Une approche sous-régionale pour garantir la paix et la stabilité en Afrique centrale

14 mars 2017

Bruxelles, Belgique - L’insécurité et la fragilité persistantes en Afrique centrale ne pourront être résolue que si les acteurs nationaux et régionaux, ainsi que les partenaires internationaux donnent la priorité à la consolidation de la paix et au développement des zones frontalières, encouragent l’engagement et la participation des citoyens, et améliorent les indicateurs de la gouvernance et la gestion des ressources naturelles.

Ces conclusions figurent parmi les recommandations préconisées dans un rapport d’évaluation stratégique publié par le Bureau régional pour l’Afrique du PNUD sous le titre « Afrique centrale : une sous-région en retard ?». Ce rapport présente une perspective sous-régionale des défis auxquels la région est confrontée en vue de concevoir une nouvelle génération de réponses à la fois de la part de l’Organisation des Nations Unies et d’autres parties prenantes.

Le rapport se concentre sur les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) : Angola, Burundi, Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe et Tchad.

« Si de réels progrès ont été observés ces dernières décennies dans différentes sous-régions d’Afrique, l’insécurité chronique, conjuguée à une mauvaise gouvernance et à l’absence d’économies diversifiées et inclusives, a eu depuis de nombreuses années des répercussions profondes sur la trajectoire générale de développement de l’Afrique centrale », a indiqué Mme Ruby Sandhu-Rojon, Directrice adjointe du Bureau régional pour l’Afrique du PNUD lors d’un séminaire organisé par le Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM) à Bruxelles.

« En améliorant les droits des citoyens et les opportunités économiques qui leur sont offertes, la sous-région d’Afrique centrale pourrait servir de passerelle entre le nord et le sud, l’est et l’ouest, et jouer un rôle central pour favoriser l’intégration et le dynamisme sur un plan plus large ».

Au lieu de cela, l’aggravation de la crise humanitaire liée aux violences perpétrées par Boko Haram avec 10,7 millions d’habitants du bassin du lac Tchad qui nécessitent une aide humanitaire, dont 2,3 millions de déplacés et 7,1 millions de personnes en situation de grave insécurité alimentaire souligne la nécessité d’un engagement renouvelé de tous les acteurs concernés pour que l’Afrique centrale ne devienne pas une sous-région reléguée durablement à la traîne.

Les conclusions du rapport indiquent que l’Afrique centrale est la région qui affiche les scores les plus bas du continent en termes d’indicateurs de développement humain et de gouvernance. C'est également celle qui a le moins progressé dans la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui vise à bâtir une Afrique intégrée, prospère et pacifique. Qui plus est, elle compte six présidents parmi les chefs d’État africains ayant occupé leurs fonctions pendant une période record de plus de 30 ans. Un tel contexte politique représente des défis importants qui ont un impact direct sur les objectifs d’intégration.

Le rapport du PNUD appelle à l’amélioration de la coordination et de la complémentarité entre les deux communautés économiques régionales de la sous-région, à savoir la CEEAC et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Il fait valoir que l’insécurité prévalent à l’échelle de la sous-région est un problème à multiples facettes qui alimente considérablement la fragilité persistante et insiste sur la nécessité pressante de déployer des efforts concertés pour stabiliser et promouvoir la paix et le développement dans les zones frontalières.

Les facteurs de déstabilisation qui doivent être abordés comprennent les différends interétatiques relatifs à la délimitation des frontières et le sous-développement des zones frontalières, les activités des groupes armés qui s’étendent d’un pays à l’autre et les trafics transfrontaliers des réseaux du crime organisé. La hausse de l’insécurité associée aux déplacements migratoires traditionnels ainsi que la présence et les besoins des réfugiés et des personnes déplacées affectent également les efforts de développement à plus long terme.  

Pour mettre l’Afrique centrale sur la voie de la réalisation des objectifs de développement durable pour tous, le rapport préconise une série de recommandations à l’intention des partenaires nationaux, régionaux et internationaux :

  • Faire preuve d’une plus grande réactivité à l’égard de l’Afrique centrale en tant que sous-région.
  • Stabiliser la sous-région en ciblant en priorité la consolidation de la paix et le développement dans les régions frontalières.
  • Harmoniser les communautés économiques régionales d’Afrique centrale et appuyer le renforcement des capacités dans des domaines clés tels que la collecte et l’analyse des données.
  • Renforcer l’identité sous-régionale de la CEEAC dans le domaine socioculturel par le biais des échanges et le renforcement de la confiance entre la société civile, les groupes de femmes, les jeunes, les entreprises et d’autres secteurs.
  • Améliorer la gouvernance des industries extractives et la diversification économique.
  • Amplifier la voix et la participation des citoyens de la sous-région pour favoriser l’émergence de sociétés inclusives et pacifiques.
  • Faire progresser la coopération sous-régionale en ce qui concerne les initiatives de conservation et de gestion de l’environnement et de lutte contre le changement climatique.

Le rapport a bénéficié de l’apport de consultations menées auprès d’un grand nombre d’experts, notamment parmi les acteurs nationaux, les institutions régionales de la CEEAC et de la CEMAC, les représentants de la société civile et du secteur privé, l’Union européenne, les institutions des Nations Unies et d’autres partenaires du développement. Il s’agit de la première édition d’une série d’études menées selon une perspective explicitement sous-régionale sur les priorités de développement de l’Afrique.

Pour obtenir plus d’informations, contacter :

À Bruxelles : Ludmila Tiganu, Spécialiste en communication, ludmila.tiganu@undp.org

À New York : Lamine Bal, Spécialiste en communication, lamine.bal@undp.org

À Addis Abeba : Sandra Macharia, Conseillère régionale en communication, sandra.macharia@undp.org

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