Des partenaires débattent de la stratégie de développement du PNUD de 166 millions de dollars pour faire face à la crise en Syrie

08 janv. 2014

image Réfugiés syriens dans le camp Zaatari en Jordanie. Photo: Areej Abu Qudairi/IRIN

Amman – Des partenaires du développement de 18 pays et de l’UE réunis à Amman aujourd’hui ont convenu que la conférence Koweït II pour les annonces de contribution en faveur de la Syrie, prévue pour le 15 janvier 2014, devrait porter également sur un appui à des initiatives cruciales de développement qui complèteront la réponse humanitaire à la crise qui s’y déroule et à ses répercussions sur les pays voisins. Assistaient à cette réunion des partenaires ayant une longue expérience et une connaissance approfondie de la région, ainsi que les directeurs de pays du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Iraq et en Turquie. Ils ont approuvé la stratégie de développement du PNUD axée sur la résilience afin de venir en aide aux populations et communautés touchées par la crise syrienne dans ces cinq pays.

Le conflit syrien a annihilé 35 ans de développement humain. Désormais, plus de 50 pour cent de la population (soit 12,6 millions d’habitants) vivent dans la pauvreté ; 9,3 millions d’entre eux ont besoin d’aide humanitaire et d’assistance au développement et 6,5 millions ont été déplacés. La crise a aussi forcé 2,3 millions de personnes à fuir dans les pays voisins. La plupart (80 %) vivent dans des collectivités d’accueil plutôt que dans des camps de réfugiés, affectant sévèrement les services sociaux et municipaux comme la santé, l’éducation, l’assainissement, le logement et les infrastructures socio-économiques, ainsi que la cohésion sociale de ces communautés.

Une approche du développement axée sur la résilience aide les communautés en Syrie et dans les pays voisins à répondre aux besoins immédiats que suscite la crise, à se remettre de ses impacts, à se relever de façon durable et à se stabiliser à long terme. Elle préserve les acquis du développement et appuie la cohésion sociale, si nécessaire pour prévenir les conflits et permettre la stabilisation au sein de ces pays.

« L’approche que nous avons adoptée encourage une plus grande cohérence entre les diverses dimensions humanitaires et de développement en réponse à la crise », a expliqué Helen Clark, Administrateur du PNUD, lorsqu’elle s’est adressée aux participants. « Elle permet de multiplier les investissements et d’intensifier le processus de développement national à un moment crucial. »

La stratégie du développement axée sur la résilience reconnaît les capacités innées et l’ingéniosité des populations et des communautés. Elle se focalise sur la durabilité pour réduire les risques de conflits futurs et autonomiser les populations, communautés et institutions concernées, afin qu’elles émergent de la crise plus fortes qu’avant.

Les directeurs de pays du PNUD ont présenté des exemples concrets de mesures axées sur la résilience que leurs programmes mettent déjà en œuvre : rétablissement des moyens de subsistance ou des services d’alimentation en eau et de gestion des déchets au Liban, mise en place d’emplois d’urgence et de renforcement des capacités pour permettre la croissance des micro, petites et moyennes entreprises en Jordanie, subventions en espèces, aptitudes professionnelles et commerciales et opportunités d’emploi dans les travaux publics en Turquie, aide juridique aux réfugiées, femmes et filles, qui pourraient être victimes de violences à caractère sexuel en Iraq, à quoi il faut ajouter un dialogue ciblé avec des acteurs du secteur privé pour répondre à la crise dans l’ensemble de la sous-région.

Lors de la conférence Koweït II, le PNUD lancera un appel de fonds à hauteur de 166 millions de dollars pour ses programmes de développement axés sur la résilience dans la sous-région, avec des allocations de 45 millions de dollars en Syrie, 56 millions au Liban, 32 millions en Jordanie, 11 millions en Iraq et 23 millions en Turquie.

Les participants ont reconnu qu’il serait nécessaire à l’avenir d’adopter une approche du développement coordonnée, complétée par des partenariats solides entre communautés, société civile, pouvoirs publics, secteur privé et organisations internationales, dont les Nations Unies. Le PNUD a créé à Amman un Centre d’intervention interdisciplinaire sous-régional pour la crise en Syrie, afin de faciliter de tels partenariats tout en accélérant les résultats en termes de communication et de développement.

Les participants ont aussi convenu qu’il était nécessaire de défendre l’approche du développement axée sur la résilience pour la Syrie et les pays voisins auprès des donateurs et des partenaires d’exécution et de mobiliser les associations, fédérations et entreprises commerciales à contacter dans le cadre d’un plan de communication avec le secteur privé, afin d’entamer un dialogue sur des solutions possibles en matière de résilience.

« Koweït II doit  refléter le fait que l’architecture de l’aide internationale est en train de changer, avec des financements ancrés dans les systèmes et processus nationaux de planification », a déclaré pour conclure Gustavo Gonzalez, coordonnateur sous-régional du PNUD pour le développement.

« L’impératif humanitaire fait partie intégrante d’une stratégie de développement axée sur la résilience, ce qui demande qu’on crée des partenariats innovants, fondés sur des processus pris en charge au plan national et sur de nouveaux mécanismes de financement », a-t-il souligné.

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