Le PNUD renforce ses initiatives « Argent contre travail » en Haïti

18 août 2010

Port-au-Prince – Fondée en 1698, la ville de Jacmel était autrefois la capitale de la région du Sud-Est de l’ancienne colonie française de Saint-Domingue, devenue aujourd’hui Haïti. Jadis habitée par les commerçants en café, la ville est devenue, à l’époque actuelle, une destination touristique forte prisée par les curieux du monde entier, qui viennent admirer son architecture du début du 19 ème siècle et sa tradition artistique bien vivante.

Cependant, le séisme du 12 janvier a détruit près de 70 pour cent des bâtiments de la ville, surtout dans ses quartiers les plus pauvres. Ses plages sont ensevelies sous des monticules de débris et d’ordures et son principal cours d’eau, la Grande Rivière de Jacmel, fortement pollué par les déchets que les habitants ont pris l’habitude d’y déverser, a contaminé la nappe phréatique, qui présente actuellement un grave danger pour la santé publique des riverains.

Un programme de type « Argent contre travail », mené par le PNUD à Jacmel, a lancé une campagne en faveur de la propreté de la ville, afin d’éliminer les méthodes d’enlèvement des ordures préjudiciables à l’environnement tout en mettant en place un système d'assainissement efficace, propre et soucieux de la nature. Avec plus de 1 200 personnes déjà formées et embauchées à cet effet, l’initiative « Argent contre travail » à Jacmel a permis de faire démarrer la gestion et l’évacuation des ordures tout en injectant des espèces dans l’économie locale, qui en a grandement besoin.

« J’ai été très impressionnée par le projet et par les personnes qui y participent », a déclaré l’Administratrice associée Rebeca Grynspan, qui s'est rendue à Jacmel en début de semaine, dans le cadre d’une mission de six jours qu’elle effectue en Haïti, avec au programme des inspections de plusieurs projets sur site et des rencontres avec le premier ministre et le maire de Port-au-Prince. « Plus de 150 000 kilogrammes de déchets étaient déversés chaque semaine dans les eaux des rivières ou de la mer », explique-t-elle. « Jacmel avait déjà un système de collecte des déchets mais pas de système de traitement de ce dernier. Le projet du PNUD ambitionne de mettre sur pied un tel système et nous souhaitons aider la municipalité à trouver le moyen de le pérenniser », précise-t-elle.

Le programme permet aussi aux habitants qui y participent de percevoir des salaires, qu’ils peuvent ensuite utiliser pour acheter de la nourriture à leur famille et envoyer leurs enfants à l’école, des activités qui, en retour, contribuent à relancer l’économie ravagée du pays. 

« Le programme Argent contre travail a renforcé nos capacités de travail », a reconnu Jean Edouard Similien, le directeur du centre de gestion des déchets.

Le PNUD poursuit également une autre initiative Argent contre travail, cette fois-ci à Léogâne, une ville côtière située à 29 kilomètres à l’ouest du Port-au-Prince, non loin de l'épicentre du séisme. La catastrophe a endommagé ou détruit près de 80 à 90 pour cent des constructions de la ville, notamment l’ensemble des bâtiments administratifs, et tué entre 20 000 et 30 000 de ses habitants.

Léogâne est également très vulnérable aux inondations durant la saison des fortes pluies et des ouragans que connaît le pays tous les ans. Grâce à un don du gouvernement brésilien, le PNUD œuvre avec les autorités de Léogâne pour mettre un œuvre un projet visant à protéger la ville et ses environs des inondations, ce qui implique le nettoyage des évacuations tout au long de la route principale qui traverse la ville. Le Ministère de l’environnement procède actuellement au dragage des rivières et les autorités de la ville entreprennent de nettoyer et de réparer les ponts et les berges.

« Nous soutenons le gouvernement et l’ensemble de la population de Léogâne dans toutes les initiatives qui sont importantes à leurs yeux », a déclaré Mme Gryspan lors de sa visite sur site pour inspecter l’avancement des projets. « Les inondations représentent une réelle menace pour les habitants. Par le biais des projets combinant l’enlèvement des débris et des déchets des eaux, et la consolidations de la construction de digues tout au long des berges, une telle menace est considérablement réduite », a-t-elle fait observer.

« Et, à l’instar de toutes les initiatives Argent contre travail, ce plan contribue à fournir des salaires aux habitants tout en leur offrant une formation adéquate », a-t-elle conclu.