La révolution des données en Afrique

15 mai 2017

Dans les zones rurales, la collection des données s’effectue encore à la main. A Doropo en Côte d’Ivoire, ces productrices de beurre de karité font la queue pour une session de collecte TechMousso. Photo : Charly Kodjo

La première édition du rapport sur la révolution des données en Afrique s’emploie principalement à dresser la cartographie de l’écosystème des données en Afrique.

Le Programme des Nations Unies pour le développement, le Centre africain pour la statistique de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), la World Wide Web Foundation et l’Open Data for Development Network ont procédé au lancement de l’Africa Data Revolution Report 2016, un rapport biennal sur la révolution des données en Afrique, qui met en exergue les évolutions des écosystèmes nationaux de données sur le continent.

L’édition 2016 de ce rapport est la toute première, publiée conjointement par les quatre organisations partenaires. « Le rapport sur la révolution des données en Afrique est le fruit de notre détermination à soutenir et renforcer les réseaux régionaux et nationaux, à mettre au point des outils d’analyse comparative à l’échelle mondiale des performances des pays, et à promouvoir des travaux de recherche rigoureux portant sur l’impact des données sur la vie des personnes. Nous sommes fiers d’avoir collaboré avec des partenaires africains de premier plan à l’élaboration de ce rapport qui fera date, et servira de référence clé pour toute collaboration future à l’échelle régionale », a confié Ferdinand Perini, coordonnateur de l’Open Data for Development Network et spécialiste de programme senior au Centre de recherches pour le développement international.

La première édition du rapport sur la révolution des données en Afrique s’attèle à cartographier l’écosystème des données sur le continent, faisant référence à la production, la distribution et l’utilisation des données par les acteurs des secteurs public et privé, et de la société civile, en rapport avec les 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies.

Elle se fonde sur des études de cas détaillées d’écosystèmes nationaux de données de 10 pays africains : l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Kenya, Madagascar, le Nigéria, le Rwanda, le Sénégal, le Swaziland et la Tanzanie.

« Nous nous félicitons particulièrement de ce rapport, car il est essentiel de tirer profit de la révolution actuelle des données en Afrique pour notamment accélérer le développement durable sur notre continent », s’est réjoui Oliver Chinganya, directeur du Centre africain pour la statistique.

Ce rapport recense et décrit les principaux acteurs dans le domaine des données, leurs capacités, leurs interactions et « règles du jeu », l’environnement favorable, et les lois, règlements et principes qui régissent la production, la diffusion et l’utilisation des données en Afrique.

De plus en plus d’éléments empiriques probants montrent que les données permettent aux citoyens de prendre de meilleures décisions dans leur vie quotidienne, aux entrepreneurs de trouver de nouveaux débouchés et aux institutions de rendre le processus administratif plus efficace, sensible aux attentes, ouvert et transparent, faisant ainsi des données un catalyseur du développement, plus qu’un simple outil de suivi et d’évaluation.

« L’Afrique est la première région à élaborer un rapport sur le consensus et la révolution en matière de données. Et ce n’est que le commencement. Au-delà des données, ce que les personnes recherchent ce sont des solutions à leurs problèmes -- ce qui veut dire traduire ces rapports en action... aider à faire de cette révolution des données une révolution du libre accès aux données », explique Nnenna Nwakanma, chargée des politiques senior à la World Wide Web Foundation.

Le rapport sur la révolution des données en Afrique évalue les besoins en infrastructures ainsi que la nature et l’impact des protocoles existants qui régissent la production de données sur le continent, l’accessibilité, l’analyse, le respect de la vie privée et l’éthique en Afrique, en mettant l’accent sur les systèmes de données ouvertes, le « big data » et les innovations.

À la lumière de l’analyse des écosystèmes de données en Afrique, ce rapport recense les obstacles à la révolution des données dont sont porteurs les cadres ou les principes juridiques et législatifs ou encore les politiques ; les investissements financiers ; les technologies et les infrastructures ; et les aspects de la gouvernance des données.

« Le rapport sur la révolution des données en Afrique nous permettra, avec les contributions de toutes les parties prenantes officielles et non officielles, de renforcer les systèmes nationaux de statistique ouverts, inclusifs et participatifs afin d’améliorer la disponibilité et l’utilisation des données et d’aider ainsi à faire des Objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 une réalité dans les pays africains  », a indiqué Mansour Ndiaye, chef d’équipe pour la croissance inclusive et le développement durable au Centre de service régional pour l’Afrique du PNUD.

Les pays africains font des efforts considérables pour améliorer la qualité, l’accessibilité et la vitesse de production et d’utilisation des données en revitalisant les systèmes statistiques nationaux, les politiques et les plateformes de données ouvertes, en renforçant la production et l’utilisation de données générées par des acteurs non gouvernementaux, en particulier celles provenant des citoyens et du secteur privé.