvre du Plan stratégique et du changement organisationnel, de notre volonté de transparence et de questions relatives à la coordination des activités de développement du système des Nations Unies.

Réponses du PNUD aux crises actuelles

Mais permettez-moi d’évoquer pour commencer le rôle du PNUD dans la réponse aux crises actuelles au Soudan du Sud, en République centrafricaine et en Syrie ainsi qu’à la destruction causée par le super-typhon Yolanda aux Philippines.

Le conflit qui perdure en Syrie et les événements récents troublants survenus au Soudan du Sud et en République centrafricaine illustrent à quel point les conflits violents sont dévastateurs pour le développement.

Au Soudan du Sud, des centaines de milliers de gens en ont subi les répercussions  : des foules innombrables ont fui le danger,  les pertes de vie ont été très lourdes et le nombre d’atteintes aux droits de l’homme des plus élevés. Il faut espérer que l’accord de cessez-le-feu conclu récemment à Addis-Abeba mettra fin aux combats, favorisera la guérison et ouvrira la voie à la réconciliation et au relèvement.

À cette fin, le PNUD appuie la Commission de paix et de réconciliation du Soudan du Sud depuis un certain temps dans les efforts qu’elle déploie pour promouvoir le dialogue et la paix, notamment au niveau communautaire. Nous estimons que l’élaboration de l’État doit se faire en parallèle à l’établissement de la paix et que les appuis voulus doivent être offerts au niveau local et communautaire, non seulement pour assurer les prestations de services locaux mais aussi pour entretenir un dialogue intergroupe susceptible de faciliter l’instauration d’une paix et d’un développement durables. Il s’agit à présent d’appliquer de nombreuses autres mesures aux fins de réparer les graves fractures manifestes dans le pays.

En République centrafricaine, il faut une cessation complète des hostilités pour pouvoir répondre aux immenses besoins humanitaires causés par la crise et pour reprendre le long périple vers un avenir meilleur auquel aspirent les populations. Ici aussi,  les communautés et la nation déchirées par la violence ont grand besoin de guérison, de réconciliation et de relèvement. La récente élection d’un nouveau président intérimaire par le Conseil national de transition est porteuse de réelles possibilités d’évolution vers l’instauration d’un régime constitutionnel, de l’État de droit et du développement. Le PNUD a considérablement accru ses capacités programmatiques et opérationnelles en RCA par le biais de l’application d’un plan SURGE, qui lui a permis d’accroître son appui en faveur des efforts humanitaires et de lancer une passerelle avec un relèvement rapide, notamment dans les domaines de la protection communautaire et du renforcement de la cohésion sociale.

Les crises qui ont frappé le Soudan du Sud et la République centrafricaine ont exigé une riposte humanitaire résolue de la part des Nations Unies ainsi que des autres partenaires. Le PNUD continuera d’œuvrer conformément à son mandat pour appuyer un relèvement aussi précoce que possible en répondant aux besoins immédiats de post-conflit, en aidant à renforcer la résilience, à favoriser la cohésion sociale et à promouvoir l’instauration de la paix et de la stabilité dans le long terme, ingrédients indispensables d’un développement soutenu.

Quant à la Syrie, les dimensions humanitaires des problèmes ont été reconnues dès le début de la crise, mais l’on convient aussi très généralement à présent qu’il s’agit également d’une crise de développement qui touche le pays ainsi que ses voisins. Ce message a été émis clairement par les pays touchés par la crise, lors de la conférence d’annonces de contributions dite de Koweït II le 15 janvier. Il est estimé que durant le conflit, la Syrie est revenue en arrière de 35 ans en matière de développement humain, plus de la moitié de sa population - 12,6 millions de personnes - vivant aujourd’hui dans la pauvreté et 4,4 millions dans la pauvreté extrême. Les pays voisins hébergent aujourd’hui plus de 2,3 millions de réfugiés, ce qui impose un fardeau considérable sur leurs services de base, leur infrastructure, leur économie et leur société.

Le PNUD applique dans sa réponse à la crise une démarche axée sur le renforcement de la résilience qui se concentre sur les besoins de moyens d’existence immédiats et les efforts de relèvement des communautés affectées, en accordant une place particulière aux groupes vulnérables. Nous procédons pour ce faire par le biais de plans de stabilisation dirigés par les autorités nationales et de mécanismes de coordination, et en coopération avec des partenaires locaux. Nous avons accru notre présence, notre leadership et nos capacités dans la sous-région en renforçant les bureaux de pays et en établissement un centre sous-régional spécialisé à Amman. Je suis encouragée par le niveau de soutien que nous offrent nos partenaires pour ce travail d’une importance vitale.

Je tiens à souligner le fait que lors des situations de conflit, le personnel du PNUD est exposé à de graves risques de sécurité.  La sûreté et la sécurité de notre personnel sont pour nous d’une importance primordiale et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les garantir l’une et l’autre.

En novembre dernier, le typhon Yolanda a infligé des dégâts massifs aux Philippines. Il a coûté la vie à quelque 6 200 personnes (estimation), déplacé 4,1 millions de personnes et détruit près de 1,1 million de maisons.

Le PNUD a lancé son intervention d’urgence dans de très brefs délais, en coordination avec le gouvernement philippin et diverses organisations sœurs, et a mobilisé plusieurs milliers de travailleurs affectés par le typhon pour procéder au déblayage des gravats et entreprendre des actions de relèvement. L’objectif visé est de d’offrir un total d’environ 160 000 emplois à court terme au cours des 12 mois à venir. Nous avons également apporté notre concours à la préparation d’une évaluation des besoins post-catastrophe, notamment par le biais d’un échange d’expérience Sud-Sud de haut niveau entre l’Indonésie et les Philippines.

Nous avons élaboré un programme d’une durée de trois ans, doté de 65 millions de dollars, axé sur le renforcement de la résilience aux Philippines. Nous sommes reconnaissants envers le Japon, la Russie, l’Équateur et le Koweït d’avoir contribué à notre riposte à la catastrophe et nous espérons que d’autres partenaires internationaux suivront leur exemple.

Malgré les différences que présentent les crises dans les quatre pays que je viens de mentionner, de par leur nature, leur ampleur et leur contexte, toutes ont infligé des revers au développement des pays concernés. Le mandat du PNUD qui consiste à aider les pays à accroître la paix, la justice et la résilience est un mandat vital, tant pour le présent que pour l’avenir.

Programme de développement pour l’après-2015

Le texte issu de l’Événement spécial sur les OMD qui a eu lieu en septembre dernier dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unis est significatif par l’accent qu’il met sur l’accélération de la réalisation des OMD et par ses apports à l’élaboration d’un programme de développement de l’après-2015. Il reconnaît les liens qui existent entre l’élimination de la pauvreté et la promotion du développement durable et inclut dans ses résolutions la nécessité pour le nouveau programme de promouvoir aussi « la paix et la sécurité, la gouvernance démocratique, l’état de droit, l’égalité entre les sexes et les droits de la personne pour tous. »

Le PNUD et l’ensemble du Groupe des Nations Unies pour le développement sont déterminés à appuyer les États Membres dans les activités qu’ils entreprendront pour arrêter les détails du nouveau programme, en contribuant leurs connaissances expertes dans les domaines de la pensée et de la pratique du développement ainsi qu’en continuant d’injecter dans les débats les perspectives des populations du monde.

Quelque deux millions d’habitants de plus de 190 pays ont aujourd’hui fait connaître leurs priorités pour le nouveau programme, par le biais de consultations nationales et thématiques ainsi qu’en établissement un classement de ces priorités, en ligne et hors ligne dans le cadre de l’enquête MY World, enquête des Nations Unies pour un monde meilleur. Je crois savoirs que les retours d’information ont été bien reçus par le groupe de travail ouvert sur les objectifs de développement durable de portée mondiale et par le groupe d’experts sur le financement du développement durable.

Le Secrétaire général a participé en septembre au lancement du rapport A Million Voices: The World We Want [Un million de voix : le monde que nous voulons]. Il a été des plus encourageants de noter, dans le Document final de la manifestation spéciale consacrée au bilan de l’action entreprise pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, la présence de cet énoncé : « Dans nos délibérations, nous avons tenu compte de l’avis des peuples du monde et des préoccupations et priorités qu’ils ont exprimées. »

Le PNUD maintient son soutien en faveur de l’accélération de progrès vers les OMD. Plus de cinquante pays appliquent actuellement le Cadre d’accélération de la réalisation des OMD pour apporter des mesures correctives dans les domaines où la réalisation d’objectifs et de cibles marque un temps de retard. L’appui accordé par le Banque mondiale à ce travail est très apprécié.

Notre récent rapport intitulé Accelerating Progress, Sustaining Results [Accélérer les progrès, maintenir les résultats] présente les leçons à retenir des efforts d’accélération de la réalisation des OMD dont il faudrait tenir compte dans la conception et l’application du programme et des buts et cibles de développement durable pour l’après-2015. Le texte de ce rapport est disponible aujourd’hui à l’arrière de notre salle de réunion.

Sommet 2014 du Secrétaire général sur le changement climatique

En parallèle aux débats sur les objectifs de développement durable et l’après-2015, s’inscrivent les négociations sur la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui doivent également aboutir à la fin 2015.

Le PNUD accorde tout son appui au Sommet 2014 du Secrétaire général sur le changement climatique, qui se tiendra en septembre. Le but visé est d’amener les autorités gouvernementales et les autres parties prenantes à indiquer quelles mesures énergiques supplémentaires elles sont disposées à prendre de manière à éviter une élévation de la température mondiale de plus de deux degrés Celsius et à soutenir l’adaptation aux chocs climatiques notables qui se font déjà sentir.

Le PNUD et ses partenaires du REDD – la FAO et le PNUD – en coopération avec la Banque mondiale, concentrent leurs efforts sur la présentation de produits concrets lors du Sommet sur le programme de la REDD+ visant à réduire le déboisement et la dégradation forestière.

Progrès dans l’application du Plan stratégique

Les travaux que j’ai décrits dans les domaines de la réponse aux crises et de la conception et de la mise en œuvre de grands programmes mondiaux s’inscrivent dans le droit fil de notre nouveau Plan stratégique. Nous avons également lancé plusieurs initiatives visant à inscrire le Plan systématiquement et substantivement dans nos travaux.

En voici quelques exemples précis :

  • Pour être certains que les objectifs du Plan seront atteints, les programmes mondiaux et régionaux que nous soumettons au Conseil lors de la présente session ont été conçus spécifiquement pour se compléter les uns les autres. L’adaptation de ces programmes entre eux, bien qu’imparfaite, est beaucoup plus étroite que par le passé et nous surveillerons de près leur mise en œuvre à cet égard. Les deux séries de programmes portent sur un ensemble commun de problèmes et, conjointement, contribuent à doter le PNUD d’une masse critique de programmes au niveau national, régional et mondial dans les domaines d’intervention relevant de son mandat. Ceci crée un corpus mondial de connaissances et d’expériences auquel nous pourrons puiser pour induire un changement transformationnel favorable au développement et que nous pourrons partager par le biais de la Coopération Sud-Sud et triangulaire.
  • Tout en respectant les priorités nationales et les accords de niveau local, les programmes de pays sont alignés sur le Plan stratégique plus systématiquement qu’ils ne l’étaient pas le passé. Ce processus se poursuivra tout au long de l’année 2014 et, si besoin est, jusqu’en 2015. À titre de préparation, tous les bureaux de pays ont participé à une enquête pour nous aider à définir l’ampleur de la tâche et les problèmes spécifiques à traiter. Nombre de bureaux de pays signalent la présence d’opportunités intéressantes favorables à l’élaboration de programmes et de partenariats plus solides du fait de leur alignement sur le Plan stratégique.
  • Les Cadres stratégiques du Fonds d’équipement des Nations Unies (UNCDF) et du Programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) sont en cours de préparation sous l’égide du Plan stratégique. Le PNUD œuvre avec l’UNCDF et le Programme des VNU pour déterminer les points sur lesquels une coopération renforcée pourrait nous aider à atteindre nos buts partagés. Le PNUD a en outre largement collaboré à la conception globale des Cadres stratégiques de ces deux programmes associés. En conséquence, nous nous trouvons collectivement mieux positionnés par que par le passé pour apporter de meilleurs résultats pour les pays de programme.

Nos efforts avec le programme des VNU ont d’ores et déjà produit de bons résultats. Nous avons convenu des principes qui guident notre collaboration ainsi que des priorités partagées de programmes dans les grands domaines auxquels nos deux organisations s’intéressent. Nous sommes déterminés à investir conjointement en faveur d’initiatives prometteuses. Nous avons convenu de diverses façons de poursuivre notre dialogue stratégique pour guider nos travaux au cours de la période couverte par le Plan stratégique. Nous savons que notre interaction accrue ne pourra que produire de meilleurs résultats. Cette façon de travailler représente une amélioration notable par rapport aux pratiques passées.

  • Dans le droit fil de notre Plan stratégique, nous continuons de renforcer notre promotion de la Coopération Sud-Sud et triangulaire.

Deux principaux points d’entrée nous sont offerts dans ce domaine, du fait d’abord que nous hébergeons le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud et également de par la vaste portée de nos programmes et de nos activités de pays. Ces derniers nous permettront de fournir à la coopération Sud-Sud un bras opérationnel mondial qui sera également accessible pour l’ensemble du système des Nations Unies pour le développement, ainsi que l’envisage notre nouveau Plan stratégique. Ces deux points d’entrée se complètent et s’appuient mutuellement.

Cette semaine, le Conseil d’administration débat du nouveau Cadre stratégique pour le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud. Cet instrument vise à renforcer les capacités du Bureau à s’acquitter de ses fonctions normatives ainsi que coordinatrices. Le Bureau a joué et continuera de jouer un rôle important en tant que point de réunion des activités du système des Nations Unies à l’appui de la coopération Sud-Sud. Son rôle stratégique pour l’élaboration de politiques mondiales et applicables à l’ensemble du système et pour la cohérence dans ce domaine est apprécié par les organismes des Nations Unies et les États Membres.

Le PNUD entreprend un examen global de ses propres expériences de programme à ce jour avec la Coopération Sud-Sud et triangulaire, dans le cadre duquel il élabore la nouvelle approche de cette coopération qui est énoncée dans le Plan stratégique et il identifie les possibilités pratiques qui s’offrent à lui d’intensifier la collaboration. Ce travail viendra informer une nouvelle stratégie organisationnelle sur la Coopération Sud-Sud et triangulaire. Le but visé est de réaliser cette année des progrès tangibles dans l’établissement du cadre mondial opérationnelle envisagé pour la Coopération Sud-Sud et triangulaire. À cet égard, nous accueillerons avec une grande satisfaction les manifestations d’intérêt et les engagements des pays de programme ainsi que des pays donateurs, qui sont essentiels pour nous permettre d’accélérer et d’amplifier nos travaux dans cet important domaine.

  • Aux fins d’appuyer l’application du Plan stratégique, nous avons entrepris d’importants changements structurels au siège ainsi que dans les centres de services régionaux. Il en résultera un emploi plus efficace des ressources et l’apport d’une proportion accrue des dépenses du PNUD pour l’exécution des programmes par les bureaux de pays, ainsi qu’une amélioration de l’appui du siège et des centres de services régionaux dans ce sens. À ce que je sais, le Conseil a été récemment informé des détails du programme de changement.

Depuis que j’ai annoncé la direction générale de ces changements en octobre, chaque bureau du PNUD s’emploie à planifier leur réalisation en ce qui le concerne. L’Administratrice associée Rebeca Grynspan préside un groupe de la gouvernance qui supervise le processus, de manière à s’assurer que les changements effectués favoriseront bien l’application du Plan stratégique, que leur mise en œuvre sera cohérente dans l’ensemble de l’organisation et que les changements prévus soient instaurés en toute intégrité et équité. Une équipe centrale de mise en œuvre a été créée pour appuyer et coordonner la mise en œuvre des changements, qui sera dirigée par les chefs des bureaux. Il a été formé un comité de liaison du Conseil du personnel sur les changements structurels, qui continuera de se réunir périodiquement pour débattre des questions relatives à la mise en œuvre, en particulier dans l’optique de leur impact sur le personnel.

Notre calendrier prévoit l’instauration de changements notables cette année, notamment le transfert d’une part accrue de notre présence hors de New York vers nos centres régionaux, transfert pour lequel l’été devrait constituer une période opportune. La mise en œuvre des changements se poursuivra jusqu’en 2015.

Je sais qu’une telle entreprise est source de stress et de difficultés pour le personnel et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour atténuer ce stress. Nous nous attacherons dans toute la mesure du possible à faire en sorte que la cadence et le séquençage des activités n’affectent pas notre capacité à appliquer le Plan stratégique et à fournir nos services aux pays de programme. Il est impératif, toutefois, que nous procédions rapidement à la mise en œuvre du programme de changement.

Transparence et responsabilisation

Le PNUD a été classé premier parmi les organisations multilatérales pour sa volonté de transparence, par l’ONG Publish What You Fund [Publiez ce que vous financez]. Nous publions davantage d’informations sur nos projets que jamais auparavant par le biais de notre portail de transparence, open.undp.org. Ceci, allié à notre adoption des Normes comptables internationales pour le secteur public (normes IPSAS), nous a aidés à fournir des rapports financiers plus complets et plus exacts.

Le PNUD est membre fondateur de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IATI) et a été le co-hôte de ses travaux l’automne dernier.  Cette semaine, à Montréal, grâce au généreux soutien du gouvernement du Canada, l’IATI tient sa réunion technique annuelle, pour élargir l’ensemble mondial de normes de transparence de l’aide. Le PNUD propose l’ajout aux normes d’une « extension des Nations Unies » de manière à faciliter la présentation de rapports comparables de la part du système des Nations Unies.

Notre politique de divulgation publique de tous les rapports d’audit internes démontre à tous que les travaux du PNUD font l’objet d’analyses rigoureuses et indépendantes. Lorsque des insuffisances se font jour, la direction prend des mesures appropriées. À ce jour, nous avons publié un total de 133 rapports d’audit internes.

Durant la présente session, le Conseil aura l’occasion d’examiner le rapport du PNUD sur l’état de l’application des recommandations du Comité des commissaires aux comptes de l’ONU pour l’année achevée en 2012. Le rapport d’audit est affiché dans son intégralité sur le site Web du Comité des commissaires aux comptes et sur le site Web public du PNUD.

Ainsi que j’en ai fait mention lors de la réunion du Conseil de septembre, le Comité des commissaires aux comptes de l’ONU a audité les états financiers du PNUD pour 2012, première année d’application des normes IPSAS, et a émis une opinion sans réserve. Le PNUD ne prend pas ce résultat à la légère et il s’attache résolument à apporter des améliorations dans les domaines de gestion prioritaires identifiés par l’audit. Je remercie le Comité des commissaires aux comptes de l’ONU, le Comité consultatif pour les audits et le Conseil d’administration de leurs apports constructifs à cet égard, ainsi que les fonctionnaires du PNUD de par le monde qui ont déployé des efforts inlassables pour assurer le respect de hautes normes en matière d’audits et de questions de gestion fiduciaires y relatives.

Mener la réforme de l’ONU

Le PNUD est déterminé à veiller à l’application de la résolution de l’examen quadriennal complet de 2012. Les membres du GNUD et le DESA ont élaboré un cadre de suivi qui servira à surveiller les progrès accomplis à cet égard. Ce cadre permet d’assurer l’application d’une approche globale, fondée sur les faits et rationnalisée, alignée sur les plans stratégiques des fonds et des programmes. Nous avons, avec l’UNFPA et l’UNOPS, communiqué au Bureau du Conseil d’administration un plan de route relatif aux mesures à prendre concernant les recommandations issues de l’EQC, ce qui exigera une collaboration accrue avec le Conseil à mesure que nous progresserons vers leur pleine application.

Au nombre des progrès réalisés dans la réforme des Nations Unies figurent notamment :

  • De nouvelles procédures opérationnelles standard pour les pays qui souhaitent adopter le modèle Unis dans l’action. Le GNUD émet des orientations pour l’application de ces procédures au niveau des pays. Il a été formulé un Plan d’action pour le siège qui précise les domaines prioritaires devant être pris en considération au siège et par les organismes responsables.
  • Le nouveau Fonds pour l’obtention de résultats tous ensemble. Devenant pleinement opérationnel cette année, le Fonds sera concentré sur l’obtention de résultats, les allocations fondées sur la performance et le renforcement de la responsabilisation. Il contribuera à accroître la prévisibilité du financement des programmes des Nations Unies dans les pays appliquant le modèle Unis dans l’action. Nous remercions tout particulièrement la Norvège qui a déjà effectué une généreuse contribution au Fonds et nous espérons que d’autres donateurs envisageront de suivre son exemple.
  • S’agissant de la réforme des opérations, nous sommes déterminés à continuer d’œuvrer pour réduire les coûts administratifs et de transaction, y inclus par la consolidation de services d’appui communs lorsque cette approche est économique. Des projets pilotes ont été lancés et des centres de services pleinement intégrés ont été établis au Brésil, à Copenhague et au Cap-Vert. Ces initiatives promettent d’obtenir des économies importantes grâce à des gains d’efficacité et à des réductions des coûts de transaction.
  • Nous continuons d’améliorer le fonctionnement du système des coordonnateurs résidents, tâche prioritaire, notamment par l’inclusion des nouveaux cours d’initiation qui préparent les nouveaux coordonnateurs résidents à s’acquitter de leurs multiples fonctions.
  • Ce mois-ci, a commencé l’application du partage des coûts à l’échelle du système pour environ 27 % des coûts du système des coordonnateurs résidents entre les entités membres du GNUD.

Dix des dix-huit entités membres du GNUD qui doivent contribuer à ce partage des coûts, y inclus le Secrétariat des Nations Unies, ont confirmé leur intention de fournir leur pleine quote-part en 2014 ; quatre entités ont fait savoir qu’elles commenceraient par un apport de montant réduit; et quatre autres, dont le Secrétariat des Nations Unies n’ont pas encore confirmé leur participation.

Étant donné que toutes les entités membres du GNUD ne contribuent pas au partage des coûts, il y aura cette année et l’année suivante un déficit de financement. En conséquence, le GNUD recherche des contributions d’États Membres pour combler le déficit jusqu’à ce que le système de partage des coûts soit pleinement opérationnel en 2016.

Conclusion

L’année 2014 sera très pleine pour le PNUD, qui met en application son nouveau Plan stratégique et son budget intégré, affine ses structures organisationnelles, contribue au débat mondial sur le développement et répond aux besoins des pays de programme, en accordant une place toute particulière à ceux qui sont gravement touchés par les conflits ou les catastrophes naturelles.

Nous remercions le Conseil d’administration du solide soutien qu’il continue d’accorder à notre travail et nous félicitons à l’avance de coopérer étroitement avec lui au cours de l’année à venir.

L'administrateur du PNUD
Helen

Helen Clark est Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement et ancien Premier ministre de la Nouvelle-Zélande.

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