Helen Clark : déclaration au Conseil d’administration du PNUD/UNFPA

19 janvier 2010

M. le Président,
Membres du Conseil d’administration,
Chers collègues et amis,

Introduction

C’est un plaisir pour moi que de prononcer, pour la troisième fois, une déclaration officielle devant le Conseil d’administration.

Je souhaite avant tout présenter toutes mes félicitations à Son Excellence Monsieur John Ashe, Représentant permanent d’Antigua-et-Barbuda, pour son élection au poste de Président du Conseil d’administration du PNUD/UNFPA.  Je félicite également les personnes suivantes, élues à la vice-présidence de leurs groupes respectifs : pour le groupe de l’Europe occidentale et des autres États, Mme Claude Lemieux (Canada); pour le groupe des États africains, Son Excellence Monsieur Atoki Ileka, Représentant permanent de la République démocratique du Congo; pour le groupe des États de l’Asie et du Pacifique, M. Muhammad Ayub (Pakistan); et pour les États d’Europe orientale, M. Farid Jafarov d’Azerbaïdjan.

Je saisis également cette occasion pour remercier chaleureusement le Président sortant du Conseil d’administration, Son Excellence Monsieur Mohammad Khazaee, Représentant permanent de la République islamique d’Iran auprès des Nations Unies. Mes remerciements vont aussi aux Vice-présidents sortants, M. William Exantus (République d’Haïti), M. Jeroen Steeghs (Royaume des Pays-Bas), M. Dragan Mićić (République de Serbie) et M. Omary Mjenga (République-Unie de Tanzanie), qui ont fourni un travail notable au cours de l’année écoulée.

Enfin, je souhaite une cordiale bienvenue à Rebeca Grynspan, qui prendra ses fonctions d’Administrateur associé du PNUD au début de février.  La plupart d’entre vous connaissent déjà Rebeca, qui était Administrateur assistant et Directrice du Bureau régional du PNUD pour l’Amérique latine et les Caraïbes depuis mars 2006. 

Avec sa remarquable expérience et son excellent bilan en matière de gestion, au sein du système des Nations Unies ainsi qu’au Gouvernement de Costa Rica, j’ai toute confiance qu’elle jouera un rôle précieux et m’apportera un appui solide pour diriger le PNUD, instaurer les changements que nous souhaitons et fournir des résultats de développement là où ils importent le plus.

Mise à jour sur les activités dans les domaines de travail prioritaires du PNUD depuis la dernière réunion du Conseil d’administration

Depuis la réunion du Conseil d’administration de septembre, le PNUD accorde une attention toute particulière à ces deux grands domaines interreliés que sont la riposte aux changements climatiques et la réalisation des OMD.

Ainsi que je l’ai déclaré vendredi à la réunion conjointe du Conseil et des Conseils de l’UNICEF et du PAM, le message central du PNUD au Sommet de Copenhague sur le climat était que le nouveau accord à négocier doit être un accord favorable au développement et favorable à l’environnement.

Nous n’atteindrons pas les objectifs de développement que nous visons si le climat de la planète que nous habitons tous subit des changements fondamentaux et nous ne parviendrons pas non plus à maintenir les progrès réalisés.

C’est pourquoi les changements climatiques constituent un défi aussi rude pour le développement, les populations les plus pauvres et les plus vulnérables en ressentant déjà les effets adverses.

Le plus grand organisme de développement des Nations Unies qu’est le PNUD, investi d’un mandat spécifique et menant des programmes significatifs dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable, a un rôle vital à jouer pour faire progresser les activités relatives au climat au niveau des pays et par le biais d’un plaidoyer mondial. Pendant que se déroule le processus de négociation d’un accord sur le climat, nous avons des tâches à accomplir.

Comme vous le savez, avec nos organisations partenaires, nous appuyons activement les pays bénéficiaires de nos programmes pour les aider à s’adapter aux impacts des changements climatiques déjà inévitables, à viser à une croissance à faibles émissions de CO2 et à accéder à des stratégies énergétiques rationnelles, à réduire les émissions dues au déboisement et à faire en sorte que ces efforts se situent au cœur même des plans nationaux de développement. 

Pour appuyer les activités d’adaptation prioritaires dans 75 pays, le PNUD a mobilisé au cours des trois années écoulées plus de 800 millions de dollars EU provenant de multiple sources, notamment l’Australie, l’Espagne, le Japon et la Norvège, ainsi que de fonds administrés par le Fonds pour l’environnement mondial. Des activités d’adaptation ont déjà démarré dans 30 pays et doivent démarrer au cours des mois à venir dans les 45 pays restants.  Parmi nos interventions figurent un appui au renforcement des capacités de 20 pays africains à s’adapter aux changements climatiques, grâce à un généreux financement du Japon.

Par le biais du programme UN-REDD, en partenariat avec la FAO et le PNUE et en étroite coopération avec la Banque mondiale, le PNUD aide également les pays en développement boisés à élaborer des « stratégies de réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts », à mettre en place des systèmes de suivi, d’information et de vérification, et à favoriser la pleine participation des populations autochtones et des autres communautés dont les moyens d’existence dépendent directement de la forêt.

Pour les pays en développement, le niveau et l’accessibilité des financements mis à disposition pour l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de ces changements sont d’une importance critique. Le financement de la lutte contre les émissions de carbone disponible jusqu’à présent n’est pas d’un accès très facile pour les petits pays et les pays les moins avancés.  Le PNUD a un rôle à jouer pour appuyer le renforcement des capacités à accéder à ces fonds.

Nous avons également établi un Mécanisme de financement Carbone et objectifs du Millénaire, qui forme des partenariats avec le secteur privé pour acheminer des financements vers des projets de développement durable à faibles émissions de CO2.  Les résultats initiaux sont encourageants, des projets de réduction des émissions ayant été établis en Afrique subsaharienne, en Amérique latine et en Asie centrale, et des mesures sont en cours afin d’élargir ce mécanisme pour permettre à davantage de pays d’y accéder.

Au cours des 15 années écoulées les projets du PNUD-FEM ont évolué et sont passés de l’apport d’appuis à des projets de démonstration de technologies à l’apport d’appui en faveur de politiques, d’institutions et d’instruments de financement publics qui contribueront à inciter à des investissements privés dans les technologies et les pratiques écologiquement rationnelles et sans incidence sur le climat.

Quelque 40 % des ressources du FEM sont actuellement allouées à des projets mis en œuvre par l’entremise du PNUD. Pour chacune des trois années écoulées, le PNUD a mobilisé environ 300 millions de dollars auprès du FEM et environ cinq fois ce montant en cofinancements provenant d’autres sources.

Ce sont là des ressources que nous gérons et que nous utilisons bien.  Dans deux études récentes, le Bureau de l’évaluation du FEM, bureau indépendant, a déterminé que le PNUD était l’agent d’exécution du FEM fournissant les meilleures performances en matière de supervision de la qualité.

Une autre relation clé pour nous dans le domaine du climat et plus généralement de l’environnement est celle que nous entretenons avec le PNUE.  Le Directeur exécutif Achim Steiner et moi avons prié les hauts responsables de nos organisations respectives d’élaborer une stratégie pour nous assurer d’un renforcement des synergies entre nous et pour veiller à éviter les redondances d’efforts.  Étant donné la complémentarité de nos mandats, il est essentiel que nous forgions les relations de travail les plus solides possible.

Le PNUD fera fond sur toutes ces plates-formes ainsi que sur ses autres efforts en rapport avec le climat pour obtenir des résultats démontrables. Ceci sera capturé de manière mesurable dans le plan d’action, dont je parlerai sous peu.

Progrès relatifs aux OMD

L’année 2015 approche à grands pas et il reste de sérieux défis à relever pour réaliser un certain nombre d’OMD dans les délais voulus, en particulier en Afrique subsaharienne et dans les pays les moins avancés en général. Cette question se situe au cœur même du Plan stratégique approuvé par le Conseil d’administration.

Bien qu’il existe de par le monde toute une panoplie de stratégies et d’interventions à laquelle on peut puiser, le PNUD doit continuer d’apporter de nouvelles idées et des approches novatrices pour aider les pays à poursuivre leur progression sur la voie de la réalisation des OMD.

En Afrique, nous avons déjà aidé 23 pays à élaborer et à mettre en œuvre un plan de développement national axé sur les OMD et à renforcer la focalisation sur les OMD de leur stratégie nationale de réduction de la pauvreté. C’est là l’une des grandes priorités de notre réseau relativement nouveau d’économistes couvrant 45 pays d’Afrique.

Depuis mon entrée en fonctions, j’ai donné l’ordre au PNUD d’intensifier les efforts qu’il déploie en vue de la réalisation des OMD.  Nous ne saurions, en effet, continuer de faire la même chose. Il s’agit au contraire de faire les choses différemment pour que les objectifs puissent être atteints.

Le PNUD a élaboré une stratégie de « percée » pour aider tous les pays à accélérer leurs progrès dans la réalisation des OMD, stratégie qui consiste notamment à travailler avec les pays bénéficiaires pour déterminer les obstacles puis à concevoir et à mettre en œuvre des programmes appropriés pour les surmonter. 

Ce doit être là un commun effort avec les autres partenaires au développement du système des Nations Unies. Nous pouvons aider conjointement les pays à repérer les secteurs relatifs aux OMD dans lesquels les progrès sont lents, amplifier l’application d’initiatives qui ont fait leurs preuves et formuler et appliquer des mesures pour éliminer les goulets d’étranglement.

La présence d’une volonté nationale sans faille d’atteindre les OMD doublée d’investissements publics rationnels et de politiques générales solides est d’une importance essentielle. Il est tout aussi essentiel de veiller à l’apport de financements suffisants, prévisibles et bien coordonnés en faveur du développement.

L’accroissement des dépenses d’APD consacrées à la réalisation des OMD est possible dans les pays, du point de vue tant développemental que macroéconomique.  Les « scénarios de Gleneagles », à l’élaboration desquels le PNUD a participé en collaboration avec le FMI et d’autres, le démontrent.  Des travaux sont en cours en vue de l’application d’autres scénarios de Gleneagles dans les pays africains.

Le Sommet des OMD de septembre offre une occasion majeure à saisir de raviver et de renforcer la détermination de réaliser les objectifs. Le PNUD œuvrera en étroite coopération avec ses partenaires au développement de par le monde pour donner un élan politique dans ce sens et pour assembler une base analytique et factuelle aux fins de montrer que les OMD sont bien réalisables si la volonté politique et les ressources sont au rendez-vous. 

Il sera important, par ailleurs, que le Sommet des OMD soit fortement focalisé sur l’égalité des sexes. Les situations dans lesquelles nous constatons le plus grand manque de progrès en vue de la réalisation des OMD  sont souvent celles où les besoins et le statut des femmes et des filles se voient accorder une basse priorité.  Je souligne en général la nécessité pour toutes les interventions du PNUD de mettre résolument l’accent sur l’autonomisation et l’habilitation des femmes.

Nos travaux en faveur de l’amélioration de la gouvernance sont également d’une grande pertinence pour la réalisation des OMD.  Globalement, nos efforts visant à réduire la pauvreté et à relever les rudes défis environnementaux ont plus de chances de se pérenniser lorsque le gouvernement est transparent, sensible aux besoins de la population et responsable devant celle-ci.

Nos interventions dans des domaines tels que l’habilitation juridique des pauvres et l’état de droit, la lutte contre la corruption, le renforcement des capacités gouvernementales, l’appui des institutions nationales de promotion des droits de l’homme et des élections, l’accroissement de l’efficacité de la décentralisation et l’exercice d’un contrôle effectif de la part des instances parlementaires sont d’une importance primordiale et sous-tendent les progrès du développement.

Nos fonds et programme associés, le FENU, UNIFEM et le programme des VNU, possèdent également tous d’immenses connaissances théoriques et pratiques dans leurs domaines de compétence respectifs et ils mènent de par le monde des travaux d’une importance vitale.

Répondre aux attentes des partenaires

La promotion de notre ordre du jour du développement implique de notre part que nous coopérions avec tous nos partenaires et contributeurs au développement et que nous effectuions les changements nécessaires pour accroître encore notre adaptation à notre mission.

Au cours des neuf derniers mois, je me suis fait une priorité de rencontrer un grand nombre d’homologues gouvernementaux, de me rendre dans toutes les régions dans lesquelles nous intervenons et de rencontrer pratiquement tous les Coordonnateurs résidents/représentants résidents ainsi qu’un grand nombre de Directeurs de pays.

Ce processus extensif m’a apporté d’intéressants aperçus sur nos activités mondiales et sur les façons d’améliorer encore nos prestations dans les 166 pays dans lesquels nous sommes présents. Les connaissances acquises durant cette période informent le processus de changement que nous commençons à mettre en œuvre.

Aussi bien en tant qu’organisme de développement autonome que dirigeant et coordonnateur du système des Nations Unies pour le développement, le PNUD a énormément à offrir.

Notre présence mondiale inégalée, notre appui aux pays et aux communautés en période faste comme en période difficile, et notre vaste expérience, nos réseaux et nos connaissances en matière de développement sont autant d’atouts dont nous pouvons tirer parti de manière encore plus efficace pour aider les pays bénéficiaires à réaliser leurs objectifs de développement.

Ces pays, toutefois, attendent de plus en plus de nous que nous les appuyions en leur ouvrant l’accès à des conseils politiques et techniques et à une aide au renforcement des capacités de classe mondiale et adaptés aux spécificités locales. Nous devrons, pour appuyer leur transformation de manière efficace, nous transformer nous-mêmes.

Le Plan stratégique approuvé par le Conseil d’administration nous oriente dans cette direction, en nous incitant à nous concentrer sur les interventions à impact systémique.  Nos bureaux de pays devront progressivement examiner leur mix de capacités actuel et y apporter des changements pour nous permettre de mieux répondre aux attentes des pays bénéficiaires de nos programmes.  Dans de nombreux lieux, nous péchons par un excès d’aptitudes traditionnelles à la gestion des programmes et par un manque de capacité à contribuer à une transformation systémique générale. 

Dans ce contexte, nous devrons améliorer encore notre gestion des ressources humaines

Nous devrons rationnaliser nos processus de recrutement pour faire en sorte qu’ils nous permettent de disposer des gens voulus, à l’endroit voulu, en temps voulu.

Nous devons améliorer la planification de notre force de travail et le perfectionnement professionnel en continu de notre personnel.

Durant les mois à venir, je formulerai un plan d’action visant à intensifier l’application de notre Plan stratégique. Il y aura un certain nombre de grandes questions organisationnelles à traiter.

Dans une dizaine de jours, une retraite avec les cadres supérieurs du PNUD sera consacrée à la définition d’une évolution ayant pour objet de faire du PNUD une organisation et un dirigeant du système des Nations Unies pour le développement toujours plus souples, plus pertinents et plus efficaces.

Une focalisation solide sur les résultats

L’une des questions que j’examinerai avec les cadres supérieurs sera celle de la manière de mesurer les services en amont que nous fournissons de façon convaincante et d’en rendre compte, sachant que les interventions du PNUD sont fondées sur des plans à long terme visant à des effets à obtenir conjointement avec nos partenaires.

Le Conseil d’administration a indiqué sans équivoque qu’il attendait une analyse robuste de la contribution apportée par le PNUD à l’obtention de résultats appropriés par les pays eux-mêmes.  Durant mes longues années dans le secteur gouvernemental, j’ai toujours gardé mon regard résolument fixé sur l’objectif ultime et j’ai toujours souligné l’importance de l’obtention de résultats et de la communication des réalisations. 

Je suis déterminée à donner aux États Membres une image claire de ce que nous faisons, des mesures que nous avons prises, du coût de ces activités et des résultats à l’obtention desquels elles ont contribué.

À la session du Conseil d’administration de juin, le PNUD remettra un rapport analytique sur les résultats obtenus dans la ligne du Plan stratégique.  Nous organiserons une série de réunions informelles avec les membres du Conseil, qui commencera prochainement, pour leur donner des détails sur notre analyse des résultats. 

Ce rapport doit rendre compte de la totalité de nos résultats dans chacun de nos quatre domaines de concentration et fournir une analyse détaillée de nos travaux dans certains domaines hautement prioritaires, tels notamment que ceux des OMD et des changements climatiques. 

Il devra aussi refléter la vision que je communique intra-muros, à savoir que nous devons faire la preuve du maintien de notre pertinence pour les pays bénéficiaires, quel que soit leur stade de développement, exercer notre leadership au sein du système général coordonné des Nations Unies, et accroître notre propre efficacité et notre propre efficience.

Évolution des relations

Le nombre des pays à revenu intermédiaires et contributeurs nets continue d’augmenter. Beaucoup parmi eux étaient eux-mêmes, il n’y a pas de cela si longtemps, bénéficiaires nets de l’aide au développement. Certains progressent rapidement pour faire figure de leaders, en théorie comme en pratique, dans des domaines et sur des points qui intéressent la communauté internationale toute entière.

Les distinctions rigides entre « pays bénéficiaires » et « pays donateurs » devront disparaître pour faire place à des partenariats comprenant des types de relations plus variés.

Le PNUD dresse actuellement un inventaire de ses relations, pays par pays. L’avenir nous verra associés plus activement aux initiatives de coopération au développement du Sud, notamment selon les modalités de la coopération triangulaire. Certains pays du Sud sollicitent explicitement notre appui pour élaborer leurs programmes de coopération au développement. 

En novembre, je me suis rendue en Corée, où le bureau de pays du PNUD venait de fermer.  La Corée est, depuis plusieurs années, membre de l’OCDE et elle fait partie depuis peu de son Comité d’aide au développement.  Il y a donc lieu d’établir avec elle des relations d’un autre type. J’ai cosigné, avec le ministre des Affaires étrangères, deux accords qui formeront la base de notre future coopération au développement.  Le premier établit le Fonds d’affectation spéciale Corée-PNUD pour les OMD, qui appuiera des initiatives axées sur la réduction de la pauvreté et les changements climatiques dans le contexte des OMD. Le second crée un Centre de politiques pour les partenariats au développement mondial du PNUD à Séoul qui remplacera notre bureau de pays et maintiendra notre présence de longue date dans le pays.

En décembre, j’ai assisté à Nairobi à la Conférence de haut niveau sur la coopération sud-sud.  Il est bien connu que les stratégies, les concepts de politique, les connaissances pratiques et l’expertise technique qui peuvent faire l’objet d’échanges par le biais de la coopération Sud-Sud sont souvent les plus appropriées pour relever les défis en matière de développement auxquels font face d’autres pays du Sud.  Le PNUD a un rôle essentiel à jouer pour faciliter ces échanges et ces transferts de connaissances.

C’est ainsi par exemple qu’il y six semaines, en Inde, le PNUD a aidé à organiser une conférence de partage d’expérience pratique de l’Amérique latine avec les pays d’Asie qui exécutent déjà ou qui envisagent d’exécuter des programmes de transferts monétaires.

Il est donc plus vital que jamais que nous améliorions notre gestion des connaissances.  Nous disposons d’immenses ressources sous forme de connaissances et d’information sur le développement que possède notre personnel et que nous apportent le suivi et l’évaluation de nos travaux.  Il faut que ces ressources puissent circuler plus librement dans notre organisation, dans les pays et les régions où nous intervenons, de manière à ce qu’elles soient accessibles partout où elles sont nécessaires et pertinentes.

Le nouveau système à base internet « Teamworks » actuellement en cours d’essais, et auquel participent plus de 2200 membres du personnel et partenaires du PNUD, sera lancé officiellement en 2010.

Le système Teamworks appuiera les bureaux et les équipes de pays pour les aider à partager les connaissances qu’ils possèdent, à trouver de nouvelles connaissances pertinentes pour eux et à se mettre en rapport avec des pairs, des conseillers et des experts quel que soit le lieu où ils se trouvent. Essentiellement, il nous dotera de capacités de partage des connaissances dignes du XXIe siècle. Il nous aidera à fournir des conseils de politique de qualité, à améliorer notre efficacité par rapport au coût et à conserver les connaissances et l’expérience acquises par notre personnel, nos partenaires et nos consultants. 

Sécurité du personnel du PNUD

Il est impératif que nous fassions tout notre possible pour protéger notre personnel et nos avoirs. C’est là une de mes toutes premières préoccupations.  Chacune des attaques qu’a subies notre personnel est une attaque de trop. Le tremblement de terre dévastateur qui a frappé Haïti attire également notre attention sur la portée des risques de séismes et d’autres catastrophes naturelles auxquels nous pouvons être exposés.  J’ai demandé à nos Bureaux de la gestion et de la prévention des crises et du relèvement d’analyser ces risques et de soumettre des rapports sur les mesures à prendre pour y parer. Cette analyse est en cours et nous informerons le Conseil des implications de ses résultats.

Dans le monde entier, le personnel des Nations Unies œuvre dans des environnements difficiles et souvent extrêmement dangereux.  Au dévouement du personnel de l’Organisation doit correspondre un engagement de la part des États Membres de nous financer et de nous soutenir pour que nous prenions les mesures de sûreté et de sécurité les plus appropriées au regard des circonstances.  Je ne crois pas, par ailleurs, qu’il est acceptable de subvenir aux coûts nombreux et extraordinaires auxquels nous faisons face en matière de sécurité au moyen des maigres ressources mobilisées pour notre travail de développement et nos efforts humanitaires.

Selon les prévisions, il faudra un total de 85 millions de dollars EU durant la période biennale 2010-2011 pour financer les coûts des mesures de sécurité exigées par les Nations Unies, 58 millions de dollars de ce total devant être prélevés sur les ressources ordinaires.  Dans l’éventualité d’exigences de financement imprévues pour satisfaire aux exigences de la sécurité au cours de cette période, en particulier à la suite de l’attaque de l’année dernière contre les installations des Nations Unies à Kaboul, la proposition de budget présentée inclut à ma demande l’octroi d’une autorité exceptionnelle de décaissement, au cours de cette période biennale, en cas de besoin, jusqu’à 17,4 millions de dollars de ressources ordinaires supplémentaires, soit un supplément de 30 % en sus des 58 millions de dollars prévus.

Une organisation mondiale qui agit localement

Pour être une organisation mondiale sensible aux besoins spécifiques des pays en développement, notre objectif, au siège et dans nos centres régionaux et de politique, doivent être de fournir le meilleur soutien possible à notre vaste réseau de bureaux de pays.

Ces bureaux œuvrent sur la ligne de front du développement et nous devons les aider à obtenir des résultats de manière opportune, notamment par le prompt décaissement de ressources et par l’apport de l’appui de nos programmes mondiaux et de nos réseaux de connaissance.

J’examinerai donc de nouveau à quel point nos entités au niveau du siège et des régions sont en mesure d’apporter un soutien efficace aux bureaux de pays et aux pays bénéficiaires de nos programmes.

Pays en situation de crise

La demande de nos services, au lendemain des conflits ainsi que des catastrophes naturelles, s’est accrue ces dernières années et nos capacités de réalisation font l’objet de grandes attentes.  En 2008, 83 bureaux de pays du PNUD ont effectué des travaux en rapport avec la prévention des crises et le relèvement et ce chiffre a vraisemblablement augmenté l’année dernière.

De par le monde, de Haïti au Soudan, du Libéria à la Géorgie, de la République démocratique du Congo à la Somalie et de l’Irak à l’Afghanistan, le PNUD joue un rôle crucial par l’appui qu’il apporte à une transition rapide de la phase des secours à celle du relèvement, ainsi que par la fonction de coordination avec les autres organisations capables d’intervenir, fonction exercée par les coordonnateurs résidents.  Nos aptitudes en la matière seront éminemment nécessaires en Haïti aux cours des mois et des années difficiles qui attendent ce pays.

Dans l’ensemble, notre programme de relèvement précoce restera concentré dans des domaines tels que le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, la génération de moyens d’existence, le rétablissement de l’état de droit, le renforcement des capacités nationales et locales en matière de gestion pacifique des conflits, la lutte contre la violence sexuelle et sexiste et l’atténuation des risques de catastrophe.

Nous mettons en place des procédures accélérées par lesquelles le PNUD pourra fournir plus rapidement le niveau et le type d’appuis améliorés et souples qui sont nécessaires, qu’il s’agisse de ressources stratégiques, programmatiques ou humaines, dans les pays où les défis, les opportunités et les enjeux sont particulièrement grands. Ces procédures sont mises en application actuellement, dans le cadre de notre intervention en Haïti.

Nous continuerons également d’œuvrer très étroitement avec nos collègues du Secrétariat des Nations Unies et des organismes du GNUD, ainsi qu’avec d’autres acteurs multilatéraux et bilatéraux, pour fournir un soutien cohérent en faveur de la consolidation de la paix au lendemain des conflits.

Le PNUD, moteur de la réforme des Nations Unies

De manière plus générale, il est possible d’effectuer de réels progrès en matière de développement si les organismes des Nations Unies agissent de manière mieux coordonnée dans leurs partenariats avec les pays bénéficiaires, et en fait avec les organismes bilatéraux et les bailleurs de fonds sur le terrain.  

À la fin de l’année dernière, j’ai rencontré pour la seconde fois les Coordonnateurs résidents des Nations Unies des huit pays pilotes de l’initiative « Unis dans l’action ».  Là, ainsi qu’ailleurs, d’importants efforts sont en cours pour accroître l’aptitude de l’Organisation des Nations Unies à être un partenaire du développement d’une haute efficacité et d’une grande pertinence.

Ainsi que l’ont noté les pays pilotes et participants volontaires à « Unis dans l’action » dans la déclaration finale de leur réunion intergouvernementale ayant eu lieu au Rwanda en octobre, « il n’est pas question de revenir aux modalités d’action en vigueur avant le lancement de l’initiative ». C’est dire clairement à quel point ils sont convaincus de la valeur de cette initiative.

C’est lors de cette réunion au Rwanda qu’ont été lancées les évaluations, menées par les pays, des activités pilotes.  Ces évaluations, avec l’évaluation indépendante de l’initiative pilote dans son ensemble à laquelle il doit également être procédé, seront d’une importance primordiale pour tracer la voie de la réforme des Nations Unies.

La mise en application d’environ 90 nouveaux plans-cadres des Nations Unies pour l'aide au développement (PNUAD/UNDAF) au cours des trois ans à venir offre aux organismes du GNUD une excellente occasion de coopérer stratégiquement à l’appui des priorités nationales de développement.

Il a été demandé à tous les coordonnateurs résidents ainsi qu’aux équipes de pays d’effectuer un changement de pas pour améliorer la pertinence et la qualité de la prochaine génération d’UNDAF, d’examiner les UNDAF en cours et de veiller à ce que les capacités voulues pour exécuter les UNDAF soient en place au niveau des pays. Ceci revêtira une importance toute particulière pour la focalisation nécessaire sur les ripostes aux changements climatiques et sur les OMD.

Nous devons, au sein des équipes de pays des Nations Unies, nous apporter les uns aux autres un soutien réciproque pour l’exécution de nos mandats respectifs et adopter sans réserve une programmation commune.  Nous apportons tous des compétences diverses à la même table.

À cette fin, la Directrice exécutive du PAM, Josette Sheeran, et moi avons convenu de prier les membres de notre haute direction de réfléchir aux modalités qui nous permettront d’œuvrer plus efficacement à l’interface de la crise et du relèvement, pour passer au-delà du stade actuel de la coordination ad hoc et pour adopter une approche plus stratégique.

J’ai noté plus tôt que le Directeur exécutif du PNUE et moi menions actuellement un processus visant à assurer une bonne coopération de nos organisations complémentaires.

De même, en tant qu’actuel Président du Comité des organismes coparrainants d’ONUSIDA, le PNUD s’emploie avec les autres organismes des Nations Unies et le Directeur exécutif d’ONUSIDA à renforcer notre riposte commune face à l’épidémie de sida.

Les organismes du GNUD sont à l’œuvre de manière semblable avec la Vice-Secrétaire générale pour produire un rapport sur l’entité composite en faveur des femmes demandée par l’Assemblée générale.

La nouvelle entité ne doit pas relever les autres organismes du système des Nations Unies de leur responsabilité de promouvoir l’égalité entre les sexes. Au contraire, en intervenant par l’entremise du Conseil des chefs de secrétariat ainsi que du GNUD au niveau mondial et du système des coordonnateurs résidents au niveau des pays, elle assurera une claire définition des rôles et des responsabilité de chacune des composantes du système et appuiera une intervention plus cohérente et intensifiée des Nations Unies en faveur de progrès en matière d’égalité des sexes.

Dans l’ensemble, le PNUD devra continue d’exercer son leadership et de fournir des orientations pour rendre le système des Nations Unies aussi efficient et efficace qu’il pourra l’être et pour accroître son impact au niveau des pays.

Un budget axé sur les résultats

Pour que cela se réalise et pour faire en sorte que le PNUD soit encore plus adapté à sa mission selon les autres manières que j’ai mentionnées, il nous faut une base de ressources ordinaires suffisante et prévisible.

Je sais bien que les pays donateurs se trouvent dans une situation financière difficile en raison de la récession internationale.  Mais il est si important qu’ils maintiennent leurs engagements actuels, et même qu’ils les accroissent, ainsi que l’ont fait beaucoup d’entre eux, pour éviter une inversion des progrès en matière de développement.

Le PNUD s’emploie résolument à élargir sa base de bailleurs de fonds.  La mise en œuvre de notre Plan stratégique risquerait d’être remise en cause s’il advenait que les contributions volontaires n’atteignent pas les cibles approuvées par le Conseil d’administration. 

Le budget d’appui biennal fournit le financement nécessaire à l’armature opérationnelle du PNUD.  Les prévisions budgétaires pour la période 2010-2011 sont présentées selon un format axé sur les résultats : elles reflètent une classification plus cohérente des activités de gestion et de développement et des coûts qui y sont associés et elles sous-tendent l’exécution du Plan stratégique. 

Je tiens à reconnaître ici les conseils que nous ont fournis le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires, dont le rapport sur les prévisions budgétaires est disponible et peut être consulté.  Mes collègues de notre Bureau de la gestion ici présents se seront un plaisir de répondre à vos questions détaillées à ce sujet.

Il est d’une importance primordiale de reconnaître que les dépenses du budget biennal ne peuvent pas être classées tout simplement dans la catégorie des frais généraux.  Les conseils de politique, le partage des connaissances et les fonctions consultatives assurés par les bureaux de pays du PNUD constituent des composantes fondamentales et intégrales de la valeur ajoutée offerte par le PNUD.  La réduction des frais généraux est un objectif auquel nous souscrivons tous, mais elle n’est pas synonyme d’une réduction du budget biennal.

La proposition de budget est fondée sur l’application de l’approche des trois piliers approuvée en septembre par le Conseil d’administration.

En premier lieu, elle reflète les efforts visant à s’assurer que les parties prenantes aient confiance que toutes les ressources sont employées de manière appropriée.  La responsabilité redditionnelle et la transparence sont essentielles et nous n’épargnerons aucun effort pour assurer le suivi de nos prestations, l’obtention des résultats et la communication de rapports sur ceux-ci.

En second lieu, la proposition de budget démontre qu’en ces temps difficiles, le PNUD est déterminé à faire le meilleur usage possible des ressources dont il dispose et de rationnaliser ses dépenses de fonctionnement.  Nous sommes parvenus à réduire la composante des ressources ordinaires du budget de 69,7 millions de dollars, soit 8 % du montant brut du budget d’appui biennal 2008-2009. 

Ce résultat a été obtenu par une combinaison des mesures suivantes :

  • L’élimination des services et activités redondants et/ou non essentiels, notamment la réduction des dépenses d’activités discrétionnaires ;
  • L’identification de fonctions et d’activités de moindre priorité susceptibles d’être réduites ou supprimées ;
  • Une gestion des postes plus efficace par rapport aux coûts, y inclus un gel de postes ; et
  • La maximisation de l’emploi des autres ressources disponibles.

 

Il est proposé de réaliser des économies au moyen d’un meilleur usage des technologies de l’information et des communications, par exemple au moyen de visioconférences pour réduire les frais de déplacement, de l’emploi de locaux moins coûteux pour les réunions et de la réduction des coûts des services de consultants et de personnel temporaire.

Ces propositions de réduction de volume ont permis de compenser à plus de 75 % les 91,5 millions de dollars d’augmentations prévues des coûts non discrétionnaire auxquelles nous faisons face pour financer les structures, les fonctions et les activités du PNUD en 2010-2011. 

Au cours de la période 2010-2011, nous continuerons d’appliquer des mesures visant à réaliser des gains de rendement dans toute notre organisation, du sommet à la base. Nous accorderons une attention toute particulière aux points suivants : 

  • L’intégration de la maîtrise des coûts et des gains de rendement dans les ressources ordinaires ainsi qu’extrabudgétaire, en tant que processus constant de réduction des coûts ;
  • L’emploi stratégique et le financement des TCI pour appuyer des processus d’affaires, de fourniture de rapports et de gestion des connaissances rationnalisés ;
  • La clarification et la confirmation des dimensions et du financement de la structure de base du PNUD, compte tenu des diverses compétences requises dans les bureaux des pays les moins avancés, des pays à revenu intermédiaire et des pays en situation de crise, par exemple ;
  • L’amélioration de la gestion des ressources humaines, de manière à planifier les besoins de dotation en personnel globalement et efficacement ;
  • L’examen et la validation de la politique de recouvrement des coûts et la contribution de ces ressources au financement du PNUD, et l’apport de conseils spécifiques sur les services d’appui à l’exécution.

 

L’application de mesures appropriées dans ces domaines contribuera à exercer une pression sur les coûts et à faire en sorte que le PNUD soit un fournisseur de services de développement, de coordination et de gestion souple et sensible aux besoins.

Le troisième pilier des prévisions budgétaires est une proposition en faveur de plusieurs investissements stratégiques modestes alignés sur les priorités que j’ai mentionnée ci-dessus, représentant un montant total de 28 millions de dollars de ressources ordinaires.  Il s’agit là d’un renforcement des investissements visant à la réalisation des OMD et au renforcement des capacités nationales à faire face aux implications des changements climatiques, avec une focalisation spéciale sur l’Afrique, d’un accroissement des activités de développement Sud-Sud, d’une augmentation des interventions de développement liées à la prévention des crises et au relèvement, et d’un affinement de notre gestion des connaissances et du partage des outils et des systèmes.

Dans leur ensemble, ces propositions aboutissent à un budget pour 2010-2011 financé en ressources ordinaires d’un montant de 823,3 millions de dollars, en termes nets. En termes nominaux, cela représente une augmentation de 5,8 % par rapport au budget net approuvé pour la période biennale précédente.

En outre, les prévisions budgétaires actuelles reflètent un montant de 77,5 millions de dollars pour le financement d’activités à des fins spéciales sur les ressources ordinaires.  Sur ce montant, 72,4 millions de dollars sont prévus pour des activités requises par l’Assemblée générale, comprenant les 58 millions de dollars des coûts de sécurité des Nations Unies dont j’ai parlé plus tôt, et 5,1 millions de dollars ont trait aux dépenses d’équipement.

Dans l’éventualité où les financements envisagés pour la dotation du budget ne se matérialiseraient pas, je puis vous assurer que nous prendrons des mesures pour faire en sorte que le PNUD vive dans les limites des ressources dont il disposera.

Je reste déterminée à œuvrer de très près avec l’UNFPA et l’UNICEF, tout particulièrement pour ce qui a trait à la poursuite des efforts d’harmonisation devant aboutir à la présentation de budgets intégrés spécifiques des organismes à partir de 2014.  À cet égard, notre tâche est facilitée par les quatre grandes classifications des activités et des coûts que le Conseil d’administration a approuvées dans sa décision 2009/22 au titre de la méthodologie et de l’approche des prévisions budgétaires du PNUD pour 2010-2011.

Conclusion

Avec des ressources suffisantes, le personnel voulu et de larges partenariats novateurs à l’intérieur comme à l’extérieur du système des Nations Unies pour le développement, ainsi qu’une focalisation solide sur l’appui apporté à ses bureaux de pays, j’ai confiance en la capacité du PNUD à fournir des résultats meilleurs, de manière plus efficace et plus efficiente.

J’attends avec impatience de travailler avec vous tous pour que tout ceci se réalise et je remercie tous les membres du Conseil de l’appui et de l’aide qu’ils apportent pour soutenir et guider le PNUD.