Helen Clark: allocution prononcée devant le Conseil d’administration

24 juin 2010

Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement
à l’occasion de la Session annuelle du Conseil d’administration du PNUD/ FNUAP
(Genève, le 24 juin 2010)



M. le Président,

Messieurs les Membres du Conseil d’administration,

Chers collègues et amis,

Introduction

Je remercie M. John Ashe, Représentant permanent d’Antigua-et-Barbuda aux Nations Unies à New York, pour le rôle de guide du Conseil qu’il a assumé à titre de Président depuis son élection.

J’apprécie beaucoup par ailleurs ses efforts assidus ainsi que l’assistance qu’il a fournie aux Vice-Présidents du Conseil.

Cette réunion du Conseil est la première qui se soit tenue depuis que M. Heraldo Muñoz, qui est le nouveau Directeur du Bureau pour l’Amérique latine et les Caraïbes, est entré dans ses fonctions. Mme Sigrid Kaag a été nommée Directrice du Bureau de partenariats, et prendra son poste au mois d’août. Je souhaite la bienvenue à ces nouveaux collègues.

J’occupe le poste d’Administrateur du PNUD depuis plus d’un an.

Au cours des quatorze mois qui se sont écoulés, je me suis fixé comme priorité de m’informer autant que possible, et aussi rapidement que possible, sur les travaux de l’organisation, sur ses activités à travers le monde, et sur ses différentes parties prenantes qui sont nombreuses.

Je m’efforce de mettre à profit les connaissances que j’ai acquises pour placer le PNUD, ainsi que le système de développement de l’ONU dans son ensemble, en position stratégique en vue d’aider les pays à obtenir des résultats durables en matière de développement.

À mesure que le monde évolue, le PNUD et le système de développement de l’ONU doivent eux aussi évoluer pour rester en prise avec notre temps. Les anciennes démarches et solutions ne sont plus appropriées pour relever les défis du 21ème siècle en matière de développement.

Nous devons nous adapter pour donner suite plus efficacement à la volonté, exprimée par les pays participant au programme, de transformer leur situation en matière de développement.

Le PNUD présente de nombreux avantages comparatifs. Grâce à sa présence mondiale, il peut faire appel à de très nombreux services d’experts en développement, faciliter l’acquisition de connaissances et les échanges entre les pays, et aussi livrer accès aux notions et pratiques d’avant-garde dans le domaine du développement.

En tant que partenaire de confiance, le PNUD est en mesure d’apporter son soutien au développement des capacités, conseiller une politique stratégique à l’appui des plans de développement nationaux, et aider à mobiliser les ressources de développement.

Le PNUD joue aussi un rôle de coordination unique au service du système de développement de l’ONU, en veillant à ce que le résultat global de tous nos travaux dépasse la somme des contributions individuelles. Pour que le PNUD puisse continuer d’être un partenaire de développement de premier plan pendant les années à venir, il doit poursuivre la consolidation de ses points forts, et ne pas exclure le changement.

Le PNUD évolue dans un monde en pleine mutation

En me tournant vers l’avenir, j’envisage que le PNUD va devenir une organisation de développement experte, reconnue universellement comme étant l’une des meilleures au monde, qui assistera les pays en développement à effectuer des transformations, et qui aidera à canaliser les points forts de l’ensemble du système de développement de l’ONU à cet effet.

Nous devons promouvoir la résilience des pays pour leur permettre de relever tous les défis qui leur seront lancés. D’après ce que nous avons appris au 21ème siècle jusqu’ici, il est essentiel de pouvoir s’adapter pour surmonter toute une série d'obstacles.

Nous devons accroître le développement humain de manière réelle et durable dans les pays partenaires où nous sommes actifs, et à travers les quatre principaux secteurs de nos activités.

Le PNUD se doit d’être souple, bien concentré, tourné vers l’avenir et capable d’intervenir pour les crises les moins graves aussi bien que celles d’ordre catalytique et celles qui relèvent des transformations – pour aider à mettre en œuvre les programmes de développement des pays individuels.

Nos propres programmes doivent être de conception viable dès le départ et durables, et aussi laisser en place les systèmes qui vont s’imposer et favoriser les progrès réalisés longtemps après la fin de notre participation dans un programme particulier.

La création de capacités représente notre secteur d’activité principal, et elle transcende tous nos travaux. Elle est au cœur de la manière dont nous définissons et mesurons nos résultats.

A cet égard, le PNUD se doit d’évoluer en tant qu’organisation, et se renouveler continuellement. 

En janvier, j’ai informé le Conseil que je comptais organiser une retraite avec des cadres supérieurs en vue d’intensifier notre mise en application du Plan stratégique 2008-2013 du PNUD. Pour faire avancer ce projet, nous avons créé un plan d’action professionnel.

Il s’agit d’une initiative de gestion de grande portée, qui cherche à améliorer les performances du PNUD en tant qu’organisation de développement de premier plan et coordinateur du système de développement de l’ONU.

Pour que les changements d’organisation puissent être durables et efficaces, ils exigent toujours l’intervention de plusieurs différents facteurs. Ces changements doivent bien s’intégrer dans la structure d’une organisation – et pour cela, il faut faire preuve de persévérance et de patience.

Au cours des deux prochaines années, nous chercherons à mettre en évidence les progrès réalisés grâce à un accroissement réel d’efficacité et d’impact.

Le groupe de gestion a identifié sept secteurs clés qu’il va falloir examiner pour veiller à ce que le PNUD soit adapté à la fonction au 21ème siècle.

Dans chacun de ces secteurs, nous avons créé des antennes d’activité ayant des objectifs bien définis.

Des comités de direction sont au travail, chacun d’eux comprenant des membres du groupe de gestion et des représentants venus des différents bureaux nationaux, de centres régionaux, et de sièges administratifs.

Le 4 juin, j’ai eu un entretien très détaillé avec des membres de notre personnel en liaison à travers le monde pour leur communiquer notre programme de changement.

Dans les sept antennes d’activité que nous avons créées, notre objectif principal consiste à réaliser un plus grand impact et un plus grand nombre de résultats en matière de développement.

Les sept antennes d’activité portent, sans classement particulier, sur les aspects suivants :

1. Faire du PNUD une organisation experte des plus performantes.

Ceci est essentiel pour ma façon de voir les choses. Nous devons mieux engendrer, capter et partager les succès et les conclusions tirées de nos travaux au sein de l’organisation, en vue de conforter le soutien et de développer les options que nous pouvons offrir aux autres pays.

Nous allons prendre des mesures complémentaires en vue d’acquérir et codifier nos connaissances, de mettre en place les plates-formes de technologie nécessaires pour que ces connaissances soient universellement accessibles, et de transformer ces connaissances en options de politique utiles et opportunes, adaptées aux circonstances et aux besoins particuliers de chaque pays.

En affinant notre créneau de connaissances, nous pourrons également définir de manière plus précise les secteurs pour lesquels notre contribution est la plus importante.

Comme j’en ai fait mention en janvier, la nouvelle stratégie de connaissances du PNUD se fixe pour objectif de mieux partager les solutions. Elle est appuyée par une plate-forme du nom de “ Teamworks ”, qui permet la saisie et l’application dynamiques et en temps réel des connaissances. La première phase d’activité est en cours, et elle sera suivie d’une deuxième phase plus ambitieuse dont le démarrage est prévu en septembre.

Par ailleurs, nous procédons à des investissements pour que cette plate-forme devienne un élément qui relie entre eux les différents centres de connaissances à travers le système de l’ONU.

2. Quantification et gestion déterminées par les résultats

Les travaux, effectués au sein de cette antenne d’activité, consistent entre autres à assurer que nous encouragerons les centres nationaux à redéfinir leurs programmes en vue de réaliser une orientation plus claire et un plus grand impact ; et veiller aussi à ce que les documents du plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement aient un caractère plus stratégique, et comportent des schémas de résultats clairs et mesurables, capables d’être évalués.

Nous recueillons les enseignements tirés de l’expérience de ces centres nationaux qui sont déjà passés à des fondations en amont plus stratégiques. Ceci servira à guider les autres sur une voie similaire.

Nous allons également mettre au point des mesures d’encouragement à l’appui de la gestion axée sur les résultats, des performances, des communications, et de la présentation de l’information.

Notre objectif consiste à soutenir les pays qui font des choix de stratégie et de politique et qui créent les capacités nécessaires à la transformation de leur avenir.

Toutes nos interventions doivent exercer un impact important sur le développement, et avoir l’envergure voulue, ou bien être capable de l’atteindre. Il nous faut aller au-delà des projets et déployer des efforts cumulatifs qui vont contribuer à un véritable changement.

Par la suite, en procédant de cette manière, il nous faudra pouvoir mesurer de manière fiable les contributions que nous apportons aux effets – et non pas simplement aux produits.

Je sais que vous allez examiner notre politique d’évaluation la semaine prochaine avec l’Administrateur assistant. J’attache une grande importance aux évaluations, et nous continuerons de réagir en toute priorité à leurs résultats et d’en tirer les conclusions à un niveau organisationnel pour éclairer nos interventions.

Pour les années à venir, je prévois une culture de gestion axée sur les résultats beaucoup plus énergique, ainsi que des moyens clairs de communication et de présentation de l’information sur les activités du PNUD.

3. Création de nouveaux partenariats stratégiques

Bon nombre de nos donateurs les plus importants sont à présent confrontés à des contraintes budgétaires. Leur générosité est d’une importance vitale pour le PNUD, et je tiens à conserver et renforcer encore davantage nos relations critiques avec tous nos donateurs, et cela à tous les niveaux.

Par la même occasion, notre monde a subi des changements profonds, et il n’est plus possible de le répartir tout simplement en pays donateurs et en pays bénéficiaires. En réalité, la situation est beaucoup plus complexe.

Il existe un nombre croissant de pays donateurs et à revenu intermédiaire, qui veulent continuer à bénéficier de notre soutien pour relever les défis incessants qui leur sont lancés en matière de développement.

La coopération sud-sud joue actuellement un rôle d’importance croissante en aidant les pays à relever leurs défis dans le domaine du développement, et elle va continuer de le faire.

J’insiste à présent auprès du PNUD et de l’ensemble du système de développement de l’ONU pour que soit facilitée d’une manière plus systématique la coopération sud-sud, celle-ci venant alors s’aligner sur notre rôle traditionnel qui consiste à faciliter la coopération entre le Nord et le Sud.

Les 135 bureaux nationaux du PNUD et sa présence dans 166 pays nous donnent un avantage incomparable qui nous permet de soutenir les échanges sud-sud.

En janvier, j’ai informé le Conseil des nouvelles relations du PNUD avec la République de Corée. Nous cherchons à présent à faire passer nos partenariats pour le développement à un nouveau niveau de participation avec les principaux donateurs sud-sud.

En même temps, nous renforçons encore davantage nos partenariats avec le secteur privé, les fondations, et la société civile, et aussi avec des institutions multilatérales et régionales clés.

4. Recherche d’une plus grande efficacité et de productivité internes, et réalignement des mesures d’encouragement.

Nos principaux objectifs consistent ici à réduire le lourd fardeau des opérations dans l’ensemble de l’organisation sans pour autant nous soustraire à nos obligations en termes de redevabilité, et de réaliser des économies durables par un travail plus efficace et plus productif.

Nous allons définir les rôles clés, les obligations et les relations à travers les bureaux nationaux, les centres régionaux, et les sièges afin d’assurer la mise en œuvre efficace du programme.

Nos clients internes en commun sont les bureaux nationaux, et nous devons tous œuvrer de manière bien coordonnée pour les soutenir.

Nous allons également examiner et réorganiser les politiques et les procédures pour appuyer l’exécution plus adaptée du programme opérationnel. Il s’agira, entre autres, de rationaliser et de simplifier la passation de marchés et d’assurer l’utilisation plus efficace des technologies de l’information et de la communication.

La stratégie, qui consiste à accélérer la réaction du PNUD aux crises, constitue un bon exemple du type de changement nécessaire. Ceci a été un élément important pour nous assurer que nous sommes capables de réagir plus rapidement et plus efficacement face aux besoins des pays en crise.

Nous avons déjà mis en place ces politiques et ces procédures dans neuf pays. Nous évaluons à présent cette activité, en vue de la mettre en œuvre dans un plus grand nombre de pays.

5. Gestion des performances et développement des capacités du personnel

Notre personnel dévoué est l’élément central du PNUD. C’est grâce à ses interventions, souvent dans des régions très difficiles et à haut risque, que nous sommes capables de parvenir aux résultats recherchés par nos clients.

Il est important pour nous de disposer ainsi de ces ressources humaines ; nous pouvons toujours agir rapidement, attirer et sélectionner les personnes possédant les compétences les meilleures et les plus appropriées, et envoyer les membres du personnel aux régions où leurs talents vont servir le mieux.

Nous cherchons à obtenir un système de recrutement plus efficace et plus souple, et à mener à bien la succession ; à développer les carrières du personnel ; et à mettre en place des systèmes de récompense et de reconnaissance. Il va falloir rationaliser les politiques de ressources humaines afin de mieux soutenir les besoins opérationnels de l’organisation, et de renforcer la gestion des ressources humaines dans les bureaux nationaux.

Nous procédons actuellement à la mise au point d’un système simplifié d’évaluation des performances pour assurer que nous serons en mesure d’offrir de meilleures mesures d’encouragement au personnel en fonction des résultats stratégiques ; par ailleurs, ce système monopolisera moins le temps de tous les intéressés. Nous prévoyons sa mise en place dans un avenir proche.

Nous allons également renforcer les opportunités d’apprentissage offertes pour approfondir les compétences du personnel, assurant ainsi une exécution efficace des programmes du PNUD. Des programmes de développement des compétences en gestion et en encadrement, destinés aux cadres supérieurs, moyens et jeunes, vont bientôt être instaurés. Le programme destiné aux cadres supérieurs est déjà piloté dans les grandes universités.

6. Communications stratégiques

Nous devons apprendre à mieux communiquer à un plus vaste public l’essentiel de nos interventions, la manière dont nous nous en acquittons, et aussi ce qu’elles contribuent à réaliser.

J’ai moi-même été témoin d’un grand nombre de magnifiques réalisations du PNUD. Or, celles-ci ne sont pas suffisamment répandues ni rapportées de manière adéquate ; par conséquent, nos partenaires s’interrogent très souvent sur la nature de nos activités.

Nous consolidons à présent nos communications stratégiques avec différents partenaires externes, et nous procédons à la mise au point de meilleurs produits de communication. Décidés de faire connaître nos activités à des publics différents et de diverses manières accessibles, nous effectuons actuellement la mise à niveau de notre site web, et nous développons notre audience en mettant en œuvre des moyens très nombreux, dont Facebook, Twitter, et YouTube. Les réactions positives à cela par les publics plus jeunes sont des plus encourageantes.

Par ailleurs, nous poursuivons l’amélioration de nos communications internes, et nous allons reconfigurer notre intranet.

7. Comment promouvoir une plus grande coordination des travaux de développement de l'ONU

Pour que le système de développement de l’ONU continue de répondre aux besoins dans les pays participant au programme, il nous faut tous multiplier nos activités en faisant appel aux points forts de l’ensemble de l’équipe nationale.

Nous allons revoir et renforcer nos moyens de gestion stratégique du système de coordinateurs résidents, afin de continuer d'assumer le rôle de dirigeant de confiance pour le système de développement de l’ONU.

Le PNUD fera tout son possible pour soutenir la mise en œuvre cohérente et efficace du système de développement de l’ONU en vue de réaliser les ODM ainsi que les autres objectifs de développement convenus au niveau international.

Nous soutiendrons systématiquement les huit pays pilotes de l'initiative « Unis dans l'action », et aussi les autres pays volontaires engagés dans la même voie, et nous augmenterons les mesures d’encouragement destinées au personnel du PNUD qui est appelé à soutenir la réforme de l’ONU.

Les sept antennes d’activité dans notre plan d’action plan sont étroitement liées les unes aux autres. Un groupe de mise à exécution, basé dans mes bureaux de direction, assure le contrôle de ces antennes. Il identifie les problèmes qui se présentent et qu’il faut résoudre, et il tient le groupe de gestion régulièrement au courant de ces problèmes.

Je compte informer régulièrement le Conseil sur nos activités.

Les antennes d’activité que j’ai décrites viennent s’ajouter aux changements qui étaient déjà en cours, comme par exemple ceux qui concernent la réforme contractuelle et la préparation du PNUD à l’introduction des normes de comptabilité dans le secteur public international (IPSAS).

Pour promouvoir un degré plus élevé de transparence et de comparabilité, et faire porter les travaux sur les résultats, nous cherchons également à harmoniser la classification des activités et des frais correspondants parmi le PNUD, le FNUAP et l’UNICEF, et à présenter un budget intégré pour le PNUD.

Comme il en est fait mention dans le Rapport annuel, des mesures importantes ont été prises au cours de l’année écoulée en vue d’améliorer la sécurité du personnel et des locaux du PNUD. Ces mesures continueront de se voir accorder la plus haute priorité. 

L’année prochaine, nous présenterons au Conseil un examen à mi-parcours du Plan stratégique. Cet examen portera, d’une manière générale et en profondeur, sur les évaluations et les autres analyses concernant la contribution du PNUD aux résultats du développement.

Ses conclusions seront renvoyées dans les antennes d’activité pertinentes qui sont en cours, pour que le PNUD prenne les mesures nécessaires pendant le reste de la période du Plan stratégique, ceci en vue de maximiser son impact sur le développement.

Ressources et résultats

C’est à moi-même, ainsi qu’aux cadres supérieurs, qu’incombe en dernier ressort la responsabilité d’assurer la direction du programme de changement du PNUD et l'atteinte de ses objectifs. Or, il nous faut avoir votre soutien politique, et disposer des ressources prévisibles nécessaires pour pouvoir nous acquitter correctement de nos tâches.

Pour pouvoir mettre en œuvre le changement qualitatif que nous recherchons par le biais du plan d’action, et donner suite aux attentes de nos partenaires, il est essentiel que le PNUD dispose d’un financement “de base” à masse critique.

Je regrette le fait que les contributions faites à nos ressources « de base » aient diminué en 2009. Les projections actuelles pour l’an 2010 laissent à supposer que la tendance à la baisse va se poursuivre. Les contributions de base ont atteint le chiffre nominal de $1,01 milliards, c’est-à-dire 25 pour cent au-dessous du chiffre annuel recherché en 2009 dans le Plan stratégique. Le cadre de ressources approuvées, qui a été convenu par le Conseil en 2007 – avant le début de la crise économique– semble être de plus en plus illusoire.

En revanche, les ressources qui ne sont pas “de base” et qui ont été confiées au PNUD restent à un haut niveau, atteignant au total $3,7 milliards en 2009. Ceci démontre que le PNUD continue d’être un partenaire de choix pour les donateurs.

Malgré les projections économiques pessimistes, il est important pour nous de réaliser nos revenus recherchés pour 2010 et pour les années futures. Je m’adresse à tous nos partenaires pour les prier d’augmenter leurs contributions de base pour cette année et le reste de la période du Plan stratégique.

Nous comptons nous entretenir avec chacun d’entre vous pour examiner les mesures concrètes qui pourront être prises en vue de réaliser le chiffre recherché pour nos ressources de base.

Je suis très reconnaissante à tous les partenaires qui ont déjà contribué aux ressources de base du PNUD et à celles de ses fonds et programmes correspondants pour l’an 2010. Je remercie en particulier tous les partenaires qui se sont déjà engagés à contribuer pendant plusieurs années.

Le PNUD continuera de veiller à ce que les normes de responsabilité et de transparence les meilleures soient appliquées, et va œuvrer pour que les ressources qui nous sont confiées soient employées de la meilleure façon possible et à bon escient.

Exposé des résultats - Rapport annuel

Je continue de me concentrer sans relâche sur les résultats. Nous devons aider les pays à développer l’aspect durabilité ; à prévenir les crises et à faciliter le redressement après une crise ; à promouvoir une gouvernance démocratique ; à réduire la pauvreté et à concrétiser les objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Nos contributions communes et autres sont, elles aussi, essentielles à notre mission. Ceci s’applique à la coopération sud-sud, dont j’ai déjà fait mention.

Il est certainement du ressort de nos travaux de promouvoir l’égalité des sexes, et notamment d’aider au développement des opportunités économiques des femmes ; d’affermir le statut légal des femmes ; et d’assurer qu’il soit tenu compte des opinions des femmes lors de la prise de décisions. L’égalité des sexes ne constitue pas tout simplement un OMD par lui-même. En effet, il s’agit également d'un moyen crucial de parvenir à d’autres objectifs.

Comme le démontre le Rapport annuel qui vous est présenté, le PNUD contribue à obtenir des résultats significatifs en matière de développement dans le monde entier.

Nous aidons les gouvernements à analyser et à comprendre les défis auxquels ils sont confrontés en matière de développement humain au plan national. Nous les aidons à mettre au point et à utiliser des outils de diagnostic en vue d’améliorer la planification à l’échelon national ainsi que les allocations de crédits budgétaires en soutien à l'obtention de résultats dans le domaine du développement. Nous sommes en partenariat avec certains pays afin de mettre en œuvre des programmes qui permettent de déterminer l’efficacité d'approches spécifiques et de mettre en application et de tirer des enseignements pratiques.

Ce qui est encore plus important, est le fait que nous soutenons le développement des capacités nationales qui peuvent contribuer à conserver les effets positifs et accroître la résilience à résister aux crises.

Il faut compter plusieurs années pour que de tels résultats soient obtenus et pour que les travaux des nombreux partenaires arrivent à maturité. Suite à la demande du Conseil portant sur un rapport d’évaluation du niveau des résultats, le Rapport annuel de l’année en cours adopte une nouvelle approche.

Il renferme un compte rendu de haut niveau sur les résultats du PNUD obtenus dans tous les secteurs d’intérêt, et aussi une analyse exhaustive de la contribution apportée par le PNUD pour obtenir six résultats spécifiques sur une période de plusieurs années.

Pendant toute la durée du Plan stratégique nous allons pouvoir couvrir tous les résultats.

D’une manière générale, le cycle des demandes émanant des pays et des suites données par le PNUD cadre plus ou moins avec celui de l’année dernière. La mise en œuvre de programmes provisoires est restée à un niveau stable de 4,11 milliards de dollars en 2009. Le coût des programmes destinés aux pays les moins développés a augmenté et a atteint le chiffre de 1,7 milliard de dollars en 2009, ce qui représente 42 pour cent des dépenses totales.

L’une des plus grandes priorités depuis ma prise de fonction a consisté à mieux concentrer les activités du PNUD sur la réduction de la pauvreté et sur la concrétisation des ODM. Les dépenses dans ce secteur se sont chiffrées l’année dernière à 1,18 milliard de dollars, soit 29 pour cent des dépenses totales.

Au cours de la dernière décennie, le PNUD a contribué à consolider le soutien populaire du programme des ODM à l’échelon mondial et national par le biais de dialogues de développement et de campagnes de sensibilisation. Le Rapport annuel souligne trois résultats obtenus par le PNUD dans ce secteur.

Le premier résultat se rapporte au soutien des partenaires nationaux dans leurs travaux d’évaluation et de planification des ODM.

Depuis 2005, et avec l’appui du PNUD, plus de soixante pays ont préparé des plans de développement axés sur les ODM ou des rapports de stratégie pour la réduction de la pauvreté. Ceci a contribué à transformer les documents dits de « vision » en stratégies ayant leurs objectifs et indicateurs.

Certaines méthodologies de calcul des coûts axés sur les ODM ont servi à identifier les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs et galvaniser le soutien à l’échelon national autour des plans sectoriels. Par exemple, le plan de développement de l’Éthiopie a fait appel à une évaluation des besoins appuyée par le PNUD pour aider à déterminer l’affectation des ressources.

Le deuxième résultat se rapporte à la mise en œuvre de programmes de développement nationaux intégrés. La consolidation de la capacité de développement local et la réalisation des ODM exigent le concours des niveaux sous-nationaux du gouvernement et de la société civile.

En Mongolie, pour ne citer qu’un seul exemple, le PNUD et le FENU ont aidé à développer des institutions de microfinancement, ce qui a été bénéfique pour des milliers d’entrepreneurs ruraux et d’habitants vivant dans la pauvreté. Plus de la moitié des clients sont des femmes.

Le PNUD œuvre également pour sauvegarder les progrès réalisés par les pays en matière de développement malgré les revers internes et externes.

Le Centre de politique internationale pour la croissance inclusive PNUD-Gouvernement du Brésil, par exemple, a offert son soutien au Timor-Leste pour intensifier ses programmes de protection sociale.

En mars, j’ai pu étudier sur le terrain le programme national Mahatma Gandhi de garantie de l’emploi rural en Inde. Ce programme offre le droit à un minimum de 100 journées de travail tous les ans, au profit de quelque 46 millions de foyers remplissant les conditions voulues, et il a aidé à protéger les personnes vulnérables pendant la crise économique.

Le PNUD a contribué à la conception et la mise en œuvre de ce programme, et aide à faire partager cette expérience avec d’autres régions dans le sud.

En effet, comme je l’ai déjà mentionné, nous nous efforçons de soutenir les échanges sud-sud d’une manière plus systématique dans tous les secteurs de nos activités, en nous inspirant de notre rôle de centre principal de connaissances en matière de développement.

Le troisième résultat se rapporte au rôle important du PNUD pour enrayer et faire rétrograder la propagation du virus HIV et du sida.

Dan plus de trente pays, le PNUD a aidé à créer des environnements juridiques visant à renforcer et à soutenir des mesures de soutien efficaces contre l’épidémie du virus HIV, où on s'attache à lutter contre la stigmatisation et la discrimination combattus, et où on favorise l'émancipation des femmes.

Entre 2003 et 2008, le PNUD a été l’un des principaux organismes bénéficiaires des programmes du Fonds mondial dans 34 pays. Grâce à ces programmes, 3,5 millions de personnes ont bénéficié d’une assistance socio-psychologique concernant le virus HIV et ont été testées pour ce virus ; 100.000 personnes atteintes du HIV ont reçu un traitement antirétroviral ; et presque dix-sept millions de personnes ont été soignées pour le paludisme.

Le PNUD a pu transférer son rôle de principal bénéficiaire à des institutions nationales dans 10 pays. Nous avons pour responsabilité non seulement d’obtenir des résultats immédiats dans le domaine de la santé publique, mais aussi d’affermir la capacité nationale à réaliser cet objectif, ceci en vue d’abandonner notre rôle de principal bénéficiaire dès que cette capacité est atteinte.

Le PNUD continue de se concentrer intensément sur sa mission d’aider les pays à faire face à toute une série de menaces environnementales, y compris celle des changements climatiques.

Nous continuons de demander que les politiques cherchant à assurer la réalisation des objectifs en matière de développement soient bien intégrées avec celles qui sont nécessaires pour traiter du problème des changements climatiques.

Ceci est particulièrement important, compte tenu de l'estimation des ressources financières considérables que vont exiger les pays en développement pour s'occuper des changements climatiques.

La somme initiale de 30 milliards de dollars convenue à Copenhague pour la période 2010 – 2012 est un début. Si elle se matérialise totalement et si elle est dépensée judicieusement sur des mesures d’adaptation et d’atténuation des effets, elle pourra contribuer à traiter des changements climatiques et à réaliser les objectifs à long terme en matière de développement.

Bien que le processus de négociation internationale sur les changements climatiques se poursuive, le PNUD continue d’assister sur le plan pratique les pays à combattre les effets de ces changements climatiques.

Le Rapport annuel examine les résultats de nos activités visant à accroître la capacité des institutions locales à faire face aux changements climatiques, à gérer l’environnement, et à développer les services environnementaux et énergétiques.

Au cours des cinq dernières années, par exemple, le PNUD a obtenu un financement à hauteur de plus de 90 millions de dollars pour la région du Pacifique, en vue de soutenir la conception et la mise en œuvre d’initiatives d’adaptation.

Nos interventions, qui ont servi à assurer un plus grand accès à l’énergie pour les pauvres, aident par ailleurs les pays en développement à utiliser des sources d’énergie respectueuses de l’environnement et des technologies plus propres.

Avec le soutien du PNUD en matière de cadres de politique et de mécanismes financiers destinés à encourager l’efficacité en consommation d’énergie, 44 pays ont évité de produire environ 26 millions de tonnes d’émissions de C02 l’année dernière. En Croatie, par exemple, le PNUD a aidé le pays à augmenter l’efficacité de consommation d’énergie dans les secteurs résidentiels et des services publics. Une même approche est à présent en cours d’adoption au Monténégro.

Le programme ONU-REDD, dans lequel le PNUD est en partenariat avec le PNUE et la FAO, a contribué à préparer des pays comme le Panama et le Vietnam à bénéficier du financement des forêts de captage du carbone.

Le mois dernier, je me suis rendue à la Conférence d’Oslo sur le climat et les forêts. Un nouveau partenariat intérimaire REDD+ a été convenu par 58 pays. Il se fixe pour objectif de rapidement mettre en œuvre des mesures transparentes et coordonnées qui auront pour effet de réduire la déforestation et la dégradation des forêts.

Les pays participant au programme compteront sur l’ONU-REDD et la Banque mondiale pour les aider à participer à REDD+, pour qu’ils puissent réduire dès aujourd’hui les émissions à effet de serre provenant de leurs forêts, et réaliser les objectifs en matière de développement d’une manière compatible avec le climat.

Tout développement repose sur la réalisation des facteurs stabilité et sécurité.

En ce qui concerne notre mandat de prévention et de redressement, le Rapport annuel se concentre sur les résultats de l'aide apportée aux pays pour prévenir les catastrophes naturelles et y faire face, puis pour se relever après la crise.

Comme l'ont montré les catastrophes naturelles de ces derniers mois, le PNUD fournit un travail essentiel de promotion de la réduction des risques, de renforcement de la résilience, de la prévention des pertes énormes et de la préservation des acquis du développement.

Au Bangladesh, par exemple, le PNUD et d'autres partenaires ont cherché à renforcer les capacités nationales de réduction des risques liés aux catastrophes. En 1991, un très violent cyclone avait fait 140 000 morts ; en revanche le cyclone Sidr, d'une violence comparable, en aurait fait 4 000 en 2007. Le chiffre reste considérable, mais il témoigne d'un réel progrès.

En cas de crise, le PNUD soutient les capacités du gouvernement à tous les niveaux, le développement socio-économique et la coordination de l'effort de redressement.

L'année dernière, nous avons fourni une aide au relèvement de première heure à 29 pays. En Afghanistan, en Somalie et ailleurs, nous avons contribué à l'apport de moyens de subsistance et de dispositifs de soutien qui ont amélioré la situation de centaines de milliers de personnes déplacées ou affectées par la crise.

Le PNUD prend également très au sérieux le soutien à l’implication des femmes dans les processus de restauration de la paix, par exemple en Colombie et au Liban, ou dans la lutte contre la violence sexuelle, comme en République démocratique du Congo.

En ce qui concerne l'avenir, nous devons nous rendre mieux capables d'identifier et de résorber les tensions dès leur émergence, avant qu'elles ne tournent à la violence, et de mener une action plus stratégique avec nos partenaires pour mettre en place des capacités nationales concernant la gestion des crises.

Notre effort de redressement en Haïti ne figure pas dans la période couverte par ce rapport annuel, mais il mérite une mention à part.

Quelques jours à peine après le séisme, le PNUD a déployé une série d'initiatives de relèvement initial. Notre programme « argent contre travail » a déjà fourni des emplois de courte durée à quelque 100 000 Haïtiens, dont 40 % de femmes. Nous avons également concouru à l'évaluation des besoins après la catastrophe, à la mise en place d'un système de gestion de l'aide et à l'organisation le 31 mars à New York d'une conférence des donateurs qui a eu beaucoup de succès.

Avec le concours de tous nos partenaires, nous allons continuer à aider le gouvernement haïtien à mettre en œuvre sa vision d'un avenir nouveau et meilleur pour Haïti.

La gouvernance démocratique ne figure pas parmi les six résultats examinés cette année, mais c'est une composante majeure des activités du PNUD.

Tout en étant une fin en soi, elle constitue l'ancrage nécessaire à la réalisation des OMD, à la gestion et la prévention des conflits et à la capacité à faire face aux changements climatiques. Ce sont ces activités qui représentent d’ailleurs le gros de nos dépenses : 1,47 milliard de dollars, soit 36 %.

Dans l'ensemble du monde, le PNUD soutient les efforts de gouvernements cherchant à se rendre plus réceptifs et plus responsables à l'égard des citoyens. Notre travail d'amélioration et de maintien des systèmes et des processus électoraux est bien connu. Depuis 2008, nous sommes intervenus ainsi dans 58 pays, souvent avec l'aide de Volontaires des Nations Unies.

Ces dernières années, le PNUD a aidé à leur demande plus de 90 pays à consolider leurs institutions nationales de défense des droits de l'homme. Nous déployons aussi des initiatives de soutien à l'État de droit et d'accès à la justice dans un nombre de pays à peu près égal.

Le PNUD et UNIFEM aident par exemple le Maroc à renforcer ses capacités judiciaires nationales d'application d'un code de la famille qui a accordé aux femmes un plus haut degré d'égalité et de protection de leurs droits.

Plus tard dans l'année, sera publié le Rapport sur le développement humain du 20e anniversaire du Programme.

Il visera à définir un programme de préservation de la pertinence de la notion de développement humain dans notre monde en mutation, et nous offrira un apport précieux lorsque nous chercherons à aider les pays à atteindre ces prochaines années les résultats escomptés en matière de développement. Tout semble indiquer que ce sera un document stimulant.

Réforme de l'ONU

Pour aller de l’avant tout en conservant son utilité, le système des Nations Unies pour le développement doit mobiliser collectivement l'énergie de toutes ses composantes afin de maximiser l'impact de son action sur le développement.

À cet égard, la mise au point et l'adoption récente des priorités stratégiques du Groupe des Nations Unies pour le développement pour 2010-2011 revêtent une importance particulière.

Elles incitent les fonds, les programmes et les agences spécialisées à mieux opérer au niveau des politiques, des secteurs et des programmes dans chaque pays.

Elles définissent les priorités d'appui à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et des autres objectifs de développement adoptés par la communauté internationale.

Elles soulignent l'importance du soutien que doit fournir ces trois prochaines années le Groupe des Nations Unies pour le développement aux 90 pays déployant des PNUAD, dans lesquels nous pouvons aligner clairement notre appui sur les priorités nationales de développement, aux pays en crise ou sortant d'une crise ainsi qu'aux pays pilotes de l'initiative « Unis dans l'action » et à ceux qui ont volontairement adopté cette approche.

Elles définissent aussi les priorités de maximisation de l'efficience opérationnelle par l'harmonisation des pratiques de fonctionnement du système et par la meilleure utilisation des services communs.

Le PNUD gère, pour le compte du système des Nations Unies, des fonds qui interviennent dans diverses situations de crise et de développement dans un effort de soutien à l’action efficace et cohérente de l’ONU à l'échelon du pays. Le Bureau du fonds d'affectation spéciale multidonateurs gère actuellement avec transparence et redevabilité 4,5 milliards de dollars répartis sur 32 fonds d'affectation spéciale multidonateurs et plus d'une vingtaine de programmes communs.

Depuis la dernière réunion du Conseil, je me suis rendue dans deux pays pilotes « Unis dans l'action », à savoir la Tanzanie et le Vietnam, ainsi qu'en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui a volontairement adopté cette approche.

Des évaluations, préparées par les pays pilotes eux-mêmes, ont été présentées pour la première fois à la troisième réunion intergouvernementale sur l'initiative « Unis dans l'action » qui s'est tenue à Hanoi la semaine dernière.

Le document final de Hanoi rend hommage aux progrès réalisés tout en reconnaissant les difficultés rencontrées, et affirme qu’« Unis dans l’action » est bien la formule de l'avenir pour les activités de développement des Nations Unies.

Pour qu'il en soit ainsi, il faut absolument que l'initiative reçoive le soutien plein et entier des pays membres et de l'ensemble du GNUD.

Il convient maintenant de tirer la leçon de l'expérience réunie par les pays pilotes et les pays volontaires, de façon à en faire bénéficier tous les pays, comme l'exige notre mission. D'autres pays continuent de se rallier à cette approche.

L'évaluation indépendante du groupe des pays pilotes devrait bientôt commencer. Ses résultats nourriront les discussions intergouvernementales sur l'appui que fourniront à l'avenir les Nations Unies aux pays de programmes, notamment les travaux qui auront lieu en 2012 à l'occasion de l'examen complet des activités opérationnelles.

En ce qui concerne le système de gestion et de responsabilisation du GNUD, le PNUD avait rempli à la fin de l'année 2009 tous les engagements inscrits dans le plan de mise en œuvre pour des organismes spécifiques.

Il a, par exemple, mené et achevé la révision des rôles et des responsabilités dans les fonctions de représentant résident et de directeur de pays, et a installé 52 directeurs de pays.

Au sein du GNUD, nous nous efforçons d'obtenir que tous les organismes s'acquittent de leurs engagements. Le Groupe fera procéder à une étude indépendante des améliorations possibles pour nous tous.

En attendant, si l'on porte à ma connaissance un problème de mise en œuvre de ce système, j'interviendrai pour le résoudre.

Je sais que les États Membres ont consacré un travail considérable pour aboutir à l'accord sur les diverses composantes en cours de négociation au sujet de la cohérence de l'action du système des Nations Unies.

Une fois adoptée, la résolution aura un impact notable sur les activités opérationnelles de l'ONU en matière de développement. Nous espérons donc que les membres parviendront à s'entendre et à progresser.

Sommet des objectifs du Millénaire pour le développement

J'aimerais maintenant aborder brièvement le sommet de septembre sur les objectifs du Millénaire pour le développement. Le PNUD est optimiste : les objectifs peuvent être atteints. Il existe un éventail de politiques éprouvées pour avancer dans leur réalisation. Si elles sont étayées par de solides partenariats globaux, le monde peut parvenir au but.

Mais 2015 n'est plus très loin, cinq ans à peine, et un solide soutien politique est nécessaire pour relancer l'effort global de réalisation des OMD. Je vous invite donc à inciter vos gouvernements respectifs à participer tous au sommet.

Le monde a en outre besoin d'un programme d'action concret pour accélérer la progression et la réalisation des Objectifs.

Ces derniers mois, le PNUD a préparé dans la perspective du sommet un ample corpus de données factuelles sur les efforts qu'il consacre aux OMD. Avec d'autres organismes de l'ONU, nous avons aidé plus d'une trentaine de gouvernements à préparer en détail leurs rapports nationaux sur les OMD.

Sur cette base, nous avons procédé à une évaluation internationale de ce qu'il reste à faire pour réaliser les OMD d'ici 2015. Ce document, publié la semaine dernière, dégage les facteurs de succès communs, ainsi que les problèmes nationaux et internationaux récurrents qui freinent la réalisation des objectifs. Il propose à tous les pays des façons d'accélérer la réalisation des OMD, de réagir efficacement en cas de revers et d’améliorer leur résilience.

Bien sûr, tout programme d'action doit être adapté au contexte spécifique de chaque pays. Mais notre analyse et notre expérience font ressortir huit domaines et possibilités d'action prioritaires.

1. Nous devons tous soutenir le développement placé sous la direction des pays.

Pour que les progrès s'accélèrent et se maintiennent, il faut que les communautés locales s'approprient les stratégies de développement, qui doivent reposer sur un large consensus national. Le développement doit s'appuyer sur des institutions réactives et responsabilisées, possédant les capacités voulues pour mettre en œuvre les politiques et les programmes de réalisation des OMD.

2. Nous devons encourager la croissance économique bénéficiant à tous.

La croissance économique, si elle est génératrice d'emplois et fondée sur l'amélioration de la productivité agricole et le développement rural, réduit rapidement la pauvreté et la faim. Il est important dans ce contexte que les revenus, les biens et les chances soient équitablement répartis, et que l’accord sur le commerce mondial bénéficie aussi aux pauvres et aux pays pauvres.

Nous répondons par ailleurs à l'appel de l’OIT, qui souhaite que le PNUD intègre dans ses activités le Pacte mondial pour l'emploi.

3. Il est primordial d'élargir l'éventail des chances pour les femmes et les filles, c'est une composante essentielle de la stratégie de rupture dont a besoin le monde pour avancer dans la réalisation des OMD.

Investir dans les femmes et les filles n'est pas simplement une affaire de justice. Cela produira des bénéfices intergénérationnels et nous fera progresser sur tous les objectifs.

4. Nous devons investir spécifiquement dans l'éducation et la santé, l'eau potable et l'assainissement, et les professionnels qui gèrent ces services.

Il ne s'agit pas seulement de sauver des vies, c'est la base même de la croissance économique durable pour tous. Car une population éduquée et en bonne santé est mieux à même d'améliorer son sort.

5. Nous devons intensifier la protection sociale, les programmes d'emplois et d'autres interventions ciblées. Tout cela peut contribuer énormément à la lutte contre la pauvreté et à la résilience aux crises présentes et futures.

6. L'amélioration de l'accès à l'énergie est aussi un facteur important. Mais dans le monde d’aujourd’hui, la survie de notre planète exige que la croissance s'accompagne d'une empreinte carbone réduite. Il faut pour cela que l'accord sur le climat prévoie un financement suffisant pour des formes de développement et de gestion de l'énergie à faibles émissions de carbone.

7. Il reste encore à trouver une importante part des ressources nécessaires à la réalisation des OMD, puis à les affecter convenablement dans les pays en développement. Et les ressources peu abondantes doivent être utilisées à bon escient.

8. La communauté internationale doit respecter ses promesses d’APD et améliorer l'efficacité et la prévisibilité de l'aide.

Il est très important que l'aide publique au développement soit prévisible et correctement ciblée si l'on veut réaliser les OMD et aider les pays à mettre en place les capacités et les programmes nécessaires à cet effet, ainsi qu'à attirer l'investissement privé et les nouvelles sources de financement liées au climat.

Malheureusement, en valeur corrigée de la croissance, l'OCDE estime que l’ADP sera inférieur de 38 % à la fin de l'année 2010 par rapport à l'accroissement promis au G8 de Gleneagles.


Nous espérons que les États membres négociant le document final du sommet s'entendront sur un programme d'action tenant compte des solutions qui se sont révélées porteuses et prévoyant des initiatives ambitieuses dans ces domaines prioritaires.

Le PNUD a mis au point un nouveau cadre diagnostique pour soutenir des stratégies de rupture de réalisation des OMD ; il le teste actuellement dans un certain nombre de pays. Ce cadre peut aider les gouvernements comme les partenaires du développement et des équipes de pays à mener un processus d'identification des freins à la réalisation des OMD et des moyens d'accélérer et de préserver les progrès.

Pour atteindre les OMD d'ici 2015, nous devrons impérativement avancer ensemble à marche forcée ces cinq prochaines années.

Conclusion

Je remercie tous les membres du Conseil du soutien qu’ils apportent au fonctionnement et au pilotage du PNUD à mesure que nous progressons dans notre programme de changement.

Je suis convaincue qu'avec votre aide, nous pouvons devenir une organisation encore plus utile, plus réactive, plus efficace et plus efficiente : le chef de file crédible du système des Nations Unies pour le développement.