A Paris, les bailleurs de fonds annoncent USD 11 milliards pour relancer l’économie béninoise

17 juin 2014

Le Bénin produit chaque année en moyenne 220 000 tonnes de coton, représentant 45% des rentrées fiscales et 13% du PIB. Photo: PNUD au Bénin

Cotonou, Bénin  -  Réunie à Paris, la communauté internationale s’est engagée à contribuer USD 11 milliards pour soutenir la reprise économique du Bénin, dépassant les objectifs de financement du petit pays petit ouest-africain.

Organisée au siège de la Banque Mondiale à Paris, la Table ronde a été dirigée par le Président béninois, Boni Yayi. Elle a réuni les membres du Gouvernement, les organisations internationales comme la Banque Mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds Mondial International (FMI), la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), les investisseurs privés internationaux et béninois, ainsi que des membres de la diaspora.

Le Ministre béninois en charge du développement, Marcel de Souza a indiqué que « l'idée de l'organisation de cette Table ronde émane du souci du Gouvernement de poser les jalons d'une économie prospère et durable, avec à la clé une croissance suffisamment forte pour inverser la courbe de la pauvreté et du chômage ».

En effet, même si la croissance économique s’est élevée à 5 pourcent en 2013, celle-ci n’est pas encore capable de créer suffisamment d’emplois -- le chômage touchant près de 60 pourcent de la jeunesse béninoise --  ou de faire sensiblement baisser la pauvreté, laquelle touche environ 35 pourcent de la population.

Le Gouvernement vise à booster la croissance économique, pour qu’elle atteigne les 8 pourcent et ramène le taux de pauvreté à 25 pourcent  dans la même période.

Pour relancer l’économie, le Gouvernement béninois compte investir dans des secteurs prioritaires comme le transport, l’énergie, l’agriculture et le tourisme. A cet effet, 130 projets ont été présentés à Paris, pour un financement total de 13 milliards de dollars, dont la moitié en investissements privés.

Le pays dispose de nombreux atouts, dont sa proximité avec le Nigéria et toute l'Afrique de l'ouest francophone,  la stabilité politique,  la stabilité du cadre macroéconomique et une inflation maîtrisée.

En matière de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, le Bénin a effectué des progrès notables grâce à la mise en œuvre de plusieurs initiatives comme la gratuité de l’éducation primaire pour les filles et la gratuité des accouchements par césarienne. Les objectifs relatifs à l’éducation primaire pour tous, à la santé infantile et à l’accès à l’eau potable peuvent être atteints d’ici 2015 si les efforts en cours sont maintenus.

Face aux limites de l’aide au développement, la contribution de la diaspora béninoise est devenue un enjeu central pour le financement du développement. Les statistiques révèlent que les Béninois de la diaspora, près de 4 millions de personnes, transfèrent chaque année vers le Bénin environ 100 milliards de francs CFA, ce qui représente 2,5 pourcent du Produit Intérieur Brut.

Désormais, le Gouvernement veut nouer avec la diaspora un pacte de développement, qui servira de cadre d’engagement mutuel pour le développement économique et social. Cette initiative est fortement appuyée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), représenté par Abdoulaye Mar Dieye, Directeur du Bureau régional pour l’Afrique et Odile Sorgho-Moulinier, Représentante Résidente a.i. du PNUD au Bénin.
« L’appui du PNUD à ce processus au Bénin montre notre conviction profonde que le développement en Afrique doit pleinement intégrer ce levier puissant qu’est sa diaspora, qui aujourd’hui a rejoint les premières loges dans le financement du développement, » a souligné M. Dieye.

Il sera question avec la diaspora de créer ensemble des mécanismes susceptibles de faciliter et mieux orienter ses investissements. Le Gouvernement envisage des mesures envers les Béninois de l’extérieur, dont l’amélioration de la délivrance des documents administratifs, des avantages fiscaux aux investisseurs dans les secteurs stratégiques portés par l’Etat, et des facilités d’accès à des zones économiques spéciales.

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