Déclaration de M. Adama Dieng et Mme Jennifer Welsh sur la situation au Soudan du Sud

24 déc. 2013

New York, le 24 décembre 2013

Les conseillers spéciaux du Secrétaire général pour la prévention du génocide et pour la responsabilité de protéger, Adama Dieng et Jennifer Welsh, se sont déclarés profondément inquiets de la montée des violences au Soudan du Sud et de voir des civils pris pour cible. «  Nous sommes particulièrement préoccupés par le caractère ethnique qu’auraient eu les attaques, notamment à Djouba et à Jonglei, et par le risque d’une escalade des violences intercommunautaires  », ont déclaré les deux conseillers spéciaux. «  Les attaques dirigées contre les civils et contre le personnel des Nations Unies, comme celles qui ont été commises à Djouba et à Jonglei, sont susceptibles de constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité  », ont-ils ajouté.

Depuis son accession à l’indépendance en juillet 2011, le Soudan du Sud est le théâtre de vagues de violences intercommunautaires et d’attaques de représailles liées à la lutte pour le pouvoir qui se joue au niveau de l’État fédéral et des États fédérés. Le renvoi par le Président du Vice-Président Riek Machar, de plusieurs ministres et du Secrétaire général du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), a renforcé les divisions ethniques et exacerbé les tensions politiques dans le pays. 

Le 15 décembre, des affrontements ont éclaté dans la ville de Djouba, la capitale du pays, entre les factions de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) alliées au Président Salva Kiir et les factions fidèles à l’ancien Vice-Président Riek Machar. Depuis, les combats auraient gagné les États de Jonglei, des Lacs, de l’Unité, du Haut-Nil et de Warrap. Des centaines de personnes ont été tuées, certaines en raison de leur appartenance ethnique. Les violences ont également provoqué le déplacement d’environ 62 000 personnes, dont 45 000 ont cherché refuge dans les locaux de l’ONU à Djouba, Bor et Bentiu.

Les conseillers spéciaux ont exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue et à respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme. En particulier, ils ont appelé les supérieurs hiérarchiques à envoyer un message clair pour éviter que les individus ou les groupes ne soient la cible d’attaques fondées sur l’origine ethnique ou l’appartenance tribale. «  Les attaques de ce type peuvent être le prélude à des crimes de plus grande ampleur  », ont averti Adama Dieng et Jennifer Welsh. Par ailleurs, les deux conseillers spéciaux ont exhorté le Président Salva Kiir et l’ancien Vice-Président Riek Machar à engager des pourparlers de paix, appelé à la cessation immédiate des violences et préconisé la réconciliation entre les communautés.

Il incombe au Gouvernement du Soudan du Sud de protéger toutes les populations du pays, quelle que soit leur origine ethnique ou leur affiliation politique. Face à cette crise politique, les commandants de la SPLA et les dirigeants politiques doivent agir immédiatement pour assurer la protection de toutes les populations. Quant aux acteurs internationaux, il leur incombe d’aider le Soudan du Sud à empêcher que les exactions se poursuivent. Dans ce contexte, les deux conseillers spéciaux se sont félicités de l’action que mènent l’Autorité intergouvernementale pour le développement, avec le concours de l’Union africaine, et les membres de la communauté internationale pour résoudre la crise politique et mettre un terme aux violences.

Pour toute question, les journalistes sont invités à s’adresser à :

Mario Buil-Merce, Bureau de la prévention du génocide et de la responsabilité de protéger :

Tél.: +1  917  367  5001; buil-merce@un.org

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M. Adama Dieng est Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide.


Mme Jennifer Welsh est Conseillère spéciale
des Nations Unies pour la responsabilité de protéger.