Helen Clark: Rapport de la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD

05 septembre 2012

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les membres du Conseil d’administration,

Collègues et amis,

Je suis heureuse de vous accueillir à cette deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD.  

Nous avons devant nous, ici à l’ONU à New York, une période assez chargée, l’examen quadriennal complet des activités de développement étant parmi les questions prioritaires devant être passées en revue par les États Membres. Le PNUD se réjouit aussi à la perspective de contribuer aux travaux de la Réunion de haut niveau sur l’état de droit, qui aura lieu le mois prochain à l’Assemblée générale.

Le programme du Conseil cette semaine suit la procédure normale de la deuxième session ordinaire. Les nombreuses questions qui doivent être examinées et les décisions qui doivent être prises ont d’importantes incidences sur l’action du PNUD, en particulier pour le prochain Plan stratégique.

Dans ma déclaration, je vais :

  • Analyser le contexte de développement dans lequel opère le PNUD, notamment les résultats de Rio+20, les travaux sur l’agenda de développement pour après 2015 et le processus de l’examen quadriennal complet
  • Examiner l’action en cours concernant le prochain Plan stratégique, le processus correspondant, ainsi que le budget intégré et les arrangements de programmation
  • Présenter une mise à jour des questions de transparence et d’obligation de rendre des comptes, ainsi que du financement du PNUD.

Conformément à notre volonté d’innover et de communiquer, je suis heureuse d’annoncer que cette session sera transmise sur le web et tweetée en direct. Nous effectuons aujourd’hui notre premier Marathon mondial sur Twitter – plus de 15 de nos bureaux de pays ainsi que des centres régionaux sont en train de tweeter aujourd’hui grâce au mot-clic #UNDPinAction sur les résultats obtenus de leurs projets durant ces 12 derniers mois.

Le contexte de développement dans son ensemble

Rio+20


Ainsi que je l’ai noté précédemment et à diverses occasions, l’année 2012 offre certaines possibilités appréciables de mettre sur pied l’agenda de développement.

Parmi les plus importantes il convient de mentionner Rio+20, dont les résultats ont reçu un accueil mitigé. Je comprends bien la déception de beaucoup – tant au sein des gouvernements que de la société civile.

Cependant, ainsi que je l’ai  indiqué au Conseil d’administration immédiatement après Rio+20, déjà avant son commencement aucun aboutissement du Sommet ne semblait possible.

En fin de compte, le document des résultats a traité de manière approfondie les questions relatives au développement durable. S’il fait peu cas de décisions fermes, le document est parfaitement cohérent s’agissant de l’approche ‘triple gagnant’ de la conception des politiques qu’encourage le PNUD, et nous saluons l’accent qui a été mis sur la dimension sociale – ou axée sur la personne – du développement durable.

Le PNUD estime qu’une action dans les domaines suivants est importante après Rio+20 :

  • Le document des résultats prend note de l’initiative du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Énergie durable pour tous, et déclare que les États Membres sont “tous résolus à agir pour faire de l’énergie durable une réalité”. Le PNUD a un rôle essentiel à jouer en faisant progresser cette initiative dans les 55 pays qui à ce jour se sont engagés dans cette voie.
  • À Rio, le Secrétaire général a lancé un ambitieux défi qu’il espère relever de son vivant : le Défi faim zéro, éliminer la faim dans le monde. Ceci ne peut être réalisé que grâce à des actions concertées et transversales, analogues à celles qui ont été prônées dans le Rapport 2012 sur le développement humain pour l’Afrique sur la sécurité alimentaire, ou qui ont été mises en œuvre dans le Cadre de l’accélération des OMD. Cette dernière initiative s’avère utile pour surmonter les obstacles qui s’opposent à la sécurité alimentaire en Afrique. À la demande du Secrétaire général, le PNUD étudie avec d’autres entités du système des Nations Unies comment résoudre le problème actuel de l’augmentation des prix des produits alimentaires.
  • Le document des résultats de Rio+20 reconnaît la nécessité de “mesures plus larges du progrès, en complément du produit intérieur brut (PIB), l’idée étant que les décisions prises reposent sur des informations plus complètes”. Il prie l’ONU de lancer “un programme de travail dans ce domaine en faisant fond sur les initiatives existantes” afin de to mettre au point de telles mesures.


Le PNUD contribuera à cet effort en faisant fond sur une expérience de 21 ans du calcul de l’Indice du développement humain (IDH) – en soi une plus large mesure du progrès. Nous étudions aussi les moyens de corriger cet index pour tenir compte de la nécessaire durabilité.

  • Diverses approches ‘triple gagnant’ ont été diffusées à Rio+20. Le PNUD est pleinement acquis à la tâche de partager l’expérience et les méthodes optimales relatives à ces approches, notamment par la coopération Sud-Sud et l’action du Centre mondial Rio+20 pour le développement durable.
  • Rio+20 a bien souligné l’importance d’abandonner progressivement les subventions relatives aux combustibles fossiles et ainsi d’encourager l’utilisation de combustibles propres. L’élimination de ces subventions libère aussi des fonds considérables qui peuvent être affectés à des usages plus productifs par les gouvernements, notamment une protection sociale effective pour atténuer l’impact sur les pauvres de la suppression des subventions. Le PNUD et d’autres acteurs du système des Nations Unies ont une expérience considérable qu’ils sont prêts à partager pour concevoir une protection sociale.
  • L’importance des engagements volontaires – qui s’élèvent à un demi-trillion de dollars – pris à Rio, la présence de dizaines de milliers de participants venus à titre privé, et la participation de millions de personnes par le biais des médias sociaux ont fait de ce Sommet de l’ONU une manifestation sans précédent. Pour aller de l’avant, il faut continuer à mobiliser cet enthousiasme autour d’actions concrètes visant un avenir plus durable, et faire en sorte que les engagements volontaires soient suivis.
  • Rio+20 a aussi établi un processus pour des objectifs de développement durable, qui doivent être conformes au programme mondial de développement pour après 2015. Un groupe de travail indéterminé, qui sera établi par l’Assemblée générale, animera les travaux relatifs à ces objectifs.


Le programme de développement post- 2015

Concevoir un tel agenda n’est pas chose simple, toute une série de travaux devant y contribuer. Le PNUD y participera de diverses manières, notamment dans le cadre de son rôle de co-président, avec le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l’ONU, de l’équipe spéciale des Nations Unies chargée du programme de développement post- 2015. Le premier rapport de l’équipe, intitulé “Réaliser l’avenir que nous voulons”, a été diffusé par le Secrétaire général. Il s’agit d’un premier apport à l’intention des États Membres afin qu’ils examinent les objectifs du développement durable et le programme de développement post-2015, tel qu’il est convenu dans le document des résultats.  

Le rapport recommande :

  • Une conception de l’avenir fondée sur les valeurs essentielles des droits de l’homme, de l’égalité et de la durabilité
  • L’organisation du programme selon quatre dimensions conformes à la Déclaration du Millénaire, sur lesquelles des objectifs peuvent être élaborés : 1) développement social solidaire ; 2) développement économique solidaire; 3)  durabilité environnementale ; et 4) paix et sécurité
  • La détermination de ceux qui seront les ‘facilitateurs du développement’, en laissant l’espace voulu pour la conception de politiques nationales et l’adaptation aux situations locales
  • Un programme véritablement mondial avec des responsabilités partagées par tous les pays.


Ces dernières semaines, le Secrétaire général a fait connaître le nom des membres du   groupe de haut niveau de personnalités éminentes qu’il a établi dans le cadre du programme de développement post-2015. Le groupe a pour mandat de concevoir un programme ambitieux tout en étant pratique, qui sera présenté aux États Membres l’an prochain. Le Secrétaire général a accepté l’offre du PNUD d’accueillir dans ses locaux le secrétariat du groupe, ainsi que ses services de gestion qui faciliteront les premiers travaux du groupe.

Le PNUD collabore également avec tout le Groupe des Nations Unies pour le développement (GNUD) dans les domaines suivants :

  • Organisation de consultations sans exclusive dans plus de 50 pays sur le programme post-2015 pour assurer une large participation
  • Organisation de plus de neuf consultations thématiques, allant de la gouvernance à la sécurité alimentaire, domaines importants pour cadrer le programme de développement post-2015
  • Préparation de documents de travail et de notes d’information pour étoffer et stimuler le débat.


Ainsi que je l’ai indiqué plus haut, il s’agit là d’un processus complexe. Le PNUD cherche à créer des liens entre les divers ‘rouages’, de sorte que toutes les parties mobiles de ce puzzle géant puissent se concerter pour mettre au point un agenda de développement post-2015 qui reflète véritablement une conception commune de l’avenir.  

L’examen quadriennal complet des activités de développement

Les négociations qui auront lieu durant les prochains mois au sujet de l’examen quadriennal complet s’inspireront de Rio+20 et des consultations sur le programme de développement post-2015. Le rapport du Secrétaire général sur l’examen quadriennal complet est une ressource utile pour les États Membres qui veulent négocier la résolution.
 
Il me semble qu’aujourd’hui, dans un environnement mondial si plein d’enjeux, il est plus important que jamais d’avoir un système des Nations Unies efficace dans le domaine de développement, et sensible aux besoins des pays. Plusieurs de ces enjeux ont bien été résumés par Christine Lagarde du FMI avant Rio+20, lorsqu’elle a évoqué la conjugaison toxique des revenus en baisse, de l’inégalité croissante et de la dégradation des écosystèmes. Il faut y ajouter les guerres et les conflits armés actuels, qui limitent les perspectives de développement de beaucoup. Au système des Nations Unies pour le développement, nous avons un rôle unique à jouer pour gagner ces enjeux. L’examen quadriennal complet doit nous donner le mandat et l’appui nécessaires pour que nous puissions jouer ce rôle.

J’espère que les États Membres saisiront cette occasion pour réaffirmer le rôle unique et l’avantage comparatif, basés sur ses mandats normatifs et opérationnels, du système des Nations Unies pour le développement. Nous aidons les pays à traduire les valeurs, principes et normes des Nations Unies en réalités pour leur population, dans leur propre contexte national. L’universalité, la légitimité, la neutralité politique et la capacité de réunir qui nous qualifient nous donnent une force unique.

L’examen quadriennal complet doit aussi contribuer à renforcer l’appropriation nationale du développement, notamment en s’appuyant sur l’expérience des projets pilotes ‘Unis dans l’action’, sur les leçons pertinentes tirées de leur évaluation, et sur les résultats des deux conférences intergouvernementales récentes de Tirana et de Montevideo.

Au PNUD, nous sommes pleinement conscients de l’importance croissante de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, ainsi que des méthodes de développement entraînées par le Sud, notamment par le biais de la création de capacités et du partage de la connaissance. Il est important que, globalement, le système fasse une place à la diversité croissante des acteurs du développement et trouve les moyens de travailler avec eux, conformément aux priorités nationales. Il faut faire un plus grand usage de nos mécanismes de coordination existants pour encourager la collaboration au sein des pays. À cet effet, les équipes régionales du GNUD s’efforcent constamment d’aider les équipes de pays dans leurs opérations au niveau des pays.

Les instruments et les structures dont dispose le système des Nations Unies pour le développement, avec ses nombreux clivages s’agissant d’obligation de rendre des comptes, de financement et de gouvernance, constituent des entraves à notre façon de travailler.

Le PNUD collabore étroitement avec les organismes partenaires au sein du GNUD pour trouver de meilleurs moyens de lever ces obstacles, et de donner les moyens au système des Nations Unies pour le développement d’apporter effectivement son action, de manière plus cohérente et plus efficace.

Il sera important d’appliquer pleinement le cadre de gestion et de responsabilisation, et parallèlement : de simplifier les instruments des programmes de pays et la procédure d’approbation ; d’harmoniser au sein des organismes du GNUD les politiques et les systèmes, les critères d’audit et d’établissement de coût et les modalités d’établissement des rapports ; d’améliorer les liens de travail entre les acteurs des domaines de la paix et la sécurité, de l’aide humanitaire et ceux du développement au niveau des pays ; et d’assurer une base de financement durable et prévisible pour les activités opérationnelles de l’ONU pour le développement, notamment par un financement de base accru et un financement autre, moins fragmenté et de meilleure qualité.

En sa qualité d’administrateur du système des coordonnateurs résidents, le PNUD s’est engagé à assurer l’efficacité du système. Il importe de donner aux coordonnateurs résidents les moyens d’être des animateurs, des innovateurs et des facilitateurs des équipes de pays des Nations Unies, et d’assurer la responsabilisation réciproque des coordonnateurs résidents et des membres des équipes de pays. À cet égard, l’examen quadriennal complet pourra s’avérer utile.

Afin de porter à son maximum l’impact de l’examen quadriennal complet, il serait utile que les États Membres étudient les moyens d’étendre son champ d’application à tout le système des Nations Unies dans le domaine du développement, et de veiller à un meilleur suivi et un meilleur établissement de rapports sur son application.

En ma qualité de Présidente du GNUD, je tiens à souligner que le GNUD se tient prêt à aider les États Membres tout au long du processus de l’examen quadriennal complet. Nous nous inspirerons aussi de l’examen quadriennal complet en mettant au point les prochaines priorités stratégiques pour le système des Nations Unies pour le développement, exercice que j’animerai avec intérêt plus tard cette année.

Le prochain Plan stratégique du PNUD

L’examen quadriennal complet – tout comme les résultats de Rio+20 et les consultations post- 2015 – sera d’importance essentielle pour donner forme au prochain Plan stratégique du PNUD.

Ces 12 derniers mois, une action a été entreprise pour mettre au point un cadre de résultats plus solide et mieux ciblé. Au cours du prochain Plan, la gestion des résultats et l’établissement des rapports connexes devraient voir leur qualité s’améliorer, ils seront plus simples et plus stratégiques car ils seront plus rigoureusement ancrés dans l’action au niveau des pays et refléteront une prépondérance de données quantitatives et qualitatives ainsi que des éléments de fait. Des activités pilotes sont en cours pour tester les données pertinentes, le but étant que ces activités pilotes seront à même d’étayer le prochain Plan.

Une autre action est en cours pour concevoir un plan et un budget de programme adéquatement intégrés, qui permettront au Conseil de voir non seulement les liens au niveau macro entre ressources et résultats dans l’ensemble de l’organisation, mais aussi d’avoir une terminologie commune à toutes les institutions que le Conseil supervise.

Pour soutenir les activités mentionnées plus haut, nous instituons un système de direction interne de planification stratégique qui nous permettra de fonctionner davantage comme ‘Un seul PNUD’, et d’intégrer les activités et les résultats aux niveaux mondial, régional et des pays. Ceci nous permettra d’évaluer les résultats de notre action en temps utile, de prendre rapidement des mesures correctives si c’est nécessaire, et d’intervenir sans attendre en cas de possibilités intéressantes ou de problèmes à résoudre.  

Les principaux aspects de ce système seront testés pour la première fois au cours de cette année. Il s’agira de notre plan d’activité annuel, des plans de travail par unité conçus à nouveau et un établissement de rapport perfectionné, et nous sommes encouragés de voir les premiers signes d’une amélioration de la cohésion, du ciblage et de l’interdépendance.

Nous avons également mis au point un nouvel outil interne de gestion et de prise de décisions – le cadre pour la gestion intégrée des ressources.  Ceci nous permettra d’examiner régulièrement et en temps réel l’état de notre enveloppe de ressources, et renforcera les liens entre les domaines des ressources de l’organisation et des résultats du Plan stratégique.    

En outre, les efforts déployés pour veiller à ce que notre présence dans les pays “corresponde à ses objectifs” continuent de progresser. Des activités pilotes ont lieu concernant divers changements qui pourraient être effectués dans les bureaux de pays à l’avenir. À titre d’exemple, le bureau de pays en Bosnie étudie les moyens d’améliorer le calcul des coûts, et le bureau de pays au Ghana cherche le moyen d’améliorer les processus de suivi et d’évaluation. Dans plusieurs pays nous allons bientôt étudier comment regrouper les services au niveau des pays pour créer des  pôles de services. Toutes ces activités, ajoutées aux examens supplémentaires du suivi et de l’évaluation, comme cela a eu lieu au Soudan, ou sur la méthode de calculer les coûts au Kenya, nous permettront de mettre au point des modèles de travail plus souples, plus cohérents et plus efficaces, qui répondent aux besoins de notre présence au niveau des pays. Nous continuerons à améliorer la gestion des achats et des ressources humaines.  

Ceci est important pour faire en sorte que le PNUD puisse répondre aux attentes du prochain Plan stratégique.

Le Plan doit également être intégré dans le contexte des problèmes de développement actuels et prévisibles. Le monde a beaucoup changé depuis l’accord sur le dernier Plan stratégique, et le rythme du changement ne cesse de s’accélérer.
 
Les résultats de la Conférence Rio+20 et les travaux nécessaires pour le programme de développement pour après 2015 signalent l’émergence d’un modèle de développement durable qui aura des objectifs plus larges que les OMD actuels.

Il importe que le PNUD soit en mesure d’animer sur le plan mondial la manière de rendre véritablement durables les progrès en matière de développement. Celui-ci doit être solidaire et donner les moyens d’agir à toutes les couches de la société. Il lui faudra des institutions capables et une résistance aux chocs sur les plans national et local. Il lui faudra aussi des modèles de croissance écologiquement rationnels.

Au PNUD, à mesure que nous scrutons l’horizon pour voir ce qui, selon les probabilités, peut avoir un impact sur le développement, nous sommes frappés par le niveau d’instabilité et de risque qui existe et qui vraisemblablement persistera ; par la tension croissante ressentie dans les institutions et les sociétés tant au plan national qu’international ; et par les remarquables exemples de progrès en matière de développement parallèlement à des revers considérables dans le même domaine. Un exemple frappant est celui de la révolution des banques mobiles et des communications en Afrique, parallèlement à une insécurité alimentaire qui persiste à des niveaux inquiétants, voire empire dans certains endroits.

Pour réaliser le développement durable, il faut que tous les pays améliorent leur capacité d’intégrer leurs prises de décisions. Il faut, si le développement durable doit aller de l’avant, effectuer des liaisons entre des domaines de politique générale distincts et les rapprocher. Le cadre d’accélération de la réalisation des OMD nous a permis de comprendre pratiquement comment travailler avec différents secteurs pour obtenir des résultats durables.

Le PNUD lui-même doit savoir clairement où se trouve sa valeur ajoutée et les domaines dans lesquels il peut apporter la contribution la plus marquée. Pour circonscrire ces domaines, il faut bien comprendre les problèmes qui peuvent se présenter aux pays en développement au cours du prochain Plan stratégique et au-delà.

Les problèmes varieront d’un pays à l’autre. Le fait que deux pays sont dans la même catégorie de revenu ne veut pas dire que les problèmes auxquels ils font face sont analogues. Notre prochain Plan stratégique doit prévoir un PNUD plus souple dans la manière d’organiser ses bureaux de pays, plus ouvert dans ses réactions à des situations qui évoluent, et même plus sensible aux besoins et aux aspirations des pays de programme.

Notre objectif est d’avoir une toute première mouture du prochain Plan stratégique d’ici au début de l’an prochain. Nous nous réjouissons à la perspective d’avoir des consultations constructives avec les membres du Conseil au sujet des choix à faire, notamment en novembre lors de l’atelier relatif au Plan.
 
Comme indiqué plus tôt, le plan intégré des ressources et le budget intégré connexe  constitueront un mécanisme global d’allocation des ressources à l’appui du nouveau Plan stratégique. Le budget intégré englobera en une seule proposition de budget consolidé les deux cadres budgétaires actuels ; ceux-ci ont jusqu’ici été sujets à deux procédures distinctes d’approbation : le budget institutionnel et les arrangements de programmation.

Le premier budget intégré sera soumis pour approbation à la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration, en septembre 2013. Si nous vous soumettons maintenant un cadre harmonisé sur le recouvrement des coûts, c’est qu’il est devenu manifeste que cette question complexe est une procédure de longue haleine, et exige des analyses et des conseils. Sur la base des conseils reçus de vous, le PNUD, de même que l’UNICEF et le FNUAP, poursuivront cette activité par le biais de réunions officieuses avec le Conseil et de consultations régionales et bilatérales.

Cette semaine vous examinerez également la troisième d’une série de documents de travail sur les arrangements de programmation. Je suis confiante que le Conseil est maintenant dans une position favorable à un consensus sur les modalités d’accès aux montants ciblés pour l’allocation des ressources de base (MCARB), tant en ce qui concerne leur programmation que leur répartition. Ceci est d’importance critique, car il nous faut aussi nous pencher sur d’autres questions relatives aux arrangements de programmation en prévision de votre approbation du budget intégré, y compris les arrangements de programmation, lors de la deuxième session ordinaire du Conseil en septembre 2013.

Ressources du PNUD

Je passe maintenant à la question des ressources du PNUD.

En 2011 les contributions totales au PNUD et au FENU se sont élevées à 5,11 milliards de dollars. Ceci revient à une diminution d’environ 3 pour cent par rapport à 2010, après correction due au fait que les activités d’UNIFEM sont maintenant assumées par ONU-Femmes et ne sont plus traitées dans le présent rapport.

Les dépenses totales se sont élevées à 5,57 milliards de dollars, ce qui représente une diminution par rapport à 2010, mais elles restent supérieures aux recettes.
 
Les contributions aux ressources ordinaires ont légèrement augmenté de 1 pour cent, pour atteindre 975 millions de dollars l’année dernière, après trois années consécutives de baisse, pour une bonne part du fait de taux de change favorables. Cependant, les projections actuelles donnent à penser que les contributions totales aux ressources de base diminueront cette année, en raison des mouvements des taux de change et de réductions mineures des contributions de certains partenaires.

Le solde total des ressources disponibles fin 2011 a continué à diminuer pour atteindre 4,69 milliards de dollars, ce qui reflète des taux d’exécution supérieurs aux recettes. De ce montant total, 333 millions de dollars étaient en ressources de base, 4,30 milliards de dollars en autres ressources, et 53 millions de dollars en ressources du FENU. La plus grande partie de ces ressources a été programmée. Certaines dépenses représentent des budgets de programmes pluriannuels, ce qui reflète la pratique du PNUD d’allouer des ressources au stade initial pour des années futures afin de prévoir des dépenses planifiées. Il faut aussi noter que les ressources de base et les autres ressources ne sont pas interchangeables.

Ainsi que je l’ai souligné à d’autres occasions, la capacité du PNUD de s’acquitter adéquatement et efficacement de son mandat et de contribuer au programme de développement des pays partenaires est subordonnée à des ressources de base suffisantes. Un niveau minimum et stable de ressources de base permet au PNUD de planifier, d’être  stratégique et de fournir des services prévisibles et différenciés dans tous les pays de programme.

Alors que de graves pressions financières continuent à se faire sentir dans certains pays, je fais appel à tous les États Membres pour qu’ils aident le PNUD à atteindre ses cibles de financement ordinaire et d’annoncer, dès que possible, une contribution aux ressources de base du PNUD pour 2012 et au-delà. Toutes les fois que cela est possible, les annonces de contributions pluriannuelles seraient particulièrement bienvenues.

Transparence et obligation de rendre des comptes
 
Enfin, et ce n’est pas le moins important, permettez-moi de souligner l’engagement continu du PNUD en faveur de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes concernant les contributions que nous recevons des donateurs.

À cet effet, nous avons fait un grand pas à la session annuelle, lorsque le Conseil a entériné notre proposition de divulguer les rapports d’audit interne. Faisant suite à cette décision, le Bureau de l’audit et des investigations publie depuis le 1er juillet sur le site web du PNUD le résumé directif de ses rapports d’audit. Nous nous préparons au stade final, qui sera appliqué à partir de décembre, lorsque les rapports d’audit complets seront accessibles sur le site web du PNUD.

Conformément à l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide, nous poursuivons notre action d’organiser, d’ici à la fin de l’année, aux fins de publication, des informations encore plus détaillées sur notre travail.

La publication de l’ensemble de données élargi renforcera l’engagement traditionnel du PNUD en faveur de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes, et contribuera à rendre notre action plus facilement compréhensible. Nous augmenterons également la fréquence de publication de nos données qui paraîtront tous les trimestres à partir de la fin de 2013, conformément aux normes de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide.

Le PNUD, avec les autres organismes des Nations Unies, continue à plaider pour la transparence et les mérites de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide en animant une série de consultations et en appliquant ces importantes normes mondiales. De ce fait, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires et le Programme alimentaire mondial ont maintenant adhéré à l’Initiative, ce qui porte à neuf le nombre d’organismes, de fonds et de programmes des Nations Unies qui en font partie.

Conclusion

Pour le PNUD et la coopération pour le développement dans son ensemble, nous nous trouvons devant un moment de l’Histoire qui est à la fois stimulant et difficile.

Les nombreux processus importants qui auront lieu dans les mois et les années à venir,  alors que la toile de fond change sans cesse, définiront la manière dont le PNUD pourra au mieux aider les pays de programme à réaliser les résultats recherchés d’un développement novateur et durable.

Nous devons être ambitieux et saisir les nombreuses occasions qui existent pour faire progresser le développement durable, et anticiper et éliminer les nombreux obstacles qui entravent le progrès.
 
Le Conseil a un rôle critique à jouer pour que notre organisation devienne le plus efficace possible et nous comptons sur votre ferme appui et vos conseils.



 

L'Administrateur du PNUD
Helen

Helen Clark a pris ses fonctions d'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement le 20 avril 2009. Elle est la première femme à assumer la direction de l’organisation et assure également la présidence du Groupe des Nations Unies pour le développement.

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