Helen Clark : 2éme session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD/FNUAP

09 septembre 2009

Discours d'Helen Clark
Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement
À l'occasion de la Deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD/FNUAP

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d'administration,

Chers collègues et amis,

A. Introduction

C'est avec un grand plaisir que je me joins à vous aujourd'hui, à l'occasion de cette session du Conseil d'administration, et pour la deuxième fois depuis ma nomination.

J'ai eu maintes fois l'opportunité, depuis mon premier discours prononcé devant le Conseil d'administration au mois de mai, de m'entretenir avec un grand nombre d'entre vous et de mieux vous connaître. Par conséquent, je ne vois aujourd'hui dans cette salle que des visages familiers qui ont contribué à m'accueillir au sein du PNUD et de sa représentation élargie.

Le mois de septembre est toujours particulièrement chargé aux Nations Unies, en raison de la préparation des travaux et des débats de l'Assemblée générale.

Cependant, cette année, le mois de septembre revêt encore plus d'importance que les années précédentes, à cause du Sommet sur les changements climatiques organisé par le Secrétaire Général ici-même le 22 du mois et qui doit réunir un grand nombre de chefs d'États, de chefs de gouvernements et d'autres responsables politiques d’envergure.

Cet événement constitue une réelle opportunité pour injecter un dynamisme insufflé par les dirigeants de haut niveau dans les négociations sur les changements climatiques, qui représentent un enjeu considérable, à la fois pour les pays développés et les pays en développement.

Ensuite, un peu plus tard, les dirigeants du G20 se réuniront à Pittsburgh pour discuter de l'état de l'économie mondiale. Le Secrétaire général y représentera les Nations Unies, et il sera primordial de garantir que les voix des pays en développement, si gravement touchés par la récession mondiale, y soient entendues.

Depuis que je me suis adressée à vous pour la première fois au mois de mai, il m'apparaît de plus en plus clairement que le PNUD a un rôle privilégié à jouer, en sa qualité d'institution appartenant au système des Nations Unies, pour contribuer à traiter des questions aussi critiques que la récession ou le changement climatique, qui exercent un impact considérable sur le développement.

Aujourd'hui, je souhaite centrer mes propos sur la possibilité de faire avancer l'agenda du développement, même dans une conjecture aussi difficile que celle que nous connaissons actuellement, évoquer les questions liées à la réforme en cours des Nations Unies et formuler quelques commentaires préliminaires sur l'état des finances du PNUD.

B. Faire avancer l'agenda du développement

Depuis le mois de mai passé, j'ai eu l'occasion de poursuivre mes contacts avec des représentants issus de différents gouvernements, d'agences multilatérales, d'ONG et d'autres partenaires, ici à New York et dans les capitales des pays concernés.

J'ai entamé mon mandat d'Administrateur en me rendant, au mois de juin, au Libéria, en République démocratique du Congo et en Éthiopie, dans le cadre de ma première visite à des pays de programme. Comme je l'ai dit au Conseil d'administration en mai, ceci a été un choix délibéré de ma part.

Les objectifs du Millénaire pour le développement sont au cœur du Plan stratégique du PNUD. Dans à peine six ans, nous serons en 2015, et il nous faut dès à présent nous focaliser entièrement sur la réalisation des OMD.

Il n’est nul endroit au monde où cet effort prend toute sa valeur si ce n’est en Afrique, particulièrement dans ces temps difficiles où les nations et les populations africaines sont si sévèrement touchées par la crise économique.

Il n'est un secret pour personne qu'avant la survenue de la crise, aucun des pays de l'Afrique sub-saharienne n'était en bonne voie pour la réalisation des OMD.

Le coup porté serait un doublé si la récession mondiale entraînait une rétrogradation des gains si chèrement acquis sur le front de la progression vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.

Le PNUD collabore avec l'ensemble élargi des institutions qui forment le Groupe des Nations Unies pour le développement afin d’aider les populations pauvres et vulnérables tout en continuant d'œuvrer également pour consolider le dynamisme du processus favorable à la réalisation des OMD.

Nous aidons les pays en développement à analyser les impacts de la récession sur leur population. Nous les conseillons sur la conception de réponses appropriées en matière de politique, notamment au niveau des approches à adopter en termes de protection sociale.  Nous apportons notre appui au niveau de la mobilisation des ressources.

Par exemple : 

  • En Inde, nous avons aidé le gouvernement à mettre en œuvre la Loi nationale sur la garantie de l’emploi rural (National Rural Employment Guarantee Act), qui a servi de filet de protection vital pour les travailleurs du secteur informel.
  • À l’Île Maurice, nous avons aidé le gouvernement à préparer un ensemble de propositions au titre des mesures de stimulation de l’économie, sur la base du travail déjà accompli par les pouvoirs publics dans ce pays en matière de budgétisation.
  • En Namibie, au Paraguay et en Syrie, nous aidons ces pays à lever des fonds pour réaliser des études d’impact sur l'ampleur des effets de la crise et la conception d'instruments de politique appropriés pour y répondre de manière adaptée.

Le Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies a convenu, en avril, de la nécessité de mettre en place un cadre commun pour s'attaquer à la crise économique, contribuer à accélérer le relèvement et construire une mondialisation plus inclusive et plus écologique. Le cadre élaboré inclut des initiatives liées à la sécurité alimentaire, au libre commerce, à l’établissement d’un pacte mondial pour l'emploi et à l’instauration d’un plancher de protection sociale.

La Conférence des Nations Unies sur la crise financière et économique mondiale et son impact sur le développement, organisée au siège de l'ONU au mois de juin, a encouragé l'élaboration de ce type de réponse détaillée à la crise pour soutenir les stratégies de développement national. Nous espérons que la communauté internationale répondra favorablement à notre appel en fournissant à cette initiative tout l’appui nécessaire qu’elle mérite.

Nombreux sont les pays en développement qui sont confrontés, cette année, à une réduction des flux de rentrées au niveau national. Par conséquent, les gouvernements concernés ont besoin d'aide pour maintenir les budgets affectés aux services de base, tels que les soins de santé et l'éducation, qui sont essentiels pour la réalisation des OMD.

Si les enfants sont retirés de l'école en raison de l'impact négatif de la crise sur les familles et les budgets nationaux, ils seront sans doute à jamais privés d'une deuxième chance pour réintégrer le système éducatif. Si les enfants ne mangent plus à leur faim en raison de la crise, les effets à long terme de la malnutrition sur leurs compétences cognitives et leur potentiel de productivité seront lourds de conséquence.

La crise économique profonde qui touche les pays vulnérables risque alors de se transformer en crise humanitaire et d'ouvrir la voie, dans les cas les plus graves, à une ère d'instabilité et de conflit.  Il faudra sans doute des années, voire des décennies, pour remédier aux conséquences d'une telle situation, et ce, à un coût bien plus élevé pour la communauté internationale, en définitive, que tout appui opportun que celle-ci est en mesure de prendre en charge pour le moment. 

C'est pour cette raison que le PNUD continue à appuyer le Secrétaire général dans ses efforts de mobilisation du G8 en faveur des engagements souscrits durant le sommet de Gleneagles, maintes et maintes fois réaffirmés, de renforcer l’Aide publique au développement. Ces engagements ont été récemment réitérés en Italie, mais ils ne se sont pas encore prêts de se traduire concrètement, et particulièrement en ce qui concerne l'Afrique. 

Nous sommes tous conscients que la récession a également touché durement les pays développés et leur population. Cependant, tout compte fait, il est clair que les pays développés disposent de ressources plus importantes dans lesquelles ils peuvent puiser pour maintenir leurs économies respectives à flot.

En dépit de ces temps difficiles, bon nombre de donateurs ont déployé des efforts considérables pour continuer à assurer l'aide au développement, et j'aimerais leur adresser, à titre personnel, mes vifs remerciements pour leur assiduité à vouloir, coûte que coûte, aider les plus vulnérables en priorité.

Tel que je l'ai indiqué au mois de mai, le PNUD et le FMI collaborent étroitement avec les pays africains et leurs partenaires multilatéraux pour la mise en place des « scénarios de Gleneagles ».

Ces derniers démontrent les résultats auxquels il est possible de parvenir en matière de développement lorsque les niveaux de l'APD promis par le G8 sont atteints. Nous avons l'intention de lancer bientôt un processus de recherche de mobilisation des ressources liées à ces scénarios établis en fonction des pays.

L'enveloppe globale nécessaire pour le premier ensemble de scénarios portant sur dix pays spécifiques est estimée à 4,5 milliards de dollars des États-Unis, une somme finalement bien modeste au vu des 18 billions de dollars des États-Unis qu'il a fallu lever et affecter à la stabilisation du système financier mondial.

Dans deux semaines environ, j'accompagnerai le Secrétaire général à la réunion du G20 à Pittsburgh. Avant cela, j'assisterai à la réunion des sherpas du G20 à Washington, demain et vendredi.

L'ordre du jour de la réunion du G20 à Pittsburgh est, à juste titre, élaboré sur l'hypothèse que le système financier international a été stabilisé et qu'il est important néanmoins que nous continuions à plaider en faveur de la satisfaction des besoins des pays les plus pauvres pour lesquels la crise n'est pas encore terminée.

Le suivi de la réunion du G20 à Londres sur les financements alloués aux plus vulnérables sera primordial. En outre, l'existence d'un espace fiscal adéquat constitue également un important outil pour répondre aux chocs économiques. Par conséquent, les pays les moins avancés doivent aussi y avoir accès.

Grâce à une aide focalisée, nous avons réussi, cette fois-ci, à aider les pays vulnérables à maintenir le cap pour la réalisation des ODM.

L'année prochaine, à la même époque, les OMD seront à nouveau à l'honneur, ici, aux Nations Unis, à l'occasion d'un événement de haut-niveau destiné à évaluer les avancées enregistrées sur le front de la réalisation des OMD.

Le PNUD, ainsi que le Groupe des Nations Unies pour le développement élargi, travaillent actuellement à l'identification, pays par pays, des insuffisances et des écarts dans la réalisation des OMD, afin de soumettre des propositions permettant de surmonter ces déficits de manière collective.

Cet effort doit être stratégiquement planifié et coordonné, car les progrès dans la réalisation de chaque OMD individuellement sont intimement liés aux avancées enregistrées au niveau de l'ensemble des OMD.  Par conséquent, il est d'autant plus important que toutes les composantes du système des Nations Unies pour le développement œuvrent de concert afin d'appuyer réciproquement leurs mandats respectifs. 

Par exemple, le PNUD n'est pas une institution spécialisée dans le domaine de la santé maternelle. Pourtant, en tant qu'autorité habilitée à convoquer et à coordonner, il nous appartient d'exploiter pleinement notre mandat pour appuyer, précisément, les organisations qui ne disposent pas de mandat spécifique à cet égard.

La réalisation des objectifs et des cibles liés à la santé maternelle repose essentiellement sur notre capacité à réaliser les OMD concernant la santé et l'éducation des enfants, la réduction de la pauvreté et l'éradication de la faim, de manière continue. 

Fondamentalement, le développement ne pourra pas se réaliser si cinquante pour cent de la population concernée est exclue des opportunités que le développement est à même d’offrir.
C'est pour cette raison que l'élévation du statut de la femme doit être inscrite dans toutes nos interventions.

La mise en évidence des liens étroits qui existent entre la réalisation des OMD et le développement durable m'a aussi permis de donner la priorité, dans l'aide apportée par le PNUD aux pays de programme, aux questions portant sur le changement climatique et les négociations en cours en vue de parvenir à un nouvel accord dans ce domaine.

Le développement et l'impact des changements climatiques et de la variabilité du climat ne sauraient être traités séparément, comme des sujets distincts. Ils sont inextricablement liés.

Selon certaines estimations, quarante pour cent des investissements en développement au titre de l'APD et des prêts consentis à des taux préférentiels sont sensibles aux risques climatiques. Par conséquent, si la résilience et l'adaptation à ce type de risque ne sont pas prises en compte dans les stratégies de développement, les précieux investissements réalisés en matière de développement ainsi que les avancées enregistrées sur ce plan pourront être réduits à néant. 

Par ailleurs, il convient de noter que ce sont les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui sont les plus sévèrement touchées par l'impact de la variabilité et du changement climatique constants. En effet, on estime qu'une personne vivant dans un pays en développement est 79 fois plus exposée qu'une personne vivant dans un pays développé aux risques et aux méfaits d'une catastrophe climatique.

Cependant, n'oublions pas qu'en essayant de faire face aux problèmes, on arrive aussi à créer de nouvelles opportunités. Il est nécessaire que les financements devant découler d'un nouvel accord relatif au changement climatique soient conséquents. Cela permettrait de constituer un fonds disponible pour les besoins du développement à l'avenir.

En même temps, un engagement en faveur d'une réduction crédible des émissions de gaz carbonique et d'une atténuation effective est critique pour sécuriser l'avenir du climat de la terre.

À cet égard, nous avons été très encouragés par l'annonce récente faite par le Japon sur l'objectif que ce pays s'est fixé pour la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.

Les scientifiques nous affirment que nous n'avons plus guère qu'une dizaine d'années pour empêcher une augmentation massive des émissions de gaz à effet de serre qui entraînerait des conséquences et des transformations climatiques catastrophiques et irréversibles. 

Si les négociations sur le changement climatique aboutissent à des résultats positifs, cela nous aiderait à la fois à réduire les émissions, ce qui entraînerait la mise en place de processus de production et de consommation plus durables, à traiter la pauvreté en ressources énergétiques et à orienter les financements liés au climat vers des plans d'adaptation et de croissance abordable, à carbone réduit.

Le traitement des changements climatiques, la génération d'une croissance économique durable et la progression vers la réalisation des OMD doivent donc être envisagés comme des actions concertées. 

Comme vous le savez, le PNUD a acquis de grandes compétences dans les domaines de la variabilité et du changement climatiques et de la gestion des risques associés au climat ainsi qu'en matière d'énergie, d'environnement et de développement durable. Nous sommes totalement engagés à aider les pays de programme à répondre aux défis climatiques auxquels ils sont confrontés.

Notre mission porte sur l'aide que nous pouvons leur apporter afin qu'ils puissent analyser et articuler leurs besoins dans les négociations sur le climat et développer leurs capacités pour accéder aux financements relatifs à la lutte contre les émissions de gaz carbonique à présent et à l'avenir.

Durant ma visite en Afrique, j'ai pu constater personnellement l'étendue du travail fourni par les équipes de pays des Nations Unies et du PNUD et des missions majeures des Nations Unies dans les environnements complexes.  

Il est essentiel que le travail que nous effectuons dans les pays ayant subi des conflits traumatisants puisse nous permettre d'y introduire les dividendes de la paix et d'y poser les fondations d'un relèvement et d'une stabilité à long terme. Tous nos programmes de relèvement rapide portant respectivement sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration d'ex-combattants, la génération de moyens de subsistance et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ont un rôle essentiel. 

Il en va de même de notre travail en faveur de la promotion d'une gouvernance plus responsable et plus judicieuse, qu'il s'agisse du renforcement des capacités dans le secteur de la justice, de l'appui à la mise en place d'une administration publique efficace ou de l'aide à l'instauration d'une gouvernance locale et régionale ou encore de la mise en œuvre de systèmes législatifs et électoraux fiables qui fonctionnement correctement.

J'ai souligné, dans mon discours du mois de mai adressé au Conseil d'administration, que le renforcement des capacités et le développement devaient être au cœur du travail du PNUD.

Pour fournir le type d'impact qualitatif, les conseils sur les politiques en amont et l'appui que les pays de programmes attendent de plus en plus de nous, nous devons améliorer nos propres compétences et nos capacités de leadership dans la réflexion et les pratiques liées au développement.

Au début du mois prochain, je lancerai officiellement à Bangkok la nouvelle édition du Rapport sur le développement humain, consacrée cette année à la migration.

Cette publication phare est au cœur des préoccupations et du travail du PNUD, qui consiste à veiller à la prise en compte systématique de l'ensemble des facteurs qui influent sur le développement humain, sans en oublier aucun.

Ce rapport fait partie des ressources de connaissances incommensurables que nos collaborateurs ont réussi à rassembler au fil du temps et qu'il nous faut exploiter à leur juste valeur. Toutes nos connaissances, notamment celles que nous récoltons à partir des évaluations impressionnantes et rigoureuses qui sont systématiquement préparées pour les besoins de la mise en œuvre de notre mission sur le terrain, doivent être appliquées, de sorte à ce que nous devenions un partenaire en développement dont la valeur ajoutée est inestimable.

Permettez-moi, à cet égard, de rendre également hommage à l'ensemble des fonds et programmes auxquels nous sommes associés, à savoir le Fonds d'équipement des Nations Unies (UNCDF), le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et le fonds lié aux Volontaires des Nations Unies (UNV). Ces trois entités bénéficient de compétences et de savoir-faire considérables dans leurs domaines d'intervention respectifs, qui complètent parfaitement la mission du PNUD.

C. Appui de la cohérence au sein du système des Nations Unies pour le développement

Durant les cinq derniers mois qui ont suivi ma prise de fonction en tant qu'Administrateur, j'ai beaucoup vu et appris et je suis d'autant plus persuadée, à la lumière de tout ce que j'ai constaté, de l'importance des efforts considérables qui sont déployés en faveur de l'amélioration de la coordination au sein du système des Nations Unies pour le développement.

J'ai été amenée à rencontrer un grand nombre de directeurs d'institutions, à la fois individuellement et collectivement dans le cadre du Groupe des Nations Unies pour le développement. Il m'est clairement apparu que chaque institution dispose de capacités et de mandats spécifiques et d'avantages comparatifs évidents. Il y a du travail pour tout le monde, et bien plus qu'on ne l'aurait souhaité. Si nous parvenons à coordonner nos actions, nos ressources conjointes pour le développement seront d'une plus grande efficacité.

À présent,  nous pouvons saisir les nombreuses opportunités qui se présentent à nous afin de renforcer la coordination de l'aide que nous apportons aux pays en vue la réalisation des ODM.

Entre 2010 et 2013, plus de quatre-vingt-dix pays mettront en place de nouveaux Plan-cadres des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD). Ceci constitue une occasion en or pour positionner nos efforts en matière d'appui à la réalisation des OMD et du développement durable.

Les équipes de pays des Nations Unies elles-mêmes doivent disposer des ressources adéquates sur le terrain afin de fournir l'assistance requise par le pays de programme, y compris en matière de conseils en politiques et d'aide au renforcement des capacités.

Par conséquent, chaque équipe des Nations Unies doit revoir ses capacités actuelles et effectuer les changements nécessaires pour atteindre cet objectif.

Il est aussi important que le PNUD continue d'appuyer et de gérer la fonction de Coordinateur résident, de manière à assurer la cohérence à l'échelle du système au niveau des pays.
Le Groupe des Nations Unies pour le développement continue de récolter les enseignements et les expériences émergeant des initiatives pilotes « Unis dans l'action », afin que nous puissions améliorer conjointement la réponse des Nations Unies aux plans et aux priorités en matière de développement national.

Les rapports d’évaluation publiés en 2008 sur les initiatives « Unis dans l'action » menées conjointement par les gouvernements des pays pilotes et les équipes de pays des Nations Unies concernées suggèrent que l’action des Nations Unies pourrait être plus stratégiquement focalisée et efficace dans la réponse qu’elle est susceptible d’apporter aux agendas de développement parrainés par les pays.

Nous accordons également beaucoup de valeur aux efforts importants fournis par un certain nombre d'autres gouvernements et équipes de pays des Nations Unies de par le monde, qui travaillent de concert, de leur propre initiative, afin d’améliorer la capacité des Nations Unies à répondre aux priorités nationales.

L’initiative « Unis dans l'action » est actuellement dans sa phase la plus critique. Les premières indications, qui sont néanmoins à prendre tout à fait sérieusement, suggèrent que les bénéfices réels du développement peuvent provenir d’une meilleure coordination au sein de nos partenariats avec les pays de programme.  

Je crois qu’il est impératif que les Nations Unies fassent le pas et commanditent une évaluation indépendante de ces expériences pilotes. Ceci pourrait nous aider à appliquer à d’autres situations, selon les besoins, les meilleures pratiques ainsi identifiées.

D. Gestion des résultats

Par ces temps de crise économique, le PNUD poursuit inlassablement ses efforts en vue de parvenir à une plus grande efficacité et une meilleure identification de ses priorités.

Akiko Yuge, Administrateur adjoint et Directeur du Bureau des politiques de développement vous exposera tout à l’heure, en détail, notre situation financière. Permettez-moi, toutefois, de souligner d’abord quelques points y afférents.

En 2008, le PNUD a reçu des contributions d’un montant total de 5,5 milliards de dollars américains, soit six pour cent de plus que ce qu’en 2007. Les dépenses globales ont augmenté en 2008 de treize pour cent par rapport aux niveaux de 2007.

Le Plan stratégique approuvé par le Conseil d’administration était fondé sur la totalité des ressources prévues, comprenant notamment les contributions volontaires prévues au budget ordinaire. Le climat économique actuel et l’environnement extrêmement volatile des taux de change peuvent expliquer que les ressources cibles approuvées par le Conseil d’administration n’aient pas été assurées. 

Il est évident que sans un financement sécurisé et prévisible, le PNUD ne peut pas aller de l’avant et remplir sa mission d’appui aux pays de programme de la manière la plus efficace possible, afin de les aider à réaliser leurs objectifs en matière de développement. 

Je suis préoccupée par le fait que nous risquons de ne pas pouvoir atteindre nos objectifs en termes de revenus pour 2009 et 2010, et que nous soyons désormais confrontés à un déséquilibre endémique entre les contributions prévues au budget ordinaire et les autres types de ressources.

Cependant, nous n’épargnerons pas nos efforts pour essayer d'atteindre les objectifs de ressources prévus. Nous apprécions profondément le soutien constant de nos donateurs et les enjoignons à continuer de nous aider, voire, si possible, de renforcer leurs engagements actuels à notre égard. Nous pouvons également envisager d’élargir notre réservoir de donateurs et d’examiner les modalités pour ce faire.

Dans le même temps, nous avons aussi entrepris d'évaluer l'objet et les modalités de nos dépenses, de manière à réduire les coûts et optimiser les gains en efficacité.

Les documents que nous avons soumis à l’attention du Conseil d’administration indiquent que les réductions que nous proposons d’appliquer aux dépenses actuelles imputées au budget d’appui biennal pourraient dépasser les 50 millions de dollars des États-Unis. Ceci devrait nous aider à dégager des ressources pour de nouveaux investissements dans les domaines prioritaires.

Les résultats de cet exercice se reflèteront dans le budget d’appui biennal qui vous sera présenté au mois de janvier, et qui fera apparaître la réaffectation des ressources selon les domaines prioritaires et en application de certaines décisions de l'Assemblée générale et du Conseil d’administration.

Ces changements concernent le renforcement des investissements alloués aux postes suivants : réalisation des OMD, avec une attention spéciale accordée à l’Afrique et aux pays les moins avancés ; renforcement des activités de développement Sud-Sud ; gestion des interventions en matière de développement liées à la prévention des conflits et au relèvement ; gestion améliorée des connaissances.

Le document soumis aux membres du Conseil d’administration cette semaine décrit les arguments présentés par le PNUD en faveur des possibilités de modification de la méthodologie et de l’approche sous-jacentes à l’établissement du budget d’appui biennal. Cette proposition est soumise en réponse aux demandes émanant des membres du Conseil d’administration afin de garantir une imputation plus transparente et plus responsable des coûts. L’approche présentée montre avec une plus grande clarté les dépenses liées à la gestion, celles qui concernent les activités de développement et celles qui sont affectées aux activités spéciales.

L’harmonisation interinstitution, comprenant notamment la formulation et la gestion budgétaire est tout aussi importante. Elle nécessite un réalignement de la classification des coûts, tel que demandé par le Conseil d’administration dans différentes décisions récentes. L’approche du PNUD est un pas positif vers la réalisation de l'harmonisation.

Pour que le PNUD soit efficace, notre personnel doit être à même de se développer professionnellement. Nous avons des milliers d’employés dévoués qui ont consacré leur parcours professionnel au développement. Nous sommes, à tous points de vue, une entreprise soucieuse de son capital humain.

Notre priorité sera accordée au renforcement des capacités de nos employés à tous les niveaux et nous veillerons à ce que notre lieu de travail soit toujours caractérisé par les normes les plus élevées en matière d’intégrité.  

Malheureusement, certains membres de notre personnel au PNUD et dans d’autres organisations du système des Nations Unies continuent d’être exposés à des menaces diverses et variées dans le cours de l’exercice de leurs fonctions au service de l’aide humanitaire et du travail en faveur du développement.  Par conséquent, la garantie de la sûreté et de la sécurité de nos employés doit être la première de nos priorités dans toutes les opérations que nous menons dans le cadre des activités du PNUD. Comme convenu avec les membres du Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies au mois d’avril, nous appliquerons désormais un soin particulier à assurer la couverture du personnel local au sein du Système de gestion de la sécurité des organismes des Nations Unies.

Le PNUD collabore étroitement avec le Département de la sûreté et de la sécurité des Nations Unies et suit ses recommandations pour toutes les questions relatives à la sûreté et la sécurité.

Nous comptons également sur l’appui permanent et indéfectible des gouvernements des pays hôtes qui assurent la mise en place des dispositions de sécurité renforcée requises. 

Nous comptons sur le concours permanent des États membres qui mettent à disposition toutes les ressources nécessaires pour améliorer la sûreté et la sécurité du personnel et des locaux du PNUD, de manière à ce que nous puissions remplir notre mandat de la meilleure manière possible.

E. Conclusion

Ce qui m’a incité à présenter ma candidature pour le poste d'Administrateur a été la perspective de pouvoir être en mesure de contribuer à la réduction de la pauvreté, à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et à l’instauration du développement durable.

Bien que nous soyons confrontés, partout dans le monde, aux difficultés issues de la crise économique, les mois prochains devraient nous offrir quelques opportunités pour faire avancer l’agenda en faveur du développement.

Mon expérience des derniers mois m’a permis de conforter ma conviction selon laquelle le PNUD et le système des Nations Unies pour le développement dans son ensemble ont un rôle crucial à jouer pour appuyer le développement.

Je vous remercie encore une fois pour votre soutien.