La communauté internationale mobilise plus de 2 milliards de dollars US pour le Burundi

30 oct. 2012

image (PNUD Burundi)

Les partenaires ont apporté leur soutien unanime au deuxième Document national de stratégie pour la réduction de la pauvreté au Burundi à l’issue de la Conférence de Genève

Genève – La Conférence de haut niveau des partenaires du Burundi a clôturé ses travaux aujourd’hui au Palais des Nations à Genève, après avoir rassemblé pendant deux jours plus de 400 représentants d’organismes publics et privés, allant des États-Unis aux Émirats arabes unis, et de divers organismes tels que l’ONU, l’Union européenne, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international ou la Banque africaine de développement.

Les participants réunis à cette occasion ont cherché à identifier les moyens de soutenir les progrès continus obtenus par le Burundi dans l’élimination de la pauvreté et la mise en place de moyens d'existence durables.

Le gouvernement du Burundi avait espéré mobiliser 1,1 milliard de dollars US pour soutenir son plan de développement, « mais à l’issue de la conférence, nous avons recueilli plus de 2 milliards de dollars d’engagements enregistrés », a annoncé Pamphile Muderega, Secrétaire exécutif du Comité National de Coordination des Aides (CNCA). « Cela représente deux fois plus que ce nous avions anticipé dans nos prévisions les plus optimistes », a-t-il commenté.

Selon Rosine Sori-Coulibaly, Coordonnatrice résidente des Nations Unies et Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l’organisation au Burundi, la normalisation de la vie politique dans ce pays a constitué un remarquable accomplissement.

Les réalisations stupéfiantes du Burundi dans le domaine du développement interviennent à peine sept ans après la fin de la guerre civile au cours de laquelle les violences ethniques entre Hutus et Tutsis ont fait plus de 200 000 morts, forcé 48 000 personnes à se réfugier en Tanzanie et déplacé 140 000 individus à l’intérieur de leur propre pays.

Grâce au soutien des Nations Unies, des élections libres, équitables et pacifiques se sont déroulées en 2005 et 2010, et la sûreté et la sécurité ont été renforcées sur l'ensemble du territoire national.

 « Le Burundi est à présent sorti de la période post-conflit et s'engage véritablement sur la voie du développement », a déclaré le Président du Burundi Pierre Nkurunziza. « La croissance économique est passé de -1,2 % en 2003 à 4,2 % en 2011 ; les indicateurs de la mortalité maternelle et infantile ont grandement reculé », a-t-il précisé.

Le Président Nkurunziza a expliqué que le Burundi était un pays riche en talents, en ressources naturelles et en opportunités économiques, et doté d’un peuple déterminé et travailleur. « Je ne le répèterai jamais assez, les citoyens de mon pays font preuve d’une volonté farouche d’évoluer vers un avenir meilleur », a-t-il affirmé.

Nkurunziza a toutefois indiqué qu’en dépit de ces réalisations, le Burundi reste l’un des pays les plus pauvres au monde et doit faire face à des défis considérables liés principalement à l’effondrement de la cohésion sociale, au ralentissement du développement économique et à l’augmentation de la pauvreté.

Pour s’attaquer à ces difficultés, le Vice-président Gervais Rufyikiri a déclaré que le gouvernement est à la recherche d’un appui pour la mise en œuvre de son second Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté, centré sur la croissance, la création d'emplois et le développement d'un secteur privé dynamique, dont les industries les plus prometteuses sont l’agroalimentaire, le tourisme et l'exploitation minière, qui présentent un fort potentiel en tant que vecteurs clés de la croissance économique.

« Le plan stratégique prévoit qu’il est nécessaire de débourser 2,1 milliards de dollars US pour réaliser les objectifs du Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté CSLP II. Le gouvernement prendra à sa charge 48 % de ce montant, et nous nous attendons à ce que nos partenaires du développement réunis à la Conférence de Genève assurent le financement des 52 % restants », a-t-il dit.

Jordan Ryan, Administrateur associé du PNUD et Directeur du Bureau de la prévention des crises et du relèvement a estimé que le Burundi se trouvait actuellement dans une situation critique, à la croisée des chemins de son histoire, dynamisé par les progrès réalisés jusqu’à présent, mais conscient des nombreux défis et opportunités à venir. « Le gouvernement, appuyé par la société civile, projette une image saine et clairement établie d’une croissance économique équitable et durable, tant sur le plan social, environnemental, écologique que financier, à moyen et long termes », a-t-il fait observer.

Le PNUD, qui a appuyé l’organisation de la Conférence de Genève, sera activement engagé dans la mise en œuvre du CSLPII, a fait savoir Xavier Michon, Directeur de pays du PNUD au Burundi. « Le PNUD a été fortement impliqué ces dernières années dans le soutien de la transition permettant de passer de l’état de crise au stade de développement », a-t-il précisé. « Le PNUD a l’intention de poursuivre son rôle actif pour mobiliser la communauté internationale, soutenir la coordination de l’aide, renforcer la bonne gouvernance et réduire la corruption », a-t-il dit en conclusion.

La conférence a accueilli également plus de 30 représentants d’organismes du secteur privé et d’organisations à but non lucratif qui œuvrent pour trouver des solutions créatives favorables à la réduction de la pauvreté au Burundi, notamment par le biais de la création d’emplois. Greg Stone, Directeur exécutif de Rwanda Partners, a expliqué que son organisation a créé des dizaines de milliers d’emplois au Rwanda et en Ouganda en les reliant aux marchés des États-Unis. « Notre principal canal de vente est constitué par les 66,5 millions de consommateurs de la chaîne de distribution Costco, qui possède 608 magasins à travers le monde. Nous cherchons désormais à inclure le Burundi dans notre modèle d’activité, grâce auquel, en tant qu’organisation à but non lucratif, tous les profits reviennent au développement humain en Afrique », a-t-il conclu.

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Adam Rogers
PNUD
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