Afrique : le développement des infrastructures doit tenir compte des risques sanitaires et du genre

11 juin 2015

Photo ONU

Prétoria, Afrique du Sud – Alors que les pays africains développent considérablement leurs infrastructures pour transformer leurs économies, il est essentiel de tenir compte de l’impact de ces projets d’équipement sur la santé des ouvriers et des communautés des environs, notamment des femmes et des filles.

« Les gros projets d’infrastructures jouent un rôle moteur dans l’emploi et la croissance. Si nous voulons parvenir au développement, nous devons limiter les dommages environnementaux et sociaux », a souligné Geraldine Fraser-Moleketi, Vice-Présidente et Envoyée spéciale de la Banque africaine de développement (BAD) pour les questions de genre, lors de l’ouverture de la deuxième réunion technique sur la santé, le VIH et le genre dans les projets d’infrastructures. Cet événement a réuni pendant trois jours plus de 90 représentants des secteurs de la santé, de l’environnement, de l’extraction minière, des transports, des infrastructures et de la société civile de 18 pays africains et de communautés économiques régionales.

La rencontre a été organisée conjointement par la BAD, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Commission de l'Union africaine. Elle a été l’occasion de réfléchir à l’intégration de la problématique du VIH et d’autres enjeux de santé plus vastes (tuberculose, paludisme et maladies non transmissibles) dans les évaluations environnementales menées dans le cadre de grands projets d’infrastructures.

Les participants se sont également penchés sur les interactions entre les questions de genre, de santé et les droits de l’homme. Les échanges ont notamment porté sur l’utilisation des évaluations environnementales réalisées dans le cadre de ces projets comme leviers pour mobiliser des ressources pour la santé en Afrique.

Les projets d’infrastructures (routes, mines, etc.) concentrent sur les chantiers une main d’œuvre très importante, essentiellement constituée d’hommes longtemps éloignés de chez eux. Leurs conditions de travail et de vie, souvent marquées par la promiscuité, contribuent à la propagation de maladies infectieuses telles que la tuberculose. Selon une étude de l’Institut national sud-africain des maladies contagieuses, cette maladie constitue la première cause de décès chez les travailleurs des mines, qui affichent un taux de prévalence trois fois supérieur au reste de la population.

En outre, les risques d’infection au VIH augmentent notamment chez les femmes et les filles parce que ces travailleurs nomades dépensent souvent leur revenu disponible en alcool et auprès des prostituées des communautés avoisinantes.

Ces facteurs ont également une incidence sur la hausse des cas de paludisme sur les sites des chantiers, conséquence de mauvaises conditions d’assainissement et d’un accès insuffisant à des soins médicaux de qualité du fait de leur coût prohibitif.

Si les pays africains ont largement investi ces dernières années dans leurs infrastructures, le déficit annuel dans ce domaine s’élève toujours à 96 milliards de dollars, selon la BAD. Il est nécessaire de combler cette lacune pour permettre au continent de réaliser pleinement son potentiel de développement, de créer des emplois et de faire reculer la pauvreté, conformément aux objectifs de l'Agenda 2063 de l’Union africaine.

Comme les évaluations environnementales et sociales constituent une étape incontournable dans tous les pays d'Afrique subsaharienne avant d'entreprendre de grands projets d’infrastructures, le PNUD et la BAD collaborent avec les pays concernés pour renforcer la solidité de ces évaluations afin de diminuer les risques sanitaires et sexospécifiques associés à ces travailleurs nomades disposant d’argent. Bien que certains pays aient fait des progrès concernant l’intégration de ces problématiques dans leurs évaluations d’impact, les participants ont identifié des points à améliorer.

Parmi les recommandations qu’ils ont formulées, figurent la mise en place de cadres juridiques harmonisés au niveau régional pour mieux intégrer les problématiques sociales et notamment de santé (maladies transmissibles et non transmissibles) dans les évaluations d’impact, et le renforcement des capacités et des ressources financières pour mener des évaluations à partir de données factuelles et pour assurer le suivi ainsi que la mise en conformité.

Les participants recommandent également que les évaluations environnementales stratégiques fassent l’objet d'une plus grande attention au vu de l'ampleur des projets d'infrastructures prévus à l’échelle du continent.

Datées de 2013, les Directives pour l’intégration des questions liées au VIH et à la problématique hommes-femmes dans l’évaluation environnementale en Afrique orientale et australe (PDF, anglais) servent de base à l’action des participants. Elles exhortent les gouvernements à prendre les mesures nécessaires pour limiter les risques sanitaires et sexospécifiques dans le cadre du développement de leurs infrastructures et de leurs grands projets d'équipement.

Suite à cette réunion, les Directives seront révisées pour prendre en compte des enjeux de santé plus vastes tels que la tuberculose, le paludisme, la santé au travail, ainsi que les droits des employés sur le lieu du travail.

Parmi les participants figuraient des représentants de l’Angola, du Cameroun, du Tchad, d’Éthiopie, du Ghana, du Lesotho, du Malawi, du Mozambique, de Namibie, du Botswana, des Seychelles, du Sud-Soudan, du Swaziland, de Tanzanie, de Zambie, du Zimbabwe, de l’Ouganda, de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC), de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de l'Organisation internationale du Travail, de l’Organisation internationale pour les migrations et de l’Organisation mondiale de la santé.

Contacts

Annah Muja Rutebuka, Principal, AFDB Social Safeguards Specialist, a.ratebuka@afdb.org

Sandra Macharia, UNDP Communications Advisor, sandra.macharia@undp.org

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