36 pays africains condamnent l'utilisation des bombes à sous-munitions

24 mai 2013

image Les bombes à sous-munitions non explosées constituent un grave danger et un obstacle au développement (photo: Tobin Jones / UN)

Lomé/New York Les représentants de 36 États africains réunis au Togo ont condamné le recours répété aux bombes à sous-munitions dans le monde et exhorté l’ensemble des pays africains à adhérer au traité international visant leur interdiction.

Le communiqué final publié ce jour à l’issue du séminaire régional organisé à Lomé, au Togo, grâce à l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Gouvernement de la Norvège indique que les États africains sont gravement préoccupés par « l'utilisation récente et continue des armes à sous-munitions ainsi que par les effets desdites armes  qui causent un nombre croissant de victimes, parmi lesquels des femmes et des enfants ».

Outre les délégués des 36 gouvernements africains assistant à l’événement, le séminaire a regroupé des militants de la société civile et des représentants du Comité international de la Croix-Rouge venus prendre part au débat sur l'universalisation de la Convention sur les armes à sous-munitions (CCM).

Dans leur déclaration, les représentants demandent l'arrêt immédiat de l'utilisation des bombes à sous-munitions et encouragent les pays africains qui ne l'ont pas encore fait à adhérer à la Convention sur les armes à sous-munitions, un accord international signé par 112 pays (et ratifié par 83 d’entre eux) visant à interdire l'utilisation, la production, le stockage et le transfert des armes à sous-munitions, et à porter assistance à toutes les personnes qui en sont victimes. Douze États africains n'ont pas encore adhéré à la CASM.

Les armes à sous-munitions sont des engins explosifs conditionnés dans des conteneurs transportant un grand nombre d’autres projectiles de taille plus réduite, lesquels, libérés à mi-vol, sont disséminés sur une surface étendue et produisent ainsi une série de petites explosions à large échelle. Selon la Coalition contre les armes à sous-munitions, ces armes ont été utilisées dans au moins 24 pays et trois territoires au cours des dernières décennies alors que les bombes à sous-munitions non explosées continuent de constituer un grave danger et un obstacle au développement dans de nombreuses sociétés sortant d'un conflit. 

« Outre le fait qu’elles frappent sans discrimination et qu’il existe une forte probabilité qu’elles ciblent des civils, les bombes à sous-munitions risquent également de ne pas exploser », a indiqué Blaise Narteh-Messan, Premier Secrétaire à la Mission permanente du Togo auprès des Nations Unies à Genève et co-président de la réunion. « Dans certains cas, des milliers de tonnes de munitions restent plantées dans le sol et constituent une menace mortelle pour les agriculteurs, les enfants et toutes les personnes qui viennent à arpenter le terrain miné – et le danger persiste parfois pendant des décennies », a-t-il expliqué.

Ce séminaire visait principalement à étendre la portée de la Convention sur les armes à sous-munitions à l’échelle de l’ensemble de l'Afrique, en aidant les États africains qui envisageraient de la ratifier ou d’y adhérer à relever les défis auxquels ils seraient confrontés.

Bien qu’il s’agisse d’un problème international, 14 pays africains sont soupçonnés de recourir aux bombes à sous-munitions, ce qui fait de l’Afrique l'un des continents les plus concernés par l’utilisation de ces armes. Les États africains ont d’ailleurs joué un rôle important dans la mise en œuvre du traité qui a été signé à Oslo en 2008.

En Afrique, vingt-trois États ont signé et ratifié la Convention sur les armes à sous-munitions, en en incorporant les dispositions dans leur législation, alors que dix-neuf États signataires n'ont pas encore ratifié le document. « Nous encourageons les 12 États africains qui n'ont pas encore signé la CASM à devenir États parties dans les meilleurs délais », a déclaré Blaise Narteh-Messan.

À propos de la Convention sur les armes à sous-munitions :

La Convention sur les armes à sous-munitions interdit l'utilisation, la production, le stockage et le transfert des armes à sous-munitions et impose aux États parties l’obligation de déminer les zones contaminées dans les 10 ans qui suivent l’entrée en vigueur de la Convention pour les États concernés, et de détruire les stocks d’armes dans un délai de huit ans après cette date. La Convention comporte des dispositions novatrices imposant une assistance aux victimes et aux communautés touchées. Signée à Oslo en décembre 2008, la Convention est entrée en vigueur sous la forme d’un instrument juridique international contraignant le 1er août 2010. Elle constitue le traité international de désarmement le plus important depuis la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (aussi appelée Convention d’Ottawa ou Traité d’Ottawa) de 1997, visant à interdire les mines antipersonnel.

Au 24 mai 2013, 112 États avaient signé la CCM et 83 d’entre eux l’avaient ratifiée, le dernier en date étant l’Irak qui a procédé à la ratification le 14 mai 2013.

Pour plus d'informations

A New York : Romain Desclous, +1 212 906 5358, romain.desclous@undp.org