Helen Clark: Deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD

06 septembre 2011

Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration,

Je voudrais commencer par dire combien l’attaque contre le siège des Nations Unies au Nigéria nous a tous, au PNUD, horrifiés et profondément attristés. De nombreux collègues et des citoyens nigérians y ont perdu leur vie. Nos pensées vont à ceux qui sont morts et à leur famille, et à nos collègues en ce moment difficile. Nous sommes reconnaissants au Gouvernement nigérian et à la communauté internationale de leur appui à la suite de cette attaque.

L’équipe des Nations Unies au Nigéria a témoigné d’un immense courage lors de cette tragédie. Malgré des pertes de vie considérables, des blessures et traumatismes en grand nombre, le plus gros des travaux de l’ONU au Nigéria a pu se poursuivre, comme le démontre le personnel qui a continué à aider ceux qui avaient été touchés par les grandes inondations dans certaines parties du pays. Cette volonté résolue de notre personnel est l’une des nombreuses raisons qui me rendent fière d’être l’administratrice du PNUD et de diriger l’organisation alors qu’elle se transforme pour mieux s’acquitter de son travail et pour servir les populations des pays en développement.

  • Dans mes observations aujourd’hui, je m’attacherai aux domaines suivants :
    •    Le développement global, contexte de notre action,
    •    L’enchaînement des événements aboutissant à la mise au point du prochain Plan stratégique du PNUD,
    •    La coordination au sein du système des Nations Unies pour le développement,
    •    L’agenda de changement interne du PNUD,
    •    Les questions de transparence et enfin et surtout,
    •    Les ressources du PNUD et le budget qui est devant vous.

Nous nous trouvons à un moment passionnant de l’histoire du PNUD alors que nous avançons dans notre programme d’amélioration organisationnelle et que nous aidons les pays en développement à faire face directement aux énormes problèmes qui se posent à nombre d’entre eux.

Il faut de la passion et de l’engagement de la part de tout le monde au PNUD pour s’acquitter de ce genre de travail, et il faut aussi et souvent, pour le personnel de terrain, beaucoup de courage. Grâce à l’appui résolu du Conseil pour notre action, nous sommes habilités à faire de notre mieux pour apporter un changement durable et bénéfique à tous ceux que nous servons.

Contexte global du développement

L’attaque contre l’ONU au Nigéria nous rappelle que la conjoncture dans laquelle nous évoluons est extrêmement difficile dans de nombreux endroits. Je me limiterai à en citer quelques-uns.

À l’autre bout du continent africain, les pays de la Corne de l’Afrique connaissent la pire crise de sécurité alimentaire depuis près de 20 ans et, dans le cas de la Somalie, la première famine du siècle.

Il y a là une souffrance humaine de grande ampleur : des millions de personnes de la région font face à de graves pénuries alimentaires. Les enfants y sont touchés de manière disproportionnée, et leur taux de mortalité ont atteint des niveaux très inquiétants.

L’effet de la sécheresse a été exacerbé par les prix élevés des denrées alimentaires et les capacités limitées de populations vulnérables à faire face à la situation. L’accès de l’assistance humanitaire a également fait problème en Somalie, de même que l’arrivée de réfugiés dans les pays voisins et les camps de réfugiés surchargés. Les donateurs ont déjà accordé 1,4 milliard de dollars au titre de l’intervention humanitaire, et il est clair que cela n’est pas suffisant.

Au-delà de la satisfaction des besoins humanitaires urgents, il est essentiel de s’attaquer aux origines des crises alimentaires répétées en investissant dans des mesures à plus long terme qui peuvent rendre les populations touchées plus à même de faire face à ce genre de situation. Trop souvent, quand une catastrophe arrive, l’aide accordée est insuffisante pour ce type d’action de développement, ce qui laisse les collectivités exposées à des pertes de vie et de modes de subsistance.

Dans une déclaration récente à la Chambre des communes, le Secrétaire d’État du Royaume-Uni au développement international a écrit, “nous ne pouvons pas éviter les sécheresses, mais nous pouvons éviter les famines … en fin de compte, investir de façon plus efficace pour réduire la pauvreté et rendre les intéressés plus à même de se protéger ne revient pas seulement à un meilleur usage de l’argent que les secours d’urgence, mais il aidera aussi ceux qui sont touchés à sortir du cercle infernal des catastrophes.”

  • Le PNUD apporte ses connaissances pour aider à se relever rapidement, à être à même de résister aux catastrophes et à s’adapter aux ravages causés par des conditions climatiques extrêmes.
    •    En Somalie, malgré les problèmes de sécurité et d’accès, nous avons pu travailler à Mogadishu et dans certains des districts les plus gravement touchés par la famine. Nous remettons en état des infrastructures agricoles essentielles, notamment en creusant des puits peu profonds, en fonçant des trous de sonde et en installant des pompes manuelles ; nous remettons en état des canaux et des structures pour collecter l’eau ; et nous créons des emplois à court terme. Nous prévoyons que nos efforts de relèvement profiteront à des centaines de milliers de personnes. Mais on peut faire davantage avec une plus grande aide, et il faut faire davantage.
    •    Au Kenya, nous travaillons avec le HCR pour aider les collectivités qui font face à des difficultés supplémentaires du fait tant de la sécheresse que de l’arrivée de réfugiés de Somalie. Nous intensifions nos programmes pour apporter des solutions rapides et faciliter le passage à un développement de plus longue durée. Pour remettre en état des infrastructures communautaires et aider à diversifier les sources de revenu, il faut des dispositifs d’urgence.
    •    Outre l’intervention pour un relèvement rapide, le PNUD contribue au renforcement, dans toute la région, des capacités nationales d’atténuation des risques de catastrophe et de relance des modes de subsistance. Ces efforts sont essentiels et doivent être aidés.

Depuis la dernière réunion du Conseil d’administration, le nouvel État du Soudan du Sud est né et a été admis à l’Organisation des Nations Unies par l’Assemblée générale en tant que 193e État Membre. 

Des vestiges de conflit ont longtemps empêché le Soudan du Sud de se développer, et la voie qui se trace devant lui est longue et ardue.

Les travaux du PNUD dans ce pays reposent sur trois piliers : croissance sans inclusive et développement économique; bonne gouvernance et mise en place de l’État; prévention des crises et redressement. Notre bureau à Juba est en train de devenir un bureau de pays complet pour le Soudan du Sud et fera partie de notre Bureau régional pour l’Afrique.

Le PNUD coopère étroitement avec le Représentant spécial du Secrétaire général et le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général par intérim, le Coordonnateur résident-Représentant résident et le Coordonnateur de l’action humanitaire pour veiller à ce que la mission intégrée s’appuie sur les travaux existants du PNUD en matière de primauté du droit et de consolidation de la paix en faveur du people du Soudan du Sud.
Comme le Conseil le sait, le Gouvernement du Soudan du Sud a officiellement demandé le statut de bénéficiaire du PNUD. Il a aussi demandé qu’un descriptif de programme de pays soit présenté au Conseil à titre exceptionnel à sa première réunion ordinaire de 2012. Nous espérons que les arrangements proposés auront l’approbation du Conseil.

Depuis notre dernière rencontre, les événements qui se déroulent dans la région des États arabes continuent à occuper le devant de la scène internationale.

Au début de cette année, le PNUD en Libye a évacué son personnel international et suspendu ses opérations. Notre personnel national est resté dans le pays. Quelques-uns sont restés à Tripoli tout au long du conflit. Je tiens à saluer le courage dont ils ont fait preuve durant cette très difficile période. Les bureaux du PNUD à Tripoli ont été saccagés après l’évacuation complète du personnel international.

Le PNUD s’est alors consacré sur le terrain en Libye aux opérations de relèvement avec le déploiement d’un petit nombre de fonctionnaires à Benghazi qui ont travaillé avec des collègues de l’action humanitaire. Au siège et par l’intermédiaire du coordonnateur résident/représentant résident pour la Libye, nous avons travaillé étroitement et d’emblée avec le représentant nommé par le Secrétaire général, M. Ian Martin, sur la conception d’une intervention intégrée de l’ONU pour la période post-conflictuelle. Dès que les circonstances le permettront, le personnel du PNUD reprendra ses activités à Tripoli-même.

Au siège du PNUD, un plan SURGE a été approuvé pour renforcer notre engagement et nos capacités en Libye. Il est doté d’un budget d’environ 2,2 millions de dollars pour les trois premiers mois à l’appui de la mise en œuvre d’un programme initial de 24,3 millions de dollars pour un relèvement rapide intégré et un relèvement axé sur : 1) le redressement économique et la réforme ; 2) l’appui aux autorités de transition. Le plan SURGE aura besoin de l’appui des donateurs.

Ce plan suit le processus général de pré-planification de l’ONU pour la Libye. Le PNUD est entièrement acquis au principe d’une aide intégrée au relèvement et au développement de la Libye, en particulier dans les domaines de la gouvernance démocratique, notamment la primauté du droit et la justice, l’administration publique et l’assistance électorale. Le PNUD jouera aussi le rôle qui lui revient dans la coordination du redressement et dans sa contribution aux évaluations communes des besoins.

La présence de longue date du PNUD dans la région des pays arabes nous permet d’intervenir lorsque de nouveaux problèmes ou des possibilités nouvelles se présentent. Notre stratégie d’intervention reflète les circonstances, priorités et besoins particuliers de chaque pays. Dans certains, nous pouvons aider la transition en cours vers un gouvernement démocratiquement élu. Dans d’autres, nous aidons les gouvernements à appliquer des processus de réforme, nous contribuons au redressement après une crise et aidons des collègues du secteur humanitaire tout en passant en revue nos propres programmes pour tenir compte des circonstances qui évoluent rapidement.

En Tunisie, par exemple, nous travaillons avec la Commission électorale indépendante  pour lui apporter les processus qui peuvent assurer la transparence, l’accès, la responsabilisation et la réceptivité, et pour l’aider à mettre au point un code de conduite pour les observateurs des élections et les conditions d’accréditation. 
Au titre de cette action, le PNUD a organisé cet été un atelier réunissant 40 partis politiques pour examiner les dispositions législatives et le financement des partis, ainsi qu’un programme de formation à l’intention des candidates.
En Égypte, le bureau de pays du PNUD a dégagé un certain nombre de domaines clés pouvant faire l’objet d’une assistance électorale. Il est en étroite liaison avec les autorités sur ce sujet et sur nos propositions d’aider la réforme du secteur de la sécurité.

Deux nouveaux descriptifs de programme de pays de la région des États arabes – ceux du Yémen et de l’Algérie – seront soumis à la présente réunion du Conseil pour examen.

L’examen du descriptif du Yémen avait été ajourné en juin pour que son contenu puisse mieux refléter la complexité accrue des conditions existant dans le pays et mieux répondre aux besoins des Yéménites dans ces moments difficiles. Il aborde les causes structurelles du sous-développement et de l’instabilité en même temps que le potentiel de développement de la nombreuse population de jeunes. Nous avons également rédigé notre plan interne pour mettre rapidement une capacité du PNUD à même d’opérer à un niveau tout à fait stratégique dans le contexte de toute transition politique.

Le descriptif de projet de l’Algérie reflète également la situation la plus récente dans le pays et explique comment le PNUD peut répondre aux initiatives de réforme annoncées par le Président en avril.

L’enchaînement des événements aboutissant à la mise au point du prochain Plan stratégique du PNUD

Au cours des 18 prochains mois, le PNUD se consacrera à un certain nombre de processus internes et externes qui modèleront l’avenir de notre organisation et nous mettront en situation de devenir un acteur du développement encore plus fort et plus pertinent.

Pour nous, la préparation du Plan stratégique du PNUD pour 2014 à 2017 représente le plus important de ces processus. Ensemble, nous pouvons nous assurer que le nouveau plan oriente l’action du PNUD comme organisation vedette pour le développement qui s’attache à fournir des services de haute qualité et à obtenir des résultats.
La décision du Conseil sur l’examen à mi-parcours a fourni d’importants éclaircissements sur l’orientation que doit prendre le prochain Plan stratégique, notamment sur la priorité à accorder au renforcement des cadres de résultats du PNUD.
La décision a également demandé une Feuille de route pour le Plan stratégique et des précisions quant au moyen de rapporter le processus aux autres initiatives, par exemple l’agenda de changement interne et le budget intégré du PNUD.

La Feuille de route sera examinée en plus grand détail demain, mais je voudrais tout de suite souligner certains de ses points saillants.
L’actuel Plan stratégique fournit le cadre général dans lequel le PNUD mène son action. L’esprit de notre agenda de changement interne est de veiller à ce que le PNUD cadre bien son action, soit efficace, effectif et capable d’obtenir des résultats dans le contexte du Plan.

La Feuille de route établit un certain nombre de processus utiles pour la suite de l’actuel plan stratégique et pour la mise au point du prochain plan 2014-2017.

Elle comprend des processus internes de gestion comme l’agenda du changement, et des processus externes comme l’examen quadriennal complet.
Elle contient des étapes et des calendriers précis pour les deux prochaines années au sujet desquels nous envisageons de consulter le Conseil. La Feuille de route est un document vivant qui évoluera et s’améliorera à mesure que nous nous engagerons ensemble à le mettre au point. Je compte sur un partenariat étroit avec le Conseil à ce sujet.

Notre objectif est d’organiser des consultations et des ateliers qui seront utiles à la conception du prochain plan stratégique, et pour qu’ils puissent à leur tour tirer profit des résultats d’autres processus.

Il est prévu que la Feuille de route accompagnera un projet de plan stratégique qui sera présenté au Conseil lors de sa session annuelle de 2013; le Plan stratégique final sera présenté au Conseil lors de la deuxième session ordinaire, quelques mois plus tard.

Ce Plan stratégique doit établir une base solide pour le PNUD dans son rôle de réseau mondial de l’ONU pour le développement, préconiser un changement par la transformation et mettre en rapport les pays et les connaissances, les données d’expérience et les ressources, afin d’améliorer le sort des populations et de mettre les nations à même de se protéger contre les chocs.

Le premier événement clé menant au Plan stratégique sera l’atelier sur la mise au point de chaînes de résultats, qui aura lieu plus tard en automne. Il s’agira d’un échange entre spécialistes sur la gestion axée sur les résultats et visera à enrichir la structure de nos futurs cadres de résultats.

Tout le processus devra être inclusif, transparent et participatif pour qu’il puisse aider au mieux l’orientation future du PNUD et, au bout du compte, aboutir à un plan stratégique 2014-2017 de qualité.

Plusieurs événements et processus internationaux importants sont également à l’horizon, et ils peuvent jouer un rôle critique dans l’avancement du développement humain durable et la réalisation des OMD et autres objectifs convenus sur le plan international. Le PNUD et le système des Nations Unies pour le développement dans son ensemble s’attachent tout spécialement à leur préparation, et il est certain que leurs résultats auront un impact sur l’avenir de notre organisation.

En novembre, par exemple, la Conférence intergouvernementale ‘Unis dans l’action’ se tiendra en Uruguay. C’est, pour les États Membres, l’occasion d’examiner et analyser les enseignements dégagés et les pratiques optimales avec ceux qui ont suivi cette méthode, et de songer à des recommandations qui peuvent enrichir les débats sur l’examen quadriennal complet.

Un peu plus tard, la Réunion de haut niveau sur l’efficacité de l’aide aura lieu dans la ville coréenne de Busan. Elle constituera une occasion importante de renouveler les engagements concernant la qualité et les résultats de l’aide, dans le contexte de coopération en évolution rapide.
Puis, en décembre, il est à espérer que la Conférence des Parties de la CCNUCC, qui se tiendra à Durban (Afrique du Sud) réussira à entretenir l’élan dans les négociations internationales sur le climat.

En juin 2012, la Conférence sur le développement durable, Rio+20, se tiendra au Brésil.
Au PNUD nous pensons qu’il est essentiel que Rio+20 aboutisse à un consensus mondial sur l’agenda de développement durable pour les nombreuses années à venir et sur une action complémentaire aux niveaux mondial et national. Il reste encore beaucoup à faire à ce sujet.
Rio+20 présente une occasion unique de mettre fin à ce que le PNUD considère depuis longtemps comme une approche dispersée du développement. Le développement durable ne peut avancer que si nous incluons dans notre action trois piliers – social, économique et environnemental. On peut s’attendre à ce que le PNUD, avec le système de développement plus large de l’ONU, joue un rôle important dans l’application des résultats de Rio+20.

Vendredi, nous aurons une autre occasion d’examiner l’enjeu de Rio+20 et de sa pertinence pour l’action du PNUD.

En juin, le PNUD a organisé à Tarrytown une réunion mondiale des cadres dirigeants pour examiner les problèmes mondiaux, comment le système des Nations Unies pour le développement aide les pays à y faire face, et comment rajeunir notre propre organisation pour la rendre aussi efficace que possible. Nous avons été heureux de voir le Secrétaire général et des secrétaires généraux adjoints venir s’adresser à la réunion, de même que le Premier ministre adjoint du Laos, le ministre brésilien de l’Environnement et plusieurs autres personnalités éminentes qui ont pris la parole.

La réunion a permis de réunir des hauts fonctionnaires des bureaux de pays, des centres régionaux, des centres pour les politiques, des bureaux de liaison et du Siège, qui ont examiné le sens, pour le PNUD, d’aider à émanciper des vies et rendre les nations capables de se protéger dans un contexte de développement en évolution. Des exposés ont été présentés sur le résultat de l’examen à mi-parcours, sur la trajectoire proposée du prochain plan stratégique et sur l’importance d’obtenir des résultats, d’en faire rapport et de les communiquer.

La réunion fut l’occasion d’un vif débat sur les mesures à prendre pour rendre le PNUD plus stratégique, bien orienté, flexible et cohérent dans la qualité et l’efficacité de son action. Tous les participants sont convenus que le PNUD était une organisation à large mandat axée sur les solutions et basée sur les connaissances, capable d’utiliser les atouts de tout le système des Nations Unies pour le développement aux pays du programme. 

L’action commune du système des Nations Unies pour le développement aux fins de résultats
À cette fin, le PNUD continue à s’attacher à coordonner l’action du système des Nations Unies aux niveaux du Siège, des régions et des pays. Plus le système de développement est coordonné, mieux il sera équipé pour promouvoir le développement durable dans les trois piliers.

  • Le Groupe des Nations Unies pour le développement, lui-même, concentre son orientation stratégique au moyen de trois points d’entrée :
    •    Dans les pays qui mettent au point de nouveaux PNUAD – là où il est possible d’aligner l’assistance du système des Nations Unies sur les priorités nationales de développement. Avec près de 100 nouveaux PNUAD à formuler dans un délai de trois ans, le GNUD s’est beaucoup attaché à améliorer leur qualité.
    •    Dans les huit pilotes « Unis dans l’action » et les 21 pays qui les ont volontairement adoptés, il a été possible d’examiner et d’appliquer une meilleure coordination du système de développement et de mettre en commun les enseignements dégagés et les pratiques optimales.
    •    Le GNUD dans son ensemble accorde une haute priorité aux pays en conflit, notamment par une application suivie de l’agenda du Secrétaire général sur l’intégration et du rapport sur la consolidation de la paix immédiatement après un conflit, et en examinant les incidences du Rapport 2011 sur le développement dans le monde et les recommandations des moyens civils à mobiliser. En ce qui concerne ces dernières, j’ai eu le plaisir de présider le GNUD sur le Groupe de pilotage dirigé par la Secrétaire générale adjointe Susana Malcorra, du Département de l’appui aux missions. 

Un objectif essentiel de la cohérence de l’agenda a toujours été de porter à son maximum la capacité de l’ONU d’obtenir des résultats, de les mesurer et de les communiquer.

Le Président du Comité de haut niveau sur la gestion et moi-même, en tant que présidente du GNUD, avons diligenté un examen pour cerner des résultats communs du principe de l’établissement de rapports.

Le rapport qui en est résulté et son suivi seront examinés par les responsables du GNUD et du Comité de haut niveau sur la gestion lors de réunions ce mois-ci, et nous comptons sur la participation de nos partenaires à cet aspect critique de notre action. Le GNUD a également diligenté un examen indépendant de la gestion et la responsabilisation du système des coordonnateurs résidents des Nations Unies.

Un groupe de responsables du GNUD s’est joint à moi pour superviser ce processus. Les recommandations seront examinées à la réunion des responsables du Groupe consultatif du GNUD ce mois-ci, et nous déciderons alors de la manière de procéder dans certains domaines clés.

Efficacité de l’organisation

En juin j’ai décrit à grands traits les principaux aspects de notre Agenda interne du changement organisationnel.

Son objectif est d’améliorer la capacité du PNUD d’intervenir dans un paysage de développement en évolution, et de lui permettre de passer d’une bonne à une excellente performance.

L’Agenda montre que nous nous efforçons d’abattre les tours d’ivoire au sein du PNUD ; de rationaliser nos processus en les rendant plus professionnels ; d’améliorer la planification, l’affectation des ressources et la gestion des risques; et de mieux démontrer et communiquer les résultats de notre action.

Au tout début de l’application de l’agenda du changement, nous avons mis au point une série de priorités internes de l’organisation, pour les 12 mois suivants et aussi pour les trois à cinq ans au-delà.
Ces priorités internes sont complètement alignées sur le Plan stratégique du PNUD, et sont suivies au moyen de la planification et de la programmation au niveau opérationnel. 

  • Permettez-moi d’énumérer quelques aspects marquants de l’application de l’agenda du changement :
    •    Une première mesure importante a été la remise à neuf des structures internes de prise de décisions du PNUD, l’objectif étant de mieux les axer sur les principales questions stratégiques et mieux les équiper pour répondre rapidement aux circonstances qui évoluent. 
    •    Une autre mesure importante a été l’établissement d’une équipe dirigeante qui examine l’appui aux pays qui se trouvent dans des situations spéciales de développement et qui absorbent une partie très considérable des ressources du PNUD. Nous constatons déjà l’impact de l’action de cette équipe, dirigée par l’Administratrice associée, car elle a fourni un appui mieux intégré de tous les bureaux régionaux à nos bureaux de pays.
    •    Deuxièmement, nous faisons des investissements d’importance critique dans toute l’organisation pour être mieux tournés vers l’avenir et mieux ciblés.
    •    Il s’agit notamment de mettre au point un meilleur système de planification stratégique, une stratégie de relations publiques tournée vers l’avenir, des cadres pluriannuels internes intégrés pour la mobilisation des ressources et leur gestion, et d’aligner les fonctions programmatiques des bureaux régionaux.  
    •    Toutes ces initiatives nous aideront à renforcer notre structure organisationnelle tout en maintenant notre flexibilité et notre réceptivité. 
    •    Troisièmement, pour avoir les personnes qu’il faut, les compétences nécessaires, et au moment propice, nous devons accorder une grande priorité à la rationalisation des processus de recrutement.

Nous avons déployé de grands efforts pour définir des options concrètes qui permettent de réduire considérablement le délai de recrutement.

Notre premier objectif est de mettre au point, d’ici fin octobre, un plan visant à réduire de six semaines le délai de recrutement du personnel international au moyen d’un contrat de durée déterminée.

Les bureaux régionaux prévoient une réorientation vers une gestion plus stratégique des programmes. Les bureaux des politiques centrales et ceux de la direction cherchent un moyen d’adapter leur action pour que leurs services techniques, opérationnels et de politique générale soient de qualité égale, ou supérieure, à ceux qui se trouvent chez nos pairs dans les autres organisations.

Le but d’ensemble est de veiller à ce que le PNUD soit à même de répondre aux demandes provenant des pays pour de nouveaux produits et de nouveaux services, et ainsi de contribuer de manière plus efficace aux résultats du développement.

Nous avons mis sur pied groupe de cadres chargés du changement de l’organisation, sous la houlette de l’Administratrice associée, Rebeca Grynspan. Les mécanismes visant à suivre les progrès et établir des rapports réguliers au Groupe exécutif sont déjà en place.

En fin de compte, le critère du succès sera l’amélioration des résultats au niveau des pays. Les principaux responsables aux niveaux régional et des pays y sont entièrement acquis, et la réunion mondiale sur la gestion a été une importante occasion pour les principaux responsables du terrain de fournir un apport direct sur la question.

Transparence

Le PNUD s’attache à la transparence et la reddition des comptes s’agissant de toutes les contributions que nous recevons.

La décision du Conseil d’administration d’autoriser la divulgation des rapports d’audit internes aux donateurs des organisations intergouvernementales et au Fonds mondial pose un jalon important. Nous prenons les mesures nécessaires assure le mise en application de cette politique.

À la demande du Conseil, avec l’UNFPA, l’UNOPS et l’UNICEF nous avons présenté une solution pour téléconsultation sécurisée, qui devrait rendre le processus de publicité financière plus commode et plus efficace.

Nous accueillons avec satisfaction le dialogue continu avec le Conseil d’administration sur la manière de faire avancer notre commun attachement à la transparence organisationnelle.

’espère que d’ici à la fin de l’an prochain nous pourrons arriver à un consensus à ce sujet. En ma qualité d’administratrice, mon objectif est de voir le PNUD divulguer ses audits internes sur son site web, tout en notant que, dans certaines circonstances, la confidentialité doit être protégée. Nous sommes actuellement en rapport avec les autres fonds et programmes à ce sujet.

Nous travaillons sans relâche pour améliorer la transparence de notre organisation. Le PNUD est membre fondateur de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide et nous sommes résolus à adopter pleinement les normes communes de la transparence de l’aide d’ici à 2013, pour faire en sorte que nous diffusions des données financières et des informations sur les projets de manière transparente et qui soient facilement accessibles, utilisables et compréhensibles.

Ressources et budget du PNUD

J’arrive maintenant à la question des ressources et du budget du PNUD.

En 2010, les contributions totales au PNUD, y compris le FENU et UNIFEM, se sont élevées à 5,49 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de 3 pour cent par rapport à 2009. Cette augmentation est surtout due à un financement considérable du programme dans des pays faisant face à des situations spéciales en matière de développement, comme l’Afghanistan, le Soudan, Haïti et l’Iraq.

Les dépenses totales ont augmenté ces trois dernières années. En 2010, elles ont augmenté de 8 pour cent pour atteindre 5,99 milliards de dollars, poursuivant une tendance annuelle à la hausse.
Comme je l’ai déjà souligné, pour que le PNUD s’acquitte de son mandat universel et fournisse une aide efficace, il nous faut un financement de base suffisant. Ce financement de base permet au PNUD de fonctionner comme une organisation flexible, tournée vers l’avenir, capable d’axer son action sur l’efficacité et la durabilité à terme.

En 2010, les contributions de base du PNUD ont diminué de 967 millions de dollars, à savoir 5 pour cent inférieures aux contributions de 2009 qui s’élevaient à 1,01 milliard de dollars. La raison principale en était la diminution générale des contributions. Il y avait aussi un certain impact des variations des taux de change, mais leurs effets avaient été partiellement compensés par la couverture des risques. La diminution d’ensemble a astreint le PNUD à agir rapidement pour réduire les dépenses de base prévues afin d’éviter de prélever des fonds dans ses réserves opérationnelles.
Les projections actuelles indiquent une légère augmentation des contributions totales aux ressources de base; celles-ci s’élèvent à 1 milliard de dollars cette année, augmentation due en grande partie aux variations des taux de change.

Le solde général des ressources non dépensées à la fin de 2010 est tombé à 5,03 milliards de dollars – ce qui s’explique par un financement de programmes en augmentation. Sur ce montant total, 283 millions de dollars provenaient des ressources ordinaires, ce qui représente le seuil minimum de liquidités sur trois mois demandé par le Conseil d’administration. Les autres ressources représentent l’essentiel du solde des ressources non dépensées, soit 4,49 milliards de dollars.

Soyons clairs : la plus grande partie de ces ressources a été programmée et se traduira en dépenses dans les années qui viennent. Il est important de noter aussi que les autres ressources ne sont pas interchangeables avec les ressources ordinaires.

Alors que les effets de la crise économique mondiale continuent à se faire sentir dans de nombreux pays, j’encourage tous les États Membres à aider le PNUD à atteindre les cibles de ses ressources ordinaires et de s’engager, le plus tôt possible, à fournir une contribution aux ressources ordinaires du PNUD pour 2011 et au-delà. Les annonces de contributions pluriannuelles seraient extrêmement bienvenues.

De son côté, le PNUD s’active sur une méthode intégrée de mobilisation des ressources et étudie la possibilité de nouveaux partenariats de financement.

Le PNUD est totalement acquis à la discipline financière au sein de l’organisation, comme le montrent les prévisions budgétaires institutionnelles pour 2012-2013 qui aujourd’hui font partie des préoccupations du Conseil.

Le budget propose des coupes sans précédent de 120,1 millions de dollars dans le budget, et il faut y parvenir au moyen d’une limitation des dépenses et d’un alignement des coûts. Cela représente une réduction de 12,3 pour cent sur les crédits budgétaires bruts approuvés pour 2010-2011. 

Le budget proposé s’appuie sur les instructions du Conseil d’administration pour l’examen à mi-parcours du Plan stratégique et il est conforme à la décision du Conseil d’approuver des méthodes harmonisées de classification des coûts et de comptabilité budgétaire axée sur les résultats, dans le contexte de la feuille de route commune sur les budgets intégrés du PNUD, du FNUAP et de l’UNICEF.

  • Il reflète aussi l’agenda du changement du PNUD et appuie les activités qui lui permettront de relever ses performances à un niveau d’excellence.
    Les diminutions en volume ont été réalisées de trois façons principales, comme suit :
    •    Premièrement, les unités organisationnelles ont été mises à l’épreuve pour améliorer l’efficacité opérationnelle en éliminant les redondances ainsi que les services et activités non essentiels, et en décelant les fonctions de basse priorité qui peuvent être réduites, y compris par un gel des postes. 
    •    Deuxièmement, nous avons identifié les possibilités d’un meilleur alignement des coûts aux niveaux de la direction et des unités opérationnelles, notamment en matière d’utilisation des ressources ordinaires et extrabudgétaires.
    •    Troisièmement, nous n’avons pas inclus les coûts associés à l’achèvement des investissements en capital et autres investissements ponctuels.  

Les diminutions en volume de 120,1 millions de dollars ont été utilisées pour amortir les 31,1 millions de dollars (soit 3,2 pour cent) d’augmentations de coûts non discrétionnaires relatifs à l’inflation et aux traitements des fonctionnaires. Elles ont aussi été utilisées pour fournir 40 millions de dollars (soit 4,1 pour cent) à des investissements dans des domaines critiques de notre organisation, afin de veiller à une reddition des comptes adéquate concernant les ressources et les résultats réussis des programmes envisagés dans le cadre du Plan stratégique. 

  • Ces investissements couvrent notamment ce qui suit :
    •    La définition de l’agenda du développement global, l’accent étant mis sur l’accélération de la réalisation des OMD et la préparation de Rio+20 ;
    •    L’augmentation de l’aide aux pays en transition, le principal souci étant la prévention des crises et le redressement, notamment la réduction des risques de catastrophe ;
    •    L’application de l’agenda du changement ;
    •    Le renforcement de la gestion stratégique des ressources humaines ;
    •    L’amélioration des services à valeur ajoutée de l’organisation et de la reddition des comptes, notamment par l’application des Normes comptables internationales pour le secteur public (IPSAS). 

Au total, ces réductions et propositions aboutissent à un budget financé par les ressources ordinaires de 856,5 millions de dollars en chiffres nets pour 2012-2013. En chiffres nominaux, ce montant revient à une diminution de 5 pour cent sur le précédent budget d’appui biennal.

Je vous invite également à consulter le rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires concernant les prévisions budgétaires institutionnelles du PNUD pour 2012-2013. J’ai rencontré le Comité consultatif au début de juillet pour amorcer le dialogue officiel. 
Je suis heureuse de confirmer au Conseil que le PNUD respectera l’échéance du 1e janvier 2012 pour l’adoption des normes comptables internationales pour le secteur public (IPSAS). Nous prenons les dernières mesures pour établir un centre mondial de services partagés en Malaisie afin d’aider les bureaux de pays à appliquer les normes IPSAS et s’y conformer. Notre personnel va recevoir une formation au nouveau système, qui sera également offert aux pays du programme et aux membres du Conseil d’administration.

S’agissant de l’application d’IPSAS, le PNUD soumet à la présente session du Conseil d’administration, pour approbation, des propositions de changement à apporter aux règles et dispositions financières.
Dorénavant, le budget intégré réunira le budget institutionnel et les dispositions opérationnelles actuels, ce qui permettra d’établir des liens beaucoup plus clairs entre eux dans le prochain Plan stratégique. Il améliorera la transparence et l’intégration du budget, et accroîtra aussi l’harmonisation et la comparaison avec l’UNICEF et le FNUAP.

Conformément aux instructions du Conseil et grâce à la collaboration fructueuse et continue avec les organismes partenaires, nous prévoyons de présenter le budget intégré en temps voulu conformément aux attentes du Conseil. Nous vous ferons rapport de manière détaillée sur les progrès réalisés à ce jour lors d’une session commune officielle prévue pour la fin de cette semaine.
À l’origine, un deuxième examen des arrangements de programmation était prévu pour la présente réunion, mais il avait été convenu en juin de remettre la décision à la première session ordinaire de l’année prochaine.

Une note informelle a été rédigée pour signaler aux membres du Conseil qu’il y a une série de questions qui, selon nous, devraient être étudiées dans les arrangements de programmation afin que le PNUD puisse améliorer son efficacité en matière de développement. Il nous faut ensemble concevoir un système pour ceux des arrangements qui rendront le PNUD mieux capable de satisfaire les besoins d’un large éventail de pays de programme qui font face à divers problèmes de développement.

Conclusion

J’ai commencé par souligner l’environnement dynamique international dans lequel opère le PNUD et quelques-uns des problèmes qui appellent notre urgente attention.
Cependant, les perspectives pour le développement ne sont pas toutes sombres et sans espoir.

Nous vivons à un moment de l’histoire également caractérisé par l’optimisme, la confiance et les aspirations de nombreux pays en développement qui espèrent voir un avenir meilleur.

Les économies émergentes font preuve de dynamisme et de capacité de se protéger contre les chocs face aux bouleversements économiques venus de l’extérieur, et de nombreux pays à faible revenu connaissent une saine croissance. La croissance crée des possibilités que l’on peut mettre au service du développement humain.

Le PNUD est tout à fait résolu à saisir ces occasions et à faire de son mieux pour que les pays en développement effectuent les transformations qu’ils souhaitent.

Pour cela, l’appui du Conseil est indispensable, et encore une fois je remercie tous les membres du précieux appui que vous donnez à notre action.

Administrateur du PNUD
Helen

Helen Clark a pris ses fonctions d'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement le 20 avril 2009.

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