Helen Clark: Première session ordinaire du Conseil d'administration du PNUD

02 février 2012

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’Administration,

Chers collègues et amis,

Je voudrais tout d'abord exprimer mes félicitations au représentant permanent de la Suède, Son Excellence M. Mårten Grunditz, du groupe des États d'Europe de l'Ouest et autres, pour son élection au poste de président du Conseil d'administration du PNUD/FNUAP/UNOPS.

Je tiens également à féliciter pour leur élection aux postes de vice-présidents : pour le groupe des États d'Afrique, M. Tarik Iziraren, Conseiller, mission permanente du Maroc ; pour le groupe des États d'Asie et du Pacifique, Son Excellence M. Yusra Khan, Ambassadeur et représentant permanent adjoint de l'Indonésie ; pour le groupe d'Amérique latine et des Caraïbes, M. Eduardo Porretti, Conseiller, mission permanente d'Argentine ; et pour le groupe des États d'Europe de l'Est, Mme Candida Novák Hornakova, troisième Secrétaire, mission permanente de la République tchèque.

Permettez-moi également de saisir l'occasion qui m'est donnée de remercier chaleureusement la Présidente sortante du Conseil d'administration, Madame l'Ambassadrice Edita Hrdá, Représentante permanente de la République tchèque, pour la maestria avec laquelle elle a assuré la présidence du Conseil d'administration et le travail assidu dont elle a fait preuve au PNUD l'an passé. Mes remerciements s'adressent également aux vice-présidents sortants pour leur soutien : Son Excellence Michel Tommo Monthe, Représentant permanent du Cameroun ; M. Takeshi Osuga, ministre du Japon ; M. Nojibur Rahman, ministre du Bangladesh ; et Son Excellence Carlos Enrique García González, Représentant permanent adjoint d'El Salvador.

Nous sommes ici tous réunis, après une année de changements et de moments particulièrement éprouvants pour notre planète.

Lors de nos sessions précédentes, j'ai évoqué l'extraordinaire dynamisme et la complexité de l'époque dans laquelle nous vivons.

J'ai insisté sur la manière dont les enjeux mondiaux entravent le progrès, par exemple les effets persistants de la crise économique et financière, la flambée des prix des denrées alimentaires, la fréquence et l'intensité des catastrophes naturelles, et la guerre interminable et la violence armée.

J'ai également attiré l'attention sur le fait que si le monde a enregistré de grands progrès en matière de réduction de la pauvreté et de développement humain, il reste encore beaucoup à faire pour que tous en bénéficient.

En ce moment même, la région du Sahel est à nouveau menacée par une crise d'insécurité alimentaire. En raison des niveaux de vulnérabilité chronique, cette région souffre de pénuries alimentaires cycliques et mortelles, par exemple la toute récente pénurie de 2010 qui était assez grave. Selon les prévisions, la région sera lourdement touchée cette année et le nombre de personnes nécessitant une aide alimentaire et nutritionnelle pourrait approcher les dix millions dans six pays d'ici les mois prochains.

L'ONU s'efforce de regrouper ses activités humanitaires et de développement dans le Sahel, par des programmes conjoints de plaidoyer, la mobilisation des ressources et le soutien continu aux équipes nationales des Nations Unies dans la région. Valérie Amos, la Coordinatrice des Affaires humanitaires et des secours d'urgence de l'ONU et moi-même travaillons en étroite collaboration à ce sujet et nous comptons visiter la région très bientôt.

Mes observations aujourd’hui porteront sur les domaines suivants :

  • coup d'œil rétrospectif sur l'année écoulée, et sur ce que l'année nouvelle nous réserve en matière de développement ;
  • mise à jour sur le processus de suivi concernant la conception du prochain plan stratégique du PNUD ; le second examen des mécanismes de programmation ; et l’action de changement interne du PNUD ;
  • l'importance de l’action commune du système des Nations Unies pour le développement aux fins de résultats ;
  • discussion des progrès accomplis sur la transparence et la redevabilité.

Rétrospective 2011 : nouveaux débuts et enjeux

En ce qui concerne la région des États arabes, l'an 2011 aura été marqué par des soulèvements et un changement pour un grand nombre de personnes. À la demande du Secrétaire général, l'équipe des directeurs régionaux du GNUD a mis au point une stratégie complète pour nous aider à répondre au contexte actuel de changement, et c'est dans ce cadre qu'elle s'engage à travailler à la défense des causes, à l'élaboration de politiques et de programmes communs.

Les grandes réformes et transitions ont été enclenchées dans les pays arabes, et les élections ont eu lieu ou sont prévues, de diverses façons. Le PNUD, en collaboration avec des partenaires, a contribué au processus par son soutien électoral en Tunisie et en Égypte et s'emploie actuellement à soutenir l'élection présidentielle anticipée au Yémen, prévue le 21 février.

Hormis les élections, nous nous penchons sur des questions plus vastes qui ont trait à la gouvernance et à la croissance globale ainsi qu'à l'autonomisation de la jeunesse et des femmes. Par exemple :

  • En Tunisie, le PNUD a appuyé un dialogue national englobant les questions de justice transitionnelle, de lutte contre la corruption, et de son engagement à la création d'une société civile. Avant les élections, nous avons organisé des ateliers de travail pour plus de 160 candidates ;
  • En Égypte, notre programmation a porté sur le soutien du renforcement des capacités des grandes institutions de transition, comme le Conseil national des droits de l'homme, le ministère de Développement régional et le Centre pour le Contrat social ;
  • Au Yémen, nous avons comblé les besoins immédiats des personnes, notamment par l'intermédiaire du Plan d'intervention humanitaire au Yémen, et nous avons mené à bonne fin le plan de stabilisation commun de l'ONU autour duquel s’articulera  le soutien de l'ONU.

En Libye, l'ONU a collaboré avec les autorités de transition pour déterminer les actions prioritaires à mener pour renforcer les capacités et assurer une transition pacifique. Le PNUD travaille en étroite collaboration avec la mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) pour assurer une intervention rapide. Un descriptif modifié du programme national pour la Lybie sera présenté au Conseil lors de la deuxième session ordinaire en automne. En attendant, je demande l'autorisation du Conseil d'administration d'approuver, au cas par cas, les projets prioritaires qui sont conformes au mandat général (mission intégrée) de la MANUL.

Nous avons grandement tiré profit de nos mécanismes d'intervention rapide nous permettant d'intervenir rapidement dans tous ces pays. Par exemple, le projet SURGE  assure notre déploiement à point nommé selon de nouveaux contextes.

L'année dernière a également marqué un nouveau départ pour le peuple du Soudan du Sud, qui a proclamé son indépendance officielle le 9 juillet, comme nouvel État membre.

Lors de la session du Conseil, nous présenterons un projet descriptif de programme de pays pour le Soudan du Sud pour la période 2012 à 2013. Il a été élaboré en partenariat avec le gouvernement et se conforme aux quatre domaines stratégiques prioritaires énoncés dans le Plan de développement du pays. Il couvre les domaines suivants : la réintégration des anciens combattants, l'élaboration d'une stratégie de renforcement des capacités du gouvernement à moyen terme, l'élaboration de politiques en faveur des pauvres, et une assistance technique visant à améliorer les systèmes de santé et les services de lutte contre la tuberculose et le VIH. Le PNUD travaillera en étroite collaboration avec ses partenaires, notamment la Mission de l'ONU au Soudan du Sud, pour l'appuyer à ce stade critique de l'édification de la nation.

Si 2011 fut une année riche de changements pour beaucoup d'entre nous, il n'en reste pas moins qu'elle laissera le souvenir de grandes difficultés et, dans certains cas, d'une immense dévastation.

Des catastrophes naturelles ont paralysé de nombreuses collectivités en 2011, provoquant presque 30 000 décès. Les pertes économiques y découlant approchent les 366 milliards de dollars américains, ce qui inclut les coûts consécutifs aux catastrophes suivantes : tremblement de terre et tsunami au Japon ; inondations au Pakistan, en Thaïlande, en Colombie et au Salvador ; typhon aux Philippines ; et tremblements de terre en Turquie et dans mon propre pays, la Nouvelle-Zélande.

L'attentat contre le siège des Nations Unies au Nigeria a coûté la vie à bon nombre de personnes et laissé des blessés. Je me suis rendue à Abuja peu après notre dernière réunion du Conseil, pour apporter mon soutien au personnel de l'ONU, et pour adresser mes remerciements au gouvernement du Nigeria pour son soutien rapide et continu à l'ONU à la suite de cette tragédie.

2011 a été particulièrement difficile pour les pays de la Corne de l’Afrique, qui ont été touchés par la pire crise d'insécurité alimentaire de ces vingt dernières années, et pour la Somalie, par la première famine du 21e siècle. La situation demeure très critique en Somalie et nécessite l'intérêt et l'appui constant de la communauté internationale.

Perspectives 2012 – l'année des possibilités

L'année 2012 promet de nombreuses possibilités de faire progresser le programme de développement.

Lors de l'Assemblée générale de la semaine dernière, le Secrétaire général a énoncé son plan d'action prévu pour la durée de son prochain mandat : un plan pour « bâtir l'avenir auquel nous aspirons ».

Le Secrétaire général a défini cinq impératifs dans le cadre de son second mandat : le développement durable ; la prévention des conflits et la gestion des conséquences des catastrophes naturelles ; la création d'un monde plus sûr, notamment par le respect des principes de la démocratie et des droits de la personne ; le soutien des pays en transition ; et l'autonomisation des femmes et de la jeunesse.

Les efforts généraux des Nations Unies doivent aider à combler les besoins individuels immédiats, accroître les capacités de résistance des communautés et renforcer les institutions requises pour faire progresser et promouvoir les avancées humaines. Par l'intermédiaire de ses mandats que sont la prévention des crises et le relèvement, la gouvernance et les trois piliers de développement durable, le PNUD peut jouer un rôle important dans les domaines jugés prioritaires par le Secrétaire général.

D'importants processus multilatéraux établis au cours des derniers mois contribuent à définir la direction de la coopération au développement. Ces processus comprennent :

•    La Conférence intergouvernementale relevant du principe « Unis dans l'action ». La réunion qui a eu lieu à Montevideo en novembre a permis de démontrer le nouvel élan que ce principe a donné aux pays du programme et partenaires au développement. À Montevideo, les pays du programme ont réaffirmé à plusieurs reprises que l'initiative « Unis dans l'action » a beaucoup accompli en termes de développement ; a renforcé le sentiment national et l’esprit d’initiative ; a donné aux gouvernements l'accès à la gamme très large d’expertises et de ressources de l'ONU ; et a permis de mieux organiser la stratégie de développement du système de l'ONU pour la rendre plus efficace et plus redevable. Environ trente pays sont en train de mettre en place l'initiative Unis dans l'action, et un grand nombre s'inspire de certains éléments à adopter.

Comme je l'ai mentionné dans mon discours lors de la réunion des Conseils conjoints qui a eu lieu mardi, ici même, le Secrétaire général a accordé la priorité à l'initiative Unis dans l'action de deuxième génération dans son programme d'action sur cinq ans. Il nous invite à mettre l'accent sur la gestion et le suivi des résultats, sur une redevabilité plus forte et sur l'amélioration des résultats. Il reste à attendre l'évaluation des initiatives pilotes Unis dans l'action ; toutefois il ne fait pas l'ombre d'un doute que l'ONU doit assurer la coordination étroite de nos activités de développement afin de maximiser l'impact de nos actions sur le développement.

•    Quelques semaines après la réunion à Montevideo, les intervenants de la communauté internationale du développement issus de 160 pays se sont réunis à Busan à l’occasion d'un Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide. Ils se sont entendus sur des mesures à prendre pour renforcer l'obligation mutuelle de rendre compte ; rendre l'aide plus prévisible et transparente ; renforcer les capacités nationales pour gérer le développement, notamment par l'intermédiaire d'un « Nouveau partenariat » au service des pays en transition ou ceux qui sortent d'une crise, et élargir la coopération triangulaire et sud-sud. Le « Nouveau partenariat » est une occasion unique de collaboration qui s'ouvre à la coopération internationale, aux bailleurs de fonds bilatéraux, et aux pays dans des situations de développement particulières. Il va sans dire que le PNUD sera heureux d'ajouter une corde à son arc.

La conférence de Busan n'était pas une réunion onusienne, cependant l'ampleur de la participation et l'approbation du document final ont une grande importance pour notre travail. Le Plan qu’elle a produit est un Partenariat mondial pour la coopération efficace au développement. Il souligne la détermination des intervenants concernés par le développement à obtenir des résultats durables. Parmi les intervenants se trouvent les représentants gouvernementaux, les partenaires au développement bilatéraux et multilatéraux, la société civile, des ONG, et le secteur privé. En outre, ce plan ouvre la voie à de nouveaux partenariats de développement.

Le PNUD a été invité à jouer un rôle dans le suivi de Busan. Conformément à notre mandat et en concertation avec les États membres, le PNUD travaillera en étroite collaboration avec ses partenaires du GNUD pour améliorer les cadres de redevabilité mutuelle au niveau national, renforcer les systèmes nationaux d'approvisionnement, et aider les États membres à mieux exploiter le Forum de coopération pour le développement de l'ONU de manière à promouvoir une coopération internationale en faveur d'un développement plus efficace.

  • Lors de la Conférence sur les changements climatiques de Durban, qui a eu lieu en décembre, les gouvernements ont dégagé une orientation générale pour les négociations internationales. La création du Fonds Vert pour le climat représente une avancée dans le développement de l'architecture financière destinée à combattre le changement climatique sur le plan international. 

Pour que le Fonds Vert pour le climat réussisse, les pays en développement doivent renforcer leurs capacités pour accéder à ses ressources, et grâce à elles, pouvoir susciter d'autres sources plus généreuses pour financer un développement sobre en émissions carboniques et résilient au changement climatique. Le PNUD est en mesure d'intensifier ses activités, déjà nombreuses, sur la préparation et les activités préparatoires dans ce domaine.

Le PNUD continue de donner la priorité à l'accélération des progrès des OMD en 2012 et au-delà.

Le cadre d'accélération de la réalisation des OMD que nous avons mis au point et que le GNUD a approuvé, est actuellement déployé dans un nombre croissant de pays. Plus de trente pays auront créé leurs plans d'action pour l'accélération dont la mise en œuvre devrait débuter à la fin de cette année. 

Au Niger par exemple, le cadre d'accélération donne au gouvernement les moyens de créer les conditions propices à la sécurité alimentaire, à travers une approche intersectorielle qui prévoit l'octroi de titres fonciers, une infrastructure d'irrigation, une aide aux petits agriculteurs, et la réduction de la vulnérabilité des personnes marginalisées grâce au renforcement de la protection sociale.

Parallèlement aux efforts poursuivis en vue de réaliser les OMD, le PNUD contribue activement au processus préparatoire de la conférence de Rio + 20 (la Conférence des Nations Unies sur le développement durable) qui se déroulera en juin ; aux débats généraux portant sur le cadre de développement après 2015 ; aux préparations pour l'Examen quadriennal complet des politiques.

Chacun de ces processus est d'une importance primordiale pour le PNUD et pour le système de l'ONU chargé des questions de développement dans son ensemble, car ils vont façonner notre manière de procéder et de travailler ensemble pour parvenir à des résultats de développement dans les pays du programme.

Avec une population mondiale de sept milliards d'habitants qui devrait encore s'accroître de deux milliards d'ici 2050, la conférence de Rio +20 doit se concentrer sur la façon de promouvoir la croissance verte et inclusive dans les limites des écosystèmes de notre planète.

Les discussions préliminaires sur l'avant-projet du document final de Rio ont été entamées la semaine dernière ici même à New York. Le Secrétaire général de la Conférence, M. Sha Zukang, a misé sur un impact solide, sur le plan de l'engagement comme de l'action. Le PNUD appuie cette ambition.  

Il faut placer les gens au cœur du développement durable. Comme le rapport sur le développement humain de 2011 l'avance, il est impossible d'atteindre une plus grande viabilité environnementale sans atteindre un niveau plus élevé d'équité sociale. C'est pourquoi la conférence Rio +20 doit tenir compte simultanément de ces deux questions, comme l'accès à l'énergie durable pour tous, qui constitue une priorité du Secrétaire général.  

Le développement durable ne se décrète pas dans l'abstrait dans les forums mondiaux ; on doit le bâtir, brique par brique, dans les pays et les communautés. L'impact de Rio doit stimuler le changement au sein de la communauté, au niveau national et international, pour s'assurer qu'une économie verte et inclusive réduira la pauvreté, l'inégalité et la dégradation de l'écosystème. 

Le PNUD appuie les pays en développement pour leur permettre de participer aux préparatifs de la conférence de Rio. L'aide apportée à 72 pays relève de la synergie d'efforts déployés par l'UNDESA et le PNUD, mais aussi des efforts particuliers du PNUD.

L'ensemble du groupe de développement des Nations Unies est prêt à jouer un rôle actif dans la mise en œuvre des résultats de Rio +20. Pour atteindre une plus grande viabilité environnementale, il est indispensable d'établir des liens dans des domaines d'action, et les équipes nationales des Nations Unies peuvent assurer la cohérence nécessaire. Nous espérons que le rôle important des coordonnateurs résidents et des équipes nationales des Nations Unies sera explicitement reconnu dans le document final.

La conférence de Rio+20 peut redonner l'élan nécessaire au cadre de développement après 2015. Le Secrétaire général a demandé au PNUD et au Département des affaires économiques et sociales de mener des consultations sur ce sujet. En incitant les gouvernements et la société civile à participer, nous pouvons contribuer à bâtir un seul cadre intégré de développement après 2015.

À Rio, les États membres peuvent s'entendre sur les principes et paramètres qui orienteront le cadre et les formulations de l'objectif général après 2015 dans des domaines principaux comme l'énergie. Nous nous félicitons de l'action en faveur des objectifs de développement durable.

Le résultat de Rio+ 20 devrait également circuler dans les délibérations de l'Assemblée générale dans l'Examen quadriennal complet des politiques (EQCP) plus tard cette année.

L'EQCP présentera des conseils importants pour le système des Nations Unies pour le développement puisque nous adaptons nos activités à de nouveaux modèles de coopération au développement et cherchons à améliorer l'efficacité, l'utilité et la pertinence de notre travail. Grâce à l'EQCP, le système de l'ONU chargé des questions de développement est mieux équipé pour soutenir les transformations voulues des pays en développement.

Dans un contexte où les ressources manquent, nous réalisons tous combien il est important de faire en sorte que chaque centime investi dans le développement compte. L'EQCP peut réaffirmer l'importance de parvenir à des résultats et imprégner nos activités des meilleures pratiques. Il peut aussi reconnaître la nécessité d'une masse critique de ressources de base pour notre système nous permettant d'appuyer les méthodes et planification stratégiques, et conséquemment de maximiser l'impact de nos actions.

En orientant ainsi notre avenir, l'EQCP s'appuiera sur l'expérience acquise dans le cadre de notre travail déjà accompli. L'évaluation indépendante de l'initiative pilote « Unis dans l'action » orientera cette discussion. Le rapport final des évaluations sera présenté au Président de l'Assemblée générale à la fin du mois de juin, en temps voulu, de manière à guider les délibérations du Conseil économique et social (ECOSOC) en juillet.

Comme je l'ai évoqué mardi lors de la session commune du Conseil, je pense que l'EQCP peut attester la pertinence du système de développement des Nations Unies ; reconnaître la contribution unique que nous pouvons faire, s'inspirer de la connaissance vaste et profonde de l'ensemble des fonds et programmes ; et nous pousser à nous débarrasser des obstacles bureaucratiques qui freinent la collaboration. De cette manière, l'EQCP peut également appuyer la vision de la deuxième génération de l'initiative Unis dans l'action du Secrétaire général. Force est de constater que l'effort conjugué assure l'optimisation des résultats et des ressources de ceux qui nous financent, à savoir, les pays du programme par le partage des coûts et tous ceux qui contribuent au financement de nos projets principaux, thématiques et individuels.

Plan stratégique du PNUD pour 2014 à 2017

Le nouveau Plan stratégique doit confirmer la place qu'occupe le PNUD à titre d'organisme de développement de premier plan qui se caractérise par son engagement au développement dans les pays du programme et par ses résultats concrets. Un processus inclusif et participatif sera suivi pour préparer le plan.

Lors de notre dernière réunion, je vous ai présenté la feuille de route proposée pour le prochain Plan stratégique, qui a été demandée par le Conseil à la suite de sa décision sur l'examen à mi-parcours du plan actuel. Plusieurs mesures conformes à cette feuille de route ont été désormais adoptées.

Pour le rapport annuel de l'année en cours, le PNUD appliquera systématiquement à l'ensemble des résultats le nouveau quatrième indicateur de résultats présenté dans l'examen à mi-parcours. Cette méthode nous permettra de communiquer plus clairement la contribution spécifique du PNUD selon chaque résultat. Nous emploierons également les nouveaux indicateurs de rendement de l'organisation, présentés l'an dernier sous forme de maquette en vue du prochain rapport annuel.

À la suite de la demande du Conseil, Le PNUD a également effectué une refonte de sa collecte de données internes et de ses systèmes d'analyse, s'attachant notamment à améliorer les informations factuelles liées à nos résultats. Nous recevons en ce moment les rapports annuels sur les résultats de la part des Bureaux de pays qui se servent de ces nouveaux indicateurs. Nous accueillons les données factuelles avec enthousiasme, car elles nous permettront d'étayer l'analyse, de gérer le suivi et l'établissement des rapports en ce qui concerne la contribution du PNUD aux résultats en matière de développement. Nous avons commencé à renforcer la capacité du bureau de pays et régional pour gérer les résultats, le suivi, l'évaluation et la conception du programme. Certes, il reste beaucoup à faire, toutefois le prochain rapport annuel présentera une analyse et une réflexion beaucoup plus approfondie sur les informations factuelles recueillies qui feront apparaitre la manière dont le PNUD contribue aux résultats.

Dans le cadre de la préparation au prochain Plan stratégique, un stage de deux jours portant sur l'enchaînement des résultats est prévu à New York. Le PNUD tient à remercier le gouvernement de la Norvège de joindre ses efforts aux nôtres dans ce projet, et aux quatorze experts des États membres, représentant tous les groupes régionaux, qui ont apporté leurs idées et expériences en ce qui concerne les problèmes méthodologiques liés à la conception de chaînes de résultats. Nous disposons maintenant d'un ensemble de critères efficaces pour guider notre travail et d'une équipe d'évaluation par les pairs qui orienteront notre processus de conception technique du prochain cadre des résultats en matière de développement.

Grâce à l'élan donné par le stage ciblant une gestion plus rigoureuse fondée sur les résultats, notre programme de changement interne et le suivi du travail lié à la décision du Conseil sur l'examen à mi-parcours, nous réalisons des progrès notables sur l'enchaînement des résultats.

La feuille de route pour le nouveau plan stratégique prévoit une série de consultations informelles à partir de mars. Nous nous réjouissons à la perspective des débats sous la houlette des États membres sur les efforts constructifs futurs du PNUD, sur la base que les enjeux actuels, émergents et pressants entourant le développement sont bien compris. Le nouveau Plan stratégique doit illustrer la manière dont le PNUD peut apporter un soutien optimal aux pays qui s'emploient à réaliser les objectifs pour répondre à ces enjeux.

Le second examen des mécanismes de programmation

Étroitement lié à la mise en œuvre du nouveau Plan stratégique et à notre programme de changement interne, l'examen des mécanismes de programmation est aujourd'hui à l'ordre du jour du Conseil.

L'examen s'intéresse aux options permettant d'améliorer la capacité du PNUD à répondre aux besoins de la vaste panoplie des pays du programme, comportant chacun des enjeux différents. 

L'objectif de ce second examen consiste à préciser les mécanismes de programmation actuels. Il devrait aboutir à un cadre plus souple et transparent à partir de 2014, pour allouer des ressources au titre du programme ordinaire à l'appui de documents de programme de pays approuvés par le Conseil, selon les exigences du pays et du Plan stratégique.

Le PNUD a mené des consultations approfondies auprès du Conseil sur les mécanismes de programmation. Aujourd'hui, nous sollicitons votre approbation sur trois principes fondamentaux :

  • la progressivité qui pondère l'allocation des ressources au titre du programme ordinaire aux pays à faible revenu et moins avancés ;

  • la prévisibilité qui concerne la réception dans les délais requis des niveaux suffisants de la contribution volontaire annuelle et ;

  • l'universalité qui a trait à la présence globale de programmation s'étendant à tous les pays remplissant les conditions requises.

On m'a informée des discussions qui ont eu lieu à la réunion des Conseils joints ce lundi portant sur les pays à revenu intermédiaire. J'en retiens les trois points suivants :

1)    Le PNUD ne peut pas s'engager dans les pays à revenu intermédiaire au détriment des pays à faible revenu et les moins avancés – que ce soit en termes d'allocation ou de présence physique ;

2)    Si nous voulons enrayer efficacement la pauvreté dans le monde, nous attaquer aux enjeux mondiaux et régionaux et promouvoir la coopération Sud-Sud, nous ne pouvons pas nous retirer des pays à revenu intermédiaire ; et

3)    Nous devons poursuivre notre discussion sur la manière dont l'aide apportée par le PNUD aux pays à revenu intermédiaire peut être plus efficace et mieux répondre aux divers enjeux particuliers du développement auxquels chacun de ces pays est confronté.

Ces trois points sont au cœur de notre discussion continue auprès du Conseil sur les mécanismes de programmation. Compte tenu de vos conseils, nous ferons une analyse plus approfondie pour élaborer les options privilégiées qui seront examinées en détail lors de la deuxième session ordinaire de cette année.

Efficacité de l'organisation

Le programme interne du PNUD relatif au changement organisationnel détermine l'évolution de l'organisation, notamment en ce qui concerne :

  • L'instauration et le déploiement de mesures visant à améliorer les bureaux de pays, faciliter les opérations mondiales grâce à la rationalisation des processus et à une souplesse accrue ;

  • La mise en place de systèmes pour s'assurer que le regard du PNUD reste résolument tourné vers l'avenir, que ses priorités stratégiques sont claires et qu'elles ont un impact et la souplesse de s'adapter à l'évolution des circonstances.

Lors de la dernière réunion du Conseil, j'ai abordé les nouvelles priorités stratégiques internes à moyen terme que nous étions en train de fixer. À présent, nous sommes en train de concrétiser ces priorités par la mise en place d'un solide système central de planification stratégique, entre autres l'élaboration du Plan d'activités annuel 2012. Le PNUD sera mieux à même d'exercer ses activités de manière plus stratégique, d'être plus ouvert sur l'avenir et de viser des résultats plus concrets. La création des accords de rendement pour tous les directeurs de bureau stimulera le sentiment d'appartenir à une institution, ce qui en retour permettra d'accroître l'obligation de rendre compte.

Nous avons profondément réformé nos processus opérationnels, particulièrement dans les achats et la gestion des ressources humaines :

  • La première phase de la réforme du recrutement a été lancée en novembre. Pour les nominations faisant l'objet d'un contrat à durée déterminée, les procédures de recrutement ont maintenant été réduites à un minimum de six semaines, et il est désormais possible d'envisager une procédure de recrutement ne durant que quelques semaines. La première phase de la procédure du recrutement électronique sera également mise en pratique d'ici la fin du troisième trimestre 2012.

  • Des travaux sont en cours sur des questions générales ayant trait à l'aptitude du personnel, par exemple la main-d'œuvre et la planification de la relève, l'autonomisation et la formation des femmes en vue d'accéder à des postes plus élevés, la conception de cheminement de carrière vers des fonctions d'encadrement ; et l'acquisition de solides compétences techniques pour nous permettre de mieux répondre aux besoins des pays du programme.  

  • Un ensemble de réformes portant sur les achats a été approuvé en décembre. Il permet de déléguer des pouvoirs d'achat aux bureaux de pays, selon les aptitudes et le rendement.

Un examen plus approfondi des processus opérationnels est en cours cette année et a pour objectif de réduire les lourdeurs administratives et de produire des résultats de qualité au rythme exigé par les clients. Les travaux apparentés à la simplification de la gestion de projets et de programmes devraient générer des résultats efficaces et maintenir des normes de qualité, au début de cette année.

En 2012, on examinera les options de modèles professionnels plus efficaces, plus pertinents et plus souples au niveau national. Nous prévoyons que la « réduction des charges sur les dividendes » affranchira le personnel des tâches administratives et lui permettra de porter ses efforts sur des analyses de plus haut niveau et d'assurer une meilleure gestion de portefeuille et de prestation de services, dans une perspective de travail axée sur les résultats. Tout ceci est nécessaire pour que le PNUD dépasse son propre score de performance, pourtant déjà bon, et atteigne l'excellence.

L’action commune du système des Nations Unies pour le développement aux fins de résultats

Ma priorité en tant que présidente du groupe des Nations Unies pour le développement de l'ONU consiste à mettre sur pied les priorités stratégiques convenues par le groupe, avec l'objectif général de maximiser l'impact sur le développement en vue de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement ainsi que d'autres objectifs internationaux convenus pour le développement, et d'aider les États dans des situations de développement particulières.

Dans l'ensemble, il est encourageant de constater que les efforts du PNUD, qui sont plus cohérents et exploitent au mieux les points forts et les caractéristiques diverses de ses membres, se traduisent concrètement par des résultats tangibles sur le terrain.

Nos rapports indiquent que les programmes du système des Nations Unies pour le développement sont axés sur les OMD et reflètent l'action normative de l'ONU ; que nous nous conformons aux priorités et stratégies nationales ; que notre travail au niveau national contribue au dialogue national sur les politiques ; et que nous faisons preuve d'efficacité quant à la réduction des coûts de transaction au moyen de la réforme des bonnes pratiques entrepreneuriales.

Cependant, à titre d’administrateur, je suis déterminée à travailler sans relâche pour améliorer la façon dont nous collaborons à l'échelle mondiale, régionale, et sur le terrain. Les pays en développement réunis à Busan sont porteurs d'un message clair : les acteurs du développement doivent sortir de la fragmentation. Au sein du système des Nations Unies pour le développement, nous devons contribuer à la solution et non au problème. Je compte sur l'appui solide de ce Conseil et des conseils à compétences analogues pour porter ce message à l'ensemble du système de développement des Nations Unies pour le développement et à l'EQCP.

Transparence et redevabilité

Le PNUD franchit des étapes fondamentales dans son évolution vers la transparence et la redevabilité.

Nous participons activement à l'Initiative internationale pour la transparence de l'aide (IATI). Dans ce cadre, en novembre dernier, nous avons publié nos dépenses générales pour le développement au niveau du projet. Nous publierons plus d'information en 2012, pour permettre aux partenaires de mieux comprendre nos flux financiers et la valeur de notre contribution au développement. En reconnaissance de ses efforts constants, le PNUD a récemment été classé parmi les « 10 premiers » à l'occasion du lancement de l'indice de transparence de l'aide.

Qui plus est, à titre de membre du Secrétariat de l'IATI, le PNUD a déployé des efforts de sensibilisation pour promouvoir l'emploi de cette nouvelle norme de transparence de l'aide, qui a été approuvée par plus de vingt pays de nos pays du programme.

Depuis le 1er janvier 2012, le PNUD a officiellement adopté les Normes comptables internationales pour le secteur public (International Public Sector Accounting Standards) (IPSAS). Ces normes renforcent la transparence et la redevabilité de l'organisation, ce qui nous aide à mieux nous acquitter de notre mission.

Je remercie le Conseil d'administration de son soutien à l'égard du processus de mise en œuvre des normes IPSAS et je tiens également à remercier tout le personnel dans les bureaux de pays et au Siège, particulièrement dans le Bureau de la gestion, pour leur précieuse contribution.

Tout le personnel principal a été formé à l'emploi des normes IPSAS. Le Conseil d'administration a apporté sa contribution par l'intermédiaire de réunions d'information. Nous avons modifié le règlement financier, les règles, politiques, procédures et systèmes du PNUD. Le Centre mondial des services communs qui est entièrement opérationnel en Malaisie vise à aider les bureaux du PNUD à adopter les normes IPSAS. Nous espérons récolter les fruits d'une préparation minutieuse dans la mise en œuvre et une opinion sans réserve concernant la vérification des états financiers.

Le Conseil n'est pas sans savoir que je suis résolue à assurer une plus grande transparence des états financiers du PNUD.

À cet effet, comme je l'ai indiqué au Conseil en septembre dernier, je me suis fixé pour objectif, avec l'appui du Conseil, de rendre publics les rapports de vérification interne du PNUD. Une liste de tous les rapports de vérification interne est déjà mise à la disposition du public sur le site Web du PNUD, ce qui permet à tous les intervenants concernés de savoir qui a fait l'objet de vérification et de rapports.

J'espère que toutes les mesures que nous avons prises, assorties des précautions nécessaires et en concertation avec le Conseil d'administration, permettront la pleine divulgation publique d'ici la fin de cette année. Afin d'assurer la mise en place de tous les systèmes d'ici là, nous souhaiterions recevoir l'accord du Conseil d'administration sur les actions finales quant à la divulgation publique lors de la session annuelle en juin, plutôt que d'attendre la deuxième session en septembre. Je me réjouis à l'idée de travailler avec vous en vue d'atteindre cet objectif.

Conclusion

L'année 2012 promet d'être riche pour le PNUD et pour le développement. Grâce aux progrès de notre programme de changement, notre détermination à atteindre des résultats concrets, et à l'esprit d'initiative dont nous faisons preuve dans des secteurs clés du débat autour du développement, le PNUD démontrera sa valeur comme principale agence de développement. À cette fin, nous comptons sur le soutien du Conseil d'administration.

En conclusion, j'en profite pour vous présenter le La Tribune du développement, et je crois comprendre que le journal a été distribué aux membres du Conseil. Il présente les douze récits gagnants du premier concours annuel de récits du PNUD.

L'objectif était de montrer comment, à travers des histoires sur notre travail avec les gens et pour eux, le PNUD et ses partenaires donnent aux gens les moyens de s'autonomiser et aux pays les moyens de renforcer leur capacité de résilience.

Les bureaux de pays nous ont fait parvenir 180 histoires. Nos chaleureuses félicitations vont à tous les participants, et surtout aux douze gagnants.

Merci encore.

L'Administrateur
Helen

Helen Clark a pris ses fonctions d'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement le 20 avril 2009. Elle est la première femme à assumer la direction de l’organisation et assure également la présidence du Groupe des Nations Unies pour le développement, un comité regroupant les directeurs de l’ensemble des fonds, programmes et départements spécifiquement chargés des questions de développement.

 

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