Créer des opportunités pour les plus pauvres pour assurer le développement durable en Afrique

10 mai 2013

imageLe rapport examine la démarche et les conditions nécessaires pour que les populations africaines à faible revenu profitent elles aussi de la croissance économique des collectivités en Afrique. (Photo: UNDP Burundi)

Le Cap – Selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement publié aujourd’hui, il est essentiel de faire participer aux marchés et aux activités commerciales les populations à faible revenu d’Afrique si l’on veut que la croissance économique se traduise par un développement durable.

Intitulé “ Réaliser la richesse de l’Afrique – Créer des entreprises inclusives pour une prospérité partagée ” (“Realizing Africa's Wealth - Building Inclusive Businesses for Shared Prosperity en anglais), le rapport se fonde sur 43 études de cas approfondies et sur une base de données de 600 institutions pour faire un état des lieux du développement inclusif en Afrique. Il passe en revue un grand nombre de secteurs allant des activités bancaires aux agro-industries.

Rédigé par la Facilité africaine pour les marchés inclusifs du PNUD (AFIM, African Facility for Inclusive Markets), le rapport examine la démarche et les conditions nécessaires pour que les populations africaines à faible revenu profitent elles aussi de la croissance économique des collectivités en Afrique, et souligne comment les entreprises peuvent les aider à devenir des consommateurs, chefs d’entreprise et employés.

Il décrit la situation du commerce ouvert à tous en Afrique subsaharienne et l’environnement porteur nécessaire pour aider les entreprises et les chefs d’entreprise. Il indique diverses opportunités prometteuses de renforcer ces écosystèmes, pour ouvrir plus largement l’accès à l’entreprise et créer des entreprises plus vigoureuses.

Le rapport appelle à redoubler d'efforts pour aider les entreprises inclusives – par des mesures d’incitation et des mécanismes d’investissement ainsi que par un partage des connaissances et leur application aux activités marchandes.

En collaborant tous ensemble pour améliorer le partage d’information, les incitations, l’aide à la mise en œuvre et les investissements nécessaires, les décideurs, les chefs d’entreprise et les praticiens du développement seront en état de faire des progrès impressionnants dans la réalisation de tous les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

“L’Afrique a connu une forte croissance économique durant la dernière décennie. Néanmoins, ce progrès économique rapide ne s’est pas traduit par une prospérité pour tous, et le commerce inclusif représente une démarche prometteuse qui peut apporter les avantages de la croissance économique directement aux pauvres en les incluant dans les chaînes de valeur”, a déclaré M. Babacar Cissé, Directeur adjoint du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique. “Nous avons besoin de jeunes entrepreneurs et de novateurs, car ils sont la cheville ouvrière des entreprises inclusives. Il faut des organisations qui soient prêtes à jouer un rôle catalyseur, et disposées à soutenir et financer des entreprises inclusives.”

Pour que tous les citoyens africains puissent devenir des chefs d’entreprise, des consommateurs, des employés ou des producteurs, il faut un environnement économique porteur qui offre des possibilités à tous. Des informations sur les marchés, des politiques et des lois qui réduisent les coûts de transaction, de financement et d’assistance logistique sont d’importance cruciale pour assurer le succès des entreprises ouvertes aux pauvres. En facilitant le commerce et la création de marchés, on ne produit pas uniquement des revenus mais aussi des produits de base, des services et des choix, ce qui a d’importantes incidences pour chacun des OMD.

Le rapport illustre l’impact du commerce et des marchés sur la vie des populations à faire revenu. Au Burkina Faso, la société française de produits cosmétiques bio, L’Occitane, a investi dans des coopératives féminines locales, aidant ainsi 15 000 employées à produire et exporter du beurre de karité de qualité, ce qui a permis de réaliser des bénéfices de 1,2 million de dollars.

En Tanzanie, avec la société japonaise Sumitomo, la société locale A à Z a produit 30 millions de moustiquaires imprégnées durables et employé 7 500 personnes.

Au Kenya, l’Equity Bank et la K-Rep Bank ont financé la bourse nationale des produits agricoles, qui a contribué à faire augmenter les revenus de milliers de petits agriculteurs.

“Les activités commerciales sont essentielles pour la réalisation de ces progrès, mais il nous faut bien entendu des entités qui puissent renforcer les capacités, telles que des organisations de la société civile, des gouvernements, des partenaires de développement et des institutions de recherche aux aptitudes reconnues qui puissent aider les entreprises à créer des modèles inclusifs”, a déclaré le Président directeur général de l’Equity Bank du Kenya, James Mwangi.

Le rapport lance un appel à la création de nouvelles initiatives commerciales génératrice d’un écosystème, aux niveaux national et régional, avec l’appui de mécanismes financiers qui fournissent les ressources financières pour la coordination et l’information. Il préconise aussi la création de centres d’excellence dédié à la recherche à la définition d'approches documentées et au partage des connaissances.

Le rapport a été présenté aujourd’hui publié par le Président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, et le Directeur du Centre de services régional du PNUD à Johannesburg, Gerd Trogemann, lors d’une manifestation parallèle du Forum économique mondial pour l’Afrique.

Contact Information

En Afrique du Sud : Tiina Turunen, +27 794592434, tiina.turunen@undp.org
À New York : Romain Desclous,
+1 212 906 5358, romain.desclous@undp.org

Publications
Réaliser la richesse de l’Afrique

Le rapport examine la démarche et les conditions nécessaires pour que les populations africaines à faible revenu profitent elles aussi de la croissance économique des collectivités en Afrique

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